JANVIER, FÉVRIER, MARS
A cette époque de Tannée, nous ne pouvons mes amis, compter sur une ample récolte de plai Cependant nous trouverons moyen de faire ques promenades fructueuses. Nous nous occi rons des végétaux qui conservent pendant l'h leur parure de feuillage , nous récolterons écorces, et bientôt, épiant le premier réveil < nature, nous cueillerons des bourgeons et soi: terons la bienvenue aux fleurs hâtives qui de^ cent le printemps.
J'ai l'intention, aujourd'hui, d'appeler sur votre attention sur plusieurs écorces intéressai Mais il est bon de vous dire d'abord quelques i au sujet des écorces en général et de leur rôle < la végétation.
Si vous coupez un arbre, un jeune Chêne, exemple, vous remarquerez une différence not entre divers points de la partie tranchée.
Au centre, on voit une partie blanchâtre, éto c'est la moelle, formée d'un tissu lâche, spong1 et sans fibres. Puis viennent en B des cou( de couleur foncée, dures, composées de fibres f résistantes, qui constituent le corps de l'arbre bois proprement dit. Ensuite paraissent des couc également fibreuses, mais d'un tissu lâche, résistant (A), c'est Y aubier, qui constitue un I de mauvaise qualité. Autour de l'aubier se tro Yècorce (E), formée en partie de tissu fibreux, ni
varie beaucoup dans sa structure, comme le titre l'apparence si diverse des végétaux. >n distingue dans Pécorce Yèpiderme, pellicule ice qui se dessèche, se fendille et se détache fament, mais se reproduit aussitôt. Au-dessous répiderme se trouve le suber, partie non fiuse, qui se développe parfois d'une façon remar-
fi.Sc
Coupe du tronc d'uu jeune chêne.
le, comme dans le Sapin et surtout dans le e-liége. Enfin, entre le suber, que Ton peut 1er première écorce, et Paubier, on rencontre er ou seconde écorce. Celle-ci a pour caractère ictif d'être ordinairement formée de fibres plus es, plus minces et plus tenaces que celles de er et du bois. C'est du liber que l'on retire bres textiles du chanvre et du lin. Quelquefois ftient de l'amidon, de la gomme, et peut être iéré comme alimentaire,
Si vous regardez attentivement la section jeune arbre, vous verrez que les diverses co dont nous venons de parler sont séparées par très couches, ordinairement assez minces, qui toutes criblées de petits trous et que Ion ob ■ ces trous même dans la partie la plus compac I bois. C'est que les plantes sont traversées dans 11 leur longueur par de petits canaux qui sont col leurs artères et leurs veines, et dans lesquels culent la sève et les liquides élabores par sa tiP
formation. , .,
L'Erable jeune est un des arbres ou Ion pe mieux observer la constitution des végétaux, ie viens de vous donner une idée.
Je conserve à cet effet une section de tronc Erable de deux ans, et je l'ai apportée pour vc faire examiner. Vous voyez que 1 on distingc cilement le bois de la première année (accolac celui de la deuxième année accolade 2 et les ties constituantes de l'écorce (accolade 3). Auc est la moelle, entourée de «aisseaux bien disj <TEM) puis viennent trois couches de fibra (™euses*ou bois (FB), séparées par des vais tvP) La même succession se répète pour M formé pendant la seconde année Puis vienne. fibres corticales, ou liber (EC), lesuber (ï| enfin l'épiderme (EP).
Telles sont les notions élémentaires dont avez besoin pour bien comprendre les observs que.nous ferons aujourd'hui.
Voici tout près de nous un premier sujet nervation. Vous connaissez cet arbre, .le ' (Fagus syluafica), autrement dit Fau ou *ai
LES REMÈDES Oi)S CHAMPS
la famille des Cupulifères. C'est un des arbres plus beaux et les plus utiles de nos forêts. Son
art estimé pour la menuiserie et le charron-
fe PARTIE. -
nage, on en fait des brancards, des jantes de roi des vis. Il dure très-longtemps dans l'eau, tai qu'à l'air il est facilement piqué des insectes fournit un charbon excellent, supérieur mêir celui du chêne.
Les graines nommées faînes ont un goût de Bette. On les récolte en automne pour fabriq une huile comestible qui jouit de la propriété ne rancir que très -lentement. Les tourteaux c on extrait l'huile peuvent être donnés en pc quantité aux animaux ruminants, aux cochons la volaille, mais ils sont un poison pour le che Il existe, en effet, dans la graine, un principe létère inconnu qui produit chez l'homme un comparable à celui de l'ivresse; il faut donc garder de manger une grande quantité de fruits.
L'écorce est douée d'une saveur âpre due pri paiement à la présence du tannin. On l'emploi* décoction comme fébrifuge, à la dose de 30 gr mes d'écorce fraîche ou 15 gr. d'écorce sèche ( 200 gr. d'eau, administrés une heure avant Tac A dose plus forte, elle agit comme vomitive et gative, et il peut y avoir avantage à obtenir] effet. C'est un remède qu'il est bon de connal bien que nous en ayons de plus énergiques.
Pouvez-vous me dire à quoi sert le Pomnl Vous ne vous êtes jamais demandé cela, touj croquant ses fruits, verts ou mûrs, dans votrel clos, et peut-être aussi dans celui du voisin.
Vous savez déjà que le Pommier (Pyrus mam comme la plupart de nos arbres fruitiers, an tient à la grande famille des Rosacées, Il est!
Hêtre,
tile de vous le décrire. Celui qui croît naturel) ment dans nos forêts diffère beaucoup de celui q vous est familier. Celui-ci a perdu par la cultu1 ses épines, tandis que les fruits ont considérai ment gagné en grosseur et en saveur. Les semis'
Fleurs de Pommier.
la greffe aidant, on possède aujourd'hui plus 200 variétés de pommes douces ou aigres.
La pomme, avant sa maturité, est acide, âpi elle contient une espèce d'amidon, qui se transfert ensuite en sucre, en même temps que le princi
astringent se madifie.
Les pommes de reinette et d'autres variétés do ces sont usitées journellement pour préparer, p! décoction, une tisano rafraîchissante utile dans I
ladies inflammatoires. Avec les pommes aigres, fabrique le cidre , boisson ordinaire dans le
►rd-ouest de la France. On a remarqué que cette
•isson préserve
s maladies calcules. Je ne vous
[rlerai que pour
[jmoire du sucre
ï pomme préparé
lèc le suc épaissi
I pommes choisis, additionné de
ibre ; c'est une
; andise plutôt
jlton médicament.
employée en dé-
?ition , Técorce
ïiîche de la racine
I Pommier à la
lie de 60 granits dans 200 gram
ta d'eau , coupe
p-bien les fiè-
Ns d'accès sim-
h, surtout si Ton
a précéder son
mloi par un lé-
f< vomitif suivi i purgatif. De
bbreuses expé-
lices confirment
Sections de pommes.
^premières observations recueillies à ce sujet, et extrait de Técorce du Pommier une substance hmée phloridzine, qui peut, dans beaucoup de
cas de fièvres quotidiennes et tierces, remplacer sulfate de quinine,
Le Marronnier d'Inde (JEsculus hippocastanun type de la famille des JEsculacèes, nous offre I autre exemple de ces fébrifuges incertains dans leu effets, dont on a tour à tour trop vanté puis nié 1 propriétés. Je tâcherai de vous expliquer ces an
Marron et son enveloppe.
malies lorsque nous nous occuperons du Saule, meilleur des fébrifuges indigènes. Aujourd'hui d sons quelques mots du Marronnier.
C'est un arbre d'Asie, parfaitement acclimaté < Europe, où il fait l'ornement des parcs et des jardin par son port élégant, ses belles feuilles palmées qi semblent formées de sept feuilles réunies à l'extr mité d'un même pétiole. A ses grappes de fleurs r cherchées des abeilles, succèdent des fruits sembl blés à la châtaigne et qui mûrissent à l'automn
L'écorce des jeunes rameaux, que Ton doit r
| Branche de Marronnier^
cueillir au mois de février, a une saveur âprel amère. On en fait une décoction de 2 à 3 onces J litre d'eau, que Ton prend par tasses, pour pi duire une action légèrement tonique et astringenj Comme fébrifuge, il faut administrer 12 ou 15 gral mes d'écorce en poudre avant l'accès, dans du mil ou sous toute autre forme. Une décoction concJ trée d'écorce fraîche remplirait le même but, I serait probablement plus efficace, attendu quel dessiccation semble diminuer notablement ses prl priétés. Jusqu'ici on doit regarder l'écorce de Ma rônniëï comme un agent douteux, qui appelle nouvelles expériences.
Mais, ce qui est incontestable, c'est que l'on pe tirer bon parti des marrons d'Inde. Ceux-ci rei ferment 30 pour 100 d'une excellente fécule, aufi bonne que celle de pommes de terre. Mais elle unie à un principe amer, acre, dont il faut la d barrasser. Pour cela, on réduit les marrons pulpe, on y ajoute, par 100 kilogrammes, 1 ou 2 h logrammes de carbonate de soude dissous dans ( l'eau; on mélange, on laisse macérer pendant que ques heures. Il suffît alors de laver la pulpe grande eau, pour recueillir, par précipitation, ui fécule parfaitement pure.
