MIER BLANC
Nous avons ici une des plus belles plan notre climat, remarquable par ses feuilles sag longues de 25 à 30 centimètres, souvent mar de taches blanchâtres et brunes, et par la g fleur qui termine la tige. Cette fleur est ca ristique de la famille des Aroidèes. Au lie calice elle présente une spathe ou enveloppe braneuse en forme de cornet, dans laque trouve un spadice formé par la réunion d( ganes reproducteurs.
/Arum (Arum maculatum) a reçu les noms de jet, Pied de veau, Vaguette, Langue de bœuf, 'erbe àpain,Raciimidonnière,Heriragone. C'est une ite vivace compe dans les lieux pides. Sa racine juin rhizome char- Ijbrunâtreà Pextéitr, blanc intérieu- £.ent, imprégné ta suc laiteux très- M de saveur brû- 1*6, mais dont les ipriétés nuisibles Paraissent par leijition ou la torré- [ion, de sorte que peut alors le iger sans crainte 3n retire un amide qualité supé- ^e. Les feuilles îhes , contuses, I employées pour luire la rubé- ;ion ou la vésica- . A l'intérieur on îinistre surtout icined'unan,qui a plus énergique, doit autant que ûble l'employer fraîche, caria dessiccation lui fait
2e PARTIE, 3
Fleur d'Arum.
perdre beaucoup de son activité. Elle rend des irvices incontestables à la dose de 1 à 2 grammes conrc altérant; de 4 à 10 grammes comme purgati.w éméto-cathartique, dans de l'eau de gomme ouk mucilage de graine de lin. On remploie avec suc'ft à dose un peu forte, dans le rhumatisme, mais sunal dans les affections chroniques des organes respntoires. Du reste, il ne faut pas oublier que I'AiEcé est un poison violent, et Ton doit veiller à ce quep enfants n'aient pas occasion d'y goûter. Rete^ d'ailleurs que l'Oseille possède la propriété de ritf traliser le principe acre de l'Arum, de l'Euphoi^ de la Bryone, du Garou, et qu'il suffit d'en mâcpi pour faire disparaître l'inflammation de la bouii produite par leur contact.
Je vous ai parlé plusieurs fois de remèdes ai rants, et nous allons avoir aujourd'hui l'occasw d'en étudier plusieurs, aussi je veux vous donn< à leur sujet quelques mots d'explication. On appti ainsi des médicaments qui exercent sur l'éconoij une action insensible d'abord, lente, continue, fo manière à altérer les conditions de vitalité m organes. Ils sont spécialement utiles dans les M fort nombreux où les désordres causés dans l'or* nisation, ne se manifestent pas avec les symptôi^ d'une maladie bien déterminée, et dans beaucij de maladies chroniques.
Ne négligeons pas cette humble plante qui cil partout, dans les lieux cultivés, les décombres, 3! terrains pierreux. Les noms un peu gaulois lui al été prodigués, on l'appelle Foirolle, Chiole, Calrelie, Caquenlit, Rinberge. Pour nous, c'est là Mercuriale (Mercurialis annua), de la famille M(
A. FA&UET- I8S5
Tff/EBAULT
Sommité d'Ancohe.
Euphorbiacèes, remarquable par son odeur fétin sa saveur amère et salée. On n'emploie que la plari fraîche. La décoction de 20 à 50 grammes dans un (mi-kilogramme d'eau est laxafcive ; pour obtenir us action purgative, il faut employer de 30 à 100 graL mes de suc. Dans les cas très-rares où il est utile I rappeler les croûtes de lait dont la suppression bn>. que causerait une maladie interne, il paraît que Ai applications de mercuriale contuse, chaude, ffo revenir l'affection cutanée.
Je trouve dans notre cueillette cinq plantes d'ui famille dont nous avons déjà étudié deux espèces! l'Ellébore noir, et la Pivoine : celle des RenoncÀ lacées» Je ne puis entrer ici dans les détails botniques nécessaires pour vous décrire cette familî] Qu'il me suffise de vous dire qu'elle se divise i plusieurs tribus bien distinctes : les Clématites, 1 Renoncules, les Ellébores et les Pivoines. Presqa tous les végétaux qui la composent sont doués pi propriétés très-énergiques, quelques-uns sont en poisons violents.
Choisissons d'abord Y Ancolie( Aquilegiavulgarïï nommée aussi Gant de .Notre-Dame, Aiglantii.l Colombine, qui se trouve dans les bois montued et que l'on cultive dans les jardins où elle fouriM des variétés nombreuses, à fleurs simples ou dc-j blés, rouges, roses, bleues, blanches et panachéi] C'est une plante herbacée vivace, haute de 50 à il centimètres; sa tige rameuse porte à différenU hauteurs des feuilles blanchâtres en dessous, M formes très-diverses. Ses belles fleurs bleues pe» dantes sont employées dans la teinture.
Les racines, les feuilles, les fleurs, les grairil
ossèdent des propriétés diaphoniques, très-prores à exciter l'évolution normale des maladies ruptives lorsqu'elle e semble pas suffiamment développée ar la peau. On emloie la poudre de seîences à la dose de 2 4 grammes, enémulion dans du jaune 'œuf, ou l'on fait une ifusion de 4 à 8 gramies dans un demi- 'tre d'eau. L'infusion ^un ou deux grammes ) fleurs, édulcorée, Çit comme sédatif pis l'irritation des jonches, et calme noblement la toux. Elle ninue aussi, à son l'but, l'effervescence â)rile. On multiplie i? Jicolie par semences f par éclats de pieds, i automne : elle aime te exposition om- I.igée et la terre de hyère.
fe vous dirai peu de f\exà d'Aciée.
i)se au sujet de ce
taimen d'AcTÉE (Actsea spicata), Herbe de Sainl-
ristophe, Faux Ellébore noir, Herbe aux poux,
Sommité d'Actée.
plante vivace des bois ombragés et montueux qut atteint de 40 à 80 centimètres, à feuilles découpée^ décomposées, d'un vert foncé au dessus, blanchâtri en dessous, qui montre, en mai-juin, des grappe compactes de petites fleurs blanches. Il est pruderj de ne pas employer à l'intérieur les préparations c cette plante qui agit à la manière des poisons narcq tico-âcres. La racine fraîche est un purgatif violeij analogue à l'Ellébore noir,dont les vétérinaires useï quelquefois. Dans la médecine humaine, on doit borner à employer la poudre et la décoction de plante dans les maladies parasitaires.
Remarquez bien, mes amis, cette plante couvei de longs poils soyeux à feuilles radicales deux trois fois pennées, comme celles du Persil, < montre d'avril à juin à l'extrémité de chaque tig une fleur dans laquelle le calice d'un bleu violl velu et soyeux, remplace la corolle. Elle habite fl lieux arides, les bois sablonneux, les coteaux cJ caires, où Ton doit la récolter avant la floraisJ Ses propriétés, extrêmement actives lorsqu'elle m fraîche, diminuent de beaucoup par la dessicf tion. C'est la Pulsatille (Anémone pulsatilla), c( nue sous les noms de Coquelourde, Herbe au vej Fleur de Pâques, Teigne-Œuf, Passe-fleur, Fle| aux-Dames. Elle se rapproche beaucoup de VA\ mone des près (Pulsatilla nigricans) et les d< plantes rendent en médecine les mêmes servie
La pulsatille est acre et irritante. Pilée fraîche appliquée sur la peau, elle produit de la roug( puis la vésication, et enfin l'ulcération de la pai Les paysans l'emploient ainsi autour des poign«, comme sinapisme, pour guérir les fièvres intei
LES REMÈDES DES CHAMPè 39
ntes, mais elle ne peut agir efficacement que si )na au préalable administré un vomitif et un puritif. Le suc frais produit sur la langue un senti- Lent d'âcreté brûlante, il suffit de le respirer pour rovoquer l'éternuement, et la poudre des fleurs et 3S feuilles sèches est un bon sternutatoire. Il seme que la Pulsatille agisse d'une manière très-effiice dans la coqueluche. On emploie l'infusion de grammes, au plus, de feuilles fraîches, dans 200 ranimes d'eau édulcorée. La même préparation, à 3ses répétées, est utile contre les maladies dareuses, mais il faut en surveiller l'effet.
'Pour ce qui concerne la Clématite des haies Uematis vitalba), qui vous est famillière sous l'un fis noms de Cranquillier, Aubervigne, Berceau de \ Vierge, Viorne, Vigne blanche, Herbe aux gueux, fln'ai qu'un conseil à vous donner, c'est de vous Sstenir de l'employer en médecine, si ce n'est tanne vésicant, à la manière de la Pulsatille, car | n'est pas encore bien fixé sur ses propriétés qui tat très-actives , et par conséquent dangereuses ttre des mains inexpérimentées. Son nom d'Herbe ix gueux vient de l'usage qu'en font certains menants pour former des ulcères superficiels afin attirer la commisération sur une fausse infirmité.
^Peu de plantes ont reçu autant de noms que fie que je tiens ici. On l'appelle suivant les propices ou les cantons, Coqueluchon, Capuchon, f. ore, Madriélet, Capuce de moine, Tue-Loup, Pisfets, Napel. En botanique, c'est I'Aconit napel conitum napellus), plante vivace qui croît dans f lieux ombragés, principalement sur les monta-
LES REMÈDES DES GHAMïft
gnes. On la cultive dans les jardins, mais elle gvrait en être bannie, car de toutes les Renoncracèes c'est la plus énergique et la plus dangerene. Toutefois, comme elle a été étudiée avec soin, tle peut rendre en médecine de grands services. La racine noirâtre ressemble assez à un jtit
Fleur d'Aconit
Fruit d'Aco
navet (d'où son nom latin) accompagné de rhizcies latéraux, les feuilles sont profondément incisétw lanières étroites. Les fleurs disposées en gra;Dei terminales allongées, sont remarquables par la f(0M d'une portion du cah'ce nommée casque qui n\)U vre comme un capuchon les deux ailes ou pélei latéraux. Le gynécée, ou ensemble des organe fe melles, se développe en un fruit formé de trois ar pelles, sortes de cornets membraneux qui rei ment les graines.
