‹ Les remèdes des champsChapitre 9 sur 12 · TROISIÈME SÉRIE DE PROMENADES · texte numérisé non relu

TROISIÈME SÉRIE DE PROMENADES

(avril, mai, juin.)

Nous entrons, mes amis, dans la saison la plus

ropice pour nos excursions dans la campagne. De

uelque côté que nous dirigions nos promenades,

s prés, les bois, les buissons, les jardins vont

dus offrir une abondante moisson de plantes utiles

; nous constaterons souvent que beaucoup d'entre

les joignent, aux qualités solides qui nous les font

chercher et étudier, les agréments extérieurs qui

ms les rendent plus attrayantes. Puisque vous

fez continué de vous intéresser à nos études pen-

tnt la saison rigoureuse, alors que la nature n'of-

iit à l'observateur superficiel rien qui méritât son

tention ou ses suffrages, je suis sûr que les in-

lences bienfaisantes du printemps vont doubler

»tre zèle et que les impressions reçues dans ces

^constances favorables laisseront dans votre es-

it une durable impression.

Chacua de vous, je vois, a fait déjà sa cueillettj et je n'ai vraiment que l'embarras du choix. Je va mettre à part six ou sept échantillons îrès-diff rents d'aspect, mais qui présentent tous, bien qu des degrés divers, des propriétés semblables.

Vous vous rappelez sans doute les explicatioi que je vous ai données au sujet des remèdes pu gatifs, parmi lesquels nous avons étudié la Belle < nuit, l'Ellébore, le Fusain, la Bourdaine, le Ne prun, le Ricin, la Bryone, etc. Ces médicament vous le savez, augmentent et altèrent d'une manié) passagère les évacuations intestinales. Mais il y « a qui agissent en même temps sur l'estomac et pr voquent des vomissements , ce sont les èmètcthartiques. Les plantes que je viens de choisir app tiennent toutes à cette classe de médicaments.

Commençons par ce beau spécimen que voi avez entendu nommer Flambe, Glaïeul bleu, Cou trai, Lirguo, Flamme, mais dont le vrai nom Iris commun ou Iris germanique (Iris germanica type de la famille des Iridacèes. Cette belle plant à qui il ne manque, pour être recherchée et admiré que d'être exotique, rare et chère, croît spontan ment dans les lieux arides et incultes, les ruine! les toits de chaume, auxquels elle donne un aspe< riant et pittoresque. Il n'est guère de jardin où To n'en trouve des touffes à l'ombre, dans quelque coi perdu. Ce que l'on nomme vulgairement sa racin est une tige souterraine ou rhizome noueuse épaisse, charnue, blanchâtre, produisant beaucou de chevelu. La tige aérienne, qui atteint de 50 70 centimètres , est garnie à sa base de feuille planes, aiguës, ensiformes c'est-à-dire en form d'épée. Les grandes et belles fleurs d'un bleu viole

Tige souterraine ou rhizome de l'Iris,

agréablement veinées se montrent à l'extrémité la tige, au nombre de cinq ou six dans les mci d'avril et mai.

On peut recueillir en été îe rhizome, le gratt et le faire sécher promptement au soleil, dans \ lieu bien ventilé. Toutefois la dessiccation lui h perdre beaucoup de son activité. A l'état frais, exhale une odeur désagréable ; sa saveur est amèi acre, nauséeuse, et un peu styptique.

A petite dose, la racine fraîche est excitante, e pectorante, diurétique et anthelmintique ; à do plus forte elle produit des évacuations de l'estom et des intestins. On l'a employée avec succès dai les hydropisies , mais il ne faut pas oublier qi lorsque cette maladie est liée à des lésions organ ques du foie ou du cœur, les évacuants ne peuvei y apporter qu'un soulagement temporaire. Dans c< cas, on peut donner le suc frais de la racine à dose de 15 à 30 grammes, mêlé à une tisane guimauve, édulcorée et aromatisée. Cette dose do être prise, en deux ou trois fois à une heure d'inte: valle. Si Ton négligeait d'étendre le suc dans un boisson mucilagineuse, il causerait pendant long temps une sensation de chaleur acre et brûlant* qui en a souvent fait proscrire l'emploi.

Lorsqu'on se propose de produire une action tèrante continue, comme il convient dans beauco de maladies chroniques, on administre avec av tage la poudre de racine sèche à la dose de 1 à grammes chaque jour. On peut aussi préparer vin d'Iris en faisant macérer pendant quelques jo 120 grammes de racine fraîche broyée-dans un de litre de vin.

