‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 105 sur 113 · Aussi mon cœur s'est-il réjoui, et mon âme a tressailli · texte numérisé non relu

Aussi mon cœur s'est-il réjoui, et mon âme a tressailli

Même ma chair repose en paix.

10. Car tu n'abandonneras pas mon àme au Shéol Tu ne permettras pas que ton dévot voie labime;

11. Tu me feras connaître le chemin de la vie, Rassasiement de joie en ta présence. Bonheur à ta droite pour toujours.

Les versets 10 et 11 disent formellement que l'àme ira, non pas au Shéol, mais en la présence de Dieu. Le verset 9 insinue obscurément, mais fortement, que le corps ressuscitera. Rien d'étonnant à cela; la résurrection corporelle semble déjà visée par Hosée, 6, 3. par Ezéchiel. 37, par Job 19, 26-27 (et par l'au- .teur de l'apocalypse disaïe, 26, 19). Il ne s'agit ici, du reste, selon toutes les vraisemblances, que de la résurrection des justes. Le verset 10», combiné avec ce que l'on sait des anciennes croyances touchant le Shéol, insinue qu'il est un lieu de supplice, un enfer [Voir Lagrange : R. B. 1905. 189 : coniva Touzard. R. B. 1898, 219; Davidson : art. Esc liât olorjtj dansHastings]. —Parfois, échapper au Shéol signifie simplement guérir [même 27. 13] : parfois cela signifie le violent désir de voir le jour du Seigneur.

lone ^ el de la Perse- : les Perses libérateurs, les Babyloniens qui ont fraternellement accueilli beaucoup de Juifs ne sont pas pour le peuple vaincu lobjet de la même haine que Moab ou Edom. Il faut dire, surtout, que Babylonc conserve l'hégémonie intellectuelle, même après sa déchéance politique : le prestige de son sacerdoce savant survit aux autres ruines.

A l'égard des nations qui 1 entourent Israël semble donc éprouver tour à tour une haine dédaigneuse et quelque vague sympathie. Ces deux sentiments, si opposés qu'ils soient, se combinent et se transfigurent, sous linlluence du Messianisme des Prophètes, dans Pâme ardente d'un croyant : on l'appelle communément le second Isaïe-^

* Gunkel. Zutn religionsf/eschichtlichen Verslândniss des Seuen Testaments. 1903, p. 21-23'. — Cf. Isa'ie, 2: Deitt., 32, 22: Isaie, 34, «J : Midi., 1, 4 ; Ezécliiel, 29, 32, 38, 7, 2 ; haie, 58. 59, 9 : 60, 1 ; 65, 17.

- Nous ne faisons quasi aucune place à l'influence perse dans riiistoire religieuse juive avant Alexandre. Cf. supra p. 112-113. n. — Cf. l'hypothèse inverse dans E. Stave. Uebev den Einfluss des Pavsismus auf ludentum, Leipzig, 1898 ; N. Sôderblom (trad. fr. par J. de Coussanges) : La vie future d'après le Mazdéisme..., Paris, 1901 ; Bôklen. Die Verwandschaft der j udisck-christlichen mit der parsischen Eschatologie, Gœttingen, 1902.

^ Il écrivait vers 540. On lui attribue Isaie, 40-55. — Pour la bibliographie, cf. la bibliographie disaïe, p. 240. n.

Au lendemain de la ruine nationale, on avait pensé que le jugement avait eu lieu, et, naturellement, on vit dans Tœuvre de Gyrus la restauration d'Israël et le châtiment des nations : après le premier, c'était le second et le troisième acte du «. jour de lahvé ». D'où la joie que respirent les Psaumes [96, 95, 135. 136, et passim].

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