‹ Les remèdes des champsChapitre 11 sur 12 · JUILLET, AOUT, SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

JUILLET, AOUT, SEPTEMBRE

Avant que les remèdes exotiques eussent envahi 3 pharmacies et pris la place des produits de nos mpagnes avec lesquels nos aïeux savaient fort jen se guérir, cette petite plante dont j'ai arraché ielques pieds pour notre leçon était réputée Tune s plus utiles parmi celles qui croissent spontanéan t dans nos climats. L'Ipecacuanha ayant été .porté d'Amérique, réunissant deux inconvénients e l'esprit humain a transformés en qualités de invention : venir de loin et coûter cher, l'humble inte de nos bois a été bannie de la médecine urine. Aujourd'hui, c'est à peine si, dans les camgnes, on conserve la tradition des services qu'elle idait autrefois et quelle tient toujours aux or- 3S de ceux qui savent l'employer à propos. C'est .saret (Asarum europœum), que Ton appelle 3si Asarine d'Europe, Oreille d'homme, Oreilte, Rondelle, Nard sauvage, Cabaret, Roussin, *ard. Il appartient à la famille des Aristolochièes i fournit beaucoup d'espèces précieuses à la mé- ;ine, mais la plupart exotiques, ja racine est une souche horizontale ou rhizome |)sse comme une plume d'oie d'un brun grisâtre, leuse, munie de fibres blanchâtres. Les tiges sque nulles se terminent par deux feuilles en me de rein, coriaces, vertes et luisantes en dessus,

pâles et duveteuses en dessous, portées par un lo pétiole. Les petites fleurs solitaires, d'un pourj noirâtre, se montrent en avril et mai à la bifur tion des pétioles, ce sont des clochettes, formées { le calice. On récolte les feuilles pendant l'été ; le odeur, leur saveur et leurs propriétés sont, à degré un peu moindre, celles do la racine. Celle doit se récolter deux fois par an : au printen) avant la floraison, et à l'automne, car ses proprié changent rapidement à mesure qu'on la conser Fraîche elle est vomitive et purgative ; après mois elle n'est plus vomitive; après deux ans c ne purge presque plus, mais elle possède alors < qualités diurétiques. Fraîche ou récemment sécl elle est douée d'une odeur camphrée et térébenthi] agréable et pénétrante ; sa saveur, comme celle i feuilles, est acre, amère, nauséeuse.

Toute la plante est excitante, émétique, purgati anthelmintique et sternutatoire. Lorsque Ton propose seulement d'opérer une perturbation al rante dans la bronchite chronique, la diarrhée coqueluche, de 10 à 20 centigrammes de poudré racine remplissent très-bien le but. Pour îè vomir, on donne de 60 à 80 centigrammes; i dose plus forte agit en même temps sur l'estoii et l'intestin. Si l'on commence par une ou d^ doses d'Asaret le traitement des fièvres quartes en vient facilement à bout. Les vétérinaires \\ ploient contre le farcin et les vers. Le nom de < baret lui vient de ce que les ivrognes en ont pour se faire vomir afin de recommencer à boi mais c'est en même temps un remède contre la i ladie qui consiste dans le désir irrésistible de e ritueux; il relève l'appétit et, pour peu que le t

pment moral lui aide, dissipe ou éloigne le besoin iitctice.

; La poudre des feuilles, qui peut dans tous les cas lîmplacer, — mais à dose un peu plus forte, — celle |b la racine, est un bon sternutatoire, utile dans ($s maux de tête invétérés ; fraîches, ces feuilles ont sialagogues, c'est-à-dire augmentent, lorsqu'on iis mâche, la sécrétion de la salive, et peuvent ainsi (aimer quelques névralgies des dents.

| Toutes les autres plantes dont nous allons nous (ccuper aujourd'hui appartiennent à la famille des fmbellifères , qui nous a déjà fourni une espèce inportante, l'Angélique. Toutes offrent, à des degrés divers, un caractère dominant, celui d'agir sur (organisme comme stimulant des actions vitales, lais en outre de cette propriété commune, chaque spèce est douée de vertus spéciales que nous allons cudier en détail.

L'Ache (Apium graveolens) ou Céleri des marais,

éleri sauvage, Persil odorant, est une plante bis-

muelle de 60 à 90 centimètres de hauteur, qui

oît communément dans les lieux humides. Cul-

vée depuis longtemps dans les jardins elle a pro-

iiit une variété qui est le Céleri ou Ache douce ,

ais une sous-variété nommée Céleri-rave à cause

3 la forme globuleuse de sa racine charnue. Les

îevaux ne touchent jamais à ses feuilles une ou

3ux fois décomposées, solides, larges, incisées ou

întelées, mais elles sont mangées par les moutons,

s chèvres et les vaches. Les tiges ressemblent

îsez à celle de l'Angélique ; les fleurs très-petites,

cinq pétales disposés en roue, forment des om-

\illes à Faisselle des feuilles et à l'extrémité des

rameaux. On emploie fraîches les feuilles d'un odeur aromatique particulière et d'une saveur acre La racine qui est bisannuelle, courte, pivotante, rs meuse, roussâtre en dehors, blanchâtre en dedans doit être récoltée pendant la seconde année ; c'es alors seulement qu'elle possède toutes ses pro priétés actives. La dessiccation lui fait perdre so odeur désagréable, un peu vireuse. Quant au frui qui est un akène oblong, rayé, grisâtre, il est arc matique, stimulant, stomachique.

La décoction des feuilles (30 à 60 grammes pa litre d'eau) coupée avec du lait frais et prise à jeui a été utile dans l'extinction de voix, l'asthme hu mide et le catarrhe pulmonaire chronique. L< feuilles pilées et appliquées, seules ou avec additio de vinaigre et de sel, sur les contusions, les engo gements froids, les engorgements laiteux, agisser comme résolutif. Leur suc est antiscorbutique, c'ei un bon gargarisme pour les ulcérations de la gorg un topique détersif pour les ulcères cancéreux.

Enfin, pour guérir les fièvres paludéennes inte mittentes avec leurs complications, engorgemei de la rate, gonflement des pieds, etc. On obtiei d'excellents résultats en faisant prendre en tro doses, entre les accès, de 150 à 200 grammes de si de feuilles d'Ache dans une décoction concentrée la racine sèche. Il faut noter que ce traitemen comme toutes les médications fébrifuges, doit et continué pendant deux ou trois septennaires apr la cure apparente, en ayant soin toutefois de dim nuer et d'éloigner les doses; que l'on abrège assure la guérison par une bonne nourriture, ij air sain, et l'usage de toniques amers et astri; gents.

\ spécimen que je tiens ici vous est certainement lier, car cette plante, qui croît spontanément [ le midi de la France, est cultivée dans tous ardins potagers pour les besoins de la cuisine ;

un assaisonnement agréable, toujours prêt, et he coûte rien.

î Persil (Apium petroselinum) , appelé dans ques campagnes Persin ou Ache persil, fréquemt employé par les paysans dans leur méde-

traditionnelle, a été étudié à nouveau depuis que temps par les médecins et les chimistes, science officielle y ayant reconnu la présence principe actif bien déterminé , de nouvelles iriences ont confirmé les données existantes sur Propriétés thérapeutiques. Parmi les végétaux m que nous avons étudiés, un grand nombre jident encore cette sanction ou ce passe-port de rience doctrinaire, et guérissent tout bonnement bonnes gens qui y croient parce qu'ils les ont à l'œuvre.

1 n'aurais pas besoin de décrire une plante si lière, s'il n'était fort important de savoir la difncier de la Petite ciguë. Celle-ci exhale une ir nauséeuse, la racine est petite, la base de la 1 est violette ou rougeâtre, couverte d'une pous- ') glauque; ses feuilles, plus aiguës que celles Wsil, sont d'un vert noirâtre. La racine du Per- 'st assez grosse, les tiges atteignent près d'un te de hauteur, elles portent des feuilles compo- ' d'un beau vert, les fruits sont ovoïdes, allon-

C'est une plante bisannuelle qui ne monte à ne que la seconde année.

3 Persil vient dans tous les terrains, mais il ère les terres fraîches et légères peu fumées. En

hiver il faut le couvrir de paillassons pour le pré

Sommité de Persil.

ver de la gelée à laquelle d'ailleurs il résiste mie

tre un mur exposé au nord qu'à l'exposition du li. On le sème depuis le printemps jusqu'à la de l'automne. Si l'on coupe les tiges à mesure elles se montrent, on peut le faire durer trois . On cultive deux variétés de Persil frisé dont » très-petite qui se reproduit bien de graine, dis que l'autre dégénère quelquefois en l'espèce imune»

|a décoction de racines de Persil, fraîches ou jies à la dose de 30 à 90 grammes par kilomme d'eau, est stimulante et apèritive, c'est-àcapable d'ouvrir une voie d'élimination par les les ou les sueurs dont elle provoque la sécré- ; aussi rend-elle des services dans les engortents du foie, Thydropisie, les irrégularités de irculat;on du sang. Les feuilles pilées appliss sur les contusions, les tumeurs froides, les îrgements laiteux produisent le même effet rétif que les feuilles d'Ache, en stimulant la cirtion et l'absorption dans la partie affectée; elles aussi la propriété d'aviver, de déterger les ul- 3 de mauvaise nature et de les pousser à la risation. Ce topique peut rendre des services les ophthalmies purulentes. Pour ce qui est de 3mploi pour hâter la cicatrisation des coupuil est fondé sur un préjugé populaire qui a fait iter une foule de recettes destinées à ce but. Mais [ue les bords d'une coupure ou d'une plaie simont rapprochés avec soin et maintenus en place, ture se charge de la guérison soit en produisant réunion immédiate, véritable soudure des tisqui commence au bout de quelques heures et ure qu'une semaine ou deux ; soit par la proon de tissu intermédiaire qui remplit les espa-

ces vides et réunit les parties lésées. Dans le mier cas, il n'y a absolument rien à faire, peine de contrarier le travail naturel de répara dans le second , comme il y a formation de l'eau tiède est le meilleur cicatrisant. Cepei chez les sujets d'une mauvaise constitution ou mis à une hygiène défavorable, il arrive que fois que les plaies, les simples coupures/ au 11 tendre naturellement à la cicatrisation, s'ulcèr se recouvrent d'une espèce de membrane d'oi coule un pus couleur de rouille, d'une odeur r# santé. C'est alors que l'on emploie avec profî cool dilué ou les remèdes que nous avons aj détersifs pour faire tomber la membrane, a les bourgeons charnus, faire sortir un pus h et ramener l'ulcère à la condition de plaie ordi La propreté locale et générale , un air salubr* quemment renouvelé , une bonne nourriture d'ailleurs indispensables au succès. De plus, tat anormal de la plaie est causé ou mainten un vice du sang, par une maladie chroniqu doit combattre ces causes dans leur source p remèdes appropriés. Les stimulants et les tort amers seront presque toujours utiles.

Mais revenons au Persil pour constater qu'i sède comme l'Ache des propriétés fébrifuges i testables. Il convient de donner de 150 à 200 mes de suc au moment de l'accès, lorsqu'il seulement de combattre les fièvres de printen d'automne de nos climats.

Les détails que je vous ai donnés sur le PerS

dispensent de vous parler longuement du Cei

(Scandix cerefolium) dont les propriétés , u

iû

noins actives, sont de même nature, mais sur le- [uel on ne peut guère compter comme fébrifuge. En •evanche, le suc de celui-ci est plus efficace commo pplication externe dans les ophthalmies. Notez butefois que si la maladie des yeux est liée à une îaladie constitutionnelle., scrofuleuse ou autre, auun remède local ne jrocurera une guériton durable si Ton ne létruit en même jmips, par un traitement interne, la cause es accidents locaux.

\ y a une variété de ierfeuil dite Cerfeuil îUsqué , (Scandix \iorata) doué de propriétés plus énergiques; les racines charmes et féculentes du

iERFEUIL BULBEUX

^hœrophyllum bulosum) sont alimenires; mais il faut /iter le Cerfeuil sau-

ige (Chœrophyllum sylvestre) ou Persil d'âne, pli se trouve dans les endroits humides et courts, car il agit à la manière des poisons narcoti- ;>-âcres. Ses tiges n'atteignent pas plus de 50 à 60 ntimètres, les folioles sont un peu pliées en goutjre, il ressemble assez à la Ciguë.

