ACTE DEUXIÈME I I
LE DOCTEUR
C'est bon ! c'est bon!
LE PÈRE GUERNOCHE
Un jour, j'rentrais à m' maison, j' vois su' la route la fille à Baffieu qui s' tordait en gueulant, quasiment comme si ç' avait été le diable ! J' la regarde, a m' regarde, aile a peur ; j'y crie très fort : « Tais té 1 « pis v'ià qu'aile est guarie. Après, quand il y en avait d'autres qu'étaient malades, on m' les amenait. Moue, pou point m' fâcher avec les gens, j' faisais celui-là qui savais guarir, et elles guarissaient positivement. J' leur faisais comme ça... (// simule des signes magnétiques] sans savoir... pour faire quelque chose, quoi. Et un jour que j' fûmes à Rouen, j'ai vu un magnétiseur; alors, j'ai compris que j' guarissais par l'électricité. Voilà!
LE DOCTEUR
Et VOUS n'en faites jamais mourir, des malades?
LE PÈRE GUERNOCHE
Jamais, vu que je n'ieu donne point d' médicaments...
LE DOCTEUR
Et pourquoi guérissenl-ils, à votre avis ?
LE PÈRE GUERNOCHE
V'ià... J'ai ruminé ça dans m' tète, aveucque mes moutons... c'est d'électricité, d' mon électricité...
I i6 l'evasion'
parce que, il y a deux espèces de maladies: d'abord quand les humeurs se mêlent avec le sang ou bien quand c'est le sang qui tourne en eau ; vous savez ça aussi bien que moi, pas vrai? Vous allez voir ce que le monde est bête quand il est malade...
DOCTEUR
Certes!
LE PÈRE GUERNOCHE
S'pasr Y a que nous pour savoir ça, positivement...
LE DOCTEUR
Assez! Laissez-moi tranquille... Allez-vous-en... Et que je ne vous y reprenne plus !
LE PÈR£ GUERNOCHE
Je ferai mon possioie, m'sieur le docteur ! ''// s'éloigne.)
LE DOCTEUR, à pJ.rt.
La suggestion... Le zouave Jacob... {A Guernoche.) Dites-moi, avez-vous guéri des malades qui avaient des plaies, des tumeurs ?