‹ Les reliques et les images légendairesChapitre 10 sur 10 · RELIQUES D’ORIGINE APOLOGÉTIQUE · texte numérisé non relu

RELIQUES D’ORIGINE APOLOGÉTIQUE

Les faussaires en reliques furent toujours une corporation florissante ; d’aucuns inventèrent des reliques vraiment fâcheuses. Mais la malignité satirique leur en prêta de ridicules.

Frère Oignon, retour de Terre Sainte, exhibait une plume de l’ange Gabriel dont un perroquet avait fait tous les frais. De plus, il prétendait que le patriarche de Jérusalem lui avait montré « un peu du doigt du Saint-Esprit aussi sain et aussi entier qu’il avoit jamais été. et le museau du Séraphin qui apparut à saint François, et un des ongles du chérubin, et quelques rayons de l’étoile qui apparut aux trois rois en Orient et une fiole de la sueur de saint Michel quand il combattit le diable (1) ».

Henri Etienne, d’après lequel on cite ordinairement quelques-unes de ces reliques bur-

(1) H. Estienne, Apologie pour Hérodote, ch. XXXIX, S 29, édit. Scheurleer, 1735, in-12, II, p. 367. Voir ce que répondit l’abbé Thiers à qui Mabillon reprochait d’avoir cité ces reliques:.J. -B. Thiers, la Sainte Larme de Vendôme, Amsterdam, 1751, in-12, II, pp. 322-324.

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lesques, avoue que ce conte est enrichi « mais de menteries coutumières et ordinaires aux Cafars (1) ».

On a vu au Mont Saint-Michel, en 1784, un suisse qui vendait aux pèlerins des plumes de l’Archange (2), mais c’est là le fait d’un audacieux particulier. A. Réville, qui nous parle d’une église où l’on montrait l’échelle que Jacob vit en rêve, ne fournit aucune référence (3). Le seul témoignage de d’Aubigné sur la présence d’un éternuement du Saint-Esprit dans l’église de Saint-Front à Périgueux apparaît insuffisant (4).

Il y a cependant toute une catégorie de reliques qui sont le fruit d’une imposture singulièrement hardie, j’entends parler des écrits descendus du ciel, livres ou lettres rédigés dans les parvis d’en haut et apportés sur terre par quelque puissance céleste.

J’appelle ces sortes de reliques apologétiques, car elles avaient ordinairement pour but d’autoriser des prescriptions, des règles, des com-

(1) H. Estienne, ibid., II, 368.

(2) Poullain DE Sainte-Foix (Aug.), Essais sur Paris pour faire suite à ceux de Sainte-Foix, P., 1805, t. I, p. 266.

(3) A. Réville, Essais de Critique Religieuse, P., 1860, in-8,

(4) D’Aubigné, Confession catholique du sieur de Sancy ,

ch. VII.

mandements que leurs auteurs pensaient devoir être utiles aux croyants.

En Égypte, la médecine s’attribuait volontiers une origine divine : « Le magicien qui, avec le prêtre et le médecin , connaît l’art de guérir 1 j. tire sa science de livres mystérieux que les dieux ont donnés aux hommes dans des circonstances miraculeuses. Ainsi le traité de détruire les abcès sur tous les membres de l’homme a été trouvé sous les pieds du dieu Anubis et apporté au roi Ousaphais (de la première dynastie) (2); le papyrus médical conservé à Londres « fut trouvé une nuit dans la grande salle du temple de Koptos par un prêtre du temple. Toute la terre était plongée dans les ténèbres, mais la lune se leva soudain sur le livre et l’enveloppa de ses rayons. On l’apporta au roi Khéops (3) (4) ».

Le papyrus de Reisner ou papyrus Hearst. qui est un recueil tout à fait analogue, formé

(1) Pour le traitement des malades, les Égyptiens distinguaient trois spécialistes : le médecin, le prêtre, le sorcier. — Cf. Maspero, Proceedings, S. B. A., XIII, 501.

(2) Papeyrus Ebers , 103, I, pp. 1-2.

(3) Aeg. Zeitschrift, 1871, p. Gl.

(4) Loret, la Magie dans l'Égypte ancienne , dans Conf. au Musée Guimel , P., 1906, p. 255. — Sur le même sujet, voir : Maspero, le Papyrus Ebers el la Médecine égyptienne, dans Etudes de Mythologie el d' Archéologie égyptiennes, Paris. 1898. III, p. 289.

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d’une masse d’aphorismes ou de prescriptions empiriques en usage parmi les prêtres des temples et parmi les gens du peuple (1), a sans doute une semblable origine.

Raziel, qui était le maître d’Adam, lui apporta, dit-on, de la part de Dieu, un livre qui contenait les secrets d’une très haute sagesse (2).

