PRÉFACE IX
Qui veut entendre cette histoire doit étudier d abord le développement de ce principe d'unité dont il constate Texistence. Rechercher ce qu'ont été, dans le passé, la vie et la pensée des Chrétiens, c'est le seul moven de comprendre le présent, c'est-à-dire de travailler utilement à l'œuvre de Tavenir. La claire vision de ce que nos ancêtres ont fait nous évitera peutêtre des erreurs, des découragements et des espérances également puérils ; elle nous persuadera que nous ne pouvons pas créer sur table rase, partant, qu'il est maladroit de vouloir le faire : elle nous convaincra surtout que la vie est, essentiellement, une œu\Te de liberté et un effort de continuité. Avant de décrire l'étape que l'humanité parcourt depuis la fin du siècle avant-dernier — et dans les vieux pays où depuis longtemps fermente le « grain de sénevé », et dans les terres neuves, colonies naissantes ou à venir de la Chrétienté d'hier, — il confient donc de résumer
de Leibniz [cf. à ce sujet la récente étude de Baruzi : Leibniz et Vorrjanisat'.on religieuse de la Terre. Paris, 1907J. — On sait que, au jugement de certains autres penseurs, le Christ n'est pas le principe et la fin de Ihistoire humaine. « Le christianisme n'est pas le centre de l'histoire, il en est un épisode: il ne suffit pas à ramener à l'unité la vie de l'homme sur la planète. Plusieurs groupes indépendants, isolés, se sont formés, se sont développés et ont vécu parallèlement, sans se connaître les uns les autres. » [G. Séailles : Les affirmations de la conscience moderne, 2« éd., Paris, 1904, p. 31],