Sommité d'Aconit,
La racine est la partie la plus active. On la il coite à l'automne. Celle qui provient des montagi s du midi est la plus énergique. On ne peut emplo;r avec précision les feuilles qu'à l'état frais, car e mode de dessiccation et le temps pendant lequel n les a conservées changent complètement leur vakr thérapeutique.
On devra commencer l'usage de cette plante m des quantités très-faibles et surveiller son effe à mesure que l'on augmentera les doses. Il n'y a % à s'inquiéter du fourmillement que produit l'Ace it sur la langue et dans la bouche, ni même de Faittement causé par une dose un peu forte, mais on.e doit pas aller jusqu'à produire de la somnole» accompagnée de frissonnements. L'empoisonnemit par l'Aconit se manifeste par la froideur de la pei, des douleurs violentes de tête, des vomissements la diminution très-notable de la force et de la :t quence du pouls.
On emploie souvent l'Aconit avec succès contre» névralgies rébelles à TOpium, à la Jusquiame et la Belladone ; il agit comme stupéfiant de la doultf par suite de son action sur la circulation et suie système nerveux; c'est de la même manière q il se comporte dans quelques maladies inflammatoi^J principalement dans le rhumatisme aigu. Coi les autres Renonculacées que nous venons d'ex* ner, il peut rendre de bons services dans la co( luche. Entre les mains du médecin, l'Aconit est arme puissante, mais elle est dangereuse danij médecine domestique, et l'on ne peut guère conseiller l'usage aux personnes inexpérimente
On emploie la teinture alcoolique (préparée une partie de racine fraîche broyée pour cinq d|
ol) à la dose de 1/2 à 2 grammes, l'extrait aqueux a dose de 5 à 30 centigrammes, ce sont les seules éparations qu'il soit utile de vous indiquer. Comme nous ne manquons pas de remèdes énergies sans être dangereux, nous devons nous applier à les bien connaître, afin d'en tirer tout le parti ssible, et ne pas nous laisser entraîner, par l'attit des difficultés vaincues et des dangers évités, iser sans une préparation scientifique suffisante, s moyens d'action qui réclament des connaissan- $ approfondies. Les notions pratiques, élémentaiî, que je vous donne dans nos entretiens, excluent j détails techniques sans lesquels l'emploi de cerps végétaux actifs pourrait causer de terribles pidents.
fous allons nous occuper spécialement aujour- Fui d'une famille fort intéressante, dont beauîp d'individus vous sont familiers, et dont les actères botaniques sont simples et bien définis, veux parler des Crucifères dont nous avons ici nombreux échantillons.
e prendrai pour type la Moutarde. Le nom Crucifères donné à cette famille vient de la disiiition en croix des quatre pétales, dont se comte la corolle. Ce sont presque toutes des plantes bacées ; beaucoup d'entre elles sont alimentai- , comme le Chou potager, le Chou-fleur, le Navet, iave; le Radis, le Cresson; d'autres, comme la oflée, le Thlaspi, la Julienne, sont cultivées pour ps fleurs ; le Colza fournit une huile employée is l'éclairage; on retire de la Guède un principe
colorant bleu, nommé pastel. Un des caractères» plus saillants des Crucifères, c'est la dispositioife leur fruit qui consiste en une membrane épaw sur laquelle sont attachées les graines, recouverte»
Moutarde sauvage.
E, silique; D, gne.
deux valves qui s'écartent à l'époque de leur m M rite : on appelle siliques les fruits de cette nall qui se retrouvent du reste dans d'autres famille) j Ce spécimen que vous avez récolté appartieH la Moutarde sauvage {Sinap is arvenis) , plante veM
leurs jaunes, très-abondante dans nos champs/ il est presque impossible de la détruire, mais 3 l'on n'emploie pas en médecine, parce que ses >priétés sont moins énergiques que celles de la utarde noire {Sinapis nigra) qui est l'objet d'une ture assez importante, On la sème à la volée au ntemps, dans une terre douce, légère et bien eublie et on la récolte vers la fin d'août. Juand on écrase la graine de moutarde on y renaît une odeur assez forte et une saveur acre piquante, mais pour développer l'huile volatile constitue son principe spécial, il faut l'imr d'eau à la température de 10 à 30 degrés, t à la présence de cette huile volatile que la ine de Moutarde doit sa propriété la plus impore, que l'on met en œuvre lorsque l'on emploie sinapismes ou cataplasmes de cette graine lilue, pour produire la rubéfaction de la peau |lme médication révulsive, c'est-à-dire capable llétourner des parties profondes le cours du sang \? l'appeler à la surface, et aussi de produire un j sèment dans certains organes par l'action nerbe mise en jeu en certains points. Il faut bien larder de préparer les sinapismes avec de l'eau |?grée, à moins que l'on ne veuille diminuer ilon de la Moutarde. L'application de ce remède ■ lier réclame une certaine surveillance, car son n- trop prolongée pourrait donner lieu à des lents surtout chez les enfants ou chez les pères dont la sensibilité est émoussée par la malaeOn emploie les sinapismes pour produire une tation générale dans les fièvres de mauvaise re, alors qu'au mouvement fébrile a succédé Prostration extrême et inquiétante; dans la pa*
ralysie, l'apoplexie ; pour produire vers la sui la dérivation de quelques affections, canin* goutte, le rhumatisme, les dartres ; enfin pour c% battre la douleur dans des cas de point de côté F névralgies, ou pour rappeler des écoulements s primés. Au lieu de l'employer en cataplasmes, la mêle parfois à l'eau de maniluves ou de pédiluj
La graine de moutarde pulvérisée et mêlée èl vin blanc est très-utile dans le scorbut, mal» dont je vais vous parler tout à l'heure. On l'a en née avec avantage (15 grammes en décoction en 150 grammes d'eau) dans la fièvre putride maliè et aussi dans la période de calme des fièvres inl mittentes , l'angine , le rhumatisme chroni ue L'huile douce que l'on retire des semences est jir gative à la dose de 60 grammes et anthelmintil Lorsqu'on a besoin d'un vomitif prompt et Jj comme dans les cas d'empoisonnement, on aej nistre une cuillerée de farine de graine de ni tarde dans un verre d'eau. On en fait aussi un | gargarisme contre l'angine tonsillaire.
Mais si la moutarde rend de grands service! personnes lymphatiques et aux malades épuisé la souffrance, elle serait nuisible aux sujets veux, irritables, disposés à l'inflammation et congestions. I
On administre quelquefois , une cuillère» graines de moutarde, entières, comme laxatit I les cas d'atonie de l'intestin chez les hypodi driaques, les paralytiques, les vieillards, mail lui préfère, pour cet usage, les graines de M tarde blanche (Sinapis alba) qui sont moitié* grosses. Le charlatanisme qui s'annonce darifl journaux a fait un sujet de réclame des prdf
s incontestables mais limitées de cette graine et i transformée en une panacée; vous saurez maintemt l'appréciera sa juste valeur. | Pour préparer le •ndiment nommé moutarde, on fait macérer penait trois ou quatre jours les graines de Moutarde )ire dans une quantité de vinaigre suffisante pour 3 mouiller, puis on les broie au moulin ou dans i mortier : on peut y ajouter de l'Estragon, du ?rsil, du Cerfeuil, de l'Ail, de la Cannelle pour [tenir un produit aromatisé.
Je vous disais il y a quelques instants, que le vin \ Moutarde était utile contre le Scorbut ; je tiens yous donner ici quelques indications sur cette f,ladie, dans laquelle sont utilisées toutes les plan- , dont nous allons nous occuper aujourd'hui. Le jrbut consiste principalement dans l'appauvrissent du sang, causé par un mauvais régime confié pendant un temps assez long. Le manque ir, d exercice et de soleil, joint à une nourriture fi variée suffit pour développer cette maladie qui it surtout au printemps. L'usage prolongé des ides salées et la privation de légumes frais ren- 3nt autrefois le scorbut redoutable pendant les |ages au long cours; aujourd'hui, les marins en ffrent beaucoup moins parce que l'emploi des âmes conservés, du vinaigre, des citrons, des îmes de terre crues, retarde ou prévient le dét>ppement de la maladie. Les symptômes prin- |ux sont le gonflement des pieds, la bouffissure fa face qui prend une teinte jaune, l'engorgement ^ gencives qui deviennent saignantes et ulcérées, îaignements de nez, enfin des taches rouge-vio- >s de sang retenu dans les vaisseaux superficiels.
Vous connaissez tous le Cresson (Sisymbriu nasturtium), je n ai pas besoin de vous le décrir I] contient du fer, de l'iode, du soufre, des pho phates, c'est donc une plante riche en minéraux ;
Cresson,
est stimulant, diurétique, diaphorétique et an corbutique, utile dans les engorgements de la qui accompagnent les fièvres intermittentes ou 1 succèdent ; dans les scrofules, certaines hydropis et dans une foule de maladies chroniques. Si l'or mange la plante en nature, le suc exprimé eg
Cochléaria, rameau fleuri.
RTIE.
meilleure préparation ; on le donne à la dosedô 60 à 150 grammes coupé avec du lait, du petit lit ou d'autres sucs d'herbes. On le mâche pour lifermir les gencives ramollies et ulcérées par le s>rbut. Il est avantageux d'employer, en même te:|ps que le Cresson, les boissons ou les plantes aciduS: cidre, Oseille, Épine-vinette.
