LE SECOND ISAÏE
Il voit Gynis commencer son onivre ; devançant rhistoire, il la décrit et il lexalte. C'est mie explosion denthousiasme, un débordement de joie sacrée : le voici enfin venu le jour où lahvé sauve son peuple, dompte les nations, transfigure le monde !
C'est dabord Tanathème railleur qui tombe sur Babylonc :
Descends, assieds-toi dans la poussière,
vierge, fUle de Babylone î Plus dé trône! assieds-toi à terre,
fille des Chaldéens!
Plus jamais on ne t'appellera
délicate et voluptueuse !
Prends la meule, va moudre la farine ;
ôte ton voile ; relève ta robe, découvre tes jambes,
traverse les rivières ;^47, l-3\
Et la satire amère s"étend aux dieux vaincus, et déborde sur toutes les idoles :
On a planté des cèdres et la pluie les fait croître,
on laisse grandir les arbres de la forêt...; et Ihomme s'en sert pour faire du feu,
et il les prend pour se chauffer !
Il se chauffe donc, il dit : « Ah î
jai chaud, je sens le feu ! »
Avec le reste il fait un dieu,
idole qu'il adore en se proternant.
et qu'il supplie en lui disant :
« Sauve-moi, tu es mon Dieu » ! [44. 14-17].
310 LA RELir.IôN JUIVE
Ainsi parle lahvr, \c voï disraël, et son rédempteur. lahvé des armées :
je suis le premier et le dernier et iiors moi, il n'est point de Dieu ! [44, G].
Le poète célèbre alors Cyrus, lOiut du Seigneur [45,1. ,, rinstrument de ses desseins :
Iles, en silence écoutez-moi,
que les peuples renouvellent leurs forces!
Quils approchent, et puis qu'ils parlent :
entrons ensemble en ju<i:ement...
Je l'ai suscité du Nord, il arrive,
appelé par son nom du côté du Levant.
Comme de la boue, il piétine les princes,
comme le potier pétrit aux pieds l'argile [41, 1-25].
Les victoires perses préparent la restauration de Jérusalem et la résurrection d'Israël :
Je dis de Jérusalem : on Ihabitera, des villes de Juda : on les rebâtira... Je dis de Cyrus : c'est mon pasteur,
il accomplira toutes mes volontés [44. 2G-28\
Puis, voici que le regard du prophète s"élève : derrière le triomphe de Cyrus et la libération du peuple élu, c'est la conversion des nations entières qu'il aperçoit et qu'il chante^ La miraculeuse délivrance d'Israël doit
* On conçoit de deux manières la conversion des nations : ou bien elles sont domptées par Israël après une nouvelle et furieuse attaque contre Sion [Ps. 76 ; Ezéc/iiel3S-39 : Zacharie 14 ; Joël 3J : ou bien elles sont attirées ])aciriquemcnt à lahvé par le bonheur et la justice d'Israël [Ps. 72. 67 J.