Il ept à désirer que l'on utilise ainsi les fruits d Marronnier, plutôt que de les donner aux mouton et aux chèvres, qui ne peuvent s'en trouver bien.
On fait avec la fécule amère du marron une col! très-utile pour les grands herbiers, parce que le insectes ne l'attaquent pas.
Ce joli arbuste toujours vert, à tiges un peu ram pantes, rameuses, dont le feuillage ressemble à <tf
Marronnier d'Inde
lui du buis, ce qui lui a valu son nom, c'est la ] ?, serole (Arbutus uva ursi), de la famille des 1] cacées ou Bruyères. On l'appelle aussi Arbou1 traînant, Bousserole, Petit buis, Raisin d'oun] croît spontanément dans le midi de la France, g tout dans les montagnes. Il aime les terrains pi reux et ombragés. Pour le cultiver dans le Nord faut garder dans l'orangerie pendant l'hiver jeunes plants, provenant de semis ou de bouturest ne les placer en pleine terre qu'à l'âge de trois 4 En avril-mai paraissent ses fleurs rosées, dispos' en grappes inclinées à l'extrémité des rameaux, fruits sont des petites baies rouges oblongues. La corolle est d'une forme particulière, dite cèolèe, dont le type est fourni un grand arbuste de la même' mille, I'Arbousier (Arbutus uneck dont les fruits, qui mûrissent1 automne, ressemblent à des frai?
Ce genre de corolle, commun di les bruyères, a l'apparence d'un vt conique dont la base renflée est e ■'• brassée par le calice, et dont YÀ fîce étroit est découpé en dents courbées.
L'écorce, les feuilles et les fruits de la Busser* sont diurétiques et légèrement astringents. On eS ploie surtout la décoction des feuilles à la dose 30 grammes par litre d'eau. Cette plante est des plus efficaces dans les maladies des voies ul naires. Elle guérit souvent les difficultés d'urin' accompagnées de catarrhe de la vessie, et soula> toujours les malades qui souffrent de la gravel1 La Busserole n'agit point , dans ce cas , par u"
Fleur d'Arbousier.
ftu spécifique, mais elle exerce une action locale n marquée sur les organes affaiblis et leur périt d'opposer à la maladie une réaction suffisante. p action légèrement tonique sur le système nerix Ta fait employer avec succès pour combattre jïébilité extrême qui accompagne certaines affecs chroniques des voies respiratoires, mais elle aucun pouvoir contre la phthisie véritable, qui lique la présence de tubercules dans le poumon. jis ce cas les toniques n'agissent que comme palifs ; ils ne guérissent pas, mais peuvent prolonde beaucoup l'existence du malade.
/bus savez tous le nom de ces grandes rosettes «tes, un peu semblables à des têtes d'artichaut, cernent plein de grâce dont la nature pare toute anée les toits de chaume. A ses feuilles épaisses et fyrnues, vous reconnaissez une plante de la famille | Crassulacèes, qui remplacent, dans nos climats, àCactus des régions chaudes. On la multiplie facileisat de drageons que l'on plante dans un terrain sec. La Joubarbe (Sempervivum tectorum), nommée |si Grande Joubarbe, |r la distinguer du lion brûlant ou Pei5 Joubarbe, dont nous bns parlé dans notre [mière promenade, est liïimée aussi Herbe k cors, Artichaut saule. Elle fleurit en Met-septembre. Les
, r . Fleur de joucarbe.
urs roses, purpun-
i L sont disposées en corymbe irrégulier à l'ex-
trémité (Tune grosse tige simple garnie de feui moins grandes et plus minces que celles de la ba| celles-ci sont les seules dont on fasse usage. E sont plus actives avant et après la floraison. L<( saveur est à la fois fraîche et un peu astringerJ Le suc de Joubarbe et ses feuilles pilées calm» l'irritation des dartres vives, des ulcérations, brûlures, soulagent les maux de têtes fébriles, r dans tous les cas il est nécessaire d'en renoua souvent l'application. Le nom d'Herbe aux cors a été donné à cause de son emploi populaire pr^ détruire ces callosités de la peau. Il y a, voust savez, une foule de remèdes contre les cors feuilles de Souci , de Chou rouge , de Lierre ; petite Joubarbe ; les uns s'emploient à l'état naJ rel, les autres macérés dans du vinaigre. Il porte, surtout, de maintenir pendant longtemps le cor une compresse humide, rendue active un acide qui aide au ramollissement de la peau durée, la gonfle, et permet de l'enlever sans drf leur. Si le remède est légèrement caustique, il détruire les parties profondes du cor, et prévei1 sa reproduction, à la condition que la chaussure | goit pas une cause constante de récidive,
En attendant que le soleil printanier fasse éc les premières fleurs, nous allons nous occuper jourd'hui d'écorces, de bourgeons ou de plan toujours parées de verdure. Le réveil de la donne déjà des vertus plus énergiques aux par jeunes des végétaux, c'est le temps propice recueillir plusieurs produits précieux.
Voici un arbre familier, le Bouleau (Betula al
pe de la famille des Bètulinèes, qui mérite quel-» es moments d'attention. On appelle aussi Bouleau blanc, ble, Bouillard, et du temps où l!p. croyait qu'un bon faisceau d, verges était indispensable à la fycipline d'une classe, on l'avait ïpnommé le Sceptre des maîm d'école. Le nom et la chose tyt heureusement tombés en Dlbli.
"lie Bouleau se contente de tou- ;< les expositions, de tous les K^ains, et croît dans les régions îréales jusqu'aux limites de la Kjétation des arbustes. Les Ulles ont une odeur agréable, lb saveur un peu amère et asfigente, leur décoction est léj.*ement diurétique et excitante, i on l'emploie dans le Nord pme dépurative et anti-rhuitismale. Les bourgeons ont impropriétés plus énergiques.
à& partie la plus intéressante i, l'écorce. L'épidémie, trèsm, se lève par couches argen- 13 enduites d'une résine en pou- |î aussi on l'emploie pour faire | torches. Les Suédois , les 90ns, couvrent leurs cabanes c l'écorce de Bouleau, ils en ,t des corbeilles, des cordes, Purgeons de Bouleau.
vases capables de contenir des liquides, Au
Kamtchatka , on mange la seconde écorce et on prépare une sorte de bière; Pépiderme sert de ] pier. La distillation de Fécorce de Bouleau foui une huile empyreumatique employée en Russie l préparation des cuirs, auxquels elle communie une odeur agréable, et la propriété de n'être po attaqués par les insectes. Enfin Fécorce, comme feuilles, sert à teindre en jaune. Quant à ses p priétés médicales, ce sont à peu près celles bourgeons ; on les met surtout à profit dans maladies de la peau et les affections scrofuleuses
Les jeunes Bouleaux servent à faire des cercl des jantes de roue, des sabots, avec les branches fabrique des balais,
Les habitants du Nord, moins favorisés que n< sous le rapport de la diversité des végétaux uti tirent également parti de la sève sucrée de arbre. Un peu avant le développement des feuil on fait dans le tronc, au moyen d'une vrille, trou un peu profond dans lequel on enfonce bout de roseau, et l'on dispose au-dessous un v; pour recevoir la sève qui coule par cette blessu Quand elle ne tombe plus que goutte à goutte, bouche le trou avec un fausset pour que l'arbre s'épuise pas. Ce liquide donne, par PévaporatH un sirop qui remplace la mélasse. On en prép; aussi une boisson fermentée. C'est ainsi que cU les pays les plus dénués, sous le climat le plus ru l'industrie de l'homme découvre et met à profit rich esses naturelles que l'on ignore ou que l'on daigne dans les régions plus favorisées.
Pendant que nous nous reposons au pied de Chêne, je vais vous faire en peu de mots l'histo:
Chêne,
de ses qualités. On le considère à bon droit coi le plus utile et le plus bel ornement de nos foi
Fleurs mâles de Chêne.
où il acquiert des dimensions énormes. Son b\ solide et durable est recherché pour la charpenj les contructions navales, le charronnage et la n$
uiscrie. Le Chêne, ou Chêne-rouvre (Quercus ibur) est de la famille des Cupilifères, comme le être, le Coudrier, le Charme, le Châtaignier. On la istingue par sa floraison remarquable. Les fleurs lâles en chatons allongés sont composées d'étaines et d'un calice.
Les fleurs femelles sont réunies par deux ou trois
Chêne. — Fleurs femelles.
Fruit.
ns une enveloppe commune qui plus tard s'accroît îse transforme en une espèce de coupe à laquelle nère le fruit, comme on le voit dans le gland, ou }i le recouvre tout entier, comme dans la noisette.