La racine d'Iris germanique sèche possède, à

Fleurs d'iris

faible degré, Podeur de violette qui fait rechero celle de Y Iris de Florence et ne lui est pas inf érie pour la fabrication des petites boules nommées i à cautères destinées à entretenir par suite de gonflement, l'irritation de ces petites plaies ar cielles.

LIris fétide (Iris fœtidissîma) nommé aussi gigot, Glaïeul puant, Spatule, Glaïeul sauvage TIris jaune (Iris pseudo-acorus) ou Iris des mai Iris faux acore, Iris glaïeul, Flamme bâtarde, Flan d'eau ont des propriétés analogues à celles de Y germanique.

La plante que voici, PAsclé^iade blanche (As pias vincetoxicum) ou Dompte-venin, de la fan des Asclépiadèes, se rencontre communément les bois, les terrains incultes. Les animaux la j pectent, si ce n'est les chèvres qui broutent voltiers l'extrémité de ses tiges. Les chevaux ne la iï;j gent que pressés par la faim, et après que la g-j lui a fait perdre la plus grande partie de son âcrj La racine est une souche tuberculeuse longue d^ viron cinq centimètres; les tiges, hautes de 4; 60 centimètres, simples, droites, flexibles, port des feuilles opposées, cordiformes , entières, peu coriaces, pubescentes sur les bords et les p vures. Les petites fleurs blanches, v'isposées en tits bouquets se montrent en mai et août; ce sont( étoiles à cinq lobes ; le frurô oblong, ventru, r, ferme de nombreuses graines ovales, aplaties, geâtres, munies d'une aigrette soyeuse.

On emploie les feuilles et la racine qui perd be coup de ses propriétés par la dessiccation. Celle^ fraîche, exhale une odeur nauséabonde qui rapp^

le de la valériane ; la saveur, douceâtre d'abord, ient bientôt acre et amère. On administre la détion de racine à la dose de 15 à 30 grammes par )gramme d'eau, pour augmenter la sécrétion des nés ou celle des sueurs ; dans les affections darîses, les engorgements lymphatiques et glandus; la poudre des feuilles à la dose de 1 1/2 à rammes comme vomitif,

ette plante ne niérite nullement le nom de npte- Venin que les anciens lui avaient donné à se de prétendues vertus alexipharmaques. On Cultive dans les jardins quelques espèces exotis remarquables par les houppes de soie chainte qui accompagnent les graines,

3 vous ai promis de mêler peu à peu, à l'étude îiale que nous faisons des plantes médicinales, lotions théoriques les plus indispensables pour 3 initier aux éléments de la Botanique, et, comme 3 avez pu le remarquer, j'évite de suivre une che didactique et de fatiguer votre mémoire de s qui, sans doute, auraient peine à s'y fixer. Je re vous entretenir aujourd'hui de ce que l'on slle la classification des plantes. C'est d'ordinaire chapitre fort compliqué, aride; mais, comme je point la prétention de vous faire ici un cours Jotanique, je me sens libre de trancher dans le t à ma guise pour l'adapter au but que je me >ose.

l'on examine chacun des individus-plantes qui jtituent un champ de blé, on reconnaît facilement

s sont de même nature, qu'ils appartiennent à la le espèce, et Ton s'attend à ce qu'ils reprodui-

dcs individus semblables à eux, Mais la culture,

le climat et d'autres influences peuvent appo chez quelques individus des différences notabl qui se reproduisent de manière à constituer < sous-variétés, des variétés, des races nouvelles

Si Ton rassemble des espèces dont les traits pr cipaux sont très-rapprochés, par exemple la Ros cent feuilles, YEglantine et la Rose du Bengz on formera naturellement le genre Rosier.

Nous avons déjà remarqué des plantes Phané games et Cryptogames , c'est-à-dire dans l quelles les organes reproducteurs sont visibles; cachés; voilà un élément utile de distinction, étudiant la germination du Haricot, je vous ai] remarquer les deux cotylédons ou parties charm qui enveloppent puis nourrissent Y embryon ; i bien ! il y a des plantes, comme la Fougère; Champignon, dont les graines sont dépourvues) ces organes ; d'autres , comme le Blé , le Lis , l'( chis, l'Arum n'ont qu'un cotylédon et sont ap lées Monocotylèdones. Maintenant , parmi t plantes Dicotylédones (à deux cotylédons) il y a dont les fleurs n'ont pas de pétales comme l'Ai toloche , le Plantain ; d'autres qui n'en ont qu'i par exemple le Bleuet, le Sureau, la Laitue ; d'« très enfin qui en ont plusieurs, comme l'Angéli le Pavot, le Rosier; de sorte que l'on peut et les grandes divisions de plantes Apétales , Mo pétales , Polypètales , c'est-à-dire sans pétale, pja sédant un , possédant plusieurs pétales. Chac de ces grandes divisions peut se scinder en clas ou familles qui seront reconnaissais à la dis sition et au nombre des organes de la reprod tion ; telle est, en abrégé, la méthode de classifià tion de Jussieu,