Cerfeuil.

Le Phellandre (Phellandrium aquaticum) ou guë aquatique. Fenouil d'eau, Millefeuilles, aqua-

tique, Persil des fous, a beaucoup de rapports a| la Ciguë, mais il habite toujours l'eau ou les li marécageux; de plus, il exhale une odeur aromatiq| contient un suc incolore, et ses tiges ne sont tachées de pourpre. Mangé vert par les chevaux! les paralyse. Il exerce une action notable sur le si tème nerveux, et à faibles doses, agit comme c mant sans donner lieu aux effets désagréables l'opium. Il est prudent de ne l'employer que d les affections catarrhales chroniques. On donne deux en deux heures la poudre des semences dose 1/4 de gramme augmentée graduellement j qu'à 2 grammes.

il'

Quant à I'Œnanthe (Œnanthe crùcata) ou P sacre, qui croît dans le nord et l'ouest de la Fran je vous inviterai seulement à la reconnaître p< n'y jamais toucher. C'est un poison narcotico-â violent dont la médecine n'a pas encore méthod l'usage. Son port rappelle le Phellandre et le PJ sil, mais les tiges brisées ou incisées exsudent suc jaune caractéristique, plus abondant que ce de la Ciguë vireuse. On a proposé cette pla pour guérir la lèpre, mais elle n'a pas été soumis des expériences concluantes et son usage a causé graves accidents. En même temps que nous app nons à bien connaître nos amis, rangeons aumo parmi les suspects les végétaux actifs, vénénei dont les experts seuls pourront découvrir l'utilité la rendre pratique. Surtout gardez-vous bien de vc laisser aller à la tentation d'expérimenter les eff des végétaux qui vous sont signalés comme acl et dangereux et de substituer ainsi, au désir bien, la satisfaction d'une curiosité coupable pu:

LÉS REMEDES DES GHAMPé 113

u'elle vous exposerait à causer de terribles accients. Vous devez vous contenter de suivre les chelins battus, et laisser à des personnes autorisées 3 soin d'élargir le champ de vos travaux.

Si notre herborisation d'aujourd'hui n'a pas été

bondante, elle va du moins nous fournir comme

ajet d'études des plantes douées de propriétés

jiergiques et bien définies, fort intéressantes au

pint de vue spécial de nos excursions.

' Commençons par ce type de la famille des Con-

olvulacéesAe Liseron (Convolvulus sepium), au-

cment dit Liseron des haies, Grand Liseron,

isette, Manchette de la Vierge. Cette famille corn-

'end des herbes, des arbrisseaux et même des

tores, mais la plupart des espèces qui la compo-

nt sont herbacées, à tige longue, flexible, qui

enroule autour des tiges et des branches à sa

)rtée, d'où le nom de tiges volubiles et aussi le

pm de la famille. Les feuilles alternes munies

jun assez long pétiole sont entières ou lobées ; les

3urs, ordinairement grandes, sont solitaires ou réu-

es au nombre de deux à quatre à l'aisselle de feuil-

s ; la corolle monopètale présente la forme d'une

oche ou d'un entonnoir ; avant l'épanouissement

le est plissée comme un filtre de papier. Aux fleurs

iccède une capsule à deux ou quatre loges, re-

>uverte par le calice. La racine charnue contient

le résine acre, purgative, que l'on ne trouve pas,

utefois, dans celle de la Patate et de quelques

itres espèces comestibles.

Cette définition générale me dispense de voua 2e partiu 8

décrire en détail la plante si familière qui nous

Tige de Liseron.

cupe, remarquable par des tiges longues de

sieurs mètres et ses très-grandes fleurs blanches îans parfum. Le Liseron est très-commun dans les iaies, les buissons où il fleurit depuis juin jusqu'en )Ctobre. C'est aux mois de juillet et d'août qu'il îonvient de le récolter pour en conserver le suc ou a racine, Les feuilles et surtout les fleurs sont imères ; la racine possède une saveur un peu acre, ! Une dose de 6 à 2 grammes de euilles contuses , hfusées dans de eau , forme une onne potion purative. Pour éviter )ute irritation , il st bon d'y ajouter n peu de miel ou deux du mucilage s racine de Guiiauve ou de graine ) Lin. Scchées à Dmbre , pulvérises et mêlées à du iel , les feuilles ►nservent bien leurs propriétés purgatives. Le suc laiteux de la racine, épaissi en consistance b sirop, est un des purgatifs les plus efficaces, il [>ère comme le Jalap, et convient particulièrement la dose de 1 gramme et plus, assez souvent répéta dans les hydropisies et les maladies constitujmnelles chroniques. Les enfants prennent sans pugnance une dose proportionnée à leur âge. ]Le Petit Liseron ( Convoi oulus arvensis) ou seron des champs, Petit Liset, Campanette, à

Fleur de Liseron.

fleurs petites, d'un blanc rosé, est doué de proprié tés analogues à celles du Grand Liseron.

La culture a produit un grand nombre de sous variétés de Liserons de diverses couleurs, que le sème en place au printemps et dont les fleurs succèdent sans interruption depuis l'été jusqu a fin de l'automne. Ses guirlandes, mariées a cell de la Capucine et du Haricot d'Espagne, forme aux croisées le plus gracieux encadrement. C plantes amies fournissent à la plus humble ma sarde un jardin de fenêtre et une tonnelle qui exe cent une heureuse influence sur l'esprit et par su: sur la santé de ses habitants.

L'Eupatoire (Eupatorium cannabinum) est u plante vivace, élégante, très-commune dans les pr ries humides, les marais, et au bord des eaux M quilles. On l'a nommé aussi Origan des mara Herbe de Sainte-Cunégonde. Elle appartient a famille des Composées, qui nous a déjà fourni iU rone, le Pissenlit, le Tussilage, l'Armoise, la Car mille, la Matricaire.

La tige un peu rameuse, parfois rougeatre, du teuse, pleine de moelle, s'élève à un peu plus d mètre. Elle porte des feuilles divisées en trois s ments lancéolés et dentés. J^es fleurs, de coul pourprée, disposées en corymbes à l'extrémité rameaux, s'ouvrent de juillet en septembre. On < cueillir la plante un peu avant la floraison ; quar la racine oblique, blanchâtre, un peu fibreuse, la grosseur du petit doigt, d'une saveur amer, piquante mais sans odeur, il faut la récolter printemps. Une partie des contradictions que observe dans l'appréciation des simples provien

ce que les diverses parties n'ont pas été récoltées, préparées, conservées et administrées ainsi qu'il convenait. Si Ton ne se procure une racine qu'après lia maturation des graines, alors que la plante a jdépensé à leur profit toute la sève et les principes jStctifs de sa base, il est certain que l'on n'aura plus Qu'une substance à peu près inerte, au lieu d'un médicament énergique.

En médecine pratique, il est bon de se borner à itiliser les propriétés toniques des feuilles d'Eupa- ;oire dont on prépare une infusion à la dose de 30 à 50 grammes de plante par litre d'eau, et la vertu purgative de la racine qui produit des évacuations jans causer d'affaiblissement. Pour cet effet on Administre la décoction ou l'infusion de 30 à 60 gr. le racine broyée dans 250 grammes d'eau ou de vin.

La famille des Euphorbiacées nous a déjà fourni leux espèces intéressantes : le Ricin et la Mercuiale. Nous allons maintenant nous occuper de l'Euhorbe Epurge (Euphorbia lathyris) ou Grande ilsule, Euphorbe catapuce, Euphorbe lathyrienne, ^ithymale épurge. Elle est commune sur la lisière es routes, dans les terrains sablonneux et boisés. )'une racine droite, en forme de fuseau, s'élève à

mètre 50 centimètres environ une tige lisse d'un ert rougeâtre ramifiée en forme d'ombelle, portant es feuilles lisses, très-étroites, d'un vert bleuâtre. ]n juin et juillet se montrent les petites fleurs d'un aune verdâtre, renfermées dans des appendices bractées) situés à la bifurcation des rameaux. Les leurs mâles, au nombre de quinze ou vingt, consisent en une simple étamine; elles entourent une leur femelle formée d'un ovaire à trois l@eres

muni de trois styles, qui produit trois capsules réunies dont chacune renferme une graine dont 01 extrait par expression une huile purgative. Cett<

Momordique.

huile, lorsqu'elle est fraîche, agit d'une manièi1 très-douce, à la dose de deux à trois gouttes cm les enfants, de six à huit chez les adultes ; mais ur

lis rance, elle cause des coliques. Appliquée sur la 3au elle détermine la formation de boutons, d'amples, et son action dérivative, qu'il faut d'ailleurs irveiller, peut être utile dans les catarrhes, les jvralgies et autres maladies chroniques. L'huile olive ou d'œillette dans laquelle on a fait macérer îs graines concassées d'Epurge devient également ritante.

Les paysans emploient souvent pour se purger ) six à douze graines d'Epurge. Ils les concassent i les mâchent avec soin, selon l'intensité d'effet l'ils recherchent. Quatre ou cinq feuilles, broyées ,ns du miel, peuvent remplacer les graines. Comme tous les drastiques, l'Epurge a été van- 3 pour la guérison d'une foule de maladies, mais îst dans les diverses espèces d'hydropisie qu'elle mble le mieux réussir. Le suc des tiges est vulirement employé pour détruire les cors et les rrues.

De nombreuses espèces de cette plante croissent ns nos campagnes : elles sont moins bien cônes, et il est prudent de ne pas les employer. La is active est Y Euphorbe des marais (Euphorbia lustris) nommée aussi Grande Esule, Tithymale 3 marais.

Vous vous rappelez, mes amis, que la famille des

curbitacées nous a déjà procuré deux sujets d'é-

ie : la Citrouille et la Bryone. Nous allons conti-

ter l'examen des remèdes purgatifs drastiques

[• un autre membre de cette famille. Plus d'un

j%mi vous s'est amusé avec les fruits singuliers

cette plante sans so douter de ses qualités éner*

lues,

La MOMORDIQUE OU COMCOMBRE SAUVAGE (MOÏTIO

dica elaterium) a reçu les noms de Gôlante, Con combre d'âne, Pomme de merveille. Elle est vivace croît spontanément dans le midi de la France; on | sème dans les jardins, au printemps, dans un te rain pierreux et sec.

La racine blanche, charnue, épaisse, assez sen blable à celle de la Bryone , mais moins grossi purge sans coliques après avoir été desséchée. M^ c'est le suc des fruits privés de semences que l'< emploie d'ordinaire. Les tiges sont rampantes, sa) vrilles, et couvertes de poils courts ainsi que 11 feuilles cor di formes. Le fruit, en forme d'oliv, gros comme une petite noix, se détache très-facilj ment de son pédoncule, et l'élasticité des parois q se resserrent fait jaillir avec force les graines ei tourées d'une espèce de mucilage.

L'extrait du suc de ces fruits, nommé èlatèriui d'une saveur amère, désagréable, purge ordinaiil ment à la dose de 30 à 90 centigrammes. C'est \ purgatif drastique qui exerce une action irritante si l'appareil digestif, et un hydragogue, c'est-à-dire 1 purgatif qui agit spécialement en rendant beaucoi plus abondante et plus liquide la sécrétion des j testins, de manière à procurer des selles fluiô très-copieuses. Le fluide ainsi évacué étant pris la partie aqueuse du sang, celui-ci a besoin de réfl pérer le liquide perdu ; si on ne le lui rend pi par des boissons et qu'il y ait dans Torganisu quelque dépôt anormal de liquide , comme dai l'hydropisie, l'absorption de ce liquide est favoris par l'énergie avec laquelle le sang tend à absorb les fluides sur son parcours pour compenser I perte qu'il a subie. '

Si on laisse déposer lentement le suc frais de Moordique, on peut recueillir au fond du vase une oèce de fécule cinq ou six fois plus énergique que Ixtrait, et qui réclame la plus grande circonspecjn dans son emploi.