L'écorce recueillie sur les jeunes branches de Cène est lisse, d'un blanc verdâtre en dehors, rougitre en dedans. L'odeur est fade, la saveur asti igente, à cause de la grande quantité de tannin I elle contient. C'est ce principe astringent qui la rîd précieuse pour le tannage. Aucune autre &>rce ne donne d'aussi bons produits.
lre PARTIE. 9
C'est également a ses principes astringents q cette écorce doit ses propriétés médicales, d'auta plus appréciables, qu'on peut se la procurer parto sans frais. Il ne faut l'administrer à Pintérie qu'avec circonspection, à la dose de 2 à 4 gramme pour combattre, les flux muqueux chroniques, a compagnes d'une relaxation générale des tissi dans la dyssenterie, les hémorrhagies scorbutiqu ou provenant de débilité des organes. Au lieu < Técorce en poudre, on peut donner la décocM préparée avec 10 à 15 grammes d'écorce broy dans un demi-litre d'eau. On a cru qu'elle étà douée d'une haute vertu fébrifuge, et lors du bloc continental, sous le premier empire, le Quinqui; ayant atteint le prix énorme de 12 francs l'once, < vendait sous le nom de Quinquina indigène, î mélange à parties égales de poudres d'écorce Chêne, de Camomille romaine et de Gentiane. < mélange eut un effet excellent pour guérir les fièvi intermittentes récentes ou anciennes, mais il n'e pas plus infaillible que les autres fébrifuges, et médecin a besoin de beaucoup de tact pour bi choisir le remède qui convient le mieux à chaque cî
A l'extérieur, Técorce de Chêne rend aussi nombreux services. La décoction de tan (nom l'écorce en poudre) employée en lavement ou lotions, est très-utile comme astringent, dans diarrhée, la dyssenterie, les écoulements muqu< lorsqu'il n'y a pas d'inflammation, mais man( de vitalité des organes. On peut aussi en faire d| gargarismes dans les cas de maladies ulcéreus de la gorge. Les personnes obligées de travail) habituellement les pieds dans l'eau, se trouve très-bien de saupoudrer leurs chaussures avec
Chêne. — Tronc.
âjtj LES REMÈDES DES CHAMPS
tan ou de garder la nuit des bas qui en sont légè remeïïcouferts. Les gerçures de la peau se c:* Sent et les parties ramollies se -«ernussent J T. a décoction concentrée de tan ou aeooiu fraîche de Chêne assainit la surface des ulcères S leur cicatrisation. On peut aussi les saupo Ïer avec un mélange de tan et de poudre c charbon qui, agissant à la fois comme astnngen absoroan^et désinfectant, est principalement u Sus les cas de gangrène, de poumture dhopita et d'ulcères sanieux. .
On trouve dans le commerce, sous le nom café de glands, une poudre composée de glan< torréfiés et broyés. Lorsqu'elle est bien prepar et que fa fraude'n'y ajoute pas une forte propose d'orge, l'infusion de cette poudre est employ avec avantage pour combattre les acciden s scr Meux chez les enfants, ranimer les fonctions Sper les engorgements, entre autres le carrea On sait que malgré leur amertume et leur astn inr les glands5 sont fort recherchés des pou Suî'- cette nourriture les engraisse rapidemei fi que les fruits du Chêne contiennent u grande quantité de fécule.
Vous avez remarqué sans doute sur les toi eeons, les pétioles et les jeunes branches du Che les excroissances dures, ligneuses, * .surface n , ou lisse, ce sont des galles ou noix de ff«"^L résultent de la piqûre d'un insecte qui y dépose 25 autour duqVel s'accumule peu a peu cet* M croissance. Un petit ver sort de l^- pu«S transforme en mouche, comme la ■<*^»£ forme en papillon, et perce la galle pour s envo
^es noix de galles possèdent à un haut degré les iropriétés astringentes de Pécorce de Chêne. Leur rifusion donne, avec les sels de fer, un précipité ►leu noirâtre, et Ton utilise cette action pour fabriquer l'encre et pour la teinture en noir.
i Nous avons sous la main un autre objet d'étude, foyez ce Lierre qui grimpe autour du tronc du fhêne plusieurs fois centenaire et semble vouloir ficher sa vétusté sous les guirlandes d'un feuillage ^ujours vert. Ce n'est point un parasite ; il ne demande qu'un appui à l'écorce crevassée dans laquelle il enfonces ses crampons comme des racines. |j Toutes les parties du Lierre sont utiles. Les fruits jji baies noires, de la grosseur d'un pois, qui mussent en janvier-mars, constituent, à la dose de x à douze, un purgatif très-én6rgique dont on use un peu dans les campagnes. A la dose de jux grammes en poudre, elles ont guéri des fiées vernales et automnales, mais c'est un médiment qui demande de nouvelles expériences. Ivec le bois de Lierre on fait des pois à cautère, |ii entretiennent très-bien l'irritation de la petite aie sur laquelle on maintient une feuille de la ante. Enfin les feuilles, cuites à l'eau et réduites u pulpe, opèrent un changement favorable sur les itères indolents et les plaies de mauvaise nature ; is cataplasmes agissent aussi comme résolutifs sur h engorgements froids. L'infusion d'une poignée i feuilles dans du vinaigre, employée en lotions 3atin et soir, guérit la gale en huit à dix jours. Il ne faut pas confondre le Lierre grimpant fife- <,ra hélix), de la famille des Araliacèes, avec le Ierre terrestre (Glecoma hederacea), qui est une
Labiée, et dont nous aurons occasion de nous ex cuper plus tard. Le Lierre commun, arbuste rana
Lierre.
pant ou grimpant, qui croît naturellement en Ei rope et que Ton cultive principalement pour cach les murailles des jardins, ou former des bordure
k reconnaît à ses feuilles coriaces et luisantes bhancrees en cœur à leur base ; à ses petites fleurs lun vert jaunâtre, disposées en corymbes globueux, et a ses fruits qui deviennent noirs en Sûrisiant. La tige, grêle dans nos climats, acquiert dans estons chaudes un volume beaucoup* plus coniderable. Elle laisse exsuder une gomme résine .romat.que dont on n'a pas encore bien étudié les
'rOpriclGS.
Le Lierre, vous voyez, n'est pas seulement desne a donner un aspect pittoresque aux murailles ues aux ruines et aux troncs délabrés, c'est une lante vraiment utile, et comme telle nous la ferons gurer dans notre collection.
mffuseunrS df0ntAtronC «Nui les rameaux uffus, un peu tombants, et le feuillage toujours K forment pendant la saison rigoureuse le Zs 1,1 ~ent d* "os paysages, c'est le Pm sT br/ÇnWS s^es<™). ou Pin commun Piastre, Pin sauvage. Il s'élève souvent à plus de fnte mètres. On le distingue des autres arbres hours verts de la même ffmille, par ses feuÏÏes mgues d'environ cinq centimètres ,dures é Ss nnant gouttière, aiguës au sommet, réuniesX :deux dans une gaîne molle. Les fleurs mâles :t,SC! f ^ tr0n^ée' arr°ndie, tandis
)bule„x il dleS i°nt réUniGS en un chaton tL 1,7;^^ °Vair? de CGS fleurs> «'accroissant inf,i feco"datlon,' don«ent naissance à des cônes in us pendants, formés d'écaillés ligneuses entre quelles se trouve les graines.
U Pin sylvestre sert de type à la famille des Cores, qui comprend, en outre du Genévrier et
.qg LES REMÈDES DES CHAMPS
<\P la Sabine que nous avons étudiés, les espèce nombreuÏÏ de Pins, les Sapins dont les feuille w énarses et les cônes formés d'écaillés mince TondS es Mélèzes, les Cèdres, les Cyprès.
Les Pins et les Sapins fournissent un bois exce
lent et l'on en retire un grand nombre de produ.
nd spensablesà l'industrie : la téré benthine U tr
sine le brai sec, le brai gras, la poix blanche
Fleur mâle.
Pin sylvestio.
Fleur femeile.
noire le noir de fumée, l'essence de térébenthir iï Tbenz ne, des huiles essentilles légères employ^ dans Sairage, la paraffine dont on fabrique* bouges, le goudron, le vinaigre de bois, la cw sote l'acide phénique ou carbolique Vous voj que peu de végétaux sont aussi précieux. Mais Kt pas tout encore. Les Lapons mangent la « conde écorce du Pin, qui est nutritive, tandis q ^première écorce est assez légère pour remM lo lié-e des filets. Les semences du Pin a Ital.csc]
bapm
comestibles, celles du Pin sylvestre convienn aux volailles, et le cône est un excellent comb tible. Enfin les feuilles de ces arbres, bouillies d'
une solution de c bonate de soude, lavl et cardées, fournissl une espèce de laine | gétale dont on cont tionne des flanelles giéniques , des étoi moelleuses et chaud et dont on peut d'excellents matelasj me faudrait de longi heures pour vous ex]i quer tout cela en détj et je dois me borne vous indiquer , paît les produits des Pint des Sapins, ceux sont le plus emplo; en médecine.
Les bourgeons, infusion prolongée en décoction dans Te; le petit lait, le cidre; vin, et surtout labié à laquelle ils donnent un goût agréable, constitua un excellent remède antiscorbutique. Leurs pi priétés toniques, excitantes, diurétiques, sudori» ques, favorisent puissamment la réaction nécessa» pour triompher de l'affaiblissement général fl accompagne non-seulement le scorbut, mais la pi part des maladies chroniques contractées par sir
Cône de Pin.
e mauvaise nourriture et d'une habitation mal-
3, La décoction concentrée avive les ulcères
lents. Les fumigations dans lesquelles la vapeur
i est mêlée aux vapeurs des bourgeons sont
loyées avec succès dans le rhumatisme.
