OUVRAGES A CONSULTER
Il n'y a pas beaucoup plus d'un siècle que la Polynésie peut être considérée comme connue. Les Espagnols, dans leurs traversées des Philippines au Mexique et au Pérou, doivent avoir eu connaissance de l'existence de quelques îles polynésiennes, entre autres des îles Marquises et des îles Sandwich. On dit
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qu'elles sont signalées d'une manière peu précise sur d'anciennes cartes espagnoles, et des légendes hawaïennes (Sandwich) parlaient de grands navires des dieux qui avaient été vus au large il y a bien longtemps. Mais il n'en était pas resté d'autre trace. Quelques fragments de navires- européens, brisés par la tempête, avaient échoué sur les récifs où les avaient portés les courants, et les indigènes admiraient beaucoup le bois extraordinairement dur qui avait servi à, faire les clous et quelques plaques encore adhérentes à ces débris dont ils ne s'expliquaient pas l'origine. En réalité, les archipels polynésiens ne furent découverts dans le vrai sens du mot que dans la seconde moitié du siècle dernier. Les voyages successifs et rapprochés de Wallis en 1767, de Bougainville en 1768, et de Gook en 1769, furent de véritables révélations géographiques. C'est aux récits de ces hardis navigateurs que l'on dut les premiers renseignements sur les mœurs et la religion des Polynésiens. Malgré leur peu d'exactitude, ils suffirent pour éveiller fortement l'attention des sociétés de missions anglaises qui, dès 1797, dirigèrent de ce côté des expéditions dont les succès peuvent compter parmi les plus re- . marquables de l'histoire toujours très discutable des missions. Le fait est qu'aujourd'hui la Polynésie, à peu d'exceptions près, est devenue chrétienne et que les naufragés n'y courent plus, comme autrefois, le risque d'être recueillis pour être mangés. De plus, il s'est trouvé parmi les missionnaires anglais quelques hommes instruits, capables, qui se sont donné sérieusement la peine de recueillir les traditions authentiques des insulaires du Pacifique avec un sentiment éclairé de leur importance au point de vue de l'histoire religieuse, et non plus avec ce dédain et cette
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suffisance ignorante qui dépare si souvent les récits des missionnaires.
Nous citerons d'abord An Account ofthe Natives of the Tonga Islands (Description des naturels des îles Tonga), de William Mariner, qui avait résidé sept ans aux îles Tonga. Embarqué à bord d'un vaisseau anglais qui écboua en \ 806 sur les côtes de l'île principale, il fut du petit nombre des marins échappés au massacre de l'équipage et devint un favori du roi. La seconde édition de son ouvrage parut à Londres en 1818. — John Williams, Narrative of missionary Enterprises in the South-Sea Islands (Récit des entreprises missionnaires dans les îles de la Mer du Sud). Williams fut tué dans une île de la Mélanésie, où les indigènes se vengèrent sur lui du mal que leur avait fait l'équipage d'un navire européen. Son ouvrage, qui parut à Londres en 1837, eut un succès colossal, et la lecture en est encore très fréquente dans les pays de langue anglaise. 11 est arrivé à sa 42 e édition. — William Ellis, Polynesian Researches (Recherches polynésiennes), traitant surtout des archipels de Sandwich (Hawaï) et de Taïti. La dernière édition que je connaisse est datée de Londres, 1853. — Sir George Grey fut, de 1845 à 1855, gouverneur anglais de la Nouvelle-Zélande, et, par une administration aussi équitable que ferme, il mit un terme aux guerres sanglantes que les faiblesses ou les fautes de ses prédécesseurs avaient provoquées et laissé s'invétérer entre les Européens et les Maoris (indigènes). Il apprit la langue du pays et il eut des entretiens fort curieux avec les anciens sorciers ou prêtres indigènes, par lesquels il se fit en quelque sorte dicter les traditions héroïques et religieuses de la race. Il en fit un livre extrêmement riche de renseignements au-
thentiques, qui parut à Londres en 1855 sous le titre de Polynesian Mythology. — Turner, Nineteen Years in Polynesia (Dix-neuf ans en Polynésie). Londres, 1861. — William Wyatt Gill, Myths and Songs from the South Pacific (Mythes et Chants du sud du Pacifique), Londres, 1876, avec une préface laudative et méritée de M. Max Mùller, d'Oxford. Ce missionnaire a résidé vingt-deux ans aux îles Hervey, non loin de l'archipel des Tonga. Son recueil a pour nous l'avantage de nous faire bien connaître la mythologie de la Polynésie occidentale. Peut-être pourrait-on reprocher à l'auteur d'avoir trop cherché à systématiser et à interpréter philosophiquement une mythologie bien naïve pour contenir toutes les choses transcendantesi qu'il y voit. — Abraham Fornander, An Account of the Polynesian Race, its origin and migrations (Etude sur la race polynésienne, son origine et ses migrations), 2 vol., dont le second a paru à Londres en 1880. L'auteur exerça longtemps les fonctions de juge anglais aux îles Sandwich, apprit la langue indigène et s'occupa beaucoup de recueillir tout ce que les Hawaïens pouvaient fournir de renseignements et de souvenirs. C'est à lui qu'on doit l'explication définitive des causes réelles de la mort de Cook. On peut seulement regretter qu'il ait un peu gâté le très réel mérite de son ouvrage, instructif surtout pour tout ce qui concerne l'archipel hawaïen, par des hypothèses plus que contestables sur les antiquité^ de la race polynésienne qu'il veut absolument rattacher aux Aryens et aux Couschites. En français, nous avons les récits de voyages de Lapérouse (1785), de Labillardiêre (an VIII), envoyé en 1791 à la recherche de l'infortuné navigateur, le Voyage autour du monde de Freycinet (1817-1820), et de Dupetit-Thouars (1837-1840), et ceux de Dumont
d'Urville. Malheureusement ces ouvrages de marins de profession nous éclairent très peu sur la religion de TOcéanie. — Moerenhout, consul-général des Etats-Unis aux îles Océaniennes, Voyages aux îles du Grand Océan, Paris, 1837. — Lutteroth, Histoire de Tahiti, Paris, 1843, écrit de circonstance qui fut composé à l'occasion de l'affaire Pritchard. — Arbousset, Tahiti et les îles adjacentes, Paris, 1867.