Quelle que soit la préparation dont on fait usage, test prudent de commencer par des doses trop blés afin d'essayer la sensibilité du malade. On augmente graduellement et Ton continue à proire une purgation copieuse tant qu'il ne survient 3 du côté de l'estomac ou des intestins une irritain qui indique la nécessité de changer de remède (de suspendre le traitement. Les émollients, peu iués, sont souvent nécessaires pour calmer l'irriion que Ton a ainsi causée dans l'appareil diïtif.

Ûe que je vous ai dit aujourd'hui et dans d'autres tretiens sur les purgatifs et l'indication de leur ploi me permet d'être bref en vous signalant ce- -ci. C'est la Coloquinte (Cucumis colocynthis) oelée vulgairement Chicotin, plante originaire de (rient mais naturalisée chez nous où elle vient xi de semis dans une terre substantielle, exposée tmidi.

Les tiges rampantes, anguleuses, poilues, munies \vrilles, portent de grandes feuilles à cinq lobes, nnchâtres et parsemées de poils à leur face inféfure. Aux fleurs femelles , petites et jaunâtres , bcedent clés fruits d'abord verts, puis jaunes ou taachés, qui atteignent la grosseur d'une orange, masse blanche, spongieuse qu'ils renferment est née d'une saveur nauséeuse et extrêmement iière. Une dose de 10 à 60 centigrammes de cette

pulpe tenace pulvérisée au contact de gomme ou sucre bien sec, ou encore 8 à 30 grammes d'un \ dans lequel on a mis à infuser 1 partie de pul

sur 6 de liquic constitue un pi gatif énergique. ( l'emploie avec vantage dans ] maladies nervej ses , les affectio du foie, les déra gements delà c culation, la goût le rhumatisn chronique, les € gorgements ato ques, les malad de la peau.

La puipe fraîcl de Coloquinte, teinture, l'infuse aqueuse, l'extra appliqués sur ventre, produisel au bout de quelq temps le même eûl que si on les av4 administrés à l'i térieur, et Ton pei ainsi mettre à profit les qualités vermifuges < cette plante, chez les enfants auxquels il est di ficile de faire prendre les préparations d'un go désagréable,

Coloquinte.

>our en finir avec le sujet qui nous occupe spélement aujourd'hui je vais vous dire quelques ts de la Gratiole (Gratiola officinalis), de la îille des scrofularièes , c'est une plante vivace s Ton trouve dans les lieux humides et maré- >eux. On la récolte avant ou pendant la florait qui a lieu de juin à septembre. La dessiccation fait perdre un peu de son énergie, ce qui n'est I un mal. Vous la reconnaîtrez à sa tige herba- I noueuse, creusée de sillons latéraux, haute de |k 45 centimètres, portant des feuilles d'un vert pâtre, ovales-lancéolées dentées, à trois nervuj; et à ses petites fleurs solitaires, tubuleuses, p blanc jaunâtre ou rose. Elle a reçu, selon les btons, des noms très-variés : Grâce de Dieu, site Digitale, Herbe à pauvre homme, Centaure, Séné des prés, Herbe à fièvre. Voilà certes noms qui valent des titres de noblesse. Je x bien convenir que la Gratiole les mérite tous, la racine, d'un effet peu constant, est émée à la dose de 1 à 2 grammes, et le reste de la ute agit comme purgatif violent. « Tout est dans », peut-on dire à propos de bien des remèdes sites « héroïques », mais à la condition de savoir jrécier les circonstances favorables à leur usage s principes qui doivent en régler l'administra*

|n donne par cuillerées la décoction ou l'infusion à 12 grammes pour 120 grammes d'eau ou de 1/2 à 2 grammes de poudre en pilules ou dans

iaune d'œuf .

t médecine urbaine a délaissé la Gratiole comme d'autres produits naturels de nos campagnes,

le adopter des végétaux exotiques dont l'emploi

ne demande pas moins de prudence et de pn tions. Puisse la mode qui envahit môme la sci( par un de ces retours qui lui sont fréquents ailli ramener les esprits observateurs et curieux, i des moyens d'investigation des méthodes mode} vers l'étude si attrayante de nos remèdes. Laréq la culture et le commerce des simples, leurs pi] rations pharmaceutiques , deviendraient poun campagnes comme pour les villes une noui source de richesse. En attendant , lorsque : avons à soigner , aidés de connaissances plus moins limitées, l'habitant de la plus modeste ci mière, sachons trouver dans le champ, sur la ) au bord du chemin ou du ruisseau les remèdes) la Providence semble avoir semés autour de l'hoi partout où la maladie peut atteindre son cot comme elle lui donne partout contre les défaille de l'âme des parfums, des couleurs attrayantes) chants d'oiseaux et des rayons de soleil, |

Asseyons-nous, mes amis, sous ce grand N< qui va nous fournir son ombre , une atmospj balsamique et un sujet d étude fort intéressant me dis souvent en parcourant nos campagnes : i sommes trop riches, nous sommes gâtés ; nous | vons guère le temps et l'occasion d'apprécier ; nos trésors et nous passons avec indifférence dei des végétaux qui seraient presque l'objet d'un C dans des régions moins favorisées. i

Le Noyer (Juglans régie) appartient à la faq des Juglandèes ; il vous est assez familier pour I je n'aie pas besoin de vous le décrire. Toutes!

ties de Parbre , excepté le bois très-recherché I l'ébénisterie, sont utiles en médecine : écorce

tiges et des racines, feuilles, fleurs mâles disées en longs chatons cylindriques, drupe verte |>u), épiderme de la noix , enfin la noix elletne. L'amande de la noix contient la moitié de

poids d'une huile siccative utilisée dans les \, et que l'on a employée comme tœnifuge à la le de 150 grammes à jeun pendant quinze jours, itefois pour assurer son action il faut y faire in-

r cinq ou six gousses d'ail. L'épiderme qui en- Dppe l'amande, d'une saveur astringente et amère squ'il est frais, est un tonique astringent riche (tannin1; il en est de même du zeste qui sépare les (es de l'amande. La seconde écorce des jeunes (nches, enlevée au printemps à la dose de 2 à 4 mmes, et la seconde écorce des racines trempée dant une heure dans du vinaigre, peuvent s'emyer comme rubéfiant et vésicant. Dans les cas 1 compliqués de fièvres intermittentes, un bra- 3t de cette nature appliqué et bien maintenu aur du poignet trois ou quatre heures avant Tarée présumée de l'accès pourra en prévenir le our par son action révulsive et perturbatrice. On ise la plaie produite par ce vésicatoire avec des illes de noyer enduites d'un corps gras, louant aux feuilles, leur infusion ou leur décoca (15 à 30 grammes par kilogramme d'eau), ployées extérieurement en lotions, en gargairâies ou en bains, et administrées à la dose de q à six tasses par jour, semblent le remède par îellence des maladies scrofuleuses : engorgents, ulcères, ophthalmies. L'action du traitement I lente, et ne commence guère à se manifester

avant la fin du premier mois, mais les guéri qu'il obtint sont généralement permanentes, et peut espérer un plein succès dans les trois qi des cas. Ces préparations sont en outre vermifJ et utiles contre la teigne; elles constituent 1 des meilleurs lotions astringentes contre les écd ments de mauvaise nature.

On peut remplacer les feuilles par le brou à double. Le suc du brou de noix, étendu d'eau, rête facilement les diarrhées, et constitue un gargarisme dans les angines chroniques.

Vous le voyez, mes amis, quand même nous vrions réduire à une vingtaine les végétaux quels il nous serait permis de demander des mèdes, le noyer occuperait une place d'honn même dans ce petit nombre.

Tout à Theure, en vous parlant du fruit du No j'ai employé le mot drupe dont je ne m'étais! encore servi dans nos causeries. Comme nous trons dans la saison des fruits, et que je ne vou parlé qu'incidemment de cette partie des plan je vais vous donner aujourd'hui quelques notl élémentaires sur leur nature et leur classificatioi

Une fois que les fleurs ont été fécondées les ganes femelles de reproduction absorbent tout vitalité et la concentrent dans Yovaire qui d mence à s'accroître sous le nom de pèricarp dans Yovule qui devient la graine : le péricè et la graine constituent le fruit. Celui-ci est i ou charnu. Parmi les fruits secs, il y en a s'ouvrent pour laisser échapper les graines, on appelle déhiscents, tels sont ceux de l'Aconiti la Jusquiame, de la Moutarde; d'autres noml

iîl

fines sont indéhiscents, c'est-à-dire ne s'ouvrent s; vous connaissez ceux de l'Angélique, du Pis» ;ilit, du Persil, et bien d'autres. Si Yakène est ^ni d'une sorte d'aile membraneuse, comme celui î hêtre, il prend le nom de samarre.

jParmi les fruits à péricarpe charnu on distingue drupes, comme la Cerise, la Pêche, la Prune, qui

Fraise.

Framboise.

t un noyau, et les baies dont les graines ne sont 5 protégées par une enveloppe ligneuse, comme le voit dans le Groseillier, le Cassis, tiais la formation, la structure et l'apparence des lits donnent lieu à des phénomènes très-comxes que je ne puis étudier ici avec vous. Ainsi il rive pour quelques-uns que ce n'est pas l'ovaire i devient la partie succulente et comestible, mais réceptacle ou le pédoncule de la fleur. Dans Fraise le réceptacle de la fleur s'accroît, se ifle de suc et porte à sa surface les fruits nommx qui sont des akènes, tandis que la Framboise

est formée par la réunion de petites drupes Î3 distinctes. Dans la Figue, ce que l'on appelle comi nément les graines sont des akènes produits c cun par une des fleurs nombreuses renfermées d un réceptacle commun qui devient charnu et s culent.

Si je vous faisais un cours de botanique j'en rais ici dans des détails fort intéressants au si des fruits, mais je dois me borner, ainsi que jev •Pai promis, aux définitions les plus indispensab de crainte de fatiguer votre mémoire et de v éloigner du but pratique de nos promenades

Vous avez déjà reconnu à la forme papiliona de ses fleurs et à la gousse qui leur succède que o plante appartient à la famille des Lèguminew Elle est remarquable d'ailleurs par ses tiges du étalées ou couchées, hautes de 40 à 60 centimèt par ses feuilles trifoliées, par sa racine traçai très-forte, grosse comme le petit doigt, qui o parfois à la charrue un obstacle assez fort p l'arrêter, d'où son nom d'Arrête-bœuf. De dista en distance la tige porte de longues épines qu^ sont autre chose que des rameaux avortés. L'Arrj boeuf (Ononis spinosa) est une plante vivace c( mune dans les terres incultes, les terrains sabl neux ; les vaches et les chèvres la broutent, n elle est délaissée par les cochons, les moutons et chevaux; on lui a donné les noms de Bugrane, BJ grane, Bougrande, Chaupoint, Tenon, Herbe ânes.

On peut arracher en tout temps la racine ^ l'odeur est désagréable, la saveur douceâtre et ^ séabonde. Une fois séchée elle est grise en dent,

tanche en dedans, et la cassure montre des rayons a centre à la circonférence. La décoction de cette tcine (30 à 60 grammes par litre d'eau), forme une anne tisane diurétique, utile dans les infiltrations , s engorgements produits par les désordres des ans ou du foie. La décoction très-concentrée des uilles et des fleurs est un bon gargarisme pour s maux de gorge ; elle possède aussi des propriétés urétiques.

La Valériane (Valeriana officinales), type de la mille des Valèrianacèes, appelée vulgairement erbe à la meurtrie, Herbe Saint-Georges, Herbe ix chats, est une plante bisannuelle qui croît dans 3 bois et les lieux humides. Les tiges fîstuleuses, nnelées, hautes de 1 mètre à 1 mètre 50 centimèbs, sont garnies de feuilles ailées. Elle montre de jin à octobre ses jolies cymes en forme de corymbe, mposées de petites fleurs rougeâtres. La seule rtie usitée en médecine est la racine fibreuse, une odeur forte, nauséeuse, d'une saveur acre et 1ère, brune en dehors, blanchâtre en dedans. On récolte au printemps avant la pousse des tiges, oisissant de préférence, comme plus active, celle i croît dans un terrain sec.