Chez les Cénobites, chrétiens d’Egypte, une tradition fort répandue voulait que leur constitution leur ait été donnée du ciel. Ce fut un ange qui ordonna à saint Pacôme de quitter la vie d’ermite (3) et lui donna une règle de vie pour les moines. La règle des Carmes fut également apportée à saint Cyrille par un ange (4).

D’après la tradition des Soubbas, Abou Saoua, le frère putatif de Yahio (saint Jean-Baptiste), furieux de voir sa femme Inochwei quitter la

(1) Georges A. Reisner, The Hearst Medical Papyrus, Hieratic text in-17 fac-similé plates in collotype with introduction and vocabulary, Hinrichs, Leipzig, 1905, in-4, v-48 p. et 17 pl. Cf. G. Maspero, Un nouveau traité de médecine égyptienne, dans Journal des Débals, 28 mars 1906.

(2) Lenain, la Science cabalistique , P., 1909, in- 12, p. 13, n° 1, d’après le Zohar.

(3) P. de Natalibus, lib. IV, cap. CLXI.

(4) Du moins le représente-t-on avec un ange qui du haut du ciel lui présente un livre en deux tablettes. Cahier, Caractéristiques des saints, I, 39.

maison la tête découverte pour aller au-devant de son fils, eut l’idée de la répudier; mais a l’instant même, il vit tomber devant lui une feuille qui venait d’en haut. Il la prit et y trouva écrit ces mots : « Garde-toi de faire le moindre mal à ta femme ! Va au contraire avec elle, parce que tu vas recevoir Yahio (1). »

Parfois les saints ou les dévots ont reçu, du ciel, des notes ou des billets ; mais ils ont tous depuis longtemps disparu. Un ange apporta du ciel à saint Roch la promesse écrite que la peste cesserait à son invocation (2). D'après la vie de sainte Bérégise, c’est un ordre écrit venu du ciel qui aurait décidé Plectrude, femme de

(1) N. Siouffi, Éludes su/' la Religion des Soubbas ou Sa béens , leurs dogmes, leurs mœurs, P., Impr. Nat., 1830, grand in-8, p. 7.

(2) Prose de saint Roch (In honore Salvatoris) dans les Missels du seizième siècle à Toulouse, Utrecht. Autun, etc. :

« Rochus ibi vitam finit :

Cui Deus dare sinit Tabulam per angelum Quae divine scribebatur Scriptis auri, et dictatur Manu Dei siderum.

Nornen Rochi infra scriptum Quod a Deo fuit dictum Ut qui cum décorant,

Pestis ulcus depellatur; Sanitasque his reddatur Qui eum commémorant. »

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Pépin d’Héristal, à bâtir l’abbaye de Saint-Hubert (1).

Saint Vincent Ferrier fut appelé, à Pampelune, près du lit de mort d’une pécheresse endurcie. Il lui dit qu’il ferait venir du ciel son absolution, si elle promettait de se confesser. — S’il en est ainsi, je le veux bien, répondit la courtisane. — Alors il traça ces mots : Frère Vincent supplie la très sainte Trinité de daigner accorder , à la présente pécheresse , i absolution de ses péchés. L’écrit s’envola au ciel et en revint quelques instants après, portant, tracé en lettres d’or, l’engagement suivant: Nous, Très Sainte Trinité , à la demande de notre Vincent , nous accordons à la Pécheresse dont il nous a parlé le pardon de ses fautes ; nous la dispensons de toutes les peines quelle devait endurer , et, si elle se confesse, elle sera , dans une demi-heure , portée dans le ciel (2)...

Dans le temps où le Salve Regina commençait à se répandre, une noble dame, qui venait d’entendre chanter ce cantique par les moniales, fut prise d’un vif désir de l’apprendre pour le redire à son tour. Elle priait, tourmentée par

(1) Acta SS. Oct. I, 525. In officio S. Beregisj Abb. — Cf. G. Kurth, les Premiers Siècles de l'abbaye de Sainl-Huberl (Compte rendu des séances de la commission royale d’histoire, V* série, t. VIII, Bruxelles, 1898, p. 7 etsuivj.

(2) Mgr Guérin, les Petits Dollandistes, 1888 t. IV, p. 238.

cette pensée, lorsqu’un petit oiseau, tenant dans son bec un feuillet de papier contenant ce cantique noté en lettres d’or, le lui ofîrit et s’envola. Ravie de ce présent céleste, elle ne manqua jamais dès lors de réciter chaque jour le Salve (1).

Une certaine moniale du nom de Jeanne reçut une lettre qui lui était envoyée par la Vierge. Cette épitre, écrite en caractères eélestes, conseillait la récitation du rosaire et la fuite des distractions terrestres (2).

