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DES INDES ORIENTALES

ous lisons dans le livre d'Esther comment, au cinquième siècle avant l'ère chrétienne, avant qu'Asoka eut fait graver ses inscriptions sur les piliers d'Allahabad

Trump. — Pushtu grammar.

Beames. — Comparative grammar of modem Aryan languages of India.

Galdwell. — Comparative grammar of Draviiian languages of India.

Skrefsrud. — Grammar of Santhâl.

Brian Hodgson. — Essays on the Tibéto- Burman languages of the Himalaya.

et de Delhi, et sur les rochers de Girnar, de Dhaulé et de Kapour di Giri, le grand roi Xerxès (fils de ce Darius qui a laissé sur les rochers de Behistun ses impérissables inscriptions écrites dans les langues de trois familles différentes bien distinctes) donnait ses ordres aux gouverneurs des provinces (de l'Ethiopie à l'Inde on comptait cent vingt-sept provinces), à chaque province dans son écriture, à chaque peuple dans sa langue, et aux Juifs dans leur écriture et dans leur langue. Ce dernier idiome s'est conservé jusqu'à nos jours; mais on ne trouve les caractères alors en

Mc-Culloch, — Languages of Manipùr frontier.

Lewin. — Languages of Ghittagong frontier.

Max-Muller. — Letter to Bunsen on Turanian languages.

Crawfurd, — Dictionary of Indian Islands and adjacent countries.

Journals of the Royal Asiatic Societies and the indian Archipelago.

, Geographical Magazine 1878. — January and February. — Language Map of British and Further India.

Cust. — Modem Languages of the East-Indies. ,

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usage que dans les manuscrits des Samaritains. Dans les caractères écrits et les langues de l'Egypte, de la Mésopotamie, de la Phénicie et de l'Asie Mineure, tels que la science nous les a révélés, nous pouvons trouver quelques vestiges des formes du langage et de l'écriture dont se servaient les scribes de Shushan pour transmettre les édits impériaux jusqu'au Nil et à rindus, jusqu'à l'Araxe et au Cydnus, sur des bandes d'écorce, du papyrus, des tablettes de métal ou d'argile cuite.

Si ce document,, qui fut transmis à l'Inde, s'était conservé jusqu'à nous, il aurait une bien plus grande valeur que le livre d'Esther, ou un papyrus égyptien du même temps, ou une inscription lapidaire grecque; car il déciderait du langage que Ton parlait, ou du moins que l'on comprenait, dans l'Afghanistan et le Panjâb, et résoudrait maints problèmes dont on désespère aujourd'hui. Le document écrit le plus ancien que l'on connaisse dans l'Inde, est l'inscription d'Asoka, qui est postérieure à l'invasion d'Alexandre le

Grand dans cette contrée, et la langue, dans laquelle les inscriptions sont écrites, est un des idiomes pracrits qui sont évidemment d'origine aryenne. Les langues pracrites elles-mêmes sont mortes depuis longtemps et ont fait place à une nouvelle génération de langues indigènes ; mais la découverte de ces inscriptions aryennes sur la côte occidentale à Gujerat, sur la côte orientale à Guttack, et sur les bords du Gange à AUahabad, établit d'une façon indiscutatable que la distribution ethnique actuelle des Aryens, des Dravidiens, des Kolariens et des Tibéto-Birmans , a dû être fixée avant l'époque d'Alexandre. Plus de deux mille ans se sont écoulés depuis lors et nous nous proposons de passer en revue les langues parlées actuellement par les peuples de l'Inde Cisgangétique et Transgangétique et de l'archipel Indien, langues qui sont la descendance en ligne directe, en succession non interrompue, de celles que l'on parlait à cette lointaine époque.

Dans aucun livre nous ne trouverons une semblable revue des langues des

Indes Orientales. C'est à dessein que nous employons l'expression Indes Orientales; nous comprenons dans ce terme général l'ensemble des deux grandes péninsules de rinde Cisgangétique et de l'Inde Transgangétique et les îles de l'ar- , chipel Indien,, sur lesquelles, depuis le temps des Grecs et des Romains, rayonne une auréole de mystère et de magnificence, contrées qui, depuis les trois derniers siècles, ont été le rêve de toutes les nations de PEurope et qui maintenant sont partagées inégalement entre les Anglais, les Français, les Hollandais, les Espagnols et les Portugais ; car chaque fragment de ce vaste champ est en la possession, ou soumis à la protection et à l'influence politique de quelqu'une de ces puissances européennes. Différents voyageurs ont décrit des parties de cette grande contrée, à différentes époques et à différents points de vue.