On administre la poudre de racine de Valériane a dose de 2 à 30 grammes, dans du vin ou mêlée à du B; l'infusion à la dose de 15 à 30 grammes par ?e d'eau ; ce sont les préparations les plus usitées. La Valériane a été employée avec succès comme trifuge dans les fièvres d'accès et aussi dans les vres putrides; c'est un vermifuge peu énergique 'lis nullement à dédaigner ; enfin, par son action ctive toute spéciale sur le cerveau et la moelle 2e partie. 9

épinière, elle est indiquée dans le traitement ci maladies qui dépendent des centres nerveux ■

principalement lo: « qu'il s'agit de i| [ peurs , maux 1$ nerfs, spasmes, i compagnes ou n de battements ou bruits dans la tê de frissons, de boi fées de chaleur visage , d'impatu ces , de brûlemei d'entrailles. Pq tous ces troubles n définis de l'organ me, la Valériane d'une utilité incc testable, on peut dj même incomparal} Elle est douée d'u action excitante système nerveux c se manifeste sur chats comme celle| la Cataire, et d(j l'empirisme a t) très-bon parti cl l'homme.

Quant à ses p tendues vertus an épileptiques, elles bornent à soulager ou à guérir les convulsions é| leptiformes, mais demeure impuissante, comj

Valériane,

LES REMÈDES DES CHAMPS 13l

is les agents connus, contre la vraie épilepsie, le nous offre un nouvel exemple des difficultés i entourent l'art de guérir, de l'exactitude rigouise et de l'expérience que réclament les observans sur l'effet thérapeutique des médicaments.

fe trouve dans notre cueillette une plante sur [uelle je suis bien aise d'avoir l'occasion d'appe- I votre attention bien que je n'aie pas à vous en |seiller l'emploi. Vous la connaissez peut-être s l'un des noms suivants : Plantain aquatique, teau plantagine, Fluteau trigone, Pain de crad, Pain de grenouille. C'est le Plantain d'eau isma plantago), de la famille des Alismacèes, Ute vivace commune au bord des eaux tranquili Les feuilles sont radicales, grandes, entières, |les, aiguës, soutenues par de très-longs pétio* I; les tiges hautes de 40 à 50 centimètres se iainent en verticilles qui portent, de juin à sep« Ibre, de nombreuses petites fleurs rosées, e Plantain d'eau a eu ses jours de renommée : disait avoir enfin découvert en lui un spécifique r.re la rage. Mais une fois soumise à des expéces méthodiques, cette plante a failli à sa répu- >n. L'Allemagne compte une vingtaine d'antiques, la Russie bien plus encore, les Indiens de lérique du sud en vantent plusieurs ; chez nous i prôné et abandonné tour à tour l'Aconit, le ron rouge, l'Armoise, TEupatoire, le Genêt, la riane, la racine d'Églantier, les cantharides et te la fiente de coucou, les coquilles d'huîtres, [personne n'a guéri un cas authentique de rage fcrée. Comme je vous l'ai déjà indiqué, ce qui a |é et continué les illusions au sujet de la vertu

de certains médicaments dans cette horrible ma die, c'est qu'il existe une hydrophobie ou horrc des boissons qui peut devenir rabique mais d< l'origine toute nerveuse n'a rien de commun a^ la rage véritable, et qui cède à un traitement ar spasmodique et tonique lorsqu'on l'emploie au dél des accidents.

Remarquons toutefois que les personnes qui i la prétention de guérir la rage emploient le p souvent des remèdes capables de provoquer \ transpiration abondante ou obligent le malade à> exercice violent. Cela tendrait à expliquer et à c firmer les observations faites sur les bains de peur seul traitement qui semble avoir réussi er, les mains de médecins. Mais puisqu'il existe i sorte de rage guérissable, si l'on est en présence d j personne qui se croit menacée d'hydrophobie, on ^ essayer les remèdes populaires connus, ne fût-ce pour agir sur son moral. Quanta la rageelle-me la succion du venin par des ventouses et la caut, sation profonde de la plaie sont seuls capables ^ prévenir le développement, et contre la maladie , clarée, on ne connaît pas de remède, si ce n'est p être le bain de vapeur à une très-haute tempérât] que l'on peut improviser en faisant bouillir| l'eau dans une chaudière dans une petite cham

Nous allons inclure dans notre causerie 4 jourd'hui l'examen de deux plantes qui ne croisa pas spontanément en France, mais qui, se trou à la portée de tous, et possédant des propriétés marquables, ont droit, par exception, à entrer <

tre cadre d'étude. Mon jardin, bien modeste, nous fournit les spécimens.

'Parlons d'abord du Pavot (Papaver sornnife- Wi), de la famille des Papavèracêes, dans laquelle us connaissons déjà la Chélidoine et le Coque- 3t. Les détails dans lesquels je suis entré au sujet ce dernier m'exemptent de vous décrire longue- >nt le Pavot, qui est un Coquelicot augmenté dans Ltes ses proportions. Remarquez cependant que feuilles, très-grandes, d'un vert bleu cendré, ne it pas incisées comme celles du Coquelicot. Quant s fleurs, elles sont blanches, pourpres, violettes panachées. La culture a produit des Pavots dous de toutes couleurs sauf le bleu. On les sème en ce en février ou mars pour obtenir la floraison blême année, ou en septembre pour obtenir la *aison en juin et juillet de l'année suivante. On tive aussi une espèce vivace.

1 y a deux variétés du Pavot somnifère : le blanc le noir ; c'est le blanc que l'on emploie de préféce en médecine. Tous deux, originaires de FOm, sont cultivés dans le midi de la France pour rs fruits ou capsules destinées aux pharmacies, 'ians le Nord pour leurs graines dont on retire 'aile d'œillette.

/odeur du pavot est nauséabonde , sa saveur ère et acre. Les capsules contiennent une petite mtité d'opium, dans lequel résident leurs pro- 5tés médicinales. Dans les pays orientaux où le jot acquiert des qualités plus actives que sous Ire climat, on pratique sur les capsules des inciiis obliques d'où s'écoule lentement un suc qui baissit en gouttelettes, ce suc séché constitue rium, substance très-complexe dans laquelle les

chimistes ont découvert une quinzaine de subst ces dont plusieurs et principalement la Morph sont usitées en médecine.

L'opium est le narcotique par excellence : il p duit graduellement la somnolence, puis le relâd ment complet des forces physiques et intellectuel A dose trop forte il cause des vomissements, mouvements convulsifs, la torpeur et la mort petites doses, il excite et régularise la circulation même temps qu'il calme, émousse la sensibilité r veuse. Cependant il y a des personnes qui ne p vent en supporter les doses les plus faibles et c lesquelles il agit toujours comme excitant. En s3 posant à l'élément douleur, à la fois résultai cause dans bien des maladies, en régularisam circulation et par là beaucoup de fonctions, ei autres celles de la peau, l'opium est utile dans très-grand nombre de cas, en même temps « d'autres médicaments attaquent le mal dans siège spécial ou sa cause déterminée. Il renc grands services dans les maladies nerveuses, affections des organes respiratoires, les coliques diarrhée, la dyssenterie; mais il est contre-indi au commencement des inflammations aiguës, d les fièvres malignes, chez les enfants et chez vieillards.

Il ne faut pas oublier que l'infusion de têt Pavot (1 ou 2 capsules par litre d'eau) contie l'opium et que l'on doit être très-prudent dans ministration de ce remède. Des nourrices coup et des mères ignorantes la donnent aux jeune fants pour leur procurer un calme trompeur; nombreux accidents sont résultés de cette prati( Seul le médecin peut prescrire l'emploi des na

tiques pour les jeunes enfants. Pour les adul cette infusion peut s'employer en fomentations dl les cas d'inflammation, d'irritation, ou en laver» contre les coliques, la dyssenterie, la diarrhée, nj toujours avec de grandes précautions.

L'autre plante exotique dont j'ai à vous par c'est le Tabac (Nicotiana Tabacum), qui a nommé Petun, Jusquiame du Pérou, Herbe; l'ambassadeur, Herbe sainte, Herbe à tous maux, etc., etc. D'une racine rameuse blanch part une tige un peu fistuleuse, rameuse, lég ment velue, haute de 4 mètre 50 centimètre 2 mètres, portant de grandes feuilles ovales-1 céolées sans pétiole, d'une saveur amère et âc les fleurs rosées ou purpurines forment, en jui et août, des panicules terminales. La corolle, v< en dehors, a la forme d'un tube renflé surmc d'un limbe divisé en cinq lobes. Les fruits s des capsules ovales qui s'ouvrent par le somme contiennent des graines nombreuses.

Dans une autre espèce de Tabac (Nicotù rustica) les feuilles sont pétiolées,^ les fleurs vei très et disposées en panicules serrées. Le tabac i tique se reproduit naturellement dans beauc* d'endroits.

Les Indiens du nouveau monde ne se coni taient pas de fumer le tabac, ils l'employaient médecine, et lors de son introduction en Eure on soumit cette plante à de nombreuses expérier qui ont prouvé son utilité, à l'état frais, dans cas assez nombreux. Toutefois, les expériences centes font défaut et il vaut mieux s'adresser à agents mieux connus et moins dangereux. Qu

^u tabac auquel on a fait subir des préparations

Floraison du Tabac.

[pédales pour développer les qualités qui le font

rechercher des priseurs, des chiqueurs et des fi meurs, je n'ai pas à faire ici le procès de cette pi paration acre, puante et sale, qui agit intérieui ment comme poison narcotico-âcre et qui, appliqu à l'extérieur, comme anti-parasitaire, peut encd occasionner de graves accidents. A quelque poi de vue que je me place, je vous conseille donc Vé stention.

Revenons aux végétaux de notre pays, qui n'a rien à envier à ceux des contrées lointaines, si n'est d'avoir été l'objet d'études méthodiques p des personnes compétentes, depuis les derniers pi grès de la médecine.

La Laitue vireuse (Lactuca virosa) ou Lait sauvage, Laitue fétide, Lerceron, est une composé La tige, simple, bleuâtre, ramifiée en panicule sommet, porte des feuilles d'un vert bleu cendr les unes, à la partie inférieure, grandes, oval^ dentelées ; les autres, placées vers l'extrémité, p tites, aiguës et incisées. Les fleurs jaunes forme des particules rameuses à l'extrémité des branche Les fruits sont couronnés par une aigrette soyeu et nacrée.

La laitue sauvage est bisannuelle. On la trou1 dans les lieux arides, les chemins, les haies, I décombres. On la récolte au milieu de l'été, un p avant l'épanouissement de ses fleurs. Elle contiel un suc laiteux abondant, de saveur acre et amè:' doué de propriétés narcotiques comparables à cel? de la jusquiame. On administre le suc exprimé la plante fraîche à la dose de 1 à 60 grammes ; l'extrait de ce suc à la dose de 10 centigramme^ 1 gramme.

Il y a souvent beaucoup d'avantages à substituer à l'opium qui produit la constipation, un calmant légèrement laxatif, et la laitue vireuse rend ainsi de grands services dans les cas d'engorgement des i viscères. Elle est également précieuse dans les maladies où l'action excitante de l'opium sur la circulation, tendrait à augmenter une congestion, ou bien lorsque le malade ne peut pas supporter ce médicament, même à faible dose. Le seul inconvénient que présente l'usage des préparations de laitue vireuse, c'est qu'il est difficile de prévoir quelle quantité produira l'effet voulu. On ne doit pas icraindre d'ailleurs de commencer par une assez forte dose et de l'augmenter rapidement.