mme vous voyez, vous saviez déjà une partie > que je viens de vous dire ; la plupart des mots liques, tirés du grec, vous étaient familiers, de i que vous avez pu saisir en quelques instants jrincipes, fort simples d'ailleurs, mais qui sont ent une pierre d'achoppement dans les livres iques de Botanique. — Cela dit et retenu, rens à nos plantes.

fete petite Labiée à fleurs purpurines dont les

cilles très -rapprochés forment un épi ter-

jl , c'est la Bétoine (Betonica officinalis), qui

Idans les lieux ombragés, les bois, les taillis,

pairies. Sa tige, haute de 30 à 60 centimètres,

le , droite , carrée , un peu velue , porte des

les opposées oblongues, pubescentes, dont les

les diminuent en se rapprochant du sommet.

est peu d'accord sur ses propriétés. Louée à

nce par quelques médecins , elle en a vu

es lui refuser toute efficacité. Réduites à leur

valeur, ses propriétés n'en sont pas moins

usantes. La poudre des feuilles, administrée

un jaune d'œuf à la dose de 3 à 6 grammes

e heures après la fin de l'accès, dans les fièvres

inales rebelles, produit une révulsion si-

e par un effet éméto-cathartique, après la-

> l'usage des toniques achève la guérison. On

iussi employer la poudre de racine à la dose

i 3 grammes, pour obtenir des évacuations de

nac et des intestins. Pour préparer l'infusion

juilles la dose est 10 à 20 grammes par kilo-

pe d'eau. On emploie la poudre des feuilles

Je sternutatoire pour combattre les maux de

erveux,

Souhaitons la bienvenue à cette fleur charnel des bois, Tune des premières et des plus sti productions du printemps. Un parfum qui rapt celui de la fleur d'oranger se dégage de ses pe fleurs blanches en grelot attachées au nombtf douze environ aune hampe grêle, haute de 15 centimètres , embrassée à la base par deux» gués et grandes feuilles radicales. C'est le Mt ou Lis des Vallées (Convallaria maialis).

On emploie en médecine le rhizome, les fto et les petites baies tachetées d'abord puis ro qui leur succèdent, on récolte les fleurs au moï où elles s'ouvrent, il faut séparer les pétales è sécher à l'étuve ou dans un four peu chaud dessiccation détruit leur odeur mais n'en altèrt la saveur amère, acre, nauséeuse, qu'elles cornu quent à l'infusion aqueuse. Les baies, et les cines que Ton peut cueillir en toute saison, ce aussi à l'eau des principes amers et acres i abondants.

On a employé le muguet comme antispasn que, mais avec un succès douteux. Il suffît de< tre à profit son action sur l'estomac et sur PiJ tin. JLa racine surtout a la propriété de faire v4 et de purger selon les doses que l'on adminis malheureusement on ne règle bien ces doses, >! chaque cas , qu'après quelques tâtonnements sorte que, s'il n'y a pas de temps à perdre, ' plus prudent d'employer un éméto - cathartlti d'un effet plus certain ou plus constant grammes de fleurs fraîches broyées avec du < produisent d'abondantes évacuations intestin;^ accompagnées de coliques peu durables que apaise d'ailleurs en prenant quelques tasses*!

lion de veau pendant l'action du remède. Si augmente la dose, on produit des nausées, puis jmissement. Ce que nous avons dit au sujet autres remèdes éméto-cathartiques dans le 3ment des fièvres intermittentes s'applique à ge du Muguet : il agit surtout en causant une irbation salutaire, et l'on doit compléter ou ast! la cure par l'emploi prolongé des toniques s et astringents. Quant aux baies, que l'on a nmandées comme antiépileptiques à la dose à lô grammes, elles ne doivent guère inspirer Dnfiance contre cette maladie qui a le triste lége de compter plus de remèdes que toute au- >ar cela même qu'on n'en a pas encore trouvé îrtain , même pour les genres d'épilepsie qui suceptibles de céder à un traitement rationnel, •ésence de cette terrible maladie et de celles qui itent les symptômes, il est impossible de choisir p sûr, dans chaque cas, le remède qui guérira; pourquoi on est obligé de recourir à des este toute sorte dans l'espoir, fondé d'ailleurs, de er le médicament le mieux approprié à chairconstance.