>, térébenthine que Ton recueille d'incisions
|S au tronc des conifères est un excitant du sys-
^ nerveux, et porte particulièrement son action
les membranes muqueuses. A la dose d'un
me élevée progressivement jusqu'à vingt au
n, administrée avec du miel ou autrement,
st presque toujours très-utile dans les catar-
chroniques du poumon ou de la vessie, la diar-
|atonique, c'est-à-dire causée ou entretenue par
lâchement des tissus et le manque de vitalité,
écoulements muqueux, les névralgies, le rhu-
Eme chronique . Son principe actif réside dans nce de térébenthine que Ton isole par distillai Celle-ci s'administre à doses graduées, depuis hues gouttes jusqu'à deux grammes, et semble Itr une action plus marquée sur le système teux. Elle triomphe souvent de sciatiques re- [3, Dans ces cas on peut élever la dose à huit limes par jour, pris dans du miel, en plusieurs &Si le remède n'a pas produit d'effet au bout de l| huit jours, on doit y renoncer, ■l'extérieur, l'essence de térébenthine est très- ! comme rubéfiante, et produit une révulsion | dans la bronchite chronique, la coqueluche, évralgies superficielles, les rhumatismes musses.
goudron, produit impur et complexe de la dision du bois des conifères, jouit des propriétés térébenthine, et augmente plus qu'elle lessé-
crétions urinaireet cutanée. On en prend de d( à quatre grammes en pilules. Cependant son us1 en nature est peu avantageux. L'eau de goudi1 c'est-à-dire qui a séjourné pendant quelque te en contact avec cette substance, lui est justen1 préférée, surtout dans les maladies des broncb
La poix blanche ou poix de Bourgogne, en plâtre, usitée dans les affections pour lesquellei conseille la térébenthine, est d'un emploi gêm on la remplace avec avantage par des frictions à sence. La poix noire est employée dans les can1 gnes pour faire mourir les vers intestinaux poulains.
La créosote produite par la distillation du § dron n'est réellement utile qu'à l'extérieur. Diss< dans dix fois son volume d'alcool, on s'en sert i succès contre la carie, la gangrène, pour le pal ment des plaies et des ulcères de mauvaise nat et aussi pour arrêter les hémorrhagies peu gra une goutte fait cesser la douleur des dents gâl
La distillation du goudron fournit aussi l'a phénique ou carbolique que Ton a cru capabl détruire les miasmes du choléra, mais qui n' qu'à l'état de solution concentrée et caustique. I ce cas, il détruit véritablement les virus.
Dans la pustule maligne et le charbon, après a fendu en croix la tumeur et cautérisé profondén au fer rouge, on fait avaler à l'animal (bceu cheval) de huit à dix grammes d'acide phén dissous dans un litre d'eau, et l'on administi même dose en lavement. Ce traitement se ré deux ou trois fois par vingt-quatre heures pen trois jours ; le quatrième, on n'administre qu ou deux doses, Pendant ce temps, l'animal r
| nourriture fortifiante, boit de l'infusion de genp, du vin , et on le frictionne avec de Pessence térébenthine. On trouvera ce traitement beaup plus certain que celui qui consiste en applicas réitérées de feuilles de noyer contuses, sur la 3 débarrassée de son épiderme, sans préjudice pégime tonique. Des expériences récentes ten- ; à prouver qu'il y a une variété de pustule sans ignité réelle, sans virus contagieux, que l'on fit par simple incision suivie de l'emploi des ilients. Peut-être les cas nombreux de guérison les feuilles de noyer rapportés par des médecins, irtenaient-ils à cette variété. Toutefois, la ques- ] n'est pas encore résolue, et dans le doute, on citera pas à choisir l'acide phénique.
en que notre promenade ait duré déjà plus que
itude, je ne la terminerai pas sans vous don-
uelques notions intéressantes sur les propriétés
aule blanc (Salix alba), qui sert de type à la
lie des Salicacèes, comprenant le Peuplier, le
e pleureur, le Saule herbacé, le Tremble. Dans
h famille, les fleurs mâles et femelles sont sépa-
i, elles n'ont ni calice ni corolle. Les ètamines
Ml'une, Yovaire de l'autre, sont placés à l'ais-
1 d'écaillés formant des chatons touffus allon-
3kécorce du Saule est très-amère et astringente, l'emploie au tannage. Celle des rameaux de deux fois ans, récoltée avant la floraison, est la plus il>e. Elle contient beaucoup de salicine, sub- Bice que l'on fabrique en grand, comme succé- $ de la quinine, principe éminemment fébriui, retiré du Quinquina. Il a fallu du temps à la
médecine pour adopter ce tonique et fébrifuge pulaire, d'un usage général dans les campagr. Aujourd'hui il est officiellement reconnu que malades qu'il a guéris par milliers n'ont pas victimes d'une illusion.
On administre avant l'accès de 10 à 30 grami
Chaton femelle de Saule.
Chaton mâle de Sauh
de l'écorce en poudre, ou bien une décoction 60 grammes dans un demi-litre d'eau.
Maintenant, deux mots sur les fièvres. Il J deux grandes classes : les unes revenant à in1 valles réguliers, ou intermittentes; les autres c tinues. Celles-ci réclament des émollients, des aoici pour calmer l'inflammation, un vomitif ou un pr gatif pour produire une dérivation sur l'apj
stif, des toniques et des excitants si la nature de trop faible pour réagir contre le mal. Le
Saules.
□le fébrifuge est réservé aux remèdes destinés
) battre les fièvres intermittentes. Le plus sûr et
b prompt est le Quinquina ou le sulfate de
quinine, qui en dérive. Mais il ne guérit pas jours, et Ton est souvent obligé de lui associer1 astringents et des toniques. Son grand défau1 de coûter fort cher, et c'est ce qui a fait chercha le remplacer par des végétaux indigènes, parmi quels le Saule figure au premier rang. Puis v nent les plantes qui contiennent à la fois un p< cipe amer et du tannin, comme le Chêne, le ïi ronnier, et tant d'autres que nous avons étud Mais comment expliquer qu'un tonique amer 1 comme la Gentiane , fasse disparaître la fi« intermittente? Simplement parce que la nature à guérir, et n'a souvent besoin que d'un peu d'E un peu plus de force, pour mettre le mal à la p< pourvu que le malade ne vive pas continuelle! au milieu des circonstances qui ont altéré sa sa Bien plus, les fièvres intermittentes chronk semblent, dans bien des cas, ne continuer que suite d'une habitude des organes soumis à fluence nerveuse. Alors, non-seulement les toni< amers, les astringents, les antispasmodiques i merveille, mais tout ébranlement violent du systw nerveux, toute réaction vive des organes, un :n très-froid, un purgatif ou un vomitif énergiqs, un excès de table, l'ivresse, suffiront pour ronre l'habitude. La foi vive en un remède peut être m n puisqu'il ne manque pas de gens guéris au m<flt de toiles d'araignée !
Profitons de ce beau soleil printanier pour aujourd'hui une bonne promenade et une ar moisson de plantes. L'hiver cherche en vain à h
ntre les brises attiédies qui devancent le printemps, «s prés sont verts, les arbres bourgeonnent, queles-uns déjà couvrent leurs rameaux de fleurs rfumées. La terre semble pressée de nous offrir \ dons. Les germes brisent leur enveloppe, la e monte : c'est le grand réveil de la nature, ons la voir de près, admirer ses merveilles, et demander quelques-unes de ces vérités, que Ton )elle à tort des secrets puisqu'il suffît de l'interner pour les apprendre.
Îrrêtons-nous un instant devant cette plate-bande; s allons prendre sur le fait le phénomène capi-
Germination d'une graine de HarUot.
a de la vie des plantes : la germination. Voyez lé graine de Haricot que je viens de déterrer, hflée par l'humidité, elle a brisée son enveloppe, tfon voit paraître d'un côté un filament charnu,
\TQ PARTIE. 10
fragile, d'où partent quelques petits filets ; c'est racine qui s'enfonce dans le sol. A l'autre exl mité, s'ouvrant passage entre les deux moitiés d< graine, se montre la pointe de deux petites feui
Jeuue Haricot.
plissées comme les ailes d'un papillon nouveau-
Le germe de la plante, V embryon, caché dam1
graine s'ouvrant, sous l'influence de la chaleui'
de l'humidité, laisse voir quatre parties bien
jetés : les deux moitiés de la graine, nommées nilles germinatives , ou cotylédons; le bourjon , ou gemmule; un commencement de tige, tigelle, et la radicule qui deviendra la raie.
Les graines de quelques plantes, celles du Blé, r exemple, n'ont qu'un cotylédon. D'autres en it complètement privées, comme nous aurons 3asion de le voir.