La plante que voici a reçu les noms de Pomme ppineuse, Pomme du diable , Pommette, Herbe du diable, Herbe aux sorciers, Chasse-taupe, Endormie. Pour nous, c'est la Stramoine (Datura stramonium) , de la famille des Solanèes. C'est une plante annuelle qui atteint 1 mètre de hauteur, Elle est remarquable par ses grandes feuilles , d'un vert sombre , molles, anguleuses, à dents aiguës, et ses fleurs blanches ou violettes, en forme de long cornet terminé par cinq dents pointues, correspondant à cinq plis de la corolle. Le fruit est une capsule de la grosseur d'un œuf de poule, d'abord verte, puis Drunâtre à maturité, hérissée de fortes pointes, livisée en quatre loges contenant des semences m forme de rein, noirâtres et chagrinées. Elle croît lans les lieux incultes où Ton récolte ses feuilles m juillet. La dessiccation détruit leur odeur et leur tëiveûr sans nuire à leurs propriétés.

Les feuilles exhalent une odeur vireuse péné-

trante; leur saveur est acre, nauséeuse et un pe amère. Son action narcotico-âcre, analogue à cel de la Belladone, est plus irritante. On l'utilise sui tout dans les névralgies, les spasmes et parties lièrement dans l'asthme. Pour toutes les maladie des organes respiratoires, on aspire sa fumée e fumant des cigarettes préparées avec les feuilles séchées, soit seules, soit mêlées à celles de Sauge ; o peut aussi bien les fumer dans une pipe.

De même que la Belladone, la Stramoine calm facilement les douleurs, surtout dans les névralgies On administre à cet effet l'infusion ou la décoctio à la dose de 20 à 50 centigrammes par 125 gram mes d'eau. Le même remède s'est montré efïîcac dans la coqueluche et autres toux nerveuses, dan le rhumatisme aigu ou chronique. A l'extérieui on l'applique en cataplasmes, ou en lotions, seul ou unie à la Jusquiame, sur les engorgements, le tumeurs douloureuses. Les doses ordinaires sor les suivantes : poudre des feuilles de 5 à 30 cent grammes dans les vingt-quatre heures, augmentai jusqu'à 1 gramme; suc exprimé de 30 centigramme à 1 gramme. A moins d'urgence, on ne l'adminis trera que sur l'avis du médecin, et dans tous le cas il est nécessaire de surveiller les effets de cett solanée et de s'arrêter aussitôt que son actio' physiologique se manifeste par de légers vertige accompagnés de troubles de la vue et de propensio au sommeil. Notons en passant que l'opium nei tralise assez complètement les effets de ce médi cament.

Je viens, mes amis, de vous distribuer des échan tillons d'une plante, commune dans les bois et 1

iong des routes, que vous connaissez sous les noms

I Digitale.

ieGant Notre-Dame, Gantelet, Doigtier,Gaudis, etc. 3'est la Digitale (Digitalis purpurea), membre de

la famille des Scrofularièes dans laquelle nous avon étudié déjà la Véronique. C'est une plante herbacé bisannuelle, haute de 60 à 90 centimètres, à tigl simple velue, à feuilles longues, ridées, duveteuse et blanchâtres à la partie inférieure; aux fleur tubuleuses, garnies de poils à l'intérieur, de cou leur rose pourpre et tigrées de brun, disposées ei! bel épi terminal et penchées d'un côté de la tige,

La Digitale n'a presque pas d'odeur , mais s saveur est amère et acre. Elle agit sur l'économie i la manière des poisons narcotico-âcres ; irrite d'abord l'estomac, puis cause des nausées, des vertiges des désordres visuels, de la somnolence et du délire! A dose médicinale, elle est diurétique et se faii remarquer par sa propriété spéciale de ralentir les battements de cœur, surtout lorsqu'ils ne sont pas accélérés par un trouble nerveux.

On récolte les feuilles de Digitale en juin et juil let. L'infusion préparée avec 1 à 4 grammes dé feuilles par litre d'eau, agit comme diurétique utile1 dans les hydropisies ; pour obtenir un effet spécial sur le cœur et la circulation du sang, l'infusion d'un1 litre se fait avec 4 à 12 grammes de feuilles, et on1 l'administre par petites tasses. Son usage réclame1 la plus grande prudence, et le mieux est de n'en faire usage que sur l'avis du médecin

En passant près de cette chènevière, vous aves remarqué l'odeur vireuse, pénétrante qu'elle exhale.1 Par une journée chaude, il serait imprudent de1 s'endormir dans cette atmosphère qui produit un1 effet narcotique, dû à l'évaporation d'une huile es-

mtielle volatile contenue dans les parties vertes n chanvre. Vous avez noté aussi que le ruisseau ans lequel baignaient des paquets de la plante mlait des eaux brunes et qu'il s'en échappait 3S émanations putrides fort désagréables. Ces iux ont empoisonné les poissons qui s'y trouaient autrefois, et les miasmes qui s'en dégagent >nt, pour l'homme, une cause de maladie et surut des fièvres intermittentes. Voilà donc une ante qui peut faire beaucoup de mal. Toutefois, t ce qui regarde le chanvre , comme dans presque utes les autres circonstances analogues, non seuent la somme de bien qu'il peut procurer à iiomme dépasse énormément la somme de mal pi occasionne parfois, mais l'étude de la nature des causes du danger, puis les progrès de l'in- Lstrie permettent presque toujours d'éviter les commodités et de mieux profiter des avantages, est facile de ne pas se laisser aller au sommeil jns une chènevière, et quant au rouissage, l'auité désigne pour cette opération certains étangs cours d'eau et l'on peut prendre le soin de ne s habiter dans leur voisinage. D'ailleurs on a u d'espérer que des procédés chimiques et mécajues plus rapides et peut-être moins coûteux, Dduisant des fibres plus belles, permettront de îoncer entièrement au système actuel. La dispaon des rouissoirs produira, dans certains canis, une amélioration notable de l'état sanitaire. je Chanvre (Cannabis sativa), originaire des les Orientales, est naturalisé par la culture dans ite l'Europe. Il appartient à la famille des Urtiées, dans laquelle nous avons étudié l'Ortie, la .'iétaire, Ses feuilles sont digitèes, c'est-à-dire

fendues jusqu'au pétiole de manière à former longues folioles étroites. Les fleurs qui s'ouvre en juillet, sont dioïques, c est-à-dire, vous le save

3ue les fleurs mâles et femelles paraissent s es pieds différents ; les mâles forment de petit grappes lâches, composées seulement d'un calice cinq sépales et de cinq étamines ; dans les femelle un ovaire surmonté d'un style fendu et velu, e enveloppé d'une sorte de spathe ou calice d'ui seule pièce. Le fruit est un akène lisse qui re ferme une graine blanche et huileuse.

Lorsque le rouissage a suffisamment désagré le tissu cellulaire qui réunit les fibres dont est fc mée en grande partie l'écorce du chanvre , celui est soumis SLuteillage, puis aupeignage, pour isol et lisser les fibres dont on fait de belles et fort toiles. Le fruit, communément appelé graine, fc recherché des oiseaux, convient à la volaille ; on retire une huile employée pour l'éclairage et peinture, dont les tourteaux servent à engraisser bétail.

On cultive dans l'Inde une espèce de Chanv (Cannabis Indica) doué de propriétés plus acti\ que celui des pays moins chauds, et dont on pi pare un extrait nommé haschisch, employé p les Orientaux pour se procurer une excitation céi brale qui se manifeste par une exhilaration accor pagnée le plus souvent d'une sorte de délire suivie de somnolence et de torpeur. Notre chanv possède à un moindre degré, des propriétés an logues.

L'infusion des feuilles de chanvre (30 à 60 gra mes par litre) a donné de bons résultats dans rhumatismes chroniques et les dartres ; elle aj

Rameau de Guanvre mâlefet femelle.

i2e PARTIR. 10

comme diurétiqi etsudorifique.Toi tefois, on s'abstiej dra de l'employa si son usage occi sionne des nausée ou des maux c tête. Il est probab que la médecir tirera mei Heur pa:

ti plus tard de médicament encoi mal étudié.

Passons à u autre individu c la même famille le Houblon ( Hi mulus lupulus plante grimpanl qui croît sponte nément dans le haies, et que Po cultive en gran dans quelques cor trées.

Remarquez le fleurs mâles disp< sées en petite grappes , et le fleurs femelles rei fermées dans k écailles de ces côm verts qui passen

* jioublon.

en mûrissant, au jaune roux, et renferment de petits

kènes. Ces écailles laissent exsuder de leur base ne résine odorante et amère nommée lupuiin, qui

possède une partie seulement des propriétés d cône entier.

Les cônes florifères constituent le houblon d commerce. On les récolte à la fin d'août et on le soumet, au four ou à l'étuve, à une dessiccation qi n'altère ni leur arôme ni leur saveur. On emploi ces cônes à parfumer la bière et à lui donner l'a mertume peu persistante que Ton recherche dan cette boisson. Mais leur prix élevé les fait remplace souvent par d'autres plantes amères, telle que 1! Trèfle d'eau, l'Absinthe, le Buis, le Quassia qui hi communiquent des propriétés, sinon malfaisantes a moins inutiles, et laissent souvent distinguer danl la boisson un goût acre fort différent de l'amertuml franche du houblon.

On pourrait employer les pointes, les feuilles é même les sarments de Houblon à préparer de la pé tite bière si le gouvernement autorisait les particu liers à fabriquer pour leur usage cette boisso saine et économique.

Dans le nord, on mange, en guise d'asperges, lé jeunes pousses de Houblon ; les bestiaux recheri chent son feuillage; on en fait des berceaux, de tonnelles; les sarments qui contiennent des fibre tenaces, comme c'est le cas pour beaucoup de plaii tes de la même famille, une fois ramollis par u rouissage incomplet, servent à faire des liens foi utiles dans les fermes. (

Le Houblon mérite une place d'honneur para1 les toniques amers, et peut se ranger immédiate! ment après la Gentiane. Il n'y a guère de maladi1 chronique dans laquelle il ne puisse être utile pou! relever l'appétit, activer la circulation. Il rend de! services du même genre dans les convalescences e

suffit souvent pour ramener à la santé les personnes affaiblies par de mauvaises conditions hygiéniques : nourriture insuffisante ou trop peu variée, habitation humide, à la condition, bien entendu, de faire pesser d'abord la cause du mal. Dans les affections pcrofuleuses, les dartres, le carreau, les tumeurs Manches, les diarrhées chroniques, le scorbut, les engorgements du foie et de la rate, le Houblon est (Lin remède précieux ou un adjuvant utile de la médication spéciale de chaque maladie. Enfin il est employé avec succès à haute dose contre les vers intestinaux, et réussit très-bien dans le traitement îles fièvres automnales après l'usage d'un vomitif et l'un purgatif.

En outre de son action remarquable sur la circuation et la nutrition, le Houblon est doué d'une fertu sédative due surtout au lupulin, qui se manieste spécialement sur le système nerveux, et contribue aux bons résultats de son emploi. La décoction »u l'infusion se préparent avec 15 à 60 grammes do f-ônes par litre d'eau.

Un parfum suavo et pénétrant vient d'attirer otre attention sur cet arbre au port élégant, au euillage touffu, aux fleurs odorantes : c'est le Tileul (Tilia Europœa), type de la famille des Tifacèes, nommé parfois Tillot ou Thé d'Europe. Il roît naturellement dans nos forêts ; mais sa beauté î fait cultiver dans les parcs et les jardins où il purnit une ample moisson de fleurs d'un blanc jauâtre, disposées en petit corymbe dont le pédonule est soudé en partie à une bractée membraeuse.

On récolte ces fleurs dans les mois de juillet et

d'août. Il serait bien de séparer les bractées afin de no les employer que dans les cas où Ton désire augmenter l'action diurétique et diaphorétique des! fleurs qui sont douées surtout de vertus calmantes et légèrement antispasmodiques. L'infusion des

Rameau de Tilleul.

fleurs, d'une odeur et d'un goût agréables, est d'un usage familier dans la migraine, les vomissements, les indigestions, il remplace avantageusement le1 Thé qui cause souvent une irritation nerveuse. On l'emploie aussi avec avantage dans les diarrhées chroniques, les courbatures, les coliques, les fris-1

ons fébriles. Pour la préparer on emploie de 4 à 0 grammes par litre d'eau.

