LE? PROSTITUTIONS SACREES
nesse ; « elle a aimé loiscau du berger, pais elle a brisé ses ailes;... le berger quelle aimait, cllela transformé en chacal ». Comme à loiseau, elle s'est unie au cheval et au lion. — Ishtar impose à ses fidèles la vie désordonnée qu'elle mène. « Toute femme née au pays doit se rendre une fois en sa vie dans l'enceinte du temple d'Aphrodite, s'y asseoir et s'y livrer à un étranger. Beaucoup parmi les plus riches sont trop tièrcs pour se mêler aux autres et y vont prendre place dans des chariots fermés, suivies d'un grand train d'esclaves. Le plus grand nombre s'assoient sur le parvis sacré, la tète ceinte d'une tresse de cordes, — et il y a toujours là grand foule :... des cordes ménagent des avenues en tout sens parmi ces femmes, et les étrangers y défilent pour faire leur choix. Une femme qui s'est installée ne peut plus retourner chez elle tant qu'un étranger ne lui a pas jeté une monnaie d'argent sur les genoux et ne l'a pas emmenée avec lui hors les limites du sol sacrée.. »
nent conseil. Un serviteur des dieux, créature d"Ea. Acousounamir... est envoyé à Allatou. Il s'empare par ruse de l'eau vivifiante, et Allatou, aveugle de fureur, rugit inutilement. Elle doit laisser aller les dieux Ishtar et Tammouz » [Jeremias, op. /rt«f/., 145-146]. 'Voir aussi Jeremias. Die Rollenfart «/er i.s7rtr,1886.] •Hérodote, I, 199. Cf. Strabon, XVI, p. 10.^8 et Baruch. 6. 43. — Maspéro, 1, 640. — Cumont, ^86. Cf. Eusèbe. Vita Constnntini. III, oo.
T:apvT,7â;jL£vo'., 6T,Àî'!a vÔ7w tt,v oafaova i/.îOJvTO v-jva'.xwv -' y.j -apâvou.0'. 6;jL'./'a'.. Il s'agit du temple d'Aphaca [d'après Lagrange, 129, note 3]. Le culte d'Ishtar à Ourouk s'est confondu peut-être avec le culte aussi sensuel de >'ana. Il est très vraisemblable que ces prostitutions sacrées déri-
80 LES RELIGIONS SEMITIQUES
La vie religieuse des peuples sémites, enfin, présente un troisième aspect, lequel contraste fort avec celui qu'on vient de décrire.
Ces peuples se faisaient de la puissaiîce et de la nature divines une idée très haute et très pure. A côté et au-dessus des baalim, les Sémites occidentaux adoraient un grand Baal, le Baal par excellence, le Baal des cieux. C'était Hadad, le dieu du ciel et particulièrement de l'orage et des eaux, qui donnait la fécondité au sol et qui faisait naître la vie. Il est certain que ce Baal tend à absorber tous les dieux divers au moment oi^i s'achève, dans le syncrétisme, l'évolution religieuse des Sémites : le Seigneur du ciel dePalmyre ressemble fort à TAllah des Arabes avant Mahomet ; il est tout-puissant et infini, éternel et universel, mar'-
vcnt d'une ancienne exogamie. L'exogamie est o la défense pour le porteur d'un totem d'épouser un individu ayant le même totem, c'est-à-dire appartenant au même clan totémique ». Gomme le respect de la vie du totem, cette interdiction découle « d'un même tabou primitif, le respect de la vie du clansman et l'horreur de répandre son sang. En effet, le totem est bien un membre du clan : il en est même le membre par excellence, à cause de la puissance mystérieuse qu'on lui attribue, et, pour le sauvage totémiste, tuer son totem est un crime plus grave que de tuer un des siens. D'autre part, l'union sexuelle, impli- (juant une effusion de sang, a été également interdite lorsque ce sang était celui d'une fille du clan, versé par le fait d'un homme du clan » [S. Reinach. Culles, Mythes el Religions, I (1905) 79]. Les vierges doivent s'unir d'abord à un étranger. — Pareille pratique subsiste encore en Algérie, chez les Oulcd-Nail.