3es enveloppes de la graine ne sont pas seulement 3tinées à protéger l'embryon ; elles ont aussi pour e de nourrir la jeune plante en attendant qu'elle t assez forte pour puiser dans le sol et dans l'at- >sphère les éléments nécessaires à son accroissent. Aussi trouvons-nous, dans ce sujet, âgé à de quelques jours, les cotylédons flétris et lises.
fe vois avec plaisir, mes amis, que vous vous inessez à ces notions élémentaires, et que vous ne îs laissez pas effaroucher par quelques mots un 1 grecs ou latins ; c'est la preuve que vous pre- 5 goût à nos causeries. Continuons ainsi, et tout nous promenant, tout en recueillant des plantes, remêlant la pratique et la théorie, nous appren- >ns peu à peu, sans efforts, les éléments de la ;anique. Maintenant , aux champs , cueillez de >ite et de gauche, et dans votre moisson je ferai 3hoix des plantes qu'il vous importe le plus de maître.
x tout seigneur tout honneur. Saluons la Viole, qui se montre timidement entre les feuilles, jmière fleur, premier parfum, emblème justent cher aux poètes.
La Violette odorante sert de type à la famille (ty Violarinêes, à laquelle appartient aussi la Pensé/] Les feuilles sont radicales, cordiformes, c'est lire échancrées en cœur, soutenues par un lo:
Violette.
pétiole, et légèrement duveteuses. Les fleurs, rad\ cales comme les feuilles, sont portées par un lomi pédoncule grêle qui se recourbe au sommet. De [ cinq pétales de la corolle, le supérieur, plus gran que les autres, se termine en éperon à sa base. Toutes les parties de la plante sont utiles. Le*
filles fraîches forment un cataplasme émollient. jur suc, à la dose de deux onces, constitue un tif doux. Les fleurs au parfum à la fois suave ;rès-diffusible, sont émollientes, légèrement diarétiques, et, comme telles, d'un emploi journaen infusion théiforme, à la dose de 4 à 10 mes par litre d'eau, dans les bronchites, les irrhes, les fièvres éruptives. Fraîches, elles sont Deulaxatives. La racine possède une propriété votive à peu près analogue à celle de l'Ipécacuanha, ;ieut très-bien le remplacer dans les cas où ce hier semble indiqué, soit à dose nauséeuse, soit ose vomitive, surtout chez les enfants et les perfoes délicates. Elle peut rendre aussi de grands i'ices dans le catarrhe pulmonaire chronique, la ueluche , la dyssenterie. La dose vomitive et Ijative pour un adulte est de huit à douze tnmes de poudre de racine ou de racine coupée i-menu, en décoction dans un verre d'eau, pris lêux fois. Si l'on recherche surtout l'effet voïf, il vaut mieux administrer de deux à quatre i* nmes de la poudre récente dans de l'eau sucrée. Si Violette sauvage, Violette inodore ou Viot de chien (Viola canina) est sans odeur. Les Iriétés de sa racine sont à peu près les mêmes I celles de la Violette odorante, mais ne paraissent ll'un effet aussi certain.
Sus savez que la culture a produit des variétés prquables de cette fleur, entre autres la Vio- K de Parme, et celle dite remontante, qui donne Iseconde floraison en automne. Sa culture delie peu de soins, on la multiplie par semis, par *3 de pieds, elle prospère surtout dans une le terre, à mi-ombre.
Voici une plante amie de l'homme, vulgaire, partant peu appréciée dans les villes, où l'on ai* ce qui est rare, ce qui vient de loin et se paye chy Mais pour nous qui cherchons à combattre ce tendance, en vulgarisant la connaissance des chesses naturelles que nous offrent les champs,! vulgarité ne peut être qu'une bonne recomman(| tion. Vous la connaissez bien, cette plante; croît partout : dans les prairies, au bord des clj mins, les chèvres, les moutons et les vaches la cherchent malgré son amertume, et vous vous ê souvent amusés à disperser d'un souffle vigourci ses fruits à longues aigrettes. C'est le Pissek (Leontodon taraxacum) , nommé aussi Flor i d'or, Dent de lion.
La racine, vous voyez, est grosse comme le doi d'un brun rougeâtre en dehors, blanche en deda Elle possède les mêmes propriétés que les feuill longues et profondément découpées, mais c nous ce sont surtout celles-ci qu'on emploie. L« amertume franche n'a rien de désagréable, ai les mange-t-on en salade au printemps. Plus tj elles deviennent coriaces et contiennent plus principe actif.
La décoction de pissenlit, à la dose de 3C 60 grammes de feuilles fraîches, leur suc à la d de 50 à 150 grammes, agissent comme antiscorl tiques, toniques, diurétiques et dépuratifs. L< emploi prolongé est utile dans les affections ch* niques de la peau, la débilité des organes digestif efficace dans les engorgements du foie et de la r1 qui accompagnent si souvent les fièvres de marc, ainsi que dans les maladies bilieuses. Nous en u rons largement, en dépit de la mode, et soyez s1
ue nous nous en trouverons bien. Il est toujours toile de se procurer la plante fraîche, cependant
Aûeur de Bleuet. — Pissenlit. G, capitule en fleurs. — H, le |ême avant son épanouissement. — K, ensemble des fruits. — u, un de ces fruits isolés.
) peut récolter la racine au milieu de l'été pour raire sécher.
La fleur de Pissenlit mérite de fixer un instai Votre attention. Elle est de la famille des Composé* ou Synanthèrèes, Tune des plus nombreuses, marquable par la disposition de ses fleurs réuni! en capitule et insérées sur une sorte de platea Dans ces agglomérations , dont l'ensemble pars former une fleur unique, les fleurons sont tant» complets, comme dans le Bleuet, tantôt , comn dans le Pissenlit, la Chicorée, ils consistent seul ment en une étroite languette ou demi- fleuron Leur fruit est d'ordinaire couronné par une a grette plumeuse, parachute élégant qui permet z vent de les disséminer au loin.
Parmi les composées, je vous citerai la Margu rite, la Laitue, les Salsifis , les Chardons , l'Art chaut, la Camomille , l'Arnica, l'Immortelle. L caractères de cette famille sont des plus frappant et vous n'aurez pas de peine à les retenir.
Il y a des fleurs dont le nom seul est un poëm telles sont la Violette, l'Aubépine, la Primevèr Les voir, y penser même, c'est rappeler à l'instai des scènes du premier âge, des heures délicieuse de la jeunesse, des impressions toujours vives toujours heureuses. Enfants, nous avons tous fa! des bouquets , des guirlandes avec ces Coucoi dorés que mars sème le long des haies et dans 1( prairies. Je vois que plusieurs d'entre vous 01 amplement renouvelé connaissance avec ces fleui favorites. Je vais en profiter pour vous dire à qu< elles sont utiles.
La Primevère (Primula officinalis) est le ty de la famille des Primulacèes,
C'est une plante vivace dont une longue cultur
Primevère,
a obtenu les variétés à grandes fleurs de cou' variées qui font, en cette saison, l'un des prei ornements des jardins. La racine est une horizontale d'un rouge brun, garnie de fibres châtres. Il n'y a pas de tige, les feuilles oblonj dentées, ridées et légèrement velues, s'aminciï en pétiole vers leur base. De la souche part 1 hampe qui supporte une ombelle penchée de fil jaunes, tachetées d'orangé, dont la corolle dépl peu le long tube du calice.
Les gens de la campagne emploient sa rai dans la gravelle et comme fébrifuge, mais c'es remède très-incertain, et en tout cas peu énergii auquel on ne doit attacher aucune importance.»
Les fleurs ne manquent pas d'une certaine i vite. Elles n'ont jamais mérité à la Primevère nom d'Herbe à la paralysie qu'on lui donne pari mais elles exercent sur le système nerveux action calmante, antispasmodique, comparai)' celle du Tilleul. On pourra donc user avec aV tage de l'infusion en vase clos de ces fleurs,1 joint à une belle couleur d'or une odeur et saveur agréables.
Le sous-arbrisseau grimpant que vous voyez rouler ses rameaux sarmenteux aux arbustes d<l buisson, c'est la Douce-amère (Solarium dufr raara), de la famille des Solanèes. Dans les lil frais, ombragés, elle atteint jusqu'à deux mètres! longueur. Les moutons et les chèvres la recb chent, son odeur attire les renards. Les feuil sont ovales, en cœur, pètiolées, alternes, les ul entières, les autres divisées en trois lobes dont d<* petits et l'un très-développé au centre. Les fie s
iettes ou blanches, assez semblables à celles de Morelle, disposées en corymbes un peu irrégu- ||s vers le sommet des tiges, durent de juin à etembre , et produisent des baies arrondies , $ges, accompagnées du calice de la fleur. On lui i tonné les noms de Vigne de Judée, Vigne sautte, Morelle grimpante, Herbe à la fièvre, Loque, ■ive-chien.
Ijes tiges d'un an ou deux sont la partie usitée. >]les récolte avant l'apparition des feuilles ou à l[n de l'été : au bout d'une année elles commence à perdre une partie de leurs propriétés. la meilleure préparation est la décoction des ra- Ll.ux coupés et fendus, dans la proportion de 15 |) grammes graduellement augmentée jusqu'à tyt90 grammes par litre d'eau à prendre en vingtijjtre heures.
i[a Douce-amère est stimulante, sudorifîque, déijative et faiblement narcotique. Son action varie En les constitutions et les désordres apportés ss l'économie par la maladie, mais d'ordinaire Ij agit directement sur le tube digestif et secondement sur le système nerveux. A haute dose, I cause des vomissements et des évacuations [aidantes, provoque la sueur, augmente la sécré- 'i de l'urine ; puis viennent des crampes, des tlirdissements, des vertiges.