Ce que je viens de vous dire se rapporte cg.ement au Coghléaria (Cochlearia offtcinalis) ou H<i>e aux cuillers, Cranson, Herbe au scorbut, qui flejrit en mai-juillet dans les lieux humides, au bore* la mer et sur les montagnes; à la Cardamine ((irdaminepratensis), dont vous avez remarqué ;ta doute, au printemps, les jolies fleurs d'un bfo< rosé ou lilas, disposées en corymbe ou en grapt terminale, nommée aussi Cresson des prés, Creipr élégant, Cresson sauvage, Passerage sauvagejelî au Raifort sauvage {Cochlearia armomeiam Moutarde des capucins, Moutarde des Allemajh Radis de cheval, Cran de Bretagne, Rave sauvfc qui croît spontanément dans les fossés, au borefc ruisseaux, et que l'on cultive dans les jardinsjïj emploie surtout sa racine forte, charnue, très-» gue, d'un blanc jaunâtre à l'extérieur, blanchjB dedans, qui contient une huile assez semblable ]■ les propriétés à celles de la Moutarde. Après Yëm râpée, on l'emploie comme assaisonnement ou» en prépare du vin, de la bière, un sirop à la ■ de 30 à 40 grammes par kilogramme de liqxfljj C'est aussi un bon rubéfiant.
Le Vélar (Erisymum officinale) ou Sinapi, bft telle, Moutarde des haies, Herbe-au-chantre, est» plante annuelle qui croît spontanément dansta
Gochléaria. -~ Port de la Plante.
lieux incultes, au bord des chemins, où elle monlî en mai-juin ses très-petites fleurs jaunâtres dispsées en épi grêle, est une auta crucifère qui, inusitée dans i médecine urbaine, n'en mérl pas moins son ancienne réputé tion populaire dans Penroii ment, les extinctions de voix t les affections catarrhales. C'« une des rares plantes de cei famille qui ne perd qu'une assi faible partie de ses propriéll par la dessiccation. Toutefois vaut mieux l'employer fraîcll On donne le suc à la dose de j à 30 grammes ; on prépare Fjà fusion avec 30 à 60 grammes pr litre d'eau.
Je vous mentionnerai en pi sant une autre crucifère, 1\ liaire (Erisymum alliaria) Herbe aux aulx, Julienne, Vél alliaire, qui jouit des proprié A déjà étudiées dans les individf de cette famille , et qui contieji la même essence que I'Ail (À lium sativum), de la famille ca A! I Liliacèes, dont je vais vous M tretenir pour terminer cette pimenade.
Le bulbe de l'Ail contient ui huile volatile d'une saveur piquante et chau(, d'une odeur caractéristique extrêmement diffusito.
Ail.
ui a de l'analogie, quant à ses effets, avec celle de i Moutarde.
On a tour à tour vanté et abandonné l'usage de Ail dans presque toutes les maladies. Autrefois n lui attribuait la vertu d'éloigner les maléfices, omme on le croit encore capable de préserver des pidémies. Pris à dose ordinaire, comme assaisonement, il augmente l'appétit et favorise la digeson ; son action excitante se manifeste par une plus irande activité des organes sécréteurs et absorants ; peut-être que c'est simplement par ses proriétés toniques qu'il préserve des fièvres paludéenes ou qu'il les guérit ; c'est d'ailleurs un bon srmifuge. On peut employer contre la fièvre d'acîs ou contre les vers, une décoction de 4 à 15 rammes par 500 grammes d'eau ou de lait. On Ta )nné avec succès dans le croup et dans la période gide (de refroidissement) du choléra. Dans ce cas, h l'applique pilé en frictions et en cataplasmes. .'est un rubéfiant et vésicant fort utile, et l'on use omme antiseptique, pour le pansement des plaies 1) mauvaise nature, des ulcères, un vinaigre d'ail iréparé par infusion. Enfin, appliqué sur les cors lix pieds, un bulbe d'ail écrasé détruit le reste de àtalité de la partie dégénérée que l'on détache faciiment après un pédiluve prolongé.
J Comme vous le voyez, l'Ail se rapproche par ses ropriétés des Crucifères, dont il exagère pour ainsi rre les vertus médicales. Quant à l'inconvénient
î son usage à cause de son odeur, c'est une quespn de peu d'importance dans les campagnes et tii ne devrait jamais arrêter, dans les villes, lors- [ie son emploi est indiqué. On peut d'ailleurs neu-
aliser sensiblement son odeur en mâchant des
feuilles de persil ou de cerfeuil. L'Ognon (Allh cepa) réunit, mais à un degré moins développé, s propriétés précieuses de l'Ail.
Maintenant que vous avez tous fait votre cué* lette, nous allons nous asseoir à l'ombre, sur I beau gazon, avec le ciel bleu sur nos têtes, éccl tant les gazouillements et les chansons du ruisseA des pinsons et des fauvettes. C'est dans un miljl comme celui-ci que l'on retire le plus de profit 1 l'étude de la nature ; l'attention que nous donnes aux détails est rendue plus fructueuse par les il pressions de l'ensemble.
Je suis obligé d'éliminer bien des plantes util! parmi celles que vous avez récoltées, mais le tercs que nous pouvons dédier à ces leçons ne nous p| met pas de nous occuper des remèdes d'une imp* tance secondaire ou d enumérer tous les végétai qui peuvent remplir le même but. D'ailleurs, 1 cherchant à rendre notre étude plus complète! me faudrait surcharger votre mémoire, et courire risque de vous voir tout oublier pour avoir vow trop apprendre.
J'ai mis à part trois plantes de la même îamill celle des Composées qui nous a déjà fourni ïM rone et le Pissenlit.
Voici d'abord r Armoise (Artemisia vulgaris) u Herbe de la Saint- Jean, que vous reconnaître: à ses feuilles décomposées d'un vert sombre en d% sus, blanches et cotonneuses en dessous, qui « viennent linéaires à l'extrémité des rameaux. CeJ ci portent une particule longue et étroite de flei's
^posées en épis axillaires, c'est-à-dire attachés à ((,xe principal. Ces fleurs d'un jaune verdâtre en rme de capitule de forme ovoïde s'ouvrent en jai-juin. C'est une plante vivace, haute d'un mètre plus, que Ton rencontre dans les terrains incul- 3, les ruines, et qui se plaît dans les lieux arides. iSes propriétés se rapprochent de celles de l'Abpthe, mais elles sont moins énergiques ; elle est inique, stimulante, antispasmodique et emmenahgue, c'est-à-dire capable de rappeler les écouleents naturels supprimés, l'odeur des sommités t aromatique, leur saveur un peu amère. On réveille les sommités au moment de la floraison et x les sèche avec soin. Elles servent à préparer avec
> l'eau ou du vin une infusion dans laquelle on nploie de 10 à 30 grammes de la plante par litre b liquide.
Ce que je viens de vous dire s'applique à la MaiiGAiRE (Matricaria parthenium), qui montre un 3U plus tard ses fleurs assez semblables à de pètes pâquerettes, disposées en corymbes à l'extréité des rameaux, nommée vulgairement Espar- Dutte, Œil de soleil; et aussi à la Matrigaire imomille (Matricaria chamomilla) dont le feuilge se rapproche de celui de l'Armoise, mais dont is fleurs, plus grandes que celles de la Matricaire,
> montrent isolées à l'extrémité des rameaux.
Vous avez remarqué sans doute, dans les lieux m», sablonneux, le long des routes, cette plante à ges étalées, demi-couchées, hautes de 30 à35centiîètres, aux feuilles composées de nombreuses dé- Nipures linéaires, courtes, un peu velues, aux
fleurs un peu plus petites que celles de la toi caire : c est la Camomille romaine (Anthémis L lis) dont les propriétés sont malheureusemet e raison inverse de la beauté des fleurs quel'o double par la culture. On récolte celles-ci de i lie a septembre, un peu avant leur entier épanois* ment, et on les sèche à l'étuve ou au soleil. | n faut pas k confondre avec la Camomille pint (Anthémis cotula) ou Maroute, Bouillot Anu roche, qui d'ailleurs, à part son odeur désagrège s en rapproche beaucoup par ses propriétés, et3u est fort utile contre les accidents nerveux.
Comme les plantes dont nous venons de paier la Camomille est tonique, stimulante, fébriige anthelmmtique, antispasmodique. Il est util|$ remarquer que la décoction est particulière^ tonique, tandis que l'infusion, plus chargé*. d< principes volatils, est spécialement excitant e antispasmodique. L'une et l'autre se préparent trei 4 a 8 grammes de fleurs par litre d'eau. L'infuiorl est fort utile dans les coliques venteuses, les ;cidents nerveux, l'affaiblissement qui accompirm la fièvre typhoïde et aussi contre quelques néiidgies ; elle favorise l'action des vomitifs. Les tins de Camomille rendent de grands services aux nfants débiles, scrofuleux.
L'infusion concentrée (8 à 15 grammes par ;re a eau), ou la poudre des fleurs à la dose de ftà 8 grammes dans du vin ou en pilules constituun excellent fébrifuge, soit qu'on l'administre sele, soit qu'on lui adjoigne d'autres remèdes de cte classe, amers ou astringents, comme la petite Cataurée, la Benoite, l'Ecorce de saule. Mais ni bhons pas, à propos des fièvres d'accès ou fiè^
Camomille cultivée.
intermittentes, que Ton est souvent obligé de vai>r la médication et que le même traitement donne <« résultats très-divers selon les individus, les lie:, les saisons. C'est ce qui a fait adopter et rejeter sj.s fondement beaucoup de remèdes. D'ailleurs ve impression physique très- vive ou une émotion rurale ont réussi dans quelques cas où la médec e avait échoué. Il est donc prudent lorsqu'il s'ait d'apprécier la valeur d'un remède, de se tenir égï*ment éloigné d'un scepticisme de parti pris et d'ue crédulité amie du merveilleux. Il reste encore beicoup à découvrir, mais surtout beaucoup à sif plifier dans l'étude des remèdes et de leur mu d'action ; en attendant les progrès de la scieri! contentons -nous de quelques notions saines sûres.
