LA VIE D A PUES PLATON
sif-'urs vi»,'.s aliti d'expier une faute primitive et rentrer pour jamais au sein de la divinité ^ Platon, enfin, dépasse l'un et lautre et fait de Timitalion de Dieu la règle de la vie de l'homme. « Dieu veut le meilleur ; il le veut avec une persévérance indéfectible et passe Tétemité à le réaliser dans le monde. Or, le meilleur consiste en ce qu'il y ait le plus de bonheur possible ; et le moyen qui mène à cette fin universelle et suprême, ce n'est pas seulement l'ordre physique, c'est aussi et principalement l'ordre moral. Dieu veut donc, et pardessus tout, Iharmonie des volontés dans la justice: il impose de son chef le respect du bien. C'est là ce que le disciple de Socrate désire inculquer dans les âmes en disant à plusieurs reprises que nous sommes « la propriété de Dieu », qu'il s'occupe de nous et scrute nos pensées les plus intimes, qu il est « l'ami du juste » et « l'ennemi du méchant », que toute faute est une (f impiété - » ; Dieu nous a placé dans la vie comme dans
' Eodem loco., %i%. — Empédocle, 485-435.
- l'iat : Plafon. \ ans. 19<)6. 277-278; Glotz, 59.3 : Brochard : La morale de l'iaton [Année philo^iophique, XVI, 1905]. — Cf-Zeller: Die Philosophie der Griechen, II, 1 (IS80) : Huit : La tieet l feutre de Platon. Paris, 1803: Gomperz: (rriechische Denker, II (1903), 2«)3 et Fouillée : La philosophie de Plafon. — IMaton vivait de 427 à 347,
Ni Platon, ni Socrate ne semblent avoir professé explicitement le monothéisme, dont ils semblent pourtant aussi proches qrj'Eschyle, et tant d'autres Grecs, Egyptiens, Sémites! Antisthéne, disciple de Socrate comme Platon, mais plus âgé que cdui-<:i, afiirme seul, très nettement, l'unifé de Dieu. Socrate et Platon admettaient peut-être un Dieu suprême, entouré de dieu,\ secondaires sidéraux [surtout le Soleilf : ils assimilaient peut-être ces derniers aux démons [Decharme ; tyiHr, imA 21T-2IS1.
« un poste » qu il nous défend d'abandonner; « il est notre ami dans la mesure oi^i nous aimons le bien » ; et, quand l'àme dupliilosoplie, d'essence divine etnaturellement autonome, est délivrée de son corps, c'est auprès de ce « Dieu bon et sage » qu'elle va passer Téternité.
L'image de Dieu qui s'élabore ainsi dans 1 àme grecque sous l'influence de TOrphismea été fixée dans une œuvre inoubliable par un artiste de génie : Phidias a sculpté dans l'or et l'ivoire la figure de Zeus. « Formidable par ses dimensions qui attestaient sa puissance physique, entouré d'un luxe évocateur du merveilleux palais d'or qu'habitent les Immortels, Zeus — c'était là sa vraie grandeur — révélait par son aspect une àme supérieure à ces signes matériels de sa divinité. Non seulement il demeurait calme et simple au milieu d'un triomphal appareil, mais sa physionomie était toute mansuétude; il n'apparaissait point en dieu redoutable, « amonceleur de nuages « ;... on le voyait tout-puissant et on le sentait tout bon ; en lui on reconnaissait, selon les mots de Dion Chrysostome, « le dieu de paix suprêmement doux, dispensateur de l'existence et de la vie et de tous biens, le commun père et sauveur et gardien de tous les hommes». Ainsi, Phidias semblait n'avoir employé des proportions si colossales et mis en (ruvre tant de matériaux précieux, que pour mieux faire ressortir une beauté purenKMit morale ^
'il. Lechat : Phidias et la sculpture grecque au T" siècle. Paris,