Lprès avoir joui d'une haute réputation, la Doucefôre est tombée dans un oubli aussi injuste que louanges des anciens auteurs étaient exagérées, pt ainsi que la médecine abandonne souvent des snts actifs, et d'une utilité incontestable, tans nier absolument les avantages qu'on a pu obtenir dans Phydropisie et les scrofules, il vaut
mieux combattre ces maladies par des remèdes j| certains, et réserver notre Solanée pour quelqi cas de rhumatisme chronique, les catarrhes in! térés, la coqueluche, les ulcères indolents, les dj leurs dans les os ou leur enveloppe, et principe] ment pour les dartres et autres maladies rebe de la peau. Mais un point important, c'est de ô ner des doses suffisantes, jusqu'à produire mê quelques accidents légers, maux de tête, étourc, sements, et de continuer la médication pendant, temps assez long, non-seulement pour dissiper , symptômes actuels, mais pour combattre la disi sition morbide ou le principe même de la maladj Que d'insuccès on n'aurait pas à enregistrer, si 1 administrait toujours des remèdes bien choisis, bien conservés, préparés avec soin, et contini avec persévérance !
Les feuilles de Douce-amère offrent à un tri, faible degré les propriétés calmantes des feuilles , Morelle et des autres Solanèes, mais elles sq émollientes, et, comme telles, peuvent être eij ployées en cataplasmes sur les tumeurs simples, les contusions. ,
La Douce-amère se multiplie facilement , pj graines, par boutures, marcottes ou éclats du pie On en garnit les tonnelles, les murailles, qu'ei décore, pendant toute la belle saison, par ses gra pes de fleurs violettes et de fruits rouges.
Le Narcisse des prés (Narcissus pseudona< cissus) vous est aussi familier que la Primevèr^ Comme elle, il se montre de bonne heure dans I prés et les bois. Il est de la famille des Amaryll dèes, qui compte parmi ses membres Todoran,
foéreuse. Il est connu sous les noms de Narcisse kjvage, Faux-Narcisse, Aiault, Porion, Jeannette, pchette des bois.
M'est une plante bulbeuse dont Pognon lisse ps comme le poulionne naissance [ine tige haute l'iviron 30 centimes, rem arqua ftpar ses deux an - H; saillants , enpfrée de cinq à six Viles moins hautfqu'elle, lisses et Ifngées en forme r)ée. Avant leur tieloppement, les 1rs sont renferps dans une enoppe ou spathe i se fend et perte sur la tige. Ces rs d'un jaune i, penchées sur hampe, présen- ; très -distincts caractères de la ille dont elles t le type, .'enveloppe des ânes reproducteurs, ou enveloppe florale, forme long tube, étroit et simple dans sa partie inféire, mais qui s'élargit et se dédouble de mare à former deux limbes, l'extérieur divisé en
Fleurs de NatcUse cultivé.
six languettes lancéolées, l'intérieur d'un jaune' formant une couronne un peu évasée.
On peut récolter en tout temps les bulbeM Narcisse. Quant aux fleurs, il y a deux manid de les préparer. On les sèche rapidement danïj four peu chaud, ou bien on les expose à l'humi de manière à ce qu'elles perdent lentement li sucs et prennent une couleur verdâtre. A cette férence dans la manière de les sécher corresj dent des propriétés diverses.
Le bulbe de Narcisse est vomitif, mais on Y ploie peu. On préfère les fleurs, d'un usage ji sûr et plus facile, et l'on choisit celles qui sont venues vertes par la dessiccation lente. L'eau boi lante développe singulièrement leurs propriétés la décoction d'une vingtaine de fleurs produit f joursftjl'effet désiré. Ces fleurs agissent comm racine de Violette, et peuvent comme elle r{ placer l'Ipécacuanha , à dose nauséeuse, surf chez les sujets délicats, dans les catarrhes pull naires, la période non inflammatoire de la coq luche ; à dose vomitive dans le début inflammat1 de cette maladie, dans les diarrhées chronique; même quelques dyssenteries. Quant à son ut dans les fièvres intermittentes due en partie à pouvoir légèrement narcotique, elle est trop fa pour qu'on y ait recours dans les circonstances dinaires. Lorsque l'on veut utiliser les proprit antispasmodiques et narcotiques des fleurs , il i1 choisir celles qui, séchées rapidement, ontconse leur couleur jaune.
Vous connaissez les variétés de Narcisses ol hues par la culture. Elles sont certainement p bdorantes que le Narcisse sauvage, mais celu
t à l'élégance et à la grâce champêtres des quai qui nous feront lui accorder une place dans e collection.
3ur terminer notre promenade, je vais vous er du Pêcher, que nous voyons ouvrir ses rs précoces aux rayons déjà vivifiants du soleil aars.
iS fleurs, d'un rose tendre, ont une odeur ie, agréable et une saveur amère, Elles sont •ement purgatives et anthelminthiques. L/infudans du bouillon de veau ou dans du lait, à la
d'une petite poignée de fleurs par 500 gramjde liquide, convient très-bien aux enfants,
il faut l'administrer par portions de demie en demi-heure, jusqu'à ce que l'action du jde commence à se faire sentir.
3 feuilles et la seconde écorce sont purgatives jbrifuges, anthelminthiques et diurétiques. La ijtion de 30 grammes de feuilles fraîches dans grammes d'eau purge aussi bien que le Séné, ^nistrée entre les accès d'une fièvre intermit-
L elle opère en peu de jours la guérison. 11
avoir soin dans ce cas de graduer les doses manière à n'obtenir qu'une légère purgation. |conde écorce s'emploie de la même manière. Sites les parties du Pêcher contiennent , en it.ité très-minime, un poison violent, 1 'acide tique, qui leur donne une vertu sédative. Un spasme des feuilles pilées calme la douleur des tîs enflammées, des ulcères, des contusions. »<! Pêcher (Amygdalus persica), de la famille
Wosacèes, nous est venu de la Perse. On le
t^lie par semis, et surtout par greffe, sur l'A-
mandier ou le Prunier. Il demande une terre
Hameau de Pécher.
fonde et substantielle, souvent remuée et fyi
ne bonne exposition, et un abri mobile contre les elées tardives qui brûleraient ses fleurs. Sa culire est toute une science, mais aussi quels surpreants résultats ! Quelle distance entre le fruit petit, erdâtre et sec de la Perse et les magnifiques êches de Montreuil! Qu'a-t-il fallu pour obtenir i changement? Un travail intelligent, une culture tisonnée et continue; je pourrais dire, la volonté, ravail, étude, persévérance, bon propos, tels sont, î ce monde, les éléments du progrès. Si l'homme ,t capable d'améliorer, de transformer des fleurs, y fruits, des arbres, des animaux même, il peut, lyez-en sûrs, apporter dans Tordre moral des îrfectionnements non moins remarquables, et par ; fraternité, l'honnêteté, le travail, réaliser le proème de la vie heureuse,
iCet Agaric que nous venons de cueillir appartnt à la nombreuse famille des Champignons • jjn profite pour vous donner quelques détails sur cj plantes qui fournissent, selon l'espèce, un mets Veulent ou un poison mortel. Et d'abord, je vais pis doute vous étonner en vous disant que la ]-nte du champignon ordinaire croît sous terre, aque la partie qui nous est familière sous ce nom istitue seulement le réceptacle des organes réducteurs. Quant à la plante elle-même, ce sont |t simplement des filaments blanchâtres, entreaisés, feutrés, nommés en botanique mycélium ^vulgairement blanc de champignon. Mais il y les Champignons dont la plante et les organes croducteurs vivent à ciel ouvert, par exemple
1*« ^AUTTB, 11
ceux qui causent la maladie de la Vigne, et d'à) très qui ne paraissent jamais à la surface du si comme les Truffes.
Champignons.
Si nous prenons pour exemple r Agaric champé tre , vulgairement appelé Agaric comestible o Champignon de couche, je vais pouvoir vous don ner une idée de la nature de ces végétaux. Le pie< ou stipe est surmonté d'un chapeau lisse, blanc 01
jaune pâle qui s'étale peu à peu et laisse voir en dessous des feuillets rosés qui passent bientôt au brun. Les feuillets sont pendant quelque temps recouverts par une membrane qui se déchire et lorme un collier autour du stipe. Si Ton prend sur 'un de ces feuillets une tranche mince et qu'on 'examine au microscope, on voit que la surface /eloutée au toucher est formée de cellules sailantes dont quelques-unes portent quatre pointes erminées par un petit sac qui constitue une spore, ;'est-à-dire l'organe reproducteur capable de gerner et de reproduire du mycélium qui, à son tour, lonnera naissance à des Champignons. Les organes le la reproduction se trouvant ainsi cachés, et ne e révélant qu'à un examen attentif, on a donné ux plantes qui présentent cette parcularité le nom e Cryptogames, par opposition aux plantes P/iaèrogames qui exposent aux regards leurs fleurs lus ou moins compliquées.