La Rue (Ruta graveolens), type de la famille < Rutacêes, à laquelle on a donné les noms de Pé^ nion, Rouda, Ruda, Herbe de grâce, croît natui lement dans les lieux montueux et arides du m de la France. On la rencontre aussi dans les entrons de Paris. C'est un arbuste d'un mètre de hateur dont les rameaux supérieurs, herbacés, sut parsemés de petites glandes qui contiennent ib huile volatile odorante. Les feuilles d'un vft bleuâtre, épaisses, sont décomposées, à folio* ovales ; les petites fleurs jaunes, à quatre ou ciq pétales, montrent leurs coryrnbes terminaux û juin-août.
Appliquée sur la peau, elle produit une rubéf tion intense, surtout lorsqu'elle est contuse. Oia mis à profit cette action irritante dérivative en fsant porter sur la poitrine un linge imprégné de
1 ou trempé dans sa décoction concentrée, pour
Rue,
térir des catarrhes chroniques. C'est un an ti-para- ;aire fort utile en lotions contre les poux,» la gale,
60 LES RElVfÊDES DES CHAMPS
la teigne, les larves de mouches qui se trojl# parfois dans les plaies ; et pour déterger les ullle* atoniques. En lavement elle fait périr prompteft# les vers intestinaux. On obtient le même réstta chez les enfants en frottant le ventre avec de l'iil d'olive ou d'oeillette dans laquelle on a fait in «se des feuilles de Rue ; elle peut être utile dan le accidents nerveux, et possède des propriétés enié nagogues incontestables, mais dont il faut se gsfle d'user lorsqu'il existe une cause quelconque in flammation.
Il faut récolter les tiges avant l'épanouisser«v des fleurs ; la dessiccation ne diminue pas ses *>. priétés. On prépare l'infusion avec 2 à 10 gramies par litre d'eau, à prendre par tasses ; on donn h poudre en pilules à la dose de 1/2 à 3 gramns, La Rue se sème au printemps, sur couche, oien pleine terre à une bonne exposition. Ses totfes restent vertes pendant les hivers peu rigoureK;^ mais si le froid et l'humidité font périr les rameltt et les tiges, la racine reproduit une plante nouvce^
J'ai appelé plusieurs fois votre attention sures; plantes à tige couchée, traçante, d'où partent s§> vent des racines ; nous en avons un exemple dll celle-ci, la Véronique ( Veronica offtcinalis) ou lé d'Europe, Herbe aux ladres, qui appartient à a famille des Scrofularièes. Vous la reconnaîtrez > cilement à ses jolies grappes axillaires de petis fleurs bleues, longues de 8 à 12 centimètres, qui flurissent en juin-août, et à ses fruits en forme decœv. On la récolte dans les lieux arides qu'elle affctionne, pendant ou peu de temps après la fïoraiso; on emploie en infusion les feuilles et les sommili
I sont légèrement toniques et excitantes, utiles jrts les catarrhes pulmonaires chroniques, les flagsités, la dyspepsie. Quant aux autres vertus de Véronique, elles ne sont nullement prouvées. Il
Véronique.
>!te plusieurs variétés qui peuvent remplacer le-ci, ce sont : la Véronique petit chêne, remar- »ble par les deux rangées de poils des rameaux, /kronique a épi et la Véronique Germandrée, à
fleurs plus grandes, commune dans les bois^; amère que les autres espèces.
La plante vivace que vous voyez ici, croît pa dans les lieux incultes, sur les ruines, les ro<
on l'appelle E Herbe d'hiron Felougène , dentaire, nous , c'est la lidoine (Ch nium majus) famille des veracèes, su quelle ]e vou nerai, tout à re , quelques tails. La raci forme de fu chevelue brun roug donne naissa une tige hau 4 à 7 décim fragile, garn longs poils, p des feuilles alternes, molles, à segments o crénelés, et terminée par une ombelle de cinq petites fleurs jaunes à quatre pétales qui se trent d'avril à septembre, et sont remplacée des fruits en forme de silique.
Toutes les parties de la Chélidoine sont ut on la récolte de préférence un peu avant la fl son. A l'état frais elle a une odeur désagr
Chélidoine.
îmi couvé. Sa tige renferme un suc jaune, causée, acre et amer qui contient de la gomme-gutte. û dessiccation diminue son âcreté et augmente il amertume. La racine est plus active que la ipte.
JA. la dose de 60 à 90 grammes, le suc frais de jjélidoine tue un chien de taille moyenne. C'est un
Îison narcotico-âcre qui agit d'abord en irritant les 2>anes de la digestion, puis en produisant le nar- Ltisme ou assoupissement accompagné de délire, hallucinations.
^L'activité de cette plante, employée avec précau- ,n, la rend fort utile dans les engorgements, ThyjOpisie, les scrofules, la goutte, les dartres. Elle C excitante, diurétique, purgative et vomitive; e possède en outre une vertu altérante qui la „id précieuse dans beaucoup de maladies chrojues. On donne, dans les cas que je viens de ;er, 5 à 6 grammes de suc frais dans 700 gram- G environ de petit lait, à prendre chaque jour en isieurs doses. Comme purgatif ou vermifuge, on pie le suc à du jaune d'œuf , du mucilage de Gui- Luve ou de graine de Lin; la quantité varie de [.elques gouttes à une cuillerée à café ; cette derbre dose agit souvent comme éméto-cathartique. • suc étendu d'eau forme une lotion détersive et citante pour les ulcères de mauvaise nature ; il m rendre aussi des services comme anti-parasire; quant à son emploi contre les verrues, il est fu efficace et produit l'inflammation des parties fisines.
jLorsqu'on ne peut pas employer le suc frais, on ^ministre l'infusion ou la décoction de plante sèche m dose 15 à 30 grammes par litre d'eau, à pren-
dre par tasses dans les vingt-quatre heures, ai 1 emploie la racine, on diminue la dose de près moitié; on peut aussi préparer par infusion, un ou une bière de Chélidoine. Son nom d'Eclairé via
btWIâUl
Coquelicot. — A, fleur et bouton. — C, fruit. — E, graine.
de Pusage populaire que Ton en fait, non sans si ces, dans les campagnes pour la guérison des opj thalmies chroniques. On emploie dans ce cas, collyre composé de 4 gr. de suc étendu dans 6(
)0 gr. d'eau, dans lequel on baigne les yeux une i deux fois par jour.
Je viens de vous annoncer quelques détails sur famille des Papavèracées. En voici un type faraiîr, c'est le Coquelicot (Papaver rhœas) ou Ponau, Mahon, Pavot des champs. On reconnaît les antes de cette famille au calice formé de deux pales, à la corolle composée de quatre grands taies, renfermant de très-nombreuses ètamines i un ovaire qui plus tard devient, dans presque utes les espèces, une capsule à nombreux comrtiments surmontée d'une espèce de collerette. iis feuilles, semi-composées, dentées et pileuses, nt profondément incisées.
Le Coquelicot, ornement de nos champs où il se iltiplie parfois outre mesure, fournit à la médele ses pétales dont on emploie l'infusion (3 à 4 icées par litre d'eau) à titre de calmant dans le ïarrhe pulmonaire, la coqueluche, les coliques 3 enfants. La décoction des capsules est plus srgique, et peut dans quelques cas remplacer mtageusement l'opium.
Dans les jardins on sème le Coquelicot au prin-
nps, ou mieux à l'automne, dans un sol bien
Lendé; la culture produit des variétés blanches
I dettes, panachées et semi-doubles, qui se repro-
lisent par semis.
3n a donné à la petite plante que voici les noms ^Surelle, Pain de coucou, Oseille de Pâques, Trèfle H:re : c'est TAlléluia ou Oxalide {Oxalis aceto*
2# partie, 5
sella), de la famille des Oxalidacèes. Remarc son rhizome écailleux, traçant, d'où partent dii tement de petites feuilles semblables à celles trèfle, pileuses et blanchâtres en dessous, et | petites fleurs blanches solitaires sur un long pécw cule. C'est une plante vivace, abondante dans m lieux ombragés. Ses feuilles fraîches ont une sav| acide agréable : on en prépare une boisson raf:j chissante, tempérante, diurétique, antiscorbutu qui remplace très-bien la limonade dans les mj dies inflammatoires, putrides, les fièvres malii certains désordres de la digestion. Elles dor leurs propriétés à un oxalate de potasse (sel seille) employé en teinture et dont on se sert enlever les taches d'encre. L'extraction de ce se] fait en Suisse et en Allemagne.
Appliquées contuses sur des tumeurs sci leuses, des abcès froids, les feuilles d'Alléluia a{ sent comme maturatif.
Tout ce que je viens de vous dire au sujet) l'Alléluia s applique à TOseille sauvage ou Sun et à I'Oseille commune (Rumex acetosà) culti dans les jardins potagers.