? fleurs de Muguet, pulvérisées après dessiccaforment comme les feuilles de Bétoino, un îternutatoire , dont l'action révulsive sur la Drane muqueuse du nez est souvent utile dans ouleurs de tête invétérées, les fluxions chronides yeux et des oreilles, tons en passant que par la culture on a prome variété de Muguet à fleurs plus grandes, on possède deux sous-variétés : l'une blanche 1rs doubles, l'autre à fleurs simples d'un beau ï Elles sont traçantes comme l'espèce sauvage,

on peut les multiplier comme elle par sépan des touffes après la floraison ou par semis, ex< pour la sous-variété double.

Mes amis , lorsqu'on n'a vu les plantes mé nales que dans la boutique de l'herboriste, oui magine facilement que les plus laides sont les ïi| leures, et que les vertus plus ou moins occi qu'on leur suppose, n'agissant d'ailleurs que une série de sensations désagréables, excluent t idée de beauté, de grâce , de fraîcheur, dan végétaux-remèdes. Il faut avouer que cela est quelquefois , mais aujourd'hui , vous voyez nous pouvons former un vrai bouquet chamf avec les sujets que j'ai triés pour notre causi Que chacun de vous prenne en main une de branches fleuries de Genêt; leurs belles gra] jaunes méritent de nous occuper quelque ter Vous l'avez peut-être entendu nommer Sparti balai, Genettier, Juniesse; pour nous, c'es Genêt a balai (Spartium scoparium) de la fac des Légumineuses*

Avant d'aller plus loin, je veux vous dire q ques mots de cette famille très- intéressante, s quelle appartiennent le Haricot, le Sainfoin, l'Ac*1 la Lentille, le Trèfle, la Luzerne. Toutes ces ! gumineuses sont réunies sous la dénominatioi Papilionacèes à cause de la forme caractérisa de leurs fleurs que nous allons étudier en détai

Si vous examinez attentivement la fleur de 1* de ces plantes, vous verrez qu'elles se rappor toutes à un type qui vous est bien familier, la du Pois cultivé. Comme vous voyez, la prem pièce de la corolle est un grand pétale évasé, fei

îhaut, qui semble destiné à recouvrir, à protéger ) autres parties : on le nomme le pavillon ou endard.Si vous détachez ce pétale, vous remarâ qu'il est emboîté solidement avec les deux

Corolle papilionacée

tes inférieurs ou ailes qui se réunissent pour

•mer les organes de reproduction soutenus a

artie inférieure par deux pièces recourbées

ne la proue d'une barque, d'où leur nom de

le. Si nous continuons à disséquer la fleur,

trouvons, dans le genêt, dix ètamines, un

'e surmonté d'un style simple un peu courbé

rminé par un stigmate. Le fruit est, comme

du pois, une gousse dans laquelle les graines

attachées par un pédoncule nommé funicule.

Jrme particulière de fruit appelée gousse est le

| caractéristique des légumineuses, et la forme

Hir que nous venons d'étudier a fait ranger

toutes les légumineuses qui en sont pourvues cm la tribu des Papilionacèes, dont le Genêt estai représentant digne d'intérêt à tous égards.

Le Genêt est un sous-arbrisseau, c'est-à-dire m sa tige est dure, ligneuse, tandis que ses ramea sont tendres, herbacés, Vous voyez que ses fui les ovales, pubescentes, deviennent plus petit! mesure qu'elles se rapprochent de l'extrémité'! rameau et perdent peu à peu leur pétiole poui venir sessiles. Il croît abondamment dans les rains secs et fleurit en mai et juin. Toutes parties offrent une odeur désagréable, une san amère et nauséabonde. On emploie en nq cine les rameaux, les fleurs, les graines, l'éce et Ton obtient, selon les parties et les d< des effets diurétiques, purgatifs ou éméto-cat tiques.