Pour les diarrhées chroniques dans lesquelles les astringents ne réussissent pas à cause de l'irritaion de la membrane muqueuse qui tapisse l'intesin, on obtient souvent de bons résultats en eraloyant avec persévérance un mucilage produit par % décoction d'écorce de Tilleul. Cette préparation end aussi de grands services, appliquée sur les laies enflammées, les brûlures. Les feuilles, qui ont aussi mucilagineuses, peuvent remplacer celles e Mauve comme émollient.

La seconde écorce du Tilleul, très-fibreuse, sert n quelques pays h fabriquer des sacs d'emballage, es nattes, des cordes. On l'assouplit aisément par ne simple macération dans l'eau. Son bois, tendre t d'un grain égal, est employé par les layetiers, îs sculpteurs, les tourneurs; il donne un charbon îger dont on fait des fusains pour esquisser, et ue l'on emploie en médecine, une fois pulvérisé, omme celui de Peuplier, dans la dyssenterie, la yspepsie. On l'applique aussi comme antiseptique ar les plaies, les brûlures. Ainsi toutes les parties e cet arbre sont utiles, et nous devons le consiérer comme Tune des essences les plus précieuses e nos forêts,

; C'est dans mon jardin que nous allons terminer otre promenade. Arrêtons-nous devant cette plante aute de 40 à 60 centimètres à tige herbacée, creuse \) poilue. Remarquez ses grandes feuilles radicales buchées sur la terre et celles de la tige, plus petits et allongées ; toutes sont ridées et velues comme |,tige. A l'extrémité des rameaux s'étalent des pa-

nicu.les de fleurs quelquefois blanches, mais ordî nairement purpurines, qui passent au bleu foncé l mesure qu'elles s'épanouissent. Le calice forai( une étoile à cinq rayons sur laquelle s'applique l'é toile bleue de la corolle, dont les pointes se trouvent placées entre celles des sépales.

Vous connaissez tous cette plante, qui se pro page d'elle-même dans les jardins, et dont les fleure disputent à celles de la Capucine Phonneur de couronner les salades : c'est la Bourrache (Borrago officinalis), type de la famille des Borraginèes qui nous a déjà fourni comme sujet d'étude la Grande Consoude; on l'appelle aussi Buglose à larges feuil les.

On cueille en été les fleurs, et pendant toute 1 belle saison les tiges non encore fleuries, que Po: fait sécher à Pombre.

L'infusion des fleurs possède les propriétés de celles de Mauve et de Violette et se prépare de h même manière. La plante contient, au moment de la floraison, un mucilage épais dont on utilise les qualités émollientes dans les maladies inflamma toires ; pour cela on prépare une décoction avec 30 à 60 grammes de plante par litre d'eau.

Il ne faut pas demander à la Bourrache des propriétés énergiques , pas plus qu'à la Guimauve (Althœa officinalis) ou au Bouillon blanc (Verbascum thapsus) qui doit à ses grandes feuilles blan châtres, douces et molles, le nom de Molène. Ces remèdes émollients ne sont point appelés à produire des effets capables de frapper l'imagination, mais l'infusion ou la décoction de ces végétaux, dont les fleurs sont légèrement sudorifîques et diurétiques et dont la racine, les tiges ou les feuilles

Bourrache.

cèdent à l'eau leur mucilage, constituent une res source précieuse qui suffît à la guérison d'indis positions, et favorise, dans les cas plus graves l'action des agents plus énergiques. Ce sont le: matériaux toujours prêts de breuvages qui, poui être simples et peu coûteux, n'en sont pas moins utiles et dignes d'intérêt.

Examinons encore, avant de nous quitter, ce Lu blanc {Lilium candidum), et avant de nous enqué

Fleur de Lis blanc.

rir de ses propriétés médicinales, considérons un instant les signes distinctifs de la famille des Liliai

S, à laquelle il appartient, et dont nous avons

iié déjà plusieurs individus : la Scille, F Ail,

iperge.

ï vous analysez la fleur du Lis, au parfum &i

Bulbe de Lis coupe.

e et si pénétrant, vous ne pouvez pas, au precoup d'œil, distinguer les trois pièces du es,

des trois autres qui constituent la corolle, car ont toutes une forme et une couleur à peu

I identiques. Les étamines, très-longues et dé-

liées, supportent des anthères mobiles qui laiss sortir en s'ouvrant un abondant pollen d'un jai

Bulbe de Lis.

vif : le pistil est formé d'un ovaire à trois loi surmonté d'un long style terminé par un stigtn triangulaire,

La conformation de la tige ornée de petites feuilg et supportant des bouquets de fleurs pourrait ire croire qu'au-dessous de cette tige il n'y a que s racines. Cependant si nous arrachons un de ces ants, vous allez voir qu'entre les racines et la je aérienne, il y a un organe important : Yognon, immé en botanique bulbe. Celui-ci est formé par superposition de lames ou écailles disposées auur d'un axe , comme nous le rendons manifeste les arrachant ou en coupant le bulbe par la Oitié. De plus, à l'aisselle d'une ou de plusieurs ailles il y a un bourgeon capable de reproduire la mte ; de sorte que l'ognon est réellement une tige jterraine, vivace. Dans quelques espèces, l'Asrge par exemple, la forme du bulbe est considé- 3lement modifiée, mais on y retrouve toujours ï caractères essentiels. Le Poireau, POgnon, la lipe, la Jacinthe, appartiennent à la famille qui us occupe ; elle peut donc se vanter de fournir à omme des remèdes, des aliments et quelqueses des fleurs les plus remarquables pour leur rt, leurs couleurs et leur parfum, je bulbe de Lis est mucilagineux : bouilli dans ni ou le lait, ou bien cuit sous la cendre et mêlé lu saindoux, on l'emploie comme émollient et turatif sur les furoncles, les engelures, les pans, les plaies enflammées.

je Lis, emblème de pureté et de paix, fleurit en [let. On le multiplie, dans un terrain meuble, ,)Osé au midi, soit par graines, soit par les bulles que l'on détache à l'automne des bulbes adul- I Le Lis bulbifère porte des bulbilles à l'aisselle [quelques feuilles de sa tige aérienne. La culture roduit une variété dans laquelle les fleurs sont

remplacées par un épi de feuilles modifiées de c leur blanche. Il y a un assez grand nombre de riétés de Lis jaunes, rouges, rosés et tigrés, pi que tous assez rustiques pour orner le jardin plus modeste ou même le bord d'une fenêtre.

J'espère, mes amis, que vous vous rappelez1 explications que je vous ai données au sujet propriétés et de l'administration de quelques-l de nos toniques amers. En vous reportant à ce je vous ai dit au sujet de la Gentiane, de la Car! mille, du Chardon bénit, vous verrez que ces s pies appartiennent à la même classe de remèc que leur emploi est indiqué dans des circonstani analogues et qu'ils agissent spécialement en vé de leurs principes toniques. J'ai insisté sur leur! fluence heureuse dans les états de faiblesse gé1 raie causés par de mauvaises conditions hygié ques, le manque d'air, de lupaière, de nourrit suffisamment abondante ou variée. Vous sa aussi que dans les maladies chroniques et pend la convalescence des maladies aiguës ils prépar» l'organisme à l'action des médicaments spécial ou ajoutent à leurs effets, ou rétablissent l'haro nie des fonctions en augmentant la vitalité organes.

En vous signalant comme fébrifuges les amers astringents, j'ai insisté également sur le danj qu'il pourrait y avoir à se méprendre sur les pèces de fièvres dans lesquelles ils donnent de bC résultats, sur la manière dont ils opèrent.

Je vais vous parler maintenant de la Petite C

iUrée (Gentiana centaurium), de la même famille

^e la Gentiane, et qui s'en rapproche beaucoup

xv ses propriétés. C'est une plante annuelle assez

jmmune dans les bois, les prés, les terres sablon-

mses. On l'appelle Herbe au Centaure , Centau-

11e, Chironée, Fiel de terre, Herbe à la fièvre.

D'une racine blanchâtre, ligneuse, part une tige

êle haute de 30 centimètres , entourée d'une ro-

tte de feuilles radicales et garnie d'autres feuilles .

fis petites ovales-aiguës, terminée, de juin à sep-

,mbre, par un corymbe de petites fleurs roses à

irolle tubulèe dont le limbe est divisé en cinq

|rties. On récolte les sommités au plus fort de la

raison, on les dessèche rapidement et on les garde

jns des cornets de papier pour conserver leurs

fileurs et leur saveur d'une amertume intense,

ji se communique à l'infusion préparée habituel-

nent avec 10 à 30 grammes de plante par kilo-

jamme d'eau.

Au commencement Cte son emploi , la Petite (ntaurée cause parfois une irritation de l'estomac ides intestins. Si cet effet persistait, on devrait îoncer à son usage car il existerait une inflamtion qui indiquerait le besoin d'émollients et il de toniques.

pn prépare un bon fébrifuge en faisant infuser grammes de Petite Centaurée et 20 grammes de momille dans un litre d'eau, que l'on donne à dose d'un verre de quatre heures en quatre ires pendant l'accès. N'oubliez pas d'ailleurs que remède et d'autres analogues réussissent tours mieux après l'administration d'un vomitif et n purgatif.

I ne faut pas confondre la piante qui nous

occupe avec la Grande Centaurée (Centaurea c taurium) , qui est une Composée, et dont les p priétés sont bien moins prononcées.

Laissez-moi vous mentionner une autre Gem née que la Providence semble avoir répandu' dessein près des étangs , dans les marais , p offrir un remède toujours prêt contre les mala( paludéennes ; c'est le Menyanthe ( Menyant trifoliata) ou Trèfle d'eau, excellent tonique, brifuge, vermifuge et antiscorbutique.

Je vais vous dire quelques mots d'une C« posée, la Millefeuille (Achillea mille folium) , a! nommée à cause de ses feuilles longues, un velues, divisées en segments étroits et dent qui lui donnent l'apparence d'une feuille comp^ à folioles linéaires. Si les noms populaires végétaux pouvaient donner une idée un peu ex de leurs propriétés, celui-ci aurait droit à notre time sans autre examen que la liste de ses titr Herbe aux charpentiers, Herbe aux coupures, He aux voituriers, Herbe aux militaires, Endove, Se cil de Vénus , Herbe au cocher, Herbe Saint-J<

La Millefeuille est très-commune dans les li incultes où elle montre, du mois de juin au n d'août , ses capitules de petites fleurs blanches rosées réunis en corymbes à l'extrémité des rames Oti la cultive dans les jardins où l'on en trouve sieurs variétés, mais on doit préférer pour l'us médical, celle qui croît spontanément dans un rain sec.

La racine, traînante, fibreuse, a une odeur c; phrée; la tige et les feuilles, très-peu odoran sont amères et astringentes , tandis que les flei

Fleurs de petite Centaurée.

2e PARTIE,

amères aussi , contiennent un principe aromat

que.

L'infusion de Millefeuille, qui se prépare avec à 20 grammes de racine broyée ou de sommiti fleuries par 500 grammes d'eau , se décompose r pidement au contact de l'air. On ne la prépa qu'au moment de l'administrer. Les tiges et l! sommités agissent comme tonique amer et peuve; être utiles dans les cas très-nombreux que je va vous signaler comme réclamant l'action de c agents, tandis que la racine jouit de propriété excitantes. .

Les noms d'Herbe aux charpentiers, Herbe ai' coupures ont été donnés à la Millefeuille à eau de ses propriétés prétendues cicatrisantes. L paysans l'appliquent souvent, en effet, sur leu coupures, et le travail de cicatrisation, bien qi retardé par la présence d'une substance irritant s'opère selon les lois naturelles, en dépit de la Mj lefeuille qui n'en reçoit pas moins le mérite du r( sultat. ^ ,

Il y a plusieurs autres espèces de Millefeuille dont les propriétés sont à peu près semblables : i w plus énergique est la Millefeuille noire (Achilli B atrata) ou Genipi noir dont les fleurs sont jaun au centre, blanches à la circonférence et qui de son nom à la bande noire des écailles qui leur se vent de base. Cette espèce, très-aromatique, croL sur les montagnes élevées ; c'est un bon toniqi; excitant. ,

Tous les spécimens que vous voyez ici appartie^ •

nent à une seule famille, celle des Renonculacèes,

laquelle nous devons plusieurs de nos remèdes a<

ïifs et aussi de nos poisons les plus dangereux. Bile nous a déjà fourni des purgatifs énergiques : l'Ellébore noir, l'Actée ; des rubéfiants et des vésicants : la Clématite, la Pulsatille ; un antispasmoiique : la Pivoine ; des altérants : TAncolie et surtout l'Aconit.