Il y a, mes amis, des végétaux qui semblent do de qualités sociales par rapport à l'homme, ■ l'accompagnent partout, et semblent croître spi tanément sous ses pas. Celle-ci en est un exeixB frappant. En Europe, en Asie, en Amérique, si les climats tempérés comme sous l'équateur, pi tout où l'homme a construit une cabane, mêmejl sein de forêts vierges, on ne tarde pas à voir off plante amie, la Mauve (Malva sylvestris), type d< famille des Malvacèes. Dans ses fleurs que l'on
Mauve,
ploie en tisane, dans ses feuilles dont on fait ci cataplasmes, dans ses racines riches en mucila réside la même vertu émclliente, adoucissante, ut| dans les maladies aiguës toutes les fois qu'il j inflammation. L'infusion des fleurs (10 à 15 gra mes par litre d'eau) est la préparation la plus usit On recueille les fleurs et les feuilles au commen ment de l'été : la racine, moins employée, n guère usitée qu'à l'état frais. La Guimauve (Altl offlcinalis) a des propriétés identiques.
Disons en passant que le Cotonnier, le roi l'industrie, comme l'appellent les Américains, partient à la même famille que la Mauve.
Il faudrait écrire un livre pour relater toutes propriétés de la plante que vous voyez ici , travaux auxquels elles ont donné lieu, les ex riences des médecins au sujet de cet agent précic et redoutable en même temps. Je vais essayer né moins de vous le faire connaître, dans la mes* que comporte la nature de nos entretiens :
La Belladone (Atropa belladona) appartient à famille des Solanées qui nous a déjà fourni com sujets d'étude la Morelle, la Pomme de terre, Coqueret, la Douce-amère. Les noms vulgaires lui font pas défaut; on la nomme : Beile-dai Morelle furieuse, Mandragore baccifère, Parm ton, Guigne de côte, Herbe empoisonnée. Elle c dans les lieux ombragés, le long des haies, murs. La racine vivace est épaisse, longue et meuse; la tige, un peu velue, porte d'assez gran feuilles ovales-aiguës entières, molles, d'un sombre, et de leur aisselle partent des fleurs d pourpre obscur, solitaires ou deux à deux, for
èommité de la C?uimauv«j
d'une corolle en cloche allongée à cinq divisi obtuses auxquelles succèdent des baies de la gil
Belladoue.
seur d'une petite cerise, d'abord vertes, puis roi et enfin noires, accompagnées du calice en éto>
inq divisions, qui ont causé de nombreux emoisonnements. Elle fleurit de juin à septembre; on écolte les feuilles en juin, les baies en août, la acine en mai et juin.
Toute la plante est douée d'une odeur vireuse et 'une saveur un peu acre et nauséabonde. C'est un oison narcotico-âcre qui cause d'abord une excitaon générale, des nausées, puis une véritable folie imulant l'ivresse, un délire furieux, des spasmes t la mort. Cependant elle est recherchée par les ipins, les moutons, les cochons, et ne leur fait auan mal.
La Belladone semble être le remède par excelînce des névralgies. Lorsque l'affection est supercielle, il suffît d'appliquer sur le siège de la dou- )ur un cataplasme de feuilles fraîches contuses ou iieux de racine écrasée; dans les autres cas, on bnne par jour, à la dose de 30 à 60 grammes, avec récaution et progressivement, l'infusion préparée /ec 2 à 3 grammes de feuilles par litre d'eau. C'est n remède excellent pour calmer la douleur, émous- )r la sensibilité, prévenir ou arrêter les convulsions, s spasmes qui accompagnent les crises nerveuses i le tétanos. Il compte de nombreux succès dans les )liques sèches, les vomissements nerveux, la toux, s palpitations, l'asthme, l'angine de poitrine, les mstrictions spasmodiques, les hernies étranglées, incontinence d'urine. Entre les mains des ocustes, il rend de grands services pour dilater la jpille et contribue, par ses vertus sédatives, à la uérison des ophthalmies.
Dans la coqueluche, la Belladone est peut-être le jmède sur lequel on peut le plus compter. Austôt que la période catarrhale et inflammatoire est
dissipée, on administre de quatre heures en quai heures de 2 à 5 centigrammes de poudre de raci augmentant, suivant lâge et les circonstances, ji qu'à 25 centigrammes. Ce traitement qui mode promptement les quintes, amène souvent la gi rison au bout de trois ou quatre septennaires. En il semble prouvé que l'usage de petites doses Belladone, deux ou trois gouttes de la teinture pq des enfants de deux à quatre ans, préserve de scarlatine.
Il arrive pour ce médicament, comme pour bes coup d'autres, que Ton n'en retire pas tout le b} possible, ou même que l'on échoue dans son ei ploi, faute d'en continuer assez longtemps l'usa ou d'arriver à des doses assez fortes. Lorsque symptômes à combattre sont graves, il est née saire d'augmenter ou de rapprocher sufïisammc les doses pour produire ce que l'on appelle Yef physiologique du médicament, c'est-à-dire les tr< blés qui précèdent les accidents auxquels des qu tités trop fortes pourraient donner lieu.
Ce que je viens de vous dire au sujet de la Bel donc peut s'appliquer, en grande partie, à une au Solanèe dont nous avons cueilli un exemplaire Jusquiame (Hyoscyamus niger) ou Ilanebane, Po lue, Herbe aux engelures, Herbe à la teigne, P< celet , Mort-aux-poules ; plante bisannuelle tr commune près des lieux habités et qui, malgré propriétés toxiques pour l'homme, ne cause auc accident aux chèvres, aux vaches, aux cocho aux brebis.
La racine épaisse et ridée, brune en dehors, bhl che en dedans, a quelquefois été prise pour cellel
îorée. La tige velue, haute de 50 à 60 centime- 5, est garnie de longues feuilles cotonneuses, lan«
fnsqutacne.
'ées, profondément découpées; les fleurs camiulèes, d'un brun jaunâtre, veinées et marquées pourpre, forment d'un seul côté des sommités
Capsule de Jusquiame.
feuillées un long épi recourbé; elles paraissent mai à juillet et sont remplacées par une capsini
deux compartiments qui su»
vre comme une boîte à sa\unette , pour laisser échajl les graines mûres. On réel la plante comme la prl dente, un peu avant la flcl son.
La Jusquiame est un I son narcotico-âcre qui affl spécialement le système I veux, et produit, mais à d I plus élevées, des effets ;l logues à ceux de la Bellad<| On prépare l'infusion 2 à 4 grammes de feuilles sèches par litre d'eaul donne le suc à la dose de 1 à 4 grammes et jl gressivement.
J'ai mis de côté pendant notre promenade trois plantes vénéneuses de la même famille, I que vous soyez à même de les examiner comp 1 tivement et de les distinguer d'autres végétl inoffensifs. Voici d'abord la Ciguë (Conium me* latum), ou Ciguë commune, Grande Ciguë, Cil tachetée, qui est le type de ce genre, et la s|| employée en médecine. C'est une Ombellifère\ croît dans les lieux frais, les terrains gras et cultes. La racine bisannuelle, blanche, pivota grosse comme le petit doigt, est longue de i 25 centimètres. La tige épaisse, fistuleuse, un Bj striée, d'un vert clair tacheté de pourpre violac<| de brun noirâtre, atteint de 1 à 2 mètres de
ir; elle contient un suc blanc. Les feuilles alters grandes, un peu molles, sont décomposées
Ciguë.
leurs folioles aiguës, incisées, ressemblent assez celles du Persil sauvage. Les fleurs blanches, très-
petites, forment des ombelles terminales de 1C 12 rayons; elles paraissent en juin-août. La plai répand une odeur fétide.
La Ciguë vireuse (Cicuta virosa), plante viva se distingue par un suc jaune, une odeur de pers une tige sans taches, un feuillage plus délié à lioles très-étroites, elle habite le bord des eai Enfin la Petite ciguë (JEthusa cynapium), plar( annuelle, qui habite les lieux cultivés, n'atteint p, plus de 45 à 60 centimètres de hauteur, elle contic un suc incolore, sa tige est tachetée de violet à base, et son odeur vireuse se rapproche de celle la Grande ciguë , mais ses ombelles très-garni sont planes, et son feuillage tient le milieu en^ ceux des deux espèces précédentes.
Un peu d'attention suffira donc pour ne pas cq fondre les Ciguës avec le Persil dont l'odeur est pi aromatique que celle de la Ciguë vireuse, et de les folioles sont larges, trilobées et en forme de coi
On récolte avant la floraison les sommités Ciguë, que l'on sèche à l'abri de la lumière. M il vaut beaucoup mieux employer la plante fraîcl ou un extrait de son suc préparé à une très-bas température. Cette plante, qui constitue dans ] pays chauds un poison narcotico-âere, perd ra{ dément de ses propriétés à mesure qu'on avan vers le Nord. Pour préparer J'infusion, on emplû de 20 à 40 grammes de feuilles par litre d'eau ; < donne la poudre de feuilles par doses progressiv de 10 centigrammes jusqu'à 4 grammes.
La Ciguë n'affecte ni les chèvres ni les moutor mais elle empoisonne les lapins, les bœufs, les en, vaux. Chez l'homme, les doses toxiques produise la soif, les vomissements, des douleurs de tête 1
itomac, des vertiges suivis de défaillance, de re, et enfin d'un refroidissement général qui 3ède la syncope et la mort. Les Grecs faisaient •e aux condamnés à mort un breuvage dont la uë formait la base : c'est ainsi que mourut So- ;e, le plus grand philosophe de 1 antiquité, a propriété la plus importante et la moins dis- >e de la Ciguë, consiste à modifier la vitalité des eurs, des engorgements, des éruptions dartreude manière à produire leur résorption partielle complète. On l'emploie pour cet effet à l'intém et à l'extérieur. Pour ce qui est de guérir le l cancer on n'a encore aucune preuve qu'elle ide jusqu'à lui sa puissance résolutive. Elle peut Ire de bons services comme stupéfiant du syse nerveux dans la phthisie, les névralgies, mais emploi est assez incertain.