Une décoction des rameaux et sommités flei (30 à 60 grammes par kilogramme d'eau) admi trée à dose altérante ou légèrement laxative e: tcutes les sécrétions, notamment celle des uri et peut rendre de grands services dans le rhi tisme chronique, la goutte, les scrofules, les n dies chroniques du foie et de la peau ; à dose forte, c'est un des meilleurs remèdes à essayer t les infiltrations aqueuses et les diverses foi| d'hydropisie. Pour cette dernière maladie, o:J trouve très bien de l'usage d'un vin préparé .1 500 grammes de cendres de genêi dans 2 grammes de vin blanc, à la dose de 125 gramfl chaque matin. Mais ce remède, comme tous <l qui augmentent l'activité des reins, serait nuis il si ces organes étaient le siège d'inflammation. H tion thérapeutique des cendres de genêt est dl

2e PARTIE.

Sommité de Genêt,

leurs due en grande partie au carbonate de s qu'elles renferment, elles agissent donc d'une f toute autre que les fleurs ou les rameaux.

Le Genêt d'Espagne (Spartium junceum), eu dans nos jardins et qui croît naturellexnent da midi de la France, a les mêmes propriétés que qui nous occupe. Il en est ainsi du Genêt des turiers (Genista tinctoria) vulgairement G< trole, Spargelle, Herbe à jaunir, qui fournit teinture une belle couleur jaune vif ; et du G purgatif ou Genêt griot (Spartium purgans)

On a faussement attribué au Genêt des v€ anti-rabiques. Dans les cas où l'on a cru réuss est possible que l'on doive attribuer le succès cautérisation des pustules qui se développent c nairement sous la langue du troisième au vième jour après la morsure. Mais ces pus n'existent pas toujours, et jusqu'à présent il r^ qu'un remède qui puisse mériter quelque confia' c'est l'emploi d'un bain de vapeur prolongé, plus haute température que le patient pourra porter.

Terminons cette promenade déjà bien longue l'examen de ces somnités fleuries d'HyÈBLE (S bucus ebulus) et de Sureau (Sambucus niçt nommé dans quelques campagnes Séu et Si* Leurs propriétés étant les mêmes, je ne vous ]1 lerai que du Sureau dont nous avons ici les fl<| disposées en corymbes terminaux ombellifornt Vous avez pu remarquer que cet arbre n'est i que ni par les animaux domestiques ni par les nillee, On dit que ses baies qui sont purgatr

ent les poules et que ses fleurs sont funestes aux adons. Vous savez du reste que ses feuilles, lorsl'on les froisse, dégagent une odeur très-désaéable, et que l'odeur des fleurs fraîches est naueuse , mais devient presque agréable après leur issiccation. L'infusion de ces fleurs sèches, à la >se de 4 à 15 grammes par kilogramme d'eau, est i sudorifique d'un emploi vulgaire, tandis qu'une tcoction de fleurs fraîches agit comme diurétique I purgatif ainsi que celle des feuilles (30 grammes I kilogramme d'eau) qui est d'ailleurs moins itée.

La partie du Sureau qui a le plus d'énergie à tat frais est la seconde écorce, c'est-à-dire l'écorce irte qui se trouve immédiatement au-dessous de piderme grisâtre. Une décoction de 60 à 70gramps dans un kilogramme d'eau, coupée avec moitié ht et administrée quatre ou cinq fois par jour à ses croissantes de 60 à 100 grammes, a souvent lié de bons résultats dans l'hydropisie ; iï en est

même du vin de sureau préparé en faisant in- 3er 1 50 grammes de seconde écorce dans un kiloamme de vin blanc. On peut aussi donner le suc

l'écorce par doses de 15 à 60 grammes par jour. >ur obtenir un résultat, il faut causer de copieuses acuations. Toutes ces préparations, bien que spétlement purgatives agissent aussi comme vomitif ?squeles doses sont un peu fortes.

ÏLaissez-moi choisir d'abord dans votre cueillette

Jtte petite plante remarquable par son odeur de

uc qui croit sur les vieux murs, les décombres,

les lieux frais et incultes, où elle fleurit pei toute la belle saison, Vous l'entendrez appe Herbe à Robert, Bec de grue, Géraine robert

Géranion.

Herbe à l'esquinancie. Pour nous, c'est le Géran (Géranium Robertianum), plante bisannuelle 30 à 35 centimètres, aux rameaux rougeâtres,

tirs rosées, dont le fruit velu se termine en bec ongé, type de la famille des Gèraniacèes. ''3'est un astringent faible, usité parfois en gar- ♦isme dans l'angine et à l'intérieur dans les hérrhagies; la dose est de 15 à 30 grammes dans > grammes d'eau.