Nous devons nous attendre à trouver, dans les tadividus de cette famille que nous venons de îueillir, des propriétés énergiques , nous rendre >ien compte des circonstances qui réclament leur mploi et connaître la mesure prudente de leur pplication.

Le spécimen que je vous présente ici ne croit 'pontanément que sur les plages de nos côtes méidionales, mais on le cultive dans les jardins où ion repique au printemps les pieds qui ont été sellés à la fin de l'été. C'est une espèce de Pied d'ajmette, nommé Staphysaigre (Delphinium Stahysagria), appelée communément Pied d'alouette aphysaigre, Dauphinelle staphysaigre, Herbe aux 3ux, etc. On n'emploie que les petites graines, brus, ridées, courbées, anguleuses et rudes, connues mis le commerce sous le nom de graine de caucin.

On a administré la poudre de ces graines à Fin rieur, à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme, >mme éméto-cathartique et anthelmintique, mais >n action irritante, capable de produire, à dose un ;u plus forte, une inflammation mortelle, doit faire jeter absolument son usage interne. On se bor- Ta donc à mettre à profit les vertus anti-parasi- ■ires de cette graine, pour détruire les poux'ou la (le. A cet effet, on emploiera soit la poudre soit îe pommade composée d'une partie de poudre

pour 20 d'axonge, soit une décoction de 15 à ! grammes dans un litre d'eau. Il ne faut pas oublii d'ailleurs que la peau, surtout lorsqu'elle est exc«| riée, laisse passer dans le sang les substances si lubies avec lesquelles elle se trouve en contact, i qu'en appliquant à l'extérieur un remède énerg que il est nécessaire d'en surveiller l'effet, car l'a) sorption cutanée pourrait produire les mêmes a1

cidents que l'ingestion dans l'estomac.

Ce que je viens de dire s'applique à cette plan! annuelle , commune dans nos moissons où el montre en juin et en juillet ses particules de fleuJA ordinairement bleues , quelquefois blanches ou r i sées, et dont la culture a produit des variétés do^ blés, panachées, qui forment de très-jolis massii C'est le Pied d'alouette (Delphinium consolidé nommé aussi Dauphinelle des blés, Consou&p Herbe du cardinal. Vous le reconnaissez à sw feuilles duveteuses fendues en folioles linéaires;» ses fleurs longuement éperonnées. |a

La plante et les semences possèdent, à un moi!* dre degré, les propriétés de la Staphysaigre. Da' «i gereux à l'intérieur, le Pied d'alouette, en décdu tion, peut rendre des services contre la gale et • a maladie pédiculaire; mais il serait imprudent l»| lui demander davantage. i iH

Au premier abord, la plante que voici ressemlm assez au Fraisier : c'est la Renoncule acre (Ranui r culus acris), vulgairement Clair bassin, Jaunearv Herbe à la tache, Patte de loup, Codron, Grenoujes lette, Renoncule des prés, Bouton d'or. D'une racill presque horizontale partent des feuilles palmèeè

)bes incisés, dentés, et une tige haute de 35 à 60 bntimètres, portant des feuilles de plus en plus fcroites et des fleurs à cinq pétales d'un beau jaune oré, comme vernissées, supportées par un long et Mnce pédoncule. Elle croît spontanément dans les pis, les prés, les lieux humides, où elle fleurit au ilieu de l'été. Cultivée dans les jardins, elle proîit le Bouton d'or à fleurs doubles. La plante jouit 5 toute son énergie un peu avant la maturation îs fruits. On ne l'emploie qu'à l'état frais, car la bssiccation lui fait perdre ses propriétés, ce qui plique son innocuité mêlée aux fourrages. Le Bouton d'or préfère une terre un peu forte et imide : on le multiplie par division des touffes au intemps, et l'on a soin de le changer de place tous I deux ans si l'on veut l'empêcher de dégénérer. Avant de vous parler des propriétés de la Renonce acre, je dois vous signaler quelques autres pèces importantes : la Renoncule scélérate (Ra- \inculus sceleratus), nommée aussi Renoncule des arais, Grenouillette d'eau, Herbe sardonique, Mort x vaches, dont les feuilles sont moins découpées, 1$ fleurs très-petites, et dont les fruits fort nomjeux forment une masse ovoïde; la Renoncule |lbeuse (Ranunculus bulbosus), aux fleurs trèsandes, aux feuilles plus divisées que celles de spèce précédente, et remarquable par l'expansion lbeuse de sa racine, qui lui a fait donner le nom Rave de Saint-Antoine. Je vous citerai encore la inoncule Thor (Rauunculus thora), qui croît les hautes montagnes, et dont le suc concentré fvait à nos ancêtres pour empoisonner leurs fie* bs.

Il y a environ cent cinquante espèces de Renon-

*f)6 LES REMÈDES DES CHAMPS

cules, mais celles que je viens de vous signale sont les plus importantes à connaître au point d vue qui nous occupe. Leurs propriétés médicinale sont à peu près identiques, toutefois il y en a don le principe actif est plus concentré dans la racini ) que dans les autres parties ; c'est ce que l'on remar que dans la Renoncule bulbeuse.

Les Renoncules ont des propriétés trop acres trop irritantes, pour qu'on en fasse usage à Tinté rieur. On doit seulement mettre à profit leur actioi rubéfiante, vésicante et même caustique, en le appliquant sur la peau dans le but de produire un dérivation ou une substitution salutaire par la quelle on remplace l'irritation d'un organe par cell d'un autre moins important. C'est ainsi que l'o: peut prévenir un accès de fièvre au moyen d'u bracelet de Renoncule pilée , guérir ou soulage des rhumatismes, des névralgies, quelques mau d'yeux, par des sinapismes ou des vésicatoires di même genre. Mais il n'est pas toujours facile d limiter l'action des Renoncules, et chez les per ' sonnes délicates à peau fine, leur application peu amener la mortification des parties si elle n'est pa l'objet d'une surveillance intelligente. Les feuille de Bouillon-blanc écrasées constituent le meilleu adoucissant en cas d'accidents de ce genre.

Comme les Renoncules sèches sont inertes, i serait utile de conserver pour l'hiver la teintur préparée avec 1 partie de plantes et 4 parties d'eau de- vie ordinaire ou du vinaigre fort.

Tout ce que je viens de vous dire au sujet dei Renoncules s'applique à cette autre espèce de h même famille : I'Anémone (Anémone pratensis)

Renoncule acre.

connue sous les noms vulgaires de Bassinet, Syl vie, Pulsatille noirâtre.

Sa racine, de la longueur du doigt, est noirâtr et fibreuse; les tiges velues n'ont pas plus de 15 20 centimètres; les feuilles radicales, sont inciséej en découpures menues; la fleur est solitaire, pen dante, d'un violet presque noir.

Cette plante est inodore mais très-acre. Son usag à l'extérieur est indiqué dans les mêmes cas qu ceux pour lesquels on emploie les Renoncules, sujc aux mêmes inconvénients, et réclame la même sui veillance. On peut en préparer une teinture dans l vinaigre ou l'eau-de-vie, dont on mouille des comi presses pour obtenir l'effet désiré depuis la simpl rubéfaction jusqu'à la vésication.

Vous entendrez dire quelquefois, au sujet dej plantes que je proscris comme médicament intern ou dont je limite les doses avec parcimonie, qui l'emploi des unes ou de fortes doses des autres on amené des cures, sinon merveilleuses, au moin retentissantes. Je vous conseille de vous tenir e: garde contre l'entraînement que de pareils résul tats, fussent-ils vrais, pourraient causer dans Vu sage de nos simples. Il est certain que dans quel ques maladies un remède dit héroïque, lancienn médecine Leroy si vous voulez, qui était un pur gatif violent, peut causer dans l'économie une per turbation assez forte pour donner un cours nouveau à la maladie, et susciter une crise favorable. Mai ces moyens énergiques ne sont point du ressor des personnes inexpérimentées. Entre leurs mains leur emploi serait aussi peu sage que de jouer pile ou face la vie du malade : le médecin lui-mêm< se permet rarement de semblables hardiesses, qui

Anémone.

pour n'être pas coupables, ont besoin de la sanctior d'une science éprouvée.

Voici Tune des plantes les plus justement recher chées par la médecine usuelle, c'est un membre d< la famille des Composées dans laquelle nous avoni, trouvé déjà l'Aurone, le Pissenlit, le Tussilage l'Armoise, la Camomille, la Matricaire, le Chardo^ bénit, l'Eupatoire et la Laitue vireuse. Tous le| échantillons que j'ai choisis dans votre moissoij d'aujourd'hui appartiennent à cette famille ausaj nombreuse qu'utile.

Examinons d'abord cette Chicorée sauvage (Ci| chorium intybus). C'est une plante vivace qi^ croît abondamment partout. Remarquez' sa racine^ de la grosseur du doigt, pivotante, brunâtre à l'ex^ térieur ; les longues feuilles à lobés anguleux qi|t garnissent la base de la tige, tandis que celle-ci e: porte de petites qui sont entières ; les grandes fleuri bleues, quelquefois blanches, solitaires ou disposée^ deux à deux, sur les rameaux ou à leur extrémité qui se montrent en août et septembre.

La Chicorée n'a pas d'odeur, mais possède un saveur amère franche et agréable, plus prononcé dans la racine que dans les feuilles, et qui diminu beaucoup dans les espèces cultivées.

On donne l'infusion des feuilles fraîches, la d coction des feuilles sèches ou de la racine, à la do^ de 15 à 60 grammes de plante par kilogramme d'eau ; le suc exprimé des feuilles, seul ou uni a suc de Crucifères ou de plantes amères, à la dos de 30 à 120 grammes, comme médicament tonique

peritif, laxatif et fébrifuge, dont l'usage, continué >ngtemps, est utile, au moins comme adjuvant ans 1 atonie des fonctions di^restives, les emmrffelents des viscèp, les fièvres lèpres du printemps les maladies ironiques do la au.

On cultive en and la chicorée uvage, dans nos partements du >rd, pour sa raie qui , séchée, yréfiée et réduite poudre, se vend us le nom de ifè chicorée.

Itte poudre est ivent mêlée, par iude, au café bulu, et pour bstater sa préice il suffît de sser tomber une îcée du mélange pect à la sure d'un verre d'eau

Fleurs de Chicorée sauvage.

la chicorée, promptement pregnée par le liquide, tombe au fond et le café r surnage. La racine, enterrée dans une cave idant l'hiver, fournit de longues feuilles étiolées, m blanc jaunâtre, que l'on prépare en salade sous ■tiom de Barbe de capucin,

Cultivée dans les jardins, la chicorée sauvage i produit, par des modifications successives, plusieur l espèces ou variétés à feuilles planes ou frisées qu " Ton mange crues en salade, ou cuites comme le , épinards.