Vers 1819, on a trouvé, dans les environs de Bordeaux, une lettre écrite, en caractères d’argent, par la Sainte Vierge, et signée du seing de la croix. Des missionnaires locaux ont fait imprimer cette lettre et l'ont distribuée 3;.

(1) Baratta, Admiranda orbis Chrisliani, I, 29, d'après Sylvanus Razzius, Mir., lib. 3, c. 14.

(2) Félix Astolfi, Histor. Imaq. Beat. Virgin.. Yenetia, 1624, in-4, lib. 10.

(3) Collin de Plancy, Dirl. des Reliques, II, 109. — Cette fable a pu être imaginée sur la tradition légendaire des Messinois. La Vierge leur aurait écrit en l’an 42 de l'ère chrétienne une lettre en hébreu pour les féliciter de leur conversion. De Sivry et Cha.mpag.xac, Dicl. des Pèlerinages, P., Migne, 1850, in-4, I, 1102, où l'on trouvera la traduction latine de Constantin Lascaris, traduction qui aurait été exécutée sur la traduction grecque qu’en avait donnée saint Paul lui-même. Cf. V. Bérard, les Phéniciens el l'Odyssée, P., 1903, t. II, p. 3S0. C’est à tort que l'on parle de cette lettre comme d’une épitre envoyée du ciel. F. Macler, Correspondance cpislolaire avec le ciel, dans Rev. des Trad. Po-

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Il nous faut enfin parler de la plus célèbre et de la plus universellement connue de toutes ces lettres d’en haut :

« La lettre est écrite par le Christ lui-même en lettres d’or ou avec son sang. Elle est portée sur la terre par l’archange saint Michel ou bien elle tombe du ciel, à Rome, sur le tombeau de saint Pierre, à Jérusalem, à Bethléem ou en d’autres lieux célèbres, suivant l’occurrence. Son objet principal est d’inculquer l’observation du dimanche. Subsidiairement, d’autres préceptes y sont recommandés. Vient ensuite une série de menaces terribles contre ceux qui mépriseront ces ordres et, assez souvent, une vive protestation destinée à rassurer les chrétiens qui concevraient des doutes sur l’authenticité du document. Ordinairement, le texte du message divin est encadré d’un prologue racontant les circonstances de la promulgation et d’un court épilogue (1). »

Prototype éloigné de ladite lettre. — Cette lettre fameuse, destinée surtout à inculquer

pul., XX. 1905, p. 65, note 2. Cette lettre est censée écrite de Jérusalem en l'an 42 et la tradition la plus commune fait mourir 1a Vierge en l'an 48. Tillemont l'a fait vivre jusqu’en l’an 65.

(1) R. P. Df.lehaye, Note sur la légende de la lettre du Chrisl tombée du ciel, dans Acad. Royale de Belgique, Bulletin de la Classe des lettres, Bruxelles, 1899, p. 174.

l’observation du dimanche, est pleine de menaces et par ce côté, tout au moins, on peut la rapprocher de la lettre que le prophète Élie, longtemps après sa mort, envoya au roi Jorarn. fils de Josaphat. Voici, d’ailleurs, cette incantation comminatoire et prophétique:

« Ainsi a dit l’Eternel, le Dieu de David ton père: Parce que tu n'as point suivi la trace de Josaphat ton père, ni celle d’Asa, roi de Juda. Mais que tu as suivi le train du roi Israël, et que tu as fait prostituer ceux de Juda, et les habitants de Jérusalem, comme la maison d'Achab a fait prostituer Israël, et même que tu as tué tes frères, qui étaient la famille de ton père, et qui étaient meilleurs que toi.

« Voici, l’Eternel s’en va frapper de grandes plaies ton peuple, tes enfants, tes femmes et tous tes biens. Et tu auras de grosses maladies d’entrailles, jusque-là que tes entrailles sortiront par la force de la maladie, qui augmentera de jour en jour (1). »

Lettre originale. — Quoi qu'il en soit de cette influence sur notre lettre, « la plus ancienne mention qu’on en connaisse se trouve dans Licinianus, évêque de Carthagène (2), qui vécut à

(1) Il Paralipomènes, XXI, 12-15.

(2) Epistola ad Vincentium episcopum Ebositanæ insulæ. P. L., t. LXXII, p. G99.

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la fin du sixième siècle. Il écrit à un évêque Vincent pour lui reprocher d’avoir pris au sérieux une prétendue lettre du Christ et de l’avoir fait lire au peuple... L’évêque Licinianus ne cite aucun passage de la lettre. Mais il ne peut y avoir aucune hésitation quant à l’identité de la pièce. C’est une lettre écrite par Jésus- Christ descendue du ciel sur l’autel de la memoria de saint Pierre, et elle a pour objet l’observation du dimanche (1). »

1° Premier groupe d’ imitation du huitième au onzième siècle. — Aldebert (2), dans la première moitié du huitième siècle, répandait partout une lettre de Jésus-Christ qu’il prétendait être tombée du ciel. La lettre fut lue au concile de Latran en 745, et le pape Zacharie déclara qu’Aldebert n’était qu’un fou. On possède une dizaine de textes de cette lettre avec des variantes et des amplifications qui ne sauraient dissimuler leur origine commune. Tantôt la lettre tombe à Rome, tantôt à Jérusalem, tantôt à Bethléem ; partout elle recommande l’observation du dimanche (3).