Les matériaux ne manquent pas, mais ils sont éparpillés dans les recueils périodiques et dans des livres difficiles à se procurer. Bien plus, ce n'est que depuis ces dix

dernières années que, même pour ce qui concerne F Inde anglaise, il a été possible de dresser une carte linguistique et de se dire avec quelque certitude qu'aucune race et aucune langue n'a été oubliée. Les livres indiqués en tête de ces pages ne sont simplement que des exemples choisis pour esquisser le plan général et mettre sur la voie de ceux qui sont nécessaires pour compléter notre étude. Buchanan, Leyden et Golebrooke sont allés jusqu'aux extrêmes limites de la science à leur époque. Marsden et Crawfurd ont beaucoup ajouté à l'œuvre générale par leurs recherches locales et personnelles. Max MûUer et Latham, qui n'ont jamais vu l'Inde, ont mis en ordre et popularisé la science des autres. Sur ce champ, de toutes parts de nouveaux ouvriers semblaient surgir, doués d'un don divin, et consacraient des années à des investigations fastidieuses et souvent sans récompense. Logan, dans l'archipel Indien ; Hodgson, dans les montagnes du Népal ; Dalton, dans les provinces centrales et à Assam; John Wilson et Stephenson, dans

l'ouest de Plnde, ne sont que des types de toute une génération . Après tous ces maîtres, les missionnaires chrétiens ont fait d'excellente besogne , depuis Carey et Marshman de Sérampore (qui avaient plus de zèle que de circonspection quand ils écrivaient des grammaires et traduisaient la Bible, dans les langues de pays qu'ils n'avaient jamais visités et sur les habitants desquels |ils ne savaient absolument rien) jusqu'à Gundert, Pryse Trump et Skrefsrud. Une bonne grammaire, un bon dictionnaire, comme ceux qu'ont laissés ces quatre derniers, est un progrès durable, une brique solide ajoutée au monument de la science. Sur les pas de l'armée des linguistes éclaireurs qui ne s'occupent que d'une seule langue, arrivent les grands grammairiens qui traitent d'une classe ou d'une famille de langues ; ils sont représentés par Beames et Caldwell, et en réalité aussi par Trump et Gundert qui ont composé leurs ouvrages sur une seule langue, de façon à leur donner la valeur de la méthode comparative. Et pour-

tant, après tout ce qui a été fait et tout ce qui se fait, nous comprenons que, maintenant encore, nous ne sommes qu'au seuil de la science, et un des motifs les plus importants qui nous ont poussé à recueillir les faits contenus dans ces pages, c'est le désir de montrer aux linguistes néophytes, qui se présentent actuellement sur ce terrain, combien il reste encore à faire !

Le champ des Indes Orientales est particulièrement intéressant pour le linguiste et contient des spécimens de tous les strata morphologiques des langages, les uns dans un état de civilisation élevée, les autres, bien que proches parents, restant encore dans leur simplicité naturelle. L'action de la langue des vaincus non-aryenssur les conquérants [aryens et d'un langage à inflexion, instrument de la religion, sur les idiomes agglutinatifs et monosyllabiques, est des plus prononcée. On n'a pas encore déterminé complètement Jusqu'à quel point les variations de dialectes s'étendent sur les limites de deux zones linguistiques ;

dans certains cas, les dialectes frontières peuvent être bi- lingues et, dans d'autres, un amalgame grossier de deux idiomes absolument antipathiques a donné pour résultat un patois mélangé, o\x jargon^ analogue au Pidgeon-English de la Chine. Quelques idiomes, tels que l'hindoustani, le tamoul et le malais, se sont élevés au rang de linguafranca et leur usage s'étend bien au delà de leurs limites territoriales naturelles; d'autres sont dans l'état d'être étouffés, ou écrasés, ou franchement bannis de leurs pruDpres domaines.

Etant donné le peu d'espace qui nous est accordé, nous ne pouvons que parcourir rapidement notre sujet tout entier, sans essayer de déterminer les limites ou les populations des aires linguistiques.