Si vous examinez attentivement le fruit du Géra^ n, vous verrez que les graines sont renfermées îs de petites loges enchâssées au bas d'un axe >ngé et soutenues par des filets qui partent du bmet de l'axe. A la maturité, les loges s'entrount et les filets se recourbant subitement vers le timet, lancent les graines de manière à les semer ne certaine distance.

fous pouvez admirer dans beaucoup de plantes lilières cette prévision de la nature pour la dislination des graines par la force mécanique dé- )ppée à un moment donné par les parties élasti- 5S du fruit, et vous avez sans doute provoqué jouant cette détente des fruits de la Balsa- /ie.

le que vous me présentez ici est un membre de

amille des Fougères, nommé parfois Adiante,

îveux de Vénus, qui croît abondamment dans

lieux humides et ombreux, surtout dans le midi

la France, et dont les feuilles ont acquis en mé-

ine une réputation fort exagérée. La Capillaire

iliantum capillus Veneris) est légèrement styp-

iue et amère, son odeur agréable se développe

lis son infusion. C'est un remède vulgairement

jjployé comme bèchique dans les affections de la

)!trine, mais assez insignifiant. On appelle 6é-

y'ques des médicaments doux, émollients, cal-

mants qui apaisent la toux et les irritations d( poitrine.

Voici un autre remède béchique, mais plus ui parce que ses propriétés sont plus actives et pj nombreuses, c'est le Tussilage (Tussilago farfai de la famille des Composées, appelé aussi Pas d'âi Pas de cheval, Herbe de Saint-Quirin, ou de Sai.1 Guérin, Taconnet, Procheton ; c'est une plante vace qui se trouve dans les terrains argileux, a bords des fossés, des ruisseaux, les tiges se des hampes simples, longues de 10 à 15 centin très, garnies de nombreuses écailles et qui porte chacune en avril-mai une fleur d'un beau jau de soufre à laquelle succède un fruit (akèi oblong, cylindrique, couronné par une aigreti Les feuilles, radicales, pètiolèes, cordiform* lisses, dentées, d'un beau vert en dessus, sont blat châtres et cotonneuses en dessous, et ne se montre qu'après les fleurs ; pour les conserver il faut dessécher avec soin, car l'humidité les déti promptement.

Les fleurs d'une odeur forte, agréable, d'une s veur douce et aromatique, sont rangées parmi 1 espèces pectorales ou bachiques, comme la Mauv) le Bouillon blanc, la Violette. Quant aux feuille que l'on emploie en décoction à la dose do 60t 100 grammes et plus par litre d'eau, elles passaie depuis longtemps pour efficaces dans les affectioi scrofuleuses, lorsqu'il s'éleva sur leurs vertus d< doutes exagérés qui ne sont pas encore banris c l'esprit des médecins. Des expériences con3cieii cieuses reprises depuis quelques années ont prom qu'elles constituent une ressource précieuse, poij

anipagnes, dans la scrofule et ses complications rses, soH seule, soit •ûdée par l'usage du vin entiane. Le traitement est toujours long, quels (soient ies remèdes employés, aussi ne faut-il me rebuter après les premiers essais. On fera \\ de donner chaque jour 60 grammes de suc Veuilles, en augmentant progressivement jusji 100 grammes. Pouf boisson on préparera une iction de 50 grammes de feuilles sèches dans un gramme d'eau, à prendre dans la journée. Pour lige externe, le Tussilage est avantageusement fôlacé par des plantes plus énergiques, comme Jlexemple les feuilles et les sommités de la salaire dont nous allons maintenant nous occuper,

Ji Saponaire (Saponaria officinalis), de la famille \Caryophyllèes, vulgairement Saponière, Saère, Herbe à foulon, est une plante vivace, Inune auprès des rivières, des ruisseaux, des '5S, des haies, etc. D'une racine grêle, d'un blanc iâtre, allongée, rampante, s'élève une tige here peu rameuse, haute d'environ 60 centimè- \ garnie de feuilles opposées, lisses, d'un vert Ire, et terminée par un corymbe-ombelliforme i>lies fleurs blanches ou rosées à cinq pétales, paraissent en juillet-août. Toute la plante cont une substance nommée saponine, solubledans i, à laquelle elle communique toutes les proies de l'eau de savon ; aussi l'emploie- t-on pour chir le linge et enlever les taches des vêtets. On s'en servait autrefois pour préparer les es de laine avant la teinture, d'où son nom rbe à foulon. La eaponine se rencontre aussi le Mouron rouge, l'Œillet, l'Arum, les jeunes

24 LES REMÈDES DES CHAtoPS

pousses de Pomme de terre et dans un grand noi de végétaux exotiques.