En 789, un capitulaire de Charlemagne con-

(1) Delehaye, loc. cil., pp. 174-175.

(2) Sur les nombreuses impostures d'Aldeberl, cf. Pluquet et Claris, Dicl. des Hérésies, P., Migne, 1847, in-4, I, pp. 307-310.

(3) Delehaye, loc. cil., pp. 176-185.

damne au feu une pièce analogue ; mais nous n’en possédons pas le texte, pas plus, d’ailleurs, que celui de la lettre qu’un évêque prétendait avoir reçue d’en haut pour recommander à son peuple divers préceptes (1032) (1;.

2° Groupe de l’époque des croisades. — Pierre l’Ermite colportait une lettre céleste exhortant à la croisade (2). C’est là, ce semble, non pas une adaptation mais une imitation de la lettre primitive. Mais de nombreuses adaptations reparaissent vers le même temps. « Au commencement du douzième siècle, Eustache , abbé de Flay, en Normandie, parcourut l’Angleterre, prêchant la stricte observation du jour du Seigneur, il apportait, à l’appui de sa prédication, un ordre écrit venu du ciel dont Roger de Hovedem nous a transmis le texte... Il est bon de remarquer qu’Eustache de Flay ne fut pas le premier à introduire en Angleterre le message céleste sur l’observation du dimanche. Dans les sermons de Wulfstan , archidiacre d'York (1002-1023), il est question de cette épître trouvée cà Saint-Pierre de Rome et écrite en lettres d’or (3). »

(1) Delehaye, loc. cil., pp. 186-187.

(2) H. Hagenmeyer, Peler der Eremile , Leipzig. 1879. p. 117.

(3) Delehaye, loc. cil., pp. 188-189.

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3° Groupe issu des flagellants. — La lettre réapparaît à nouveau au quatorzième siècle, mais en Allemagne et adaptée aux prétentions et aux préceptes de la secte des flagellants. On en a diverses recensions qui montrent qu’elle fut fort répandue (1).

4° Groupe moderne du dix-septième au dixneuvième siècle. — « En 1604, on a imprimé à Cologne, en allemand, une lettre céleste qui ne diffère pas de l’antique lettre du Christ... Le prologue de cette pièce rappelle la recension islandaise de l’épitre divine, elle est aussi écrite en lettres d’or, et publiée par l’archange saint Michel à Michaelsborg. L’objet principal en est également le précepte du dimanche. Elle porte la date de 1648. C’est sans doute la même lettre dont, il y a peu d’années encore, les femmes islandaises gardaient soigneusement des copies, pour servir de talisman et de préservatif contre les maux de toutes sortes (2). »

Pour donner un échantillon moderne de cette pièce fameuse, j’ai cru devoir rapporter le récit suivant et le texte de la lettre qu’il sert à authentiquer (3) :

(1) Delehaye, loc. cil., pp. 189-191.

(2) Delehaye, loc. cil., pp. 191-192.

(3) J'ai choisi précisément ce texte parce qu’inconnu au Père Delehaye, il ajoute ainsi un document à son remarquable travail.

« Récit surprenant sur l’apparition visible et miraculeuse de Notre Seigneur Jésus-Christ au Saint-Sacrement de l’autel, qui s’est faite par la toute-puissance de Dieu en l’église paroissiale de Pciimpol près Trégnier en Basse-Bretagne, le jour des Rois.

« Le 6 janvier 1771, jour des Rois, pendant qu’on chantait le salut, on vit des ravons delumière sortir du Saint-Sacrement . et l'on aperçut à l’instant Notre-Seigneur Jésus, en figure naturelle qui parut plus brillant que le soleil, et qui fut vu une demi-heure entière, pendant laquelle parut un arc-en-ciel sur le faite de l’église. Les pieds de Jésus restèrent imprimés sur le tabernacle, où ils se voient encore ; et il s’y opère tous les jours plusieurs miracles.

« A quatre heures du soir, Jésus ayant disparu de dessus le tabernacle, le curé de ladite paroisse s’approcha de l’autel et y trouva une lettre que Jésus y avait laissée : il voulut la prendre : mais il lui fut impossible de la pouvoir lever. Le curé, ainsi que le vicaire, en furent avertir Monseigneur l’évêque de Tréguier. qui ordonna, dans toutes les églises de la ville, les prières des quarante heures, pendant huit jours, durant lequel temps, le peuple allait en foule voir cette sainte lettre.