En allemand, il faut citer surtout le VI e volume de la grande Anthropologie de Waitz, rédigé et terminé en 1872 par son collaborateur et continuateur G. Gerland. C'est un répertoire extraordinairement abondant de faits discutés scientifiquement, avec une grande compétence, non sans prolixité et avec les marques les moins dissimulées d'une gallophobie irw tense. — C. Schirren, Die Wandersagen der Neusee- Ixnder und der Mauimythos (Les Légendes de migration des Néo-Zélandais et le Mythe de Maui), Riga, 1856. — Die heitige Sage der Polynesier (La Légende sacrée des Polynésiens), par A. Bastian, Leipzig, 1881. Livre très savant et très diffus ; trop dominé selon nous par la tendance à attribuer aux naturels de la mer du Sud des idées cosmogoniques et théogoniques transcendantes.
Beaucoup de ces ouvrages, ceux en particulier des navigateurs et le riche répertoire de M. Gerland, sont également à consulter pour les autres parties de TOcéanie. Nous avons à citer spécialement pour les îles Fidji Williams and Galvert, Fidji and the Fidjans, Londres, 1870. — Le Hollandais De Bruyn Kops, Bydrage tôt de Kennis der noord-en oosUkusten van N.-Guinea (Essai pour servir à la connaissance des côtes septentrionales et orientales de la Nouvelle- Guinée), dans le recueil intitulé Naturkund. TydS'
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chrift van Nederland, Indie (Revue d'études naturelles des Indes néerlandaises), I, 169. — Erskine, Cruise among the islands of the Western Pacifie (Croisière dans les îles du Pacifique occidental), Londres, 1853.
— A. R. Wallace, The Malay Archipelago, 7 e éd., Londres, 1880. — Chbynb, A Description of islands in the Western Pacific Océan (Description des îles de l'Océan Pacifique occidental), Londres, 1852.
Pour la Micronésie, Le Gobien, Histoire des isles Marianes, Paris, 1700."
Pour l'Australie, nous avons à mentionner G. Grey, Journal of two expéditions in N.-W. and W. Australia (Journal de deux expéditions dans l'Australie du N. O. et de PO.), Londres, 1841. — Hale, Ethnography and Philology, Philadelphie, 1846. — Kceler, Notizen ueber die Eingebor. der S*- Vincent golfes in Sud Australien (Notices sur les indigènes du golfe S*-Vincent au sud de l'Australie), Berlin, 1844, et Brief aus Australien (Lettre d'Australie), ibid., 1850, dans les Monatberichten de la Société de géographie de Berlin. — Behr, Ueber die Urbewohner vonAdelaide (Sur les habitants primitifs d'Adélaïde), même recueil, nouvelle série, V, 89. — Cunningham, Two Years in N. S. Wales (Deux ans dans la Nouvelle-Galles du Sud), Londres, 1827. — Howrrr, Impressions of Australia felix, Londres, 1845. — Eyre, Journals of expéditions of disco» very into Central Australia (Journal d'expéditions de découvertes dans l'Australie centrale), Londres, 1845.
— Péron, Voyage de découvertes aux terres australes, publié par Freycinet, Paris, 1824.
Cette liste est loin d'être complète. Nous aurons encore à citer, chemin faisant, quelques auteurs qui n'en font pas partie, mais seulement à propos de détails accessoires. Les croyances religieuses des Aus-
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traliens sont maintenant assez bien connues, bien que leur incohérence et l'état dispersé de la population indigène sur un vaste territoire encore en partie inexploré ne facilitent pas précisément les recherches. On en peut dire autant des îles de la Mélanésie et même d'une partie de la Micronésie, où il reste encore beaucoup à apprendre.
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