‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 37 sur 113 · BAAL · texte numérisé non relu

BAAL

olam ; les Grecs l'appellent •yl'.'z-^;, les Romains [Jupiter) Summus Exsuperantissimu.s, œtevnus, invictus ; « il siège loin de la terre au-dessus de la zone des étoiles, tout ici-bas étant réglé par les révolutions des cieux durant des cycles infinis d'années ». Mais il faut ajouter que, peut-(Mre, Baal a-t-il eu ce caractère dès lorigine ; et peut-être est-ce par une série de localisations que Baal a donné naissance aux baalim. Ce qui est sur, c'est que le siège de sa puissance est au ciel, et que cette puissance est conçue comme très Ijienfaisante et très efficace'.

\ l'inverse de Baal, El n'est jamais devenu dieu local ; et il est presque sur que, à lorigine, El était un nom propre. « Les inscriptions araméennes de Sindjirli- citent, à côté de Hadad, le dieu El : il est à noter quEl apparaît ici... comme un dieu sémitique, et non plus seulement comme un nom (commun) signifiant dieu ■'. » Treize siècles avant le temps des

^ Lagrange, op. laïuL, 83-99. — Noter cette malédiction du Code de Hammourabi : « que Adad, le maître de l'abondance, le gugal des cieu.x et de la terre, mon aide, la pluie des eaux, le gonflement des sources, lui retire! [Scheil. Textes élamites-sémitiqiies, ;2<^ série, 127. — Lagrange, 98^]. — Cumont [op. cit., 153-157- 240] montre très bien comment ces idées d'éternité, d'infini,.., ont été suggérées sans doute par la constance des révolutions sidérales. « Les astres poursuivent sans cesse leur course toujours inachevée; parvenus au terme de leur carrière, ils reprennent sans trêve la route déjà parcourue, et les cycles d'années, selon lesquels se produisent leurs mouvements, se prolongent à l'infini dans le passé et se succèdent à linfini dans l'avenir. »

* viiie siècle.

^ Jeremias. {Religion des) Syriens et (des) Phéniciens [Cliantepie, 17*2J. Lagrange, 73.

inscriptions de Sindjirli, Hammourabi écrivait à la première page de son Code :

Lorsque El le suprême, roi des Anounnaki et Bel seigneur des cieux et de la terre ^..

Dans les pays de Harim et de Qataban (Arabie du sud), on rencontre les formules « prêtres de ?J et de Athtar », « serviteur de El et de Atlitar- ».

Mais cet emploi du mot El est, autant qu'on en peut juger, très rare. Au contraire, il est communément usité pour désigner la divinité. Les Hébreux disent <?/, pluriel elim ; ils emploient encore, et de plus en plus, avec le même sens, elohim. Les Phéniciens écrivent e/, féminin elat ; dérivés : elon , alonim. Chez les Araméens , le mot ne se retrouve que dans les noms propres composés, Bathue/, Quemoue/ , Khazae/, etc...£/ est avec ilah (féminin allât) le nom commun de Dieu dans 1" Arabie du sud. Les Assyro-Babyloniens désignent un dieu par le terme ilu ou il, pluriel ilani, féminin iltii, pluriel ilati ; les noms propres où entre ilu sont assez fréquents ; ils ne le sont jamais davantage que dans le plus ancien des monuments

' Schcil. Textes ElamUes-sémiliques, 2» série, p. 13.

- Lagranfîo, 74 (d'après le mémoire de Millier au eongrés de Leyde, 1884). — [Allah est le nom ilah déterminé et personnifié par l'addition de l'article : il signifie le dieu par excelliMice, Dieu. Il est antérieur à Mahomet. On ne sait pas s'il est antérieur au Christianisme].— Nctter que, dans les psaumes babyloniens de la pénitence, on parle de la divinité en général, non d'un dieu particulier.

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