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« Au bout de la huitaine , monseigneur l’Evêque y vint en procession, accompagné de tout le clergé séculier et régulier de la ville après trois jours de jeûne au pain et à l’eau. La procession étant entrée dans l’église, monseigneur l’évêque se mit à genoux sur les degrés de l’autel et la prit sans difficulté ; s’étant ensuite tourné vers le peuple, il en fit la lecture à haute voix et recommanda à tous ceux qui savaient lire d’en faire la lecture tous les premiers vendredis de chaque mois : et à ceux qui ne savaient pas lire de dire cinq Pater et cinq Ave en l’honneur des cinq plaies de Jésus- Christ, afin d’obtenir les grâces promises à ceux qui la liront dévotement, et la conservation des biens de la terre.

« Les femmes enceintes doivent dire pour leur heureuse délivrance neuf Pater et neuf Ave en faveur des âmes du purgatoire, afin que leurs enfants aient le bonheur de recevoir le sacrement de baptême.

« Tout le contenu de ce récit a été approuvé par Monseigneur l’évêque, par monsieur le lieutenant général de la ville de Tréguier et par plusieurs personnes de distinction qui se sont trouvées présentes à ce miracle.

« Copie de la lettre trouvée sur l’autel lors de l’apparition miraculeuse de Notre-Seigneur

Jésus-Christ au Très Saint-Sacrement de l’autel le jour des Rois 1771 :

« Eternité de vie, éternité de châtiments, éternelles délices ; rien n’en peut dispenser. Il faut choisir un parti, ou celui d’aller à la gloire, ou marcher au supplice. Le nombre d'années que les hommes passent sur la terre, dans toutes sortes de plaisirs sensuels et de débauches excessives, d’usurpations, de luxe, d’homicides, de larcins, de médisances et d’impureté, blasphémant et jurant mon saint nom en vainet mille autres crimes, ne me permettant pas de souffrir plus longtemps que des créatures créées à mon image et ressemblance, rachetées par le prix de mon sang sur l’arbre de la croix, où j’ai enduré mort et passion , m'offensent continuellement en transgressant mes commandements ou en abandonnant ma loi divine, je vous avertis que si vous continuez à vivre dans le péché, et que je ne voie en vous ni remords, ni contrition, ni une sincère et véritable confession et satisfaction, je vous ferai sentir la pesanteur de mon bras divin. Si ce n’était les prières de ma chère mère, j’aurais déjà détruit la terre pour les péchés que vous commettez les uns contre les autres. Je vous ai donne six jours pour travailler et le septième pour vous reposer , pour sanctifier mon saint nom, pour

entendre la sainte messe et pour employer le reste du jour au service de Dieu , mon père. Au contraire, on ne voit que blasphèmes et ivrogneries, et le inonde est tellement débordé qu’on n’y voit que vanités et mensonges. Les chrétiens, au lieu d’avoir compassion des pauvres qu’ils voient à leurs portes, et qui sont mes membres, pour parvenir au royaume céleste, ils aiment mieux mignarder des chiens et autres animaux, et laisser mourir de faim et de soif ces objets, en s’abandonnant entièrement à Satan par leur avarice, gourmandise et autres vices; au lieu d’assister les pauvres, ils aiment mieux sacrifier tout à leurs plaisirs et débauche. C’est ainsi qu’ils me déclarent la guerre.

« Et vous, pères et mères pleins d’iniquités, vous souffrez vos enfants jurer et blasphémer mon saint nom; au lieu de leur donner une bonne éducation, vous leur amassez par avarice des biens qui sont dédiés à Satan. Je vous dis, par la bouche de Dieu mon père, de ma chère mère, de tous les chérubins et séraphins et par saint Pierre, le chef de mon Église, que si vous ne vous amendez, je vous enverrai des maladies extraordinaires par qui périra tout; vous ressentirez la juste colère de Dieu mon père ; vous serez réduits à un tel état que vous n’aurez connaissance les uns des autres. Ouvrez

les yeux et contemplez ma croix que je vous ai laissée pour arme contre l’ennemi du genre humain, et pour vous servir de guide a la gloire éternelle : regardez mon chef couronné d’épines, j mes pieds et mes mains percés de clous; j’ai . répandu jusqu’à la dernière goutte de mon sang pour votre rédemption, par un pur amour de père pour des enfants ingrats. Faites des œuvres qui puissent vous attirer ma miséricorde ; ne jurez pas par mon saint nom ; priez-moi dévotement; jeûnez souvent, et particulièrement faites l’aumône aux pauvres qui sont mes membres ; car c’est de toutes les bonnes œuvres la plus agréable: ne méprisez ni la veuve ni l’orphelin : restituez ce qui ne vous appartient pas: fuyez toutes les occasions de pécher; gardez soigneusement mes commandements, honorez Marie, ma très chère Mère.