La culture a produit deux variétés de Sapona e à fleurs simples et semi-doubles, elles déniant! un sol frais et un peu d'ombre.

Cette plante est spécialement dépurative, c'esi dire capable .non pas de délivrer l'organisme! quelque matière impure qui s'y trouve toute f orrlj comme on le croyait autrefois, mais capable! donner aux tissus, par son action tonique, apij tive, fondante et légèrement diurétique, la forci sécréter et d'absorber dans des conditions normad C'est en effet un agent excitant, tonique, propJ augmenter les sécrétions et à stimuler les foncti de nos organes. On comprend dès lors qu'elle* utile dans les maladies chroniques, comme adju'J du traitement spécial, ainsi que dans les convai cences. Elle rend parfois de grands services ai les affections dartreuses, et son emploie n'c{ aucun danger.

Pour préparer la décoction on emploie de 30 grammes de racine broyée, ou de feuilles racines sèches, par kilogramme d'eau.

Ce que nous venons de dire au sujet des ]J priétés médicales de la Saponaire s'applique,» grande partie, à celles de la petite plante que rM avons ici, la Fumeterre (Fumaria offîcinalis)^ la famille des Fumariacées, qui est tonique, il dante, dépurative et légèrement vermifuge. <i l'emploie avec avantage dans le traitement des * ladies des viscères, des scrofules et des maladie!» la peau qui ne réclament pas l'emploi de remial spéciaux, comme les dartres. Elle convient tf

i aux enfants atteints de faiblesse des organes îstifs, de croûtes de lait, d'affections vermines. Cependant la Fumeterre n'agit dans ce derl cas que par ses propriétés toniques et par son trtume.; elle ne serait pas assez énergique s'il rissait de débarrasser rapidement l'intestin de ti qui causeraient des accidents inquiétants, lame la Fumeterre croît abondamment dans les mps, les terres cultivées, les vignes, on peut la Instituer au Trèfle d'eau comme antiscorbutique, m il est difficile de se procurer cette plante. tes vaches et les moutons la broutent malgré ^amertume, mais elle est délaissée par les coins et les chevaux. Vous l'avez peut-être enfiue nommer Fiel de terre ou Pied de geline. ! est facile à reconnaître : la racine blanche, \>tante, fibreuse, donne naissance à une tige |ce, étalée, longue de 25 à 30 centimètres, portant krès-petites feuilles d'un vert bleuâtre ou cendré, imposées, et dont la disposition rappelle celle feuilles de Persil. La fleur, d'un bleu rougeâtre, i.etée de pourpre au sommet, forme des grappes linales lâches qui se montrent de mai à oce.

n récolte la Fumeterre un peu avant l'éclosion fleurs, et on la dessèche promptement. Le suc rimé se donne à la dose de 60 à 100 grammes, | ou mêlé au petit-lait, on prépare un sirop en loutant son poids de sucre. Pour l'infusion ou écoction on emploie de 30 à 60 grammes de la ite sèche par litre d'eau, de bière ou de vin. y a quelques autres espèces de Fumeterre, e autres la Fumeterre bulbeuse (Fumaria buli) dont la racine qui contient de l'amidon est

mangée par les Kalmoucks, mais elles ne renûh cent pas bien celle dont je viens de vou3 parleil à

Voici encore une plante qui jouit de prcpr ji dépuratives, mais à un degré moindre que les ty cédentes : c'est la Pensée sauvage ( Viola, trico r) ou Petite jacée, Fleur de la Trinité, Herbe I clavelée, qui vous est trop familière pour al besoin de description. Elle appartient à la failli des Violarièes. On récolte l'herbe entière et fiera pendant toute la belle saison, et il faut prell soin de la dessécher promptement.

On prépare l'infusion avec 30 à 60 grammeiq plante sèche par litre d'eau. Elle semble spécli ment utile dans les croûtes de lait, cette ma.il commune de l'enfance qu'il faut s'empresse)» guérir aussitôt qu'elle se manifeste, malgré le n jugé populaire qui veut qu'on les respecte coij un travail utile de la nature. Pour cela, ona macérer pendant la nuit de 4 à 8 grammes de pi sèche dans 250 grammes d'eau chaude ; le ir; on fait bouillir, on coupe avec un quart de h sucré et l'on administre à jeun. Il faut donne | remède pendant deux ou trois semaines.

La racine de Pensée sauvage est émétique, cori celle de Violette.

Voici, mes amis, une plante plus connue dan a jardins potagers qu'à l'état sauvage, mais qui.a pendant, croît spontanément dans les terrains lé « et sablonneux: c'est I'Aspefige (Asparagus office lis), de la famille des Liliacèes.