Je n'ai pas à vous enseigner ici quels sont les ïampignons comestibles, mais je puis vous donner imme règle générale de ne jamais cueillir ceux li poussent dans les endroits très-humides, dont chapeau est visqueux, couvert de verrues, qui k se pèlent pas facilement ou dont le stipe est nflé à la base. Une saveur acre et acide, une leur nauséabonde, une chair molasse qui noircit il contact de l'air, sont aussi caractéristiques des <pèces vénéneuses.
Mais il y a des champignons dangereux qui résinaient beaucoup aux espèces comestibles. Pour «iter toute erreur on peut employer le moyen Jm simple que voici : on fait cuire avec les chamïjnons la moitié d'un oignon blanc; s'il devient
bleuâtre ou brunâtre, c'est le signe qu'il s'est glis quelque intrus dans la cueillette. Il semble désc mais prouvé que l'on peut manger sans crair presque toutes les espèces vénéneuses après avoir débarrassées des principes toxiques. Po cela on les coupe par morceaux et on les fait ir cérer pendant quelques heures dans de l'eau for ment vinaigrée; on les lave ensuite à grande e; et on les blanchit par quelques bouillons.
Puisque nous avons aujourd'hui l'occasion nous occuper des plantes Cryptogames, je vais profiter pour vous parler de la Fougère dite Fo gère mâle (Polypodium filix mas) qui vous ( très-familière et dont l'étude, pourtant, vous m nage plus d'une surprise.
Vous avez remarqué sans doute que la partie i férieure des feuilles est comme brodée de points de lignes brunes. Ce sont les réceptacles des spor ou organes reproducteurs. Si nous suivons, da la terre humide, le développement d'un de c germes, nous verrons qu'il donnera naissance à u petite plante qui ne ressemble en rien à une fo gère. Cette plante est un être de transition, e n'est point destinée à vivre et à se reproduire; e fournit seulement deux organes séparés de repr duction qui, par leur action réciproque, sont < pables de former une plante nouvelle qui sera u» fougère. Ainsi nous assistons à ce phénomène si gulier : une spore de Fougère se développe soj forme d'une petite plante qu'on appelle proth& qui porte des organes sexuels capables de repr duire non pas un autre prothalle, mais une foug^ semblable à sa grand-mère. Ce mode de générati'
ui existe aussi chez quelques animaux inférieurs, 'appelle génération alternante.
Je n'ai guère besoin d'insister sur le port et Tasect de cette plante que vous avez si souvent occa-
Feuille de Fougère mâle.
Il devoir; mais je veux attirer votre attention i la partie souterraine ou rhizome dont je viens cueillir un spécimen. Comme vous voyez, il est la grosseur du pouce, noueux, écailleux, de cou-
leur brune à l'extérieur, blanchâtre à l'intérieui On peut s'en servir en tout temps à l'état frais, la dessiccation lui fait perdre une partie de ses pr priétés. Pour le commerce, on doit le récolter été alors qu'il est dans toute sa vigueur et plein sucs qui donnent une teinte verte à sa cassure. De gens peu scrupuleux mélangent aux rhizomes Fougère mâle ceux d'autres espèces commune dans nos campagnes. C'est une pratique déshon nête et dangereuse, car il ne suffît pas que de plantes appartiennent à la même famille pour avoi les mêmes propriétés, et si l'on administre un r< mède inerte dans un cas urgent, on s'expose perdre le seul temps propice pour une médicatio utile.
L'odeur de cette souche est un peu nauséeuse ; saveur, d'abord douceâtre, puis légèrement amer et astringente, est due surtout à une huile volati mélangée à une résine et à des corps gras qui corn tituent les principes actifs de la plante.
Son usage, en médecine, est limité à l'expulsio du taenia ou ver solitaire. Je vous ai déjà indiqu les graines de citrouille comme un excellent taen fuge, par conséquent nous n'avons pas besoi d'aller chercher à l'étranger des remèdes rares o d'un prix élevé lorsque nous en avons d'excellent sous la main, qui seront « prophètes dans leu pays » toutes les fois qu'on les emploiera dans le conditions nécessaires au succès. Pour obtenir ui guérison complète dans les cas de ver solitaire, ne suffît pas de faire expulser l'animal dans so entier, il faut s'assurer qu'il ne reste pas un autr ver dont la présence ramènerait tous les acciden de la maladie. Il est donc prudent de continuer 1
Fougère mâle.
médication pendant plusieurs mois. Il faut d'ai leurs être familier avec la structure de ces an^ maux pour s'assurer que la tête très petite n'est p; restée dans Pintestin, car elle suffît pour repr< duire cet animal. Pour éviter les récidives, le ph; sûr est d'administrer pendant un certain temj le remède à des intervalles de quinze à vin; jours.
On trouve dans les pharmacies plusieurs prép. rations de Fougère mâle, principalement une hui éthérée et un extrait résineux, mais la poudre c la décoction du rhizome, soit frais soit conser clans de bonnes conditions, suffît toujours dans pratique. Pour la décoction, qui doit se faire en vase clos, on emploie de 30 à 60 grammes de cine concassée pour un litre d'eau qu'on laisse duire de moitié. Mais la manière la plus simple, peut-être la plus efficace d'administrer ce média ment, consiste à mêler la poudre de rhizome à qua| tité égale de miel. On en prend à jeun de 60 90 grammes par jour pendant trois jours, puis facilite l'expulsion du tsenia au moyen d'une îor\ dose d'huile de ricin, soit 60 grammes. Si le pn mier essai ne réussissait pas, on recommencera au bout de quelques jours.
La Fougère mâle n'est pas seulement employa en médecine. Les peuples du Nord, si ingénieux tirer parti de leurs ressources, mangent les jeun* pousses comme les asperges. En Sibérie on emplc la racine à parfumer la bière. Chez nous, les se ches engraissent bien les porcs et les feuilles te dres, mêlées à la paille, constituent un assez fourrage pour les temps de disette. Les feuil sèches sont employées dans les campagnes pour
uche des enfants, et les coussins ou matelas que a en fait sont beaucoup plus sains que ceux de ime. Ils sont utiles surtout aux enfants scrofuix ou rachitiques.
ilemarquez, mes amis, dans ce jardin, ces arbres xquels les cisailles et la serpe ont donné des mes capricieuses de colonnes d'arches, de niches; ?t un membre de la famille des Conifères qui is a déjà fourni pour sujets d'étude le Genévrier le Pin Silvestre.
7if (Taxus baccata), livré à lui-même atteint une iiteur d'environ dix mètres. La tige, couverte ne écorce raboteuse, soutient un très- grand Ijnbre de rameaux souples garnis de feuilles pertantes, c est-à-dire qui ne tombent point sous ktion du froid, d'un vert sombre, linéaires, très- «prochées, et rangées, sur deux côtés opposés. is fleurs femelles ressemblent à une pomme de I en miniature surmontée d'un petit cylindre nux formé d'écaillés allongées ; les fleurs mâles, )p plus nombreuses, ont l'aspect d'un petit bourbn verdâtre. Elles sont axillaires, c'est-à-dire iichées immédiatement au rameau. A mesure que hule grossit dans la fleur femelle, les écailles qui '(foiaient comme une gaine, une arille à sa partie Prieure, deviennent charnues et recouvrent peu à ) i le fruit.
Jet arbre croît spontanément dans les montagnes lll'Italie, de la Suisse et des départements mérilinaux de la France. On le propage facilement de ^cottes, mais les sujets venus de graines sont
Les remèdes ces champs
plus grands et plus durables. Les graines restu souvent trois années en terre avant de germer. 1 se plaît de préférence dans les bonnes terres fr ches ; il aime l'ombre, surtout dans sa jeunes aussi le voit-on prospérer surtout dans les vall à l'exposition du nord.
On a répandu beaucoup d'idées erronées au sut
If. — A, rameau avec fruit. — B, fleur femelle. — D, fleur feirfc plus avancée. — G, chaton de fleurs mâles»
de l'arbre qui nous occupe : on a prétendu csl son ombre même, comme celle du Mancenilli,,. pouvait donner la mort. Il est vrai que la plupjt; des gens peuvent séjourner impunément au mili d'ifs même fraîchement taillés, mais il n'en est ],& moins exact que chez certaines personnes, les ennations qui s'en dégagent peuvent, à la long , produire des accidents. Ses feuilles sont un poitf
tur les chevaux, les ânes, les moutons et les vaes, et il est à remarquer que ces animaux ne les !mgent guère que pressés par la faim.