« Ceux ou celles qui ne profiteraient pas des avertissements que je leur donne, qui ne croiraient pas mes paroles, attireront par leur obstination mon bras vengeur sur leurs têtes; ils seront accablés de malheurs, qui seront les avant-coureurs de leur fin dernière et malheureuse, après laquelle ils seront précipités dans les flammes éternelles, où ils souffriront des peines sans fin, qui sont le juste châtiment réservé à leurs crimes.

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« Au contraire, ceux ou celles qui feront un saint usage des avertissements de Dieu, qui leur sont donnés par cette lettre, apaiseront sa colère et obtiendront de lui, après une confession sincère de leurs fautes, la rémission de leurs péchés tant grands soient-ils.

« Il faut garder soigneusement cette lettre en l’honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

« Avec permission à Bourges, le 30 juillet 1771. De Beauvoir , lieutenant général de police. »

Cette dernière épitre est étroitement apparentée à celle qui fut publiée à Oldenbourg à l’époque de l’occupation française (1).

La lettre de Dieu, que l’on répandit en Vendée, pendant les guerres de la Révolution, présente des variantes. Les propagateurs de la pièce diversifiaient leurs formules; mais sans toutefois modifier le caractère général de la pièce (2).

Le citoyen Robinet de Rennes, dans une lettre du 6 novembre 1789, à Monseigneur

(1) Voir le texte dans Delehaye, loc. cil., p. 194. Il est ainsi annoncé : « Copie d’une lettre miraculeuse que j’ai trouvée sous pierre bleue dans l’Eglise de Heulen, écrite avec le sang de Jésus-Christ, par laquelle il donne à connaître qu’il punira le monde d’une punition inexprimable, comme vous trouverez à la fin de cette lettre. »

(2) R. de la Perraudière, la Lettre de Dieu, dans Mém. de la Soc. nal. d'Agric., Sciences el Arts d'Angers, VIII, 1905, pp. 131-136.

Bareau de .Girac, évêque de Bennes, signale deux lettres de Jésus-Christ venues a Bennes de Sainl-Brieuc. Voici le titre de la première : « Lettre trouvée depuis peu de jours en l’église de Rome, par Marco Lucio Dartavallo, gentilhomme italien, laquelle on tient pour certaine : elle a été présentée à Sa Sainteté qui en a été extrêmement émerveillée [sic] la fit voir alors à plusieurs personnes de sainte vie et aux principaux du Conclave, et eut en même temps inspiration de la faire communiquer dans toutes les parties du monde où il se trouve du public. » On prétend avoir trouvé la seconde en la ville de Meston (sic). Celle-ci débute ainsi : « Vous direz les uns aux autres que ceux qui feront le labeur le jour du saint dimanche, seront excommuniés par moi Jésus-Christ... Suivez mes commandements et croyez fermement que cette lettre a été écrite de ma part ; car si vous ne le croyez pas et ne faites mes commandements, je vous excommunierai ; ce que j'ai à faire, je le ferai contre vous. » Au bas de l'imprimé, on lit : « Par ordre de notre Saint-Père le Pape », et au-dessous : « Permis d’imprimer et distribuer à Rome ce 2 mai 1789. Miron. — De l'imprimerie de Néel imprimeur de Sa Sainteté il). »

(1) Le Fureteur Breton (1906-1907), Nanterre et Paris, II, pp. 168-159 et III, pp. 178-179.

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J’ai eu entre les mains l'imprimé de deux lettres encore plus tardives ; la première trouvée au pied d’un crucifix miraculeux dans l’église Notre-Dame-de-Bon-Secours à Nancy, le jour de l’Assomption 1850 ; la seconde trouvée également au pied d’un crucifix miraculeux dans la cathédrale de Strasbourg, le jour de l’Assomption 1851. Ces deux pièces de colportage ont été imprimées chez L. Buffet à Charmes probablement vers 1871. Ce ne sont plus à proprement parler des lettres, mais des oraisons dont le texte et les formules nous viennent des cieux. Elles ont au reste une véritable vertu talismanique et préservent de la tempête et du naufrage quiconque les porte sur soi avec dévotion.

L’Orient a également connu de nombreuses variantes de cette lettre apocryphe, nous ne prétendons pas les énumérer (1). Je n’en citerai qu’une des plus caractéristiques qui appartient a la littérature éthiopienne.