Nous ne nous attarderons pas non plus à signaler les grammaires et les dictionnaires de chaque langue et à discourir sur leurs particularités linguistiques, ni à décrire leur littérature, car chacun de ces deux sujets fournirait matière à un volume intéressant ; le premier qui décrirait les ma-

tériaux qui composent la langue, qu'elle soit littéraire ou. non, et le second, lorsque la langue est littéraire, développerait la nature et l'importance de cette littérature.

Notre but est de veiller à ce qu'aucune forme de langage n'échappe à notre étude, de distinguer les dialectes des langues et de rapprocher ces dernières de ceux des premiers qui leur appartiennent; de grouper les langues en classes et en familles, et de traiter notre sujet dans un sens général, historique et géographique, plutôt que d'après une méthode scientifique.

Qu'est-ce qu'un dialecte et qu'est-ce qu'une langue? Ici toutes les divergences d'opinion peuvent trouver place; mais, du moment qu'un principe intelligible est posé et accepté, il ne peut plus y avoir grande confusion. L'italien et l'espagnol sont deux langues distinctes; le vénitien et le toscan sont deux dialectes différents de l'italien; le dernier est Y étalon ou type dominant de la langue. Un dialecte diffère d'un autre dialecte de la même langue par la grammaire, le vocabulaire et les phoné-

tiques, par un seul, par deux ou par trois de ces détails, et naturellement il est quelquefois difficile de décider si l'on a affaire à deux langues sœurs, ainsi que nous avons classé l'hindi et le panjâbi, ou seulement à un dialecte oriental ou occidental d'une même grande langue, comme probablement ce sera le cas dans notre exemple. Mais la question n'est pas aussi claire quand il s'agit de langues, qui n'ont pas de littérature, où évidemment il n'existe aucun étalon de pureté, et où n'est pas encore terminée la lutte pour l'existence ou la suprématie de linguistique, quia eu lieu chez toutes les nations de l'Europe. Lorsque dans une langue il existe un nom spécial, tel que le tamoul, il est facile de le prendre pour celui de la langue et de grouper tous les dialectes sous ce nom; mais, quand un groupe de langues est représenté par les noms généraux de familles, dont on ne connaît guère que d'insignifiants vocabulaires, et présentent entre eux des divergences de dialecte, il est difficile de décider sous quel nom le groupe

doit être inscrit. Le groupe Naga, dans les collines de l'Assam, en est un exemple.

La famille sémitique n'est pas représentée dans les Indes Orientales. L'influence de l'arabe s'est fait sentir, par l'intermédiaire du persan, dans plusieurs des idiomes indigènes aryens et directement dans la famille malaise; l'hébreu et le syriaque sont usités comme langues religieuses, peut-être sous une forme altérée, par de petites colonies juives à Bombay, Calcutta et Cochin et par la petite église des Nestoriens syriens sur la côte occidentale.

L'arabe est partout la langue religieuse des Mahométans. Il y a aussi des colonies considérables de résidents arabes, qui doivent être considérés comme étrangers.

La famille aryenne est largement représentée. Nous signalerons seulement l'anglais, le français et le portugais comme langues de colons établis pour longtemps ou à demeure. L'influence de la première ne s'est fait sentir que par l'emprunt d'un certain nombre de mots; mais le portugais a été jusqu'à donner naissance à un dialecte

mixte, par sa combinaison avec les idiomes du pays. Le hollandais a presque disparu àCeylan; mais, dans l'archipel Indien, il constitue avec l'espagnol les langues des classes dirigeantes. L'italien et le latin se sont introduits avec le clergé catholique romain ; le danois, et l'allemand avec les missionnaires protestants. Le persan est la langue des cours et de la société dans toute l'Inde anglaise; le pehlvi est la langue sacrée des Parsis adorateurs du feu. L'arménien est le langage d'une riche et industrieuse colonie de la plus haute honorabilité. Le chinois est parlé par les immigrants de cette nation à Calcutta , dans les ports de la péninsule indo-chinoise et dans les îles. Un seul idiome turki, le khajuna , végète parmi les tribus des Dards, car ni les Turcs, ni les Mogols n'ont jamais été capables de coloniser l'Inde, quand bien même ils ont pu asservir la population et laisser leur empreinte dans le nom de la grande lingua franca, TUrdu. Quant à la grande famille slave, jusqu'à présent du moins, aucun

naturel de l'Inde n'en a prononcé un seul mot.

Nous allons maintenant procéder à la classification de la population établie et indigène. Il existe sept familles :

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