Fraisier.
mx mots, en passant, à propos du Fraisier \gavia vesca) , de la famille des Rosacées, doiit
les feuilles et les racines sont diurétiques et lé ment astringentes, tandis que ses fruits sont ra chissants et tempérants.
Cette plante nous offre un exemple, plus rej quable que la Pervenche et la Véronique, de ^ taux chez lesquels il semble qu'il n'y a pas de| proprement dite. Les racines, à peu près de taille, partent d'un même point sans dépendre axe plus considérable; au-dessus s'élève une ro de feuilles qui couvre la terre. Mais il n'y a feuilles sans tige, et nous devons admettre à ce Taxe qui se montre à la surface du sol. Cet axe d naissance à de véritables rameaux ou nouveaux nommés coulants munis d'appendices à l'ais desquels naissent de nouveaux bourgeons qu veloppent bientôt des feuilles et des racines.
Vous me demandez, mes amis si l'ÉoLAi (Rosa canins) est bon à quelque chose. Tl -
Fruit de l'Églantier.
vraiment regrettable que cet ornement de nos \ et de nos buissons n'eût d'autre attrait que cel^
fleurs rosées, jaunes ou rouges, selon les vaés. Vous avez reconnu déjà que c'est un membre
Hi famille des Rosacées qui nous a fourni deux ijfcs intéressants : le Pommier et le Pêcher. \ médecine emploie surtout la .Rose de Pro- 5 {Rosa Gallica) naturelle du midi delà France,
qui est astringente et tonique à un faible deg convient aux personnes délicates. On prépare fusion avec 8 à 15 grammes de fleurs sèchesl litre d'eau. On administre la poudre à la dom 4 à 8 grammes , dans du miel , du jaune d'il L'églantier commun nous fournit ses fruits (cym rhodons) dont on prépare, en les écrasant avel sucre, un sirop astringent qui réussit bien ccl les diarrhées des enfants. On a soin de dépoil les fruits des poils dont ils sont recouverts, à rrl que Ton ne veuille produire un effet anthelmintil car ces fines aiguilles, qui causent, appliquées! la peau, une démangeaison insupportable accorl gnée de gonflement et de douleur, n'affectent pi muqueuse qui tapisse la bouche, l'estomac m intestins, et vont s'implanter dans la peau des! qu'elles font promptement mourir.
Je vous citerai, en passant, une autre Rosacé Ronce (Rubus fructicosus) , dont les fruits peu fournir un sirop rafraîchissant, et dont les tigl les feuilles, en décoction concentrée et miellée, I nent un bon gargarisme astringent pour les ri de gorge et les maladies des gencives.
Nous avons vu déjà que l'un des caractèrefl Rosacées est d'avoir au plus cinq pétales et qui portent de nombreuses étamines. Ces derl organes, transformés en pétales par la cull donnent à la rose double sa physionomie. Il 1 arriver aussi, que par suite d'un excédant de I lité, l'ovaire devienne foliacé, et donne naissai| un nouveau bouton qui s'épanouit au-dessus première fleur, c'est ainsi que l'homme a cri Rose prolifère.
De ces faits vous pouvez déduire que Thom
si
it pas se borner au rôle de spectateur curieux ou
Rose prolifère.
îousiaste de la nature, mais qu'il doit mettre à
^ît les leçons reçues d'abord du hasard, puis
2e partie. 6
gO LES REMÈDES DES CHAMPS
complétées par l'expérimentation , pour cherche! bien connaître les lois qui régissent la matière brul afin de la plier à ses besoins matériels et intellJ tuels dans les conditions les plus avantageuses^ de manière à retirer de ses efforts la plus grarj gomme possible de connaissances et de bien-êtro.
Vous voyez, mes amis, que j'ai dirigé aujourd' vos recherches de manière à former de gros b quets de plantes odorantes. Asseyons-nous, tril notre cueillette , afin que chacun de vous ait exemplaire de chaque espèce et préparez pour une de ces collections.
Dans toutes ces plantes, nous n'avons guère résumé, qu'un seul remède. Cela ne veut pas c qu'une seule pourrait , dans la pratique , les r< placer toutes, parce qu'elles offrent, dans leur m d'action, quelques différences de détail, et que même substance ne produit pas les mêmes ef chez tous les sujets et dans tous les cas, de s< qu'il est très-utile d'avoir sous la main, des remè de rechange pour ainsi dire.
De même que ces plantes sont douées de priétés médicales à peu près identiques, sauf différences d'énergie de leurs principes actifs, < appartiennent toutes à la même famille, celle Labiées, dont nous connaissons un membre au( nous allons revenir comme type % botanique cette famille : c'est le Thym.
Chez les Labiées, plantes herbacées, presque jours vivaces, la tige et les rameaux de forme rée portent des feuilles simples, opposées, ove
, rameau en fleur; — B, calice au milieu duquel s'élève le pistil j — C, fleur entière; — D, corolle étalée portant les 4 étamines; — E, petite étamine; — F, grande étamine; — G, ovaires; — H, coupe de l'ovair*.
aiguës, c'est-à-dire chez lesquelles une extrémit, de l'ovale se transforme en pointe, dentées et d surface ridée. Les fleurs disposées en petites cime superposées, pressées à l'aisselle des feuilles supé rieures, sont irrègu Hères et renferment les organe' reproducteurs mâle et femelle. Le calice est mo nosèpale ou d'une seule pièce ; la corolle est mo nopètale, c'est-à-dire d'une seule pièce aussi, maisc pétale unique est fendu profondément de manier! à former comme deux lèvres, d'où le nom de La biée (du latin labium, lèvre). Les étamines sont a, nombre de quatre, deux petites et deux grandes. L pistil est fendu à la partie supérieure de manière y former deux stigmates; le style pénètre dans u ovaire qui présente, à la partie supérieure, quatr bosses qui correspondent à quatre loges renfermai chacune un germe ou ovule. Une fois mûres, ce loges ou segments du fruit s'appellent des akène*
Maintenant que vous connaissez bien les carac tères que présentent les Labiées, vous serez à mêm' de noter les différences de détails faciles à recofl naître dans les diverses espèces.
Toutes les Labiées possèdent, à un degré plus o1 moins prononcé, des propriétés stimulantes, excl tantes, dues à un principe aromatique volatil o fixe. Quelques-unes contiennent, de plus, une subi tance amèrequi augmente l'effet et surtout la dure de leur action qui est alors excitante et tonique à fois. Laissez-moi fixer clairement dans votre espr le sens médical de ces deux mots.
Un remède excitant ou stimulant administré l'intérieur agit d'abord sur l'estomac dont il actiV la sécrétion, où il détermine une sensation de ch; leur ; puis, passant dans le sang, il accélère la circi
Rfc
ition, augmente la vitalité et cause une fièvre pasagère pendant laquelle toutes les fonctions se rouvent surexcitées. Quelques stimulants , outre îur action générale, semblent propres à concentrer avantage leur influence sur quelques organes, )ut en agissant d'une manière sensible sur toute économie. Mais l'excitation que procurent ces °;ents est bientôt suivie d'une ré iction pendant et près laquelle les forces se retrouvent au même point a même plus bas qu'avant l'emploi de moyens arifîciels d'excitation. Le propre des stimulants est pnc de donner à la vitalité générale ou locale une lergie factice, temporaire. Un pareil résultat est rt utile dans une foule de cas où l'on est obligé de 'irer au plus pressé, et dans beaucoup d'indisposi- )ns fugaces qui pas plus que la médication, ne issent de traces de leur passage.
Mais lorsqu'il s'agit de relever graduellement la talité et de la maintenir en cet état pour attendre développement, le déclin et la convalescence narelie des maladies, ce n'est plus aux stimulants 'il faut avoir recours d'une façon régulière, mais jX toniques, spécialement aux amers et aux astrinnts, dont l'action lente, mais persistante, rétablit |me manière permanente l'équilibre des fonctions fi constitue la santé.
Pavais besoin de vous donner au moins ces excations, pour vous mettre à même de juger dans 3lles circonstances et dans quelle mesure on est ! droit d'attendre des services de la classe de rendes qui nous occupe.
Jusque vous voilà édifiés sur les généralités qui «rapportent à l'usage médical des Labiées, il me
suffira de vous faire une énumération rapide celles que nous avons recueillies, n'insistant q sur les points les plus intéressants de leur histoir Le Marrube (Marrubium vulgare) ou Marroch min, Herbe vierge, croît partout dans les lieux i cultes; les fleurs, petites et blanches, se montreri de mai à octobre. On recueille, avant le développa ment des fleurs, les sommités, qui perdent par 1 dessiccation leur odeur aromatique un peu musqué* mais conservent leur saveur chaude, amère, nat séeuse et un peu acre. 11 contient un principe a tjringent et un peu de fer. Comme le Lierre-terrea tre, THysope, il paraît agir spécialement sur 1 système pulmonaire, d'où son emploi dans le catai rhe chronique, l'asthme humide, la toux rebelll C'est aussi un bon détersif des ulcères.
L'Aoripaume (Leonorus cardiaca) ou encore Cai diaque, Cardiaire, Herbe aux tonneliers, affec tionne les alentours des habitations rurales, lesta rains incultes. Elle atteint de 60 à 80 centimètres les feuilles sont palmées et pubescentes, les fleu un peu velues à l'extérieur, roses ou blanches, pon tuées de pourpre, s'ouvrent de juin à septembre. Cj récolte avant et pendant la floraison les sommité d'une odeur aromatique peu agréable, d'une savei amère et âcro. On l'appelle vulgairement Cardiaqi parce qu'elle peut guérir les palpitations chez 1 enfants, lorsqu'elles n'ont pas d'autre cause que présence des vers qu'elle tue dans les intestins.