« Le « livre de ïëpître » descendit du ciel, à Rome, le 25 décembre de l’an 74G de J.-C. dans l’église de Saint-Pierre-et-Paul en présence du patriarche Athanase, de douze mille prêtres

(1) On en trouvera l'histoire dans DeLehaye, loc. cil., pp. 196-206, et F. Macler, Correspondance épislolaire avec le ciel, dans Revue, des Trad. popul., t. XX, 1905, pp. 66-70.

et d’une foule considérable. Le patriarche étendit son manteau à terre et demanda au Seigneur de faire voir en ce moment la merveille, l’Épitre tomba au milieu du manteau 1). » Elle faisait mention d’une lettre envoyée antérieurement et, parmi diverses recommandations, rappelait l’obligation de sanctifier le dimanche.

« Plusieurs versions russes ont été publiées entre autres par Pypin et Tichonravov, et l’on affirme que, sous une forme populaire, la lettre céleste obtient toujours un vif succès dans la Russie méridionale comme aussi chez les Polonais, les Tchèques, les Bulgares et les Roumains (2). »

Le succès éclatant de cette lettre céleste a cependant été encore surpassé par un livre que nous ne saurions oublier : le Qoran.

De tous les livres sacrés il est le seul qui affirme lui-même son origine céleste 3 .

« 11 (Dieu) t’a envoyé en toute vérité le livre qui confirme ce qui l’a précédé. » Sour. 3, 2.

« C’est (Dieu) qui t’a envoyé le Livre de sa

(1) Delehaye, Ioc. cil., p. 201.

(2) Delehaye, Ioc. cil., p. 206.

(3) Notons cependant qu'un ange apporta un manuscrit des Quatre Evangiles à saint Enda (ou Ennai.abbé du monastère d'Arann dans l’ile d’Aran (Irlande). Ce codex était encore conservé dans l’église de Saint-Enda à la fin du dixseptième siècle. J. -B. Bagatta, Admiranda orbis christiani, Augustæ Vindelicorum, I.-C. Bencard, 1693. in-f\ I, p. 31.

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part. Tout ce qu’il renferme vient de Notre- Seigneur. » Sour. 3, 5.

« C’est un livre que nous t’avons envoyé d’en liant pour que tu fasses sortir les hommes des ténèbres à la lumière. » 14, 1.

« Dis-leur que l’Esprit de Sainteté (Gabriel) te l’a réellement apporté (le Qoran) de la part de ton Seigneur. » 16, 104.

« Nous avons envoyé le Qoran réellement et il est descendu du ciel réellement. » 17, 106.

C’est donc en se fondant sur le Qoran luimême que les sectateurs orthodoxes de l’Islam peuvent affirmer que Mohammed n’a pas écrit le Qoran. Ce livre n’est pas l’œuvre d’un homme mais une œuvre céleste. Son texte primitif était écrit sur une Table conservée au ciel (85-21-22) et appelée la Mère du Livre par le Qoran luimême (13-99) (1).

Une copie de cette table, écrite dans un vo-

(1) Le Qoran ne fait que mentionner la « Table conservée ». L'imagination musulmane a donné de cette table une description splendide : elle se compose d'une perle blanche aussi grande que la distance du ciel à la terre et de l’orient à l’occident. Le bord en est orné de perles et de pierres précieuses, etc. Au milieu on lit : « Il n’y a point de Dieu hors Dieu, Mohammed est son serviteur et son apôtre. » Pour que celte table reste exempte de modifications, elle est dressée à la droite du trône de Dieu. A. Sprenger, Das Leben und die Lehre des Mohamad,2 * éd., t. II, p. 227, note, et D’Herbelot, Bibliolh. Orient., édit de 1872, t. IV, pp. 277, 230, 518.

lume de papier, fut apportée par l’ange Gabriel du haut du septième ciel, au ciel le plus bas, dans la nuit du 23 au 24 du mois de Harnadan, la nuit appelée Al-Kadar. De ce ciel le plus bas, Gabriel l’a communiquée à Mohammed par fragments, tantôt à la Mecque, tantôt à Médine, durant l’espace de vingt-trois ans, selon que les circonstances le demandaient, lui donnant néanmoins la consolation de lui faire voir une fois par an le volume entier, relié dans la soie, orné d’or et de pierres précieuses du paradis; et, dans la dernière année de sa vie, il lui donna deux fois cette satisfaction (1).

Un critique méticuleux me fera sans doute observer que cette copie divine a été remportée dans les cieux par l’ange Gabriel et que j'ai tort de la faire figurer parmi les talismans terrestres. Les bons Musulmans n’en mettent pas moins le Qoran en phylactères, un ou deux versets écrits sur parchemin et pendus au col ou à la porte de la maison constituent un talisman incomparable. Et d’ailleurs si l’on voulait épiloguer, où trouverait-on la lettre authentique du Christ ? où les billets tombés du ciel, où les règles monastiques apportées par

(1) L. Leblois, les Bibles, P. Fischbacher, 1886, in-S, liv. IV, t. Il, p. 702.

les anges ? Mais où sont les neiges d’antan ?