La souche, que les jardiniers appellent griffem formée d'un faisceau de racines jaunâtres ou <i«

Ih, grosses comme une plume d'oie. Au prin- 5i )S elle donne naissance à des tiges souterraines

Asperge.

Griffe.

Rameau

driques, écailleuses, nommées turionsx qui se inent par un bouton légèrement conique formé

par la réunion d'écaillés qui recouvrent les fii ments des rameaux. Au lieu de couper les ti»i l'état de turions pour l'usage de la table, si oife laisse se développer, elles atteignent au-dessifc sol, plus d'un mètre de hauteur. Les bouquetsp formes qui garnissent les rameaux sont de m ses feuilles, ou plutôt des rameaux second ire partant de l'aisselle de la feuille véritable qui i>n siste en une simple petite écaille brunâtre. 1 fleurs mâles et femelles se trouvent d'ordinaircta des individus différents, ce sont donc des fm dioïques; elles consistent en petites clochette six découpures, qui produisent une baie gli leuse, d'abord verte, qui devient d'un rouget en mûrissant.

Il n'y a guère qu'une préparation d'asperge ressante en médecine, c'est la décoction de raci la dose de 15 à 60 grammes par kilogramme d' Elle possède la propriété d'activer la sécrétion naire, et comme tous les diurétiques, serait sible dans le cas d'inflammation des reins, turions jouissent de la même propriété, mais à faible degré. L'asperge donne aux urines odeur caractéristique désagréable.

Cette plante est une de celles qui s'amélio le plus par la culture, et qui récompense le miji les soins industrieux et persévérants. Le jardi peut transformer un sauvageon sans valeur en des produits les plus recherchés de nos tables. !

Je vous ai dit tout à l'heure que les fleuri l'Asperge étaient dioïques, c'est-à-dire que les fié de sexe différent étaient portées par des plai différentes. Voici maintenant une plante à fie

lioïques c'est-à-dire de sexe mâle et femelle sur i eul pied, comme nous l'avons vu dans la ciidlle; c'est I'Ortie (Urtica), vulgairement Ortie fehê, Petite Ortie, Ortie brûlante, type de la lie des Urticèes; mais dans cette même famille,

fiW

Ortie.

trouvons YOrtie dioïque (Urtica dioicà), vuliment Grande Ortie, Ortie vivace, dans laquelle 3 leurs de sexe différent sont séparées comme ls de l'asperge.

La deux espèces croissent abondamment dans décombres, les lieux incultes, les haies. La Pe- Ortie possède à un bien plus haut degré que la

grande, la propriété de produire sur la peaiu cuisson douloureuse accompagnée de déniant son, dont la médecine se sert parfois comme r/i

sif et dérivatif, ia

les douleurs rhta

tismales, sous leic

d'urticntion. L

feuilles sont corç

tes de poils à lam

desquels se tjl

une petite véiU

pleine d'une lice

caustique qui il

dans la piqûre, m

que les poils pénétrant dans la peau, compria

le réservoir. Toutefois l'habitude rend à peu I

insensible à l'effet de ce venin.

Fleur mâle d'Ortie.

Fleur femelle d'Ortie, sntiêre et coupée.

La seule propriété médicale indiscutable petite et de la grande Ortie, c'est d'arrêter prfll tement les hémorrhagies. Pour cola, on ci Surtout le suc des tiges et des feuilles à la do i

Lamier blanc ou Ortie blanche.

100 à 200 grammes, répétée assez souvent, sivai les cas. Ce suc introduit sur du coton dam narines, arrête facilement les saignements dae:

En Suède on cultive la Grande Ortie comme mi rage. Elle donne de la nourriture aux bestiauldt le commencement du printemps, et Ton eM pendant l'été deux ou trois coupes que l'ontoi serve pour l'hiver. Les volailles aiment ses giini et mangent ses feuilles après qu'elles sont fanjB ne peuvent plus leur piquer le palais, celles-cB utiles surtout aux jeunes dindonneaux. Enfll peuples du Nord retirent de la racine une coB jaune et emploient les fibres des tiges à la plaB chanvre. Vous voyez, mes amis, que malgriB abord peu attrayant, cette plante si vulgaiil une de celles qu'il nous importe de connaîW que l'on n'utilise pas assez chez nous.

Il ne faut pas confondre les plantes que noiB nons de décrire avec l'Ortie blanche qui appa à la famille des Labiées, appelée en botaniqu

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