Le Lierre-terrestre (Glecoma hederacea), vu gaircmcnt Glécome lierre, Couronne de terre, lier de Saint-Jean, Rondette, Terrette, Drienne, se rei
ntre dans les endroits frais et ombragés, au pied lis murs, des haies. Ses fleurs sont bleuâtres ou Jsées. On recueille les sommités en juin ou au jmmenccment de juillet. Son odeur est forte, arojatique ; sa saveur, balsamique, amère et un peu re. Comme le Marrube, il semble exercer plus écialement son influence sur les organes de la spiration, et on l'eir ploie avec avantage dans les Uadies chroniques de la poitrine.
Peu de plantes médicinales ont reçu autant de langes que la Sauge (Salvia officinalis), nommée ssi Sale, Herbe sacrée, Thé de la Grèce. C'est un Us-arbrisseau que Ton trouve à l'état sauvage ns le midi de la France et que l'on cultive dans i jardins. Elle demande un terrain léger et un peu aud. On peut cueillir pendant toute la belle sain ses feuilles épaisses, comme chagrinées, qui ne irdent pas par la dessiccation leur odeur aromatileur saveur chaude, piquante et un peu amère. Il trouve du camphre dans l'huile essentielle qu'elle Intient en assez grande quantité. Elle est utile ins les faiblesses d'estomac, les sueurs nocturnes, diarrhée des enfants débilités, les catarrhes roniques, les fièvres rhumatismales. C'est un bon itersif qui favorise la cicatrisation des blessures et is plaies suppurantes.
Voici une autre plante qui contient du camphre, st la Germandrée maritime {Teucrium marum), lgairement Marum, Herbe aux chats. Ce dernier im lui vient de ce que les chats l'aiment autant e la Cataire et la Valériane, de sorte qu'on est iligé de la cultiver dans une cage grillée ou en
gg LES REMÈDES DES CHAMPS
pot suspendu. C'est un sous-arbrisseau aux tig< cotonneuses et blanches, qui croît naturellemei sur les bords de la Méditerranée. Les feuilles soi d'un vert grisâtre en dessus, duveteuses et blai ches en dessous ; les fleurs purpurines, peu non breuses, un peu campanulées, se montrent en jui let-août. L'odeur de la Germandrée est balsamiqu très-pénétrante, sa saveur aromatique et très-amèr elle contient plusieurs principes astringents et ui huile essentielle camphrée, On peut lui substitu la Sauge, le Romarin, la Menthe poivrée, dont 1 propriétés sont analogues, et que l'on a ton j ou sous la main. Il y a plusieurs variétés de Germai drée qui croissent spontanément dans nos départ ments du centre, mais leurs vertus sont assez fs blés.
La Menthe poivrée (Mentha piperita), originai; d'Angleterre, ce qui la fait nommer Menthe ai glaise, est cultivée dans nos jardins. On récolte « juillet, un peu avant la floraison, ses feuilles dei tées en scie, d'un vert foncé en dessus, un peu di veteuses en dessous. Elle est remarquable par se odeur vive, camphrée, balsamique, une savei chaude, poivrée et camphrée qui laisse dans la bo che une sensation de froid caractéristique, fournit une huile essentielle abondante dans quelle résident ses propriétés de stimulant difïi sible, analogue, pour ses effets, à ceux de l'éther du camphre. On remploie avec succès dans les a fections que nous avons déjà citées comme cédai à l'action des labiées, et aucune ne semble aus( efficace contre les désordres provenant d'atonie 4 l'estomac, gastralgies ou dyspepsies sans inflarç
ation. Les autres variétés de Menthes nombreuses ns nos campagnes, utiles dans les mêmes cas, nt moins énergiques.
Menthe poivrée.
tisons un seul groupe de ces quatre espèces
J; les propriétés sont à peu près identiques : la
iette (Saturera hortensis), ou Sadrée, Savou-
vée, Herbe de Satot-Juli le Serpolet (Thymus sei lum), nommé aussi Thymtii vage, Serpoule, Pilolet, leur, Pouliet; I'Origan (\ ganum vulgare) ou Marjolj sauvage; enfin TIIyssopeC/j sopus officinalis) naturel midi de îa France et cuit dans les terrains légers calcaires, pour les besoini la médecine et de la pai merie.
Toutes ces espèces jouis; de propriétés à peu près i<j tiques et l'on peut, dans p| que tous les cas, substi] l'une à l'autre.
La Cataire (Nepeta catal ou Herbe aux chats, Mei de chat, doit son nom singulière attraction qui exerce sur les chats qui se sent à la manger et à se trer dessus. Elle croit tous les terrains et à to« les expositions. On réJ pendant tout l'été les son) tés fleuries dont l'odeur!
rapproche de celle de la Ri the. Les feuilles fraîches, I chées excitent la sécrétion !a salive, et Dar une sorN
Som.iiUé de Lavande.
'ivatîon, peuvent ainsi soulager ou faire dispa* fre des maux de dents.
La Lavande (Lavandula spica) s'appelle aussi Lande en épis, Lavande aspic, Spic, Aspic, Faux rd. Ses tiges grêles, à rameaux dressés, nomiux, atteignent environ 75 centimètres, elles port de petites feuilles étroites, lancéolées, d'un vert Inchâtre. Ses petites fleurs, d'un bleu violacé, silquefois blanches, sont groupées en verticilles Êguliers formant un épi terminal. On récolte les imités fleuries en juin-septembre avant l'épalissement complet.
ta Lavande doit sa saveur chaude, un peu ère, et son odeur agréable à une huile esseulé riche en camphre, connue dans le commerce s les noms d'huile de spic ou d'aspic
•es abeilles sont très-friandes de la plante que 3i, dont la tige rameuse, haute de 75 centime- S, porte des feuilles ovales, dentées, d'un vert pé et de petites fleurs blanches ou d'un rouge lacé qui se développent de juin à juillet. C'est la lisse (Melissa offîcinalis) ou Mélisse citronelle, ronade , Pouchirade , Piment des ruches. Elle it spontanément dans les Alpes, les Pyrénées et ïsi dans les environs de Paris; on la cultive dans ijardins. Les feuilles, cueillies avant l'épanouisnent des fleurs, exhalent, lorsqu'on les froisse, i odeur de citron qui se change légèrement en e de punaise lorsque les fleurs sont fanées. Le Calament (Melissa calaminta) , que Ton rendre dans les pâturages secs , sur les coteaux, iite de 3 à 6 décimètres, à fleurs violettes et pur-
purines, qui durent de juillet à septembre, poun se substituer à la Mélisse.
On emploie la Mélisse comme stimulant et ai spasmodique dans les affections nerveuses : p pitations, hypochondrie, vertige, migraine, t forme la base de Y Eau de Mélisse des Carr< d'un usage fort répandu, que Ton prépare com suit : On met dans une cruche de grès S litres d' prit de vin à 85 degrés centigrades, 500 gramri de sommités de Mélisse, 125 grammes de zeste citron, 15 grammes d'Angélique. Au bout d'i dizaine de jours, on passe en exprimant à travJ un linge, et Ton ajoute : coriandre 200 gramm1 noix muscade 40 grammes, cannelle 40 gramme^ quelques clous de girofle; au bout de huit joi on passe et Ton filtre.
Les préparations les plus usitées des Labiées si l'infusion, pour laquelle on emploie de 15 à 40 gra mes de sommités fleuries par litre d'eau, selon nergie de la plante et l'effet à obtenir ; le vin, d lequel on fait infuser la même quantité, dont administre de 50 à 100 grammes; l'huile essentie à la dose d'une à trois ou quatre gouttes sur morceau de sucre ou dans une potion. Pour bains, on emploie quelques poignées de plante.
Telles sont, mes amis, les notions indispensab que je confie à vos souvenirs, au sujet de la no breuse et bienfaisante famille des Labiées.
Arrêtons-nous sous ce grand arbre, au tros droit revêtu d'une écorce cendrée. Examinez feuilles composées à folioles ovales, lancéolé*1
ntelées. Ses fleurs n'ont point de pétales; son lit est un akène muni d'une membrane oblongue i le fait appeler samarre. En mai ou juin, suint le climat, les feuilles laissent suinter une |,tière visqueuse, c'est le temps favorable pour
récolter.
chacun de vous connaît son nom : c'est le Frêne ^axinus excelsior), de la famille des Olèinées, ît les feuilles sont recherchées par les moutons, chèvres, les bœufs, les chevaux, et communient une saveur désagréable au lait des vaches i en mangent habituellement. On détache au fitemps Técorce sur des branches de trois à quajans. Celle-ci possède, comme les feuilles, une eur amère, acre, astringente ; elle contient assez tannin pour être employée au tannage. On en pare une décoction (30 à 60 grammes par litre m) que l'on fait prendre dans l'intervalle des es des fièvres intermittentes, ou bien on l'admise en poudre à la dose de 10 à 24 grammes réée trois ou quatre fois par jour, pendant pluirs jours, dans Tintermission des accès. Sans ) plus infaillible que les autres fébrifuges, c'est remède sur lequel on peut compter.
>n emploie avec avantage, dans le traitement de goutte et du rhumatisme, la décoction de 50 à I grammes de feuilles sèches par litre d'eau, prise
petites tasses deux ou trois fois par jour après igestion. Ce médicament d'un effet purgatif un
inconstant, agit sans doute par dérivation de [lammation sur le canal intestinal, nfin la décoction de semences (10 à 30 grammes ,litre d'eau) est diurétique, et à forte dose purge ,ux que les feuilles.
La manne est un suc qui découle d'incisionjl tes, dans les climats méridionaux, au tronB quelques variétés de Frêne. La cantharidm avide de ses feuilles et Ton récolte ces ;nsect< secouant le matin les branches où ils sont en< dis par la fraîcheur de la nuit. Son bois von est recherché pour Tébénisterie; avec les gr branches, on fabrique des instruments arat< des brancards ; ses feuilles fournissent aux bes un fourrage d'hiver.