L'étude de ses effets sur l'homme a démontré i'il agit d'abord comme poison irritant et acre, évoque des vomissements et des évacuations et lise l'inflammation de l'estomac ; puis, lorsque Fab- •ption commence à se faire, on remarque une ach narcotique et stupéfiante; inquiétude, éblouissent, syncope ; les victimes tombent comme foui>yées. Quant aux fruits, ils sont dépourvus de alités délétères, ils sont simplement laxatifs et ivent, comme tels, rendre quelques services. La boction des feuilles, administrée à petites doses, lit on surveille avec soin les effets, a donné quelles bons résultats dans les affections rhumatismes. Quant aux propriétés emménagogues de cette jlnte, elles ne sont nullement prouvées tandis que h a constaté des accidents mortels à la suite de <. usage. En somme, c'est un arbre qu'il faut contre plutôt pour s'en abstenir que pour essayer j vertus curatives.
lais s'il doit être rejeté de l'usage médical, l'If !» précieux pour l'industrie. Son bois , presque ourvu d'aubier, est d'un rouge orangé; le cœur i ; à faire des ouvrages de marqueterie, de tour et ,)énisterie. Son élasticité et sa durée le font relrcher pour le charronnage ; enfin la facilité avec rielle cet arbre se prête à la taille le faisait reïrcher autrefois pour certains ornements bizarres i jardins heureusement passés de mode,
e passons pas devant ces touffes de Pervenches af? leur donner quelques moments d'attention. Il
172 LES REMÈDES DES CHAMÎ>g
est probable que cette plante doit plus à ses qu lités extérieures qu'à ses vertus intrinsèques. S feuillage toujours vert, le port gracieux de ses ti| sarmenteuses, rétoile bleue ou blanche de ses flei qui parent, au mois de mai, les bois et les part ombreuses des jardins, en attirant sur elle une j tention sympathique, ont bien disposé les obsen teurs à l'admettre au nombre des plantes bienf santés. Autrefois les sorciers l'employaient da leurs philtres, d'où son nom de Violette des s(ciers, et en Flandre on en semait sous les pas (M jeunes mariées d'une réputation intacte; en Ita| on dépose encore des couronnes de pervenches se la tombe des jeunes filles. La vue de cette fM reportait Jean- Jacques Rousseau aux souvenirs c'a Charmettes, et Mme de Se vigne recommandait àf fille « la bonne petite Pervenche » pour les mas de poitrine dont elle souffrait.
Tout en rendant hommage à cette favorite cjj jardins et des bois, nous ne pouvons pas, au poil de vue qui nous occupe, lui accorder une place bit] importante. La Pervenche (Vinca minor) appartid à la famille des Apocynèes, dont nous n'aurci guère à nous occuper. On l'appelle , en certain endroits, Herbe à la capucine. Les feuilles seul? sont usitées en médecine. On les récolte d'ordina avant la floraison, mais on peut les recueillir toute saison. Leur saveur, amère à l'état frais, i vient astringente après la dessiccation. Elles cèd facilement à l'eau leur principe amer et une qua tité notable de tannin, ce qui la rend utile tou les fois que l'on a besoin d'un astringent peu énc gique.
Maintenant, arrachons une de ces touffes et éi
Pervenche.
dions un peu la structure générale, le port de c plante. Vous voyez que les rameaux qui poriat les fleurs sont groupés de distance en distance îr un renflement qui forme souche et d'où partent ?s racines, et que ces souches sont reliées entre e3S par une partie assez grosse, solide, et que l'on pcr< rait, de prime-abord, prendre pour une racine j* couverte. Cette portion de la plante est la t'A Après avoir rampé à quelque distance sur la te:^ elle a donné naissance, à courts intervalles, à m nœuds d'où partent des rameaux qui se dressai pour porter des feuilles et des fleurs, et des racid qui s'enfoncent dans le sol pour procurer à la plaJ un nouveau centre de vie. C'est ainsi que le Fraù» produit des filets, des stolons origine de plai» nouvelles. Le marcottage des jardiniers est \ imitation de ce procédé naturel.
Puisque nous avons ï'occasion d'étudier les ti des plantes, je vais vous donner, pour ce qui concerne, quelques indications générales.
La tige est la partie de la plante qui porte feuilles, les fleurs, les fruits. Mais la tige peut ê| souterraine sans pour cela devoir être nomni racine comme on le fait souvent dans le lang; usuel. On donne le nom de rhizome aux tiges rampent dans le sol donnant naissance à des meaux et à des racines. Lorsque la tige très-charr présente une forme arrondie, comme dans la pom de terre, c'est un tubercule, si l'apparence es peu près celle de l'ognon, comme dans le Colchiq le Lis, on lui donne le nom de bulbe. Quant a tiges proprement dites, celles qui vivent à lair lib il y en a de dressées, de couchées, de rampant
ques-unes, comme celles du Liseron, du Hou- , trop faibles pour se tenir dressées, s'enroulent ur des troncs, des branches qui se trouvent i leur voisinage, d'où leur nom de volubles ou biles; d'autres, comme les Pois, la Bryone, la ie, se servent de vrilles pour s'accrocher et ter vers la lumière, ce sont des tiges griml.es.
trsquune tige, au lieu de grandir par la proion successive de rameaux, s'allonge seulement Ile sommet, comme nous le voyons dans les kiers, on l'appelle stipe; si la tige forme, de jnce en distance, des nœuds comme dans le !, les Céréales, elle prend le nom de chaume beut être plein comme dans la Canne à sucre, -plein comme dans le Maïs ou fistuleux, c'este creux, comme dans les céréales. Enfin lorsque je est formée de plusieurs couches concentri- ( comme nous l'avons vu en examinant la struc- 'ies bois, et se dédouble à partir d'une certaine Liur en branches et en rameaux, elle constitue onc. On a classé, en outre, les tiges, par rapm leur durée, en annuelles, bisannuelles et lies.
►fis avons dit qu'il ne fallait pas confondre une souterraine avec une racine, et nous avons S- parmi les tiges le tubercule de la pomme de i ce qui vous a fort étonnés. Mais si nous con- I ns comme signes distinctif s de la tige la préo de feuilles ou de cicatrices laissées par la lïou l'avortement de ces organes, nous ne courplus risque de faire une confusion. Toutefois, : la pomme de terre, la tige souterraine était i etite au moment où elle portait des feuilles,
et ces organes, à l'état rudimentaire, sont tombé laissant sur le tubercule qu'une cicatrice peu ble, il est vrai, mais que Ton ne trouve pas da racine du Dahlia.
Bien que notre promenade se soit prolongée que de coutume, je veux encore vous parler c plante qui vous est familière, la vigne, sur la je vous donnerai quelques détails tout en gnant notre école, me bornant d'ailleurs, fau temps, aux applications médicales qu'elle est ceptible de recevoir.
La Vigne ( Vitis vinifera) est le type de la fa de Ampelidèes. Je n'insisterai pas sursonpor feuilles, ses vrilles, mais j'aurai occasion de faire remarquer ses fleurs, disposées en gr composée et dans lesquelles les organes de r* duction sont très-distincts après la chute des pèt
Les feuilles de vigne sont astringentes, et co telles, utiles dans la dyssenterie, la diarrhée < nique, les hémorrhagies passives, c'est-à-dire duites par un manque de tonicité, de vitalité des ties. Vous avez entendu peut-être les comnl vanter comme remède des ophthalmies la sèvecrj line qui découle, au printemps, des incisions 1 aux rameaux, mais c'est une des nombreuses en populaires que je m'applique à vous signaler] pleurs de vigne sont tout à fait inertes.
Les raisins bien mûrs sont nourrissants, ni chissants et un peu laxatifs, leur usage est| vent utile, dans les maladies chroniques, aui sonnes d'un tempérament sanguin ou bilieux, constitution sèche, irritable. Aussi ffcsauco malades se rendent-ils chaque année en Ba
ta,
i Suisse pour y faire la cure aux raisins. Chaque
Grappe de Vigne en fleur.
[nne en mange de 1/2 à 4 kilogrammes par lre partie. 12
iour, en trois, quatre ou cinq fois, et autant (fi possible le malade cueille lui-même son repas em promenant ; de sorte qu'il faut tenir compte» l'influence salutaire des conditions hygiemq| Élans lesquelles il se trouve. Le raisin agit par propriétés alcalines, laxatives et diurétiques
Le suc de raisin vert ou verjus est fort 1 comme tempérant dans les maladies inflammatoi* les fièvres bilieuses, les irritations de 1 estomaet des intestins, et quelquefois comme gargame dans les angines, le ramollissement des gencives «, On l'emploie comme boisson a la dose de 100 a DU grammes par kilogramme d'eau
Quant au vin, il n'y a guère que le médecin»
puisse bien apprécier l'opportunité de son emlo
dans les maladies et les doses convenables ]Ut
chaque cas. Il convient dans toutes les maladieou
la faiblesse n'est pas causée par une inflammail
On le donne avec avantage dans la période de ] »
tration de la fièvre typhoïde et des affections ce]
eieuses, dans certaines pneumonies qui ne dei J
dent pas la saignée. Enfin, bien que ce mode j
ministration ne se soit pas généralise, il rej
d'expériences bien faites que des lavements de j
de 150 à 200 grammes précédés d'un lavement |
tiède qui débarrasse l'intestin, produisent d(*
lents résultats dans les maladies chroniques
convalescence des maladies aiguës. Je nai
vous parler ici des dangers de l'abus du vm É
tes connaissez sans doute ; je vous dirai seu j
que l'ivrognerie prolongée cause une affreus P
ladie, le delirium tremens, sorte de folie; q«
excès de boissons alcooliques procurent aux M
cins au moins un quart de leur clientèle.
Mes bons amis, si vous vous intéressez à nos Pronades, ainsi que j'ai lieu de le croire, nous les ptinuerons pendant la belle saison. Les notions (jmentaires que vous avez acquises nous permet- Hit d'aller un peu plus vite dans notre étude des ftples et de faire une riche collection de « bonnes pitcs, »