‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 59 sur 113 · LE PROBLEME MORAL · texte numérisé non relu

LE PROBLEME MORAL

principe de la solidarité familiale est atténué en faveur de linnocent, si énormes que soient les crimes des ancêtres. Sophocle « prêche une croyance religieuse. La domination divine lui semble absolument stable, digne de tout respect. Il parle avec une terreur religieuse des lois et des obligations morales;... la piété est une condition de la vie humaine ^ ». Mais le plus noble représentant de tous ces nobles penseurs, qui cherchent pieusement, loin de la mythologie, une morale humaine, sans contredit c'est Socrate. « Enthousiaste, presque mystique, il sent en lui linfluence divine»; son effort tend à constituer une « science morale » « sans sortir du cercle des faits moraux euxmêmes et en se bornant à féconder l'expérience morale par un mode de réflexion approprié ». La science de la nature est inaccessible à l'homme, parce que la nature est divine, mais la science est bonne en soi ; elle doit apprendre à l'homme comment on est utile aux hommes, lui enseigner à se connaître soi-même (77^6'. ctxvTovj et à savoir que le bien, c'est « rutile vrai - ».

' D'après Decharme. Sophocle est plus conservateur qu'Eschyle et même que Pindare.

- Sur Socrate. 470-400, cf. Boutroux : Etudes d'histoire de la philosophie [2« éd., 1901^. — Se connaître soi-nit-me, c'est prendre conscience de ce qu'il y a en soi de permanent et de général, découvrir sa nature. La dialectique socratique permet de toucher le but A'éthique socratique montre que la pratique de la vertu est toujours le parti le plus profitable. La maîtrise de soi est la première des vertus.

Noter que. d'après Decharme. Thucydide semble associer 1 idée de Dieu à l'idée des lois qui régissent le monde [Cntique trad. rel, I. chap. ni].

13A LES RELICIONS .\RYK.\NK>

Tout un groupe de philosophes prolongeiil onliii, avec plus ou moins d'indépendance, les spéculations religieuses de rOrphisme. Pylhagore fonde àCrolone une communauté religieuse bientôt toute-puissante et dont la ruine rapide dissémine à travers la Grèce les apôtres des idées nouvelles: ils enseignent que lame traverse de multiples existences et se purifie de la sorte ; la vie est une expiation imposée à lliomme par la divinité. « Cest l'idée, non encore douce et aimante, mais déjà morale, du pasteur qui a tous droits sur son troupeau. 11 faut attendre pour quitter la vie l'heure lixée par le Maître, et le suicide devient une impiété. C'est déjà mêler à l'idée d'esclavage et de punition 1 idée plus noble d'un service... Le principe et Tordre delà vie, c'est de s attacher à suivre Dieu. Bien ridiculement agissent les hommes s'ils cherchent le bien ailleurs que chez les dieux : maître de toutes choses, Dieu seul peut donner tout ce qui est utile. Il est d'ailleurs le maître indispensable. L'homme, et tout vivant, est un être violent, inquiet, ondoyant en ses désirs et ses passions ; à cette anarchie de notre nature, il n va de remède que la surveillance et le gouvernement de la divinité, et, de notre part, le service de la pureté'. » hmpédocle montre de même que 1 âme traverse j)lu-

♦ Dii'S : L'évolution de Ui théologie clans les philosophes grecs 'Revue d'histoire et de littérature religieusef, 1900. lo6-159> Caird : The évolution of theology in fhe greek philosophers. Glasgow, 1904. 2 vol. — I»ythagore, 584-504. D'après Decharme, les rapporls de l'Orphisme et du l'ylhagorisme sonl aussi obscurs que certains.

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