La famille des Asparaginèes , qui nous a fourni comme sujets d'étude, outre PAsperg Petit houx et le Muguet, nous offre ici une p dont la tige souterraine, accompagnée de ra adventives, peut servir de type de ce que Foi pelle un rhizome, c'est le Sceau de Salomon (\ vallaria polygonatum) ou Muguet anguleux, nouillet, Signet, Herbe aux panaris, commun les bois, les lieux ombragés. La tige aérienne] atteint de 30 à 60 centimètres, porte de grc feuilles ovales oblongues; de leur aisselle pei de petites fleurs d'un blanc verdâtre, tubuleus gans calice.
La racine, d'une saveur douceâtre, visqueus< peu acre, est légèrement astringente, mais au de vue médical je ne puis que vous dire de ne ajouter foi aux propriétés qu'on lui accorde| gratuitement. Dans les campagnes, on vante, hfiter la maturation, puis la cicatrisation des ris un cataplasme formé de la racine cuite s< cendre et broyée avec quantité égale de sain< Comme maturatif , l'oignon et le saindoux sont ^érables; et obur favoriser la cicatrisation
Frêne,
trouve beaucoup mieux de lotions d'eau-de-vie ble. D'ailleurs, toutes les fois qu'un panaris bien reconnu, le moyen le plus prompt et le p sûr de s'en débarrasser consiste à le fendre su:
Sceau de Suloinou.
samment pour donner, de bonne heure, une is^ au sang décomposé; on évite ainsi beaucoup souffrances inutiles, et l'on prévient les accide; causés par les progrès du mal,
Vous avez vu souvent dans les bois et les prés tmides ou sur le bord des ruisseaux, la Reine des 'és (Spirea ulmaria), de la famille des Rosacées, 'nnue sous les noms populaires de Spirée, Ullire, Ornière, Barbe de chèvre, Herbe aux abeilles, ed de bouc, Vignette, Grande potentille. D'une uche assez grosse, noirâtre en dehors, sort une e garnie de grandes feuilles composées vertes en gsus, d'un blanc cendré et pubescentes en dessous, s fleurs blanches, très-petites et très-nombreuses, ment en juin-juillet, à l'extrémité jdes rameaux, \ particules corymbiformes.
Par la dessiccation les feuilles prennent une teinte »t-grisâtre, mais les fleurs, jaunies, conservent, n qu'atténué, leur arôme primitif. Les feuilles et •tout la racine contiennent du tannin, leur sair est légèrement styptique. On retire des somtés fleuries une couleur jaune, solide, employée teinture. Pour Pusage médical, on récolte ces nmités avant l'épanouissement complet des 1rs.
e thé des fleurs, plus agréable que celui de Suu, peut le remplacer comme sudorifîque; lorson n'a pas besoin d'un agent actif la décoction la plante entière est légèrement astringente et ique.
]n somme, la Reine des prés ne mériterait guère sortir de l'oubli dans lequel elle est longtemps neurée, si l'on n'avait constaté que la racine, la 3, les feuilles et les fleurs possèdent des propriédiurétiques incontestables que l'on a mises à •fit dans diverses espèces d'hydropisies. On adlistre par verrées l'infusion ou la décoction prêtée avec 10 à 30 grammes de plante par kilo*
%m PARTIE. 7
gramme d'eau. Cette préparation dont l'usage d être continué assez longtemps, offre l'avantage ne pas fatiguer l'estomac et de ne pas occasion! de troubles nerveux.
Cette plante dont je viens de vous distribuer < exemplaires est le Chardon-bénit (Centaurea bel dicta) appelée aussi Centaurée bénite, Cnicus béi On le cultivait depuis longtemps dans les jardin cause de ses propriétés médicinales, comme pla importée de l'Inde, lorsqu'on reconnut qu'elle ci spontanément dans nos départements méridional Heureusement elle ne cessa pas d'être réputée u lorsqu'on sut qu'elle ne venait pas nécessairem de loin. La disposition de ses fleurs qui forment capitule terminal composé de vingt à vingt-c^ fleurons jaunes, auxquels succèdent de petits fri longs à aigrettes, vous la font reconnaître faci ment pour une Composée. La racine est blanc fibreuse, rameuse ; la tige rameuse, cannelée, r geâtre, couverte d'un duvet laineux, s'élève à 30 40 centimètres. Les feuilles alternes, poilues, p fondement dentées, portent une petite épine achat denture; on récolte en juin, avant l'entier épano^ sèment des fleurs, les feuilles et les sommités.
Cette plante est douée d'une saveur amère inter mais dont l'effet est peu durable; elle pour! servir à la place de houblon dans la fabrication la bière. A doses ordinaires elle est sudorifiqi diurétique, vermifuge, tonique et fébrifuge. A 1 térieur, sa décoction modifie heureusement ulcères de mauvaise nature. On peut l'emplo comme succédané de la Centaurée et delaGenti lorsque les circonstances n'exigent pas une m<
cation très-active : elle rend des services incontestables dans la faiblesse d'estomac, la dyspepsie, les fièvres intermittentes.
On administre l'infusion préparée avec 15 à 60 grammes de plante par litre d'eau ou de vin ; le suc rougeâtre, qui gonfle les feuilles un peu avant la floraison, à la dose de 30 à 100 grammes ; on excite et déterge les ulcères avec la décoction concentrée ou la poudre des sommités.
On peut considérer comme tonique amer du même genre, le Chardon Marie (Carduus Marianus) ou ) Artichaut sauvage, Chardon argenté, Chardon Notre-Dame, dont les têtes assez coriaces remplacent quelquefois celles d'artichaut, et qui est remarquable par ses grandes feuilles épineuses tachetées et marbrées de blanc.
La Verveine (Verbena officinalis), appelée communément Herbe du foie, Herbe sacrée, Herbe de sang, est le type de la famille des Verbènacèes. On la rencontre sur le bord des chemins, des haies, dans les lieux incultes. Les tiges triangulaires , rougeâtres, cannelées, portent des feuilles profondément découpées en lobes inégaux; les petites fleurs d'un blanc violacé, qui s'ouvrent en juinaoût, sont disposées en épis très-allongés. On cueille, avant la floraison, les feuilles et les sommités que l'on fait sécher promptement afin qu'elles ae se décolorent pas.
Autrefois la verveine guérissait les fièvres intermittentes, la pierre, la jaunisse, l'hydropisie, les Soliques, les maux de gorge, les vapeurs, les ulcères, la pleurésie, la céphalalgie, l'ophthalmie; ou du moins la crédulité, les préjugés populaires, des
çî%?
expériences conduites sans méthode, lui avaie conservé les vertus légendaires qu'oi' lui attribuait dans les temps an ciens.
Aujourd'hui, il est bien reconn que cette plante sans arôme, mais 1( gèrement amère, et qui contient un très-faible proportion de tannin, peut guère rendre de services comm remède interne.
Il est vrai que les feuilles écrasée* cuites dans du vinaigre, et appl quées en cataplasme sur le côté o sur la tête, calment parfois les m graines ou le point de côté des plei résies, mais on doit, dans ces cas tenir compte de l'action légèremer révulsive du vinaigre.
La culture a produit de remarqua blés variétés de Verveines blanches roses, rouges et violettes. On pei les semer en place dans les parterre au commencement du printemps elles fleurissent pendant toute label] saison. On les multiplie aisément boutures et de marcottes faites à fin de Tété. Si Ton rentre pendar l'hiver, dans la serre froide, ce jeunes plantes mises en pots, on a c bonne heure des sujets vigoai dont on forme des massifs de co a . , w leurs assorties.
Epi de Verveine.
Je n'ai guère besoin de vous décrire le CnÈvRfi
feuille (Lonicera periclimenum), type de la famille des Capri foliacées, qui croît spontanément dans les haies et les bois et dont on cultive plusieurs espèces ou variétés. Les feuilles sont souvent per/biiées, c'est-à-dire quelles embrassent toute la circonférence de la tige, qui semble les traverser. Les fleurs, disposées en fascicules à l'extrémité des rameaux, présentent une corolle mènopètale en tube très-allongé, fendue en deux lèvres, dont la supérieure est incisée en quatre lobes peu profonds, 'tandis que l'inférieure, très-étroite, est roulée en dessous; elles produisent des baies d'un jaune clair. A défaut d'autres agents plus actifs, on pourrait employer l'infusion des fleurs sèches (4 à 8 grammes par litre d'eau), comme antispasmodique et nissi comme tonique dans les catarrhes, mais il st rare que Ton n'ait pas sous la main des prépaations plus sûres et plus énergiques.
Je crois néanmoins que le Chèvrefeuille est un rès-bon remède, à la condition de le laisser là où est, dans les bois, les buissons, qu'il égaie et u'il embaume. Conduisez les malades, les convaîscents, dans les endroits privilégiés, où il pourra > respirer en pleine nature, et vous ne pourrez îanquer de constater les heureux effets des influen- 3s printanières sur les organisations que la malaie a rendues éminemment susceptibles de recevoir ; de transformer les impressions.
C'est là une médication bien simple, que l'on apprécie pas assez. L'exercice modéré, l'air pur îs champs ensoleillés, la vue de paysages, de an tes, que des souvenirs rendent chers, le chant oiseaux favoris, les parfums agrestes dont les fluves pénétrantes ravivent toutes les facultés et
102 LES REMEDES DES CHAMt'S
toutes les fonctions ; toutes ces influences employée* à propos, sont plus utiles que les préparations plus ou moins déplaisantes auxquelles on réserve à tort le nom de remèdes : un rayon, un chant, un par-i fum peuvent être des remèdes aussi.