La plante vivace que vous voyez ici ressembli'1 assez, en petit, au Soleil ou Hélianthe; elle attein11 quelquefois près de 2 mètres de hauteur, dans le; prés gras, les lieux ombragés, le long des fossés des étangs. C'est FAunée (Inula helenium), appelée J aussi Inule, Héléniaire, Lionne, Œil de cheval. Li1'1 racine, grosse, charnue, rameuse, d'un jaune bru1111 nâtre en dehors, blanche à l'intérieur, est la seulfe partie usitée en médecine. Elle a une saveur amère B aromatique, piquante et acre ; une odeur forte, pé-*ei nétrante, agréable, qui, par la dessiccation, serap!a proche de l'arôme de l'Iris ou de la Violette. Lein feuilles, longues de 30 centimètres et plus, molles!10 crénelées, vertes et ridées en dessus, paraissent, erf1 dessous, blanchâtres et cotonneuses. En juillet e''e août se montrent les fleurs terminales, grandes!}1 formées de fleurons jaunes, auxquelles succèdent des akènes surmontés d'une aigrette d'un blanc'1 roussâtre. !:

L'Aunée est un bon tonique excitant et peut^ comme telle, favoriser l'expectoration, les sueurire ou le cours des urines. On emploie avec avantage l'infusion de 15 à 30 grammes de racine par litnjn d'eau dans la faiblesse des organes digestifs, leP catarrhes et la diarrhée chroniques, l'asthme hu^ mide, dans les cas de débilité générale et dans leè^ convalescences. Mêlée à de Teau rouillée, elle esi (

très-utile dans l'anémie, la chlorose et autres maJ1!1

ne

adies dans lesquelles dominent l'appauvrissement u sang et la torpeur des fonctions vitales. La décoction qui est acre a été employée à Tintéieur contre les dartres, et à l'extérieur contre la ;ale. Pour celle-ci, il vaut mieux appliquer une ommade composée de 2 parties de racine d'Aunée n poudre et 1 partie de saindoux.

Vous avez remarqué souvent sans doute de pe« ites boules couvertes de pointes recourbées qui 'attachent aux vêtements et forment parfois des imas enchevêtrés dans la laine des moutons. En les pgardant de près vous reconnaissez que ce sont les jivolucres ou bases à sépales à demi recouverts js uns par les autres, qui soutiennent les fleurs en p,pitule de la plante que je viens de faire passer mtre vos mains. La Bardane (Arctium lappa), ommée communément N^polier, Dogue, Glouron, Herbe aux teigneux, est commune le long ps chemins, près des masures, sur les terrains iniltes. Sa racine bisannuelle grosse, pivotante, noiitre en dehors, blanche en dedans, inodore, est 'une saveur légèrement amère et astringente. La ge annuelle, herbacée, striée, rameuse, haute 3 60 à 90 centimètres, porte de grandes feuilles ès-amères en forme de cœur, crénelées, légèrement cotonneuses en dessous. Les fleurs forment i capitule arrondi de couleur purpurine qui sort un calice globuleux dont chaque sépale se termine par une pointe en crochet ; elles sont disposées î particule irrégulière et feuillée.

On récolte en octobre la racine de la première imée, et celle de la seconde année au commenceent du printemps, mais on peut l'employer fraîche

en toute saison. La décoction de racine ou d<M feuilles, préparée avec 15 à 60 grammes de plan) le par kilogramme d'eau, est sudorifique, diurétiqi et dépurative. Elle est utile dans le catarrhe pulm naire chronique, la goutte, le rhumatisme, les mile ladies de la peau et les éruptions de mauvais nature, à la condition que Ton suive le traitemei! J pendant un temps suffisant. Elle semble capable d|è remplacer la Salsepareille que nous envoie TAmO rique intertropicale et qui coûte fort cher. Le su J des feuilles agit favorablement sur les excoriatiorlél superficielles, la teigne, les croûtes de lait. En ai ( pliquant sur la peau le côté duveteux et glutineur des feuilles, elles causent sur la partie couvert une exhalation analogue à celle produite par kei emplâtres de poix de Bourgogne et procurent ufl1 certain soulagement dans les maladies de la poP(

trine, et les engorgements des articulations.

Mes amis, il me reste à vous parler aujourd'hv*1 de deux plantes qui appartiennent, comme celle1^ dont nous venons de nous occuper, à la famille dèei Composées et qui se ressemblent beaucoup pai;( leurs propriétés. Je passerai rapidement sur la pre i mière et vous donnerai plus de détails sur la se111 conde qui est plus énergique. '

La Tanaisie (Tanacetum vulgare) est une plant!1 vivace qui croît spontanément dans les terrains inl cultes et un peu frais, le long des chemins, dan ^ les prairies, et qui produit, par la culture, une bell«,B variété à feuilles frisées. Seuls les moutons man^ gent ses feuilles desséchées. La plante étendue ef litière dans la niche des chiens les délivrent de1 leurs puces. Vous avez pu l'entendre désigner souj

^s noms de Barbotine indigène, Herbe aux vers, ferbe Saint-Marc. Elle est facilement reconnaisse à ses feuilles incisées et découpées en lanières droites, dentées ; à ses fleurs jaunes qui forment,

[3 juillet à septembre, des corymbes très-compactes l'extrémité des rameaux. Ces fleurs sont composées une agglomération de petits fleurons tubulaires ès-courts auxquels succèdent des akènes. Ceux-ci administrent comme vermifuge à la dose de 2 8 grammes en poudre incorporée à du miel, ou playée dans du vin.

On cultive la Tanaisie dans une terre franche, blonneuse et fraîche, bien exposée : on sème en ace au printemps ou en pépinière à l'automne; on jut aussi la multiplier par éclats de pied détachés i commencement du printemps. On récolte au ois d'août ses fleurs dont l'odeur est forte et péîtrante, la saveur aromatique, nauséeuse, trèsnère, et qui ne perdent rien de leurs propriétés tr la dessiccation. Leur infusion à la dose de 15 à i grammes par litre d'eau, est tonique, excitante, srmifuge, anti-fébrile et convient aussi dans les cidents nerveux, les spasmes.

Appliquée en cataplasme sur le bas-ventre, seule [i mêlée d'ail, la Tanaisie agit comme vermifuge ; décoction concentrée est un bon détersif, stimu- Lit et antiseptique des plaies de mauvaise nature.

jNous allons terminer notre causerie par l'étude | l'une de nos plantes les plus précieuses : I'Ab- Ljthe (Artemisia absinthium) , nommée aussi tande absinthe, Absin menu, Alvuine, Aluine, bmoise amère, Herbe sainte, Herbe aux vers. [C'est une plante herbacée vivace qui se propage

d'elle-même dans les lieux incultes, et que Ton ci tive dans une terre légère exposée au soleil. On sème au printemps ou Ton plante, à cette époqi des éclats de vieilles souches. En hiver il faut Te' tourer d'un paillis.

D'une racine ramifiée part une tige droite, dui cannelée, rameuse, d'un gris cendré, qui atteint 60 à 70 centimètres et porte des feuilles décornp sées finement découpées, soyeuses sur les dei| faces, d'un blanc argenté en dessous. De juillet^ septembre s'ouvrent les petites fleurs globuleuse] jaunâtres , formées par l'agglomération de peti fleurons tubulés et disposés en particule allongé

On récolte, à l'époque de la floraison, les fleu et les sommités, que l'on fait sécher à l'ombre; ell conservent après la dessiccation leur odeur fort aromatique et leur saveur très-amère. Elles coi tiennent une huile essentielle volatile qui s'évapo pendant la préparation du décocté de la plante reste dans l'infusion en vase clos ; puis des pri cipes résineux amers moins excitants et plus ton ques que l'huile essentielle. La poudre, le vin, teinture d'absinthe contiennent les deux classes c principes.

La poudre, à la dose de 4 à 16 grammes, le vil (1 partie de plante pour 30 de vin blanc) à la dosj de 30 à 125 grammes, sont fort utiles comme fébr fuges surtout dans les régions marécageuses et che les sujets débilités atteints d'engorgement de 11 rate, de décoloration et d'infiltration de la peau Une fois la fièvre coupée, on continue l'administra tion journalière du médicament à petites doses pour mettre simplement à profit ses propriété toniques, stimulantes et diurétiques»

Le vin blanc dans lequel on fera infuser 30 gram-

Absinthe.

5 d'Ail et 30 grammes d'Absinthe par litre, pris 2e partie. 12

à la dose de 30 à 100 grammes par jour, est un excel lent fébrifuge et vermifuge. Le vin préparé ave| F Absinthe et l'écorce de saule blanc remplace av€ avantage, dans les campagnes, le vin de quinquin- Enfin la décoction d'Absinthe, seule ou additionna de sel marin, est un excellent antiseptique des plai< et ulcères, qu'elle assainit et cicatrise promptemei lorsque son action locale est favorisée par un tra tement général approprié et une hygiène conv<

nable. 1M1 . . ,

C'est avec différentes espèces d Absinthe d< Alpes, que l'on prépare la liqueur nommée Crèrr d'Absinthe ou Absinthe suisse; on y ajoute poi l'aromatiser de l'Angélique et de la Badiane. Cetf liqueur ne renferme que le principe excitant < l'Absinthe, l'huile essentielle, qui agit à peu pr à la manière des poisons narcotico-âcres. Aus! l'excès accidentel de cette boisson cause-t-il m excitation générale accompagnée de soif et de ch leur à l'estomac, tandis que son abus prolonge o casionne la stupeur, l'hébétude, les hallucination l'affaiblissement de l'intelligence, et enfin un abr tissement complet.

Vous le voyez, mes amis, l'Absinthe est a la te un remède précieux et un agent terrible, selon Y sage que nous en faisons. Il en est de même < beaucoup d'autres plantes que nous avons étudie* La Providence, en permettant à l'homme danalys les richesses qu'elle étend partout sous ses pas, ] a imposé le devoir d'appliquer à la fois son intel gence et sa raison à discerner en chaque chose part du bien et du mal. Il ne reçoit point les do de la nature sous une forme qui encourage sa m< lesse et son oisiveté, mais bien sous celles qui 1

Sommité d'Absinthe.

permettent le mieux d'exercer et de développer ses facultés, de fortifier et d'appliquer ses vertus natives, par le travail, l'attention, le jugement, la persévérance, sans lesquels il passerait sur la terre comme les créatures inférieures,

Nous terminons aujourd'hui, mes amis, la série] de promenades que nous avons entreprises pour vous donner le goût d'étudier nos remèdes des champs, nos simples, et aussi pour vous indiquer brièvement leurs propriétés les plus saillantes. J'ai profité également de ces herborisations pratiques pour vous apprendre, à bâtons rompus, les éléments de Botanique les plus indispensables au point de vue spécial de nos causeries.

Pour être complet, j'aurais eu beaucoup plus à vous dire sur la nature des maladies et des remèdes; il m'aurait fallu entrer dans des détails plus circonstanciés au sujet de chaque plante et ouvrir à beaucoup de celles que j'ai omises le cadre de mes leçons. Mais le temps, les circonstances et le but de nos promenades ne le permettaient point. Je crains même que pour beaucoup d'entre vous notre tâche restreinte n'ait semblé un peu compliquée. A ceuxlà je vais donner un conseil. Parmi les plantes que nous avons étudiées, il y en a beaucoup qui ont des propriétés à peu près identiques : au lieu de les étudier toutes, limitez-vous, au moins provisoire-ls ment, au petit nombre que je vais vous énumérer. c Les bien connaître sera pour vous un fonds excel-j lent qui vous permettra d'étendre peu à peu votre étude selon le temps que vous pourrez y consacrer! et les circonstances qui vous appelleront à en faire usage.

Liste des plantes les plus importantes à connaître :

Chiendent. — Citrouille. — Thym. — Anis. — Colchique. — Bryone. — Gentiane. — Pariétaire. — Chêne. — Valériane. — Saule blanc. — Muguet. — Sureau, — Clématite. — Aconit. — Raifort sauvage. — Ail. — Camomille. — Belladone. — Alléluia. — Menthe poivrée. — Persil. — Coloquinte.

- Noyer. — Pavot. — Digitale. — Houblon. — Moutarde. — Renoncule. — Chicorée sauvage. — Absinthe.

Un dernier mot avant de nous séparer. Je vous ai, dès le premier jour, expliqué le but de nos promenades. Vous savez que j'ai voulu seulement vous mettre à même, en l'absence de médecin, de soulager les malades et d'exercer au chevet du pauvre tun ministère de charité. Laissez -moi vous affirmer avec une expérience qui date déjà de loin : quelle que soit la peine que vous vous donniez pour acquérir les connaissances nécessaires , quels que [soient les sacrifices que vous vous imposiez pour les appliquer, vous serez amplement dédommagés [par la conscience d'être devenus plus utiles et par la joie de rendre à la santé, à la vie, un proche, un lami, ou quelque déshérité dont le remerciement pra pour vous la meilleure, la plus complète récompense.

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