Ce thème légendaire avec sa nuance apologétique a d’ailleurs passé en des récits délicieux qui nous paraissent aujourd’hui détachés de tout objet matériel et gagnent ainsi en idéalisme et en incertitude.

Nul ne sait ce que sont devenues les roses qu’un messager céleste vint déposer sur l’autel de Frédéric de Ratisbonne et qui tant émerveillèrent son directeur (1). Dans quel astre ou dans quels cieux s’en est allée la couronne fleurie que la Vierge Marie apporta jadis à sainte Lydwine en lui disant : « Reçois sur ta tète cette couronne, qui ne restera que sept heures sur la terre. Puis porte-la à ton confesseur et dis-lui que je lui demande d’être disposé à croire aux dons du Tout-Puissant (2). »

Djélâl-eddin Roumi, le fondateur des derviches tourneurs, était un jour en conférence secrète avec son guide vénéré, Chems-eddin, et Kora Katoum, l’épouse de Djelâl-eddin et la plus pure des femmes de son époque, les écoutait : « Tout à coup, raconte-t-elle, je vis le mur de la maison s’ouvrir et six individus entrer

(1) Raderus, Bauaria Sacra. Cité par J. -B. Bagatta, Admirantla, I, 401 , n° 13.

(2) Thomas a Kempib, Vila S. Lydwinæ. Cité par J.-B. Bagatta, Admiranda, I, 400, n" 4.

avec respect, saluer et déposer un bouquet de fleurs devant le Maitre. Ils restèrent assis jusqu’à l’heure de la prière de l’après-midi, sans qu’un mot fût prononcé. Le Maitre fit signe a Chems-eddin qu’il était temps d'accomplir le rite de la prière, et qu’il devait remplir les fonctions d’irnan. — Quand vous êtes présent, dit Chems, nulle autre personne rie doit remplir ces fonctions. — Djélàl-eddin présida donc à la prière. Quand celle-ci fut terminée, les individus qui avaient porté le cadeau se levèrent et sortirent par l’ouverture du même mur. Quant à moi, pleine d’effroi, je m’évanouis. Lorsque je revins à moi, je vis le Maitre sortir et me remettre ce bouquet en me recommandant de le conserver. J’en envoyai quelques feuilles à la boutique d’un droguiste ; on me répondit qu’on n’avait pas encore vu cette espèce de fleurs, avec tant de fraîcheur, de coloris et de parfum. Tout le monde resta étonné et se demanda d’où, en hiver, on avait pu apporter de pareilles fleurs. Le Maitre conserva ces feuilles jusqu’à son dernier souffle; et si quelqu’un avait mal aux yeux, il frottait une feuille sur la partie malade et la guérissait. Le coloris et le parfum de ces fleurs ne changèrent jamais. Il n’y a point de doute que ces six personnages mystérieux ne fussent des anges, et que

TALISMANS ET RELIQUES TOMBÉS DU CIEL

les fleurs ne provinssent en droite ligne du paradis (1). »

Ces feuillages, ces fleurs, ces roses, qui servirent à convaincre les témoins de la sainteté de ces créatures spirituelles sont évanouies à jamais; mais où sont celles qui convertirent au christianisme le juge qui condamna Dorothée au martyre et lui valut le titre de saint Théophile (2)? Où sont les roses blanches et les roses rouges qui permirent à saint François de persuader un Ponlife peu soucieux de ses révélations (3)? Où sont toutes ces roses descendues du ciel ?

Elles s’en sont allées avec leurs parfums célestes. Il ne reste plus que ces légendes enfantines et gracieuses mais dont l’origine précise presque insaisissable nous échappe. Cependant nous croyons pouvoir affirmer que toutes les légendes qui emplissent ces pages sont plus ou moins apparentées à la fable des pierres de foudre. On distingue facilement dans les plus primitives ou les plus grossières comme un reste d’animisme ou de dynamisme sacré. Dans celles oii l’objet s’est évanoui, la tradition litté-

(1) M. Cl. Huart, Konia la ville des derviches tourneurs, P., 1897, in-12, pp. 2C6-2U8.

(2) Surius, in S. Dorothea, Mens. feb. die III.

(3) Ann. Min., un 1223.

raire semble avoir tout idéalisé; mais là, plus qu’ailleurs peut-être, le récit tend à justifier un culte, à promouvoir la foi en quelque corps saint ou en quelque indulgence ; et l’on ne saurair oublier que l’intérêt monastique ou paroissial a dicté cette idéalisation, organisé ce plagiat enchanteur. Le thème de l’origine céleste s’explique par la crainte universelle, l'ignorance des foules, l’intérêt d’un ordre sacré agissant suivant leurs lois, créant des mythes ou des mystifications, pour répondre au besoin de merveilleux dont la plupart des hommes demeurent assoiffés.

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