L.\ZARETTE
Oui. Est-ce qu'il rit déjà ?
Hein?... Attendez... Nous parlerons du petit tout à l'heure.
L,\ZARETTE
Mais alors, dépêchez-vous?... Le mois, je Ta envoyé. Après?...
M. FRANÇOLS
Après... Attendez !... Il faut que je mette mon lorgnon... Ah ! Je n'ai plus mes yeux de vingt ans. Na... La... Sa... Qu'est ce que j'ai bien pu vouloir mettre là?... Ah ! oui... savon et sucre... Il salit beaucoup votre moutard, parce qu'on le tient très propre. Alors, le père Planchot demande un petit quelque chose en plus pour le savon... rien que pour ce mois-ci.
LAZARETTE
Oui, oui, c'est entendu. Alors on en a bien soin ?...
I. FRANÇOIS
Attendez... (Lisanf.) a M. Richon... » M. Ri- <ihon... Pourquoi diable que j'ai écrit le nom de M. Richon. Oui, il y a bien M. le D"" Richon = Ah! j'y suis. Savez-vous Tadresse de madame Chapois ?
LAZARETTE
Oui, chez madame Caron, 50, rue Tronchet.
C'est pour M. le D"" Richon.
LAZARETTE
Il est à Paris ?
M. FRANÇOIS
Depuis huit jours, pour des histoires de médecin... Il viendra à six heures vous demander cette adresse. Voilà tout... Alors, maintenant tout le monde, là-bas, vous souhaite bien le bonjour...
LAZARETTE
Bon. Tout le monde va bien ?
M. FRANÇOIS
Tout le monde.
LAZAREÏTE
Et alors, mon petit ?
M. FRANÇOIS
Je vous dis, il va bien.
LAZARETTE
Oui, il va bien, mais ça ne me suffit pas... Il va bien... c'est pas assez... il se figure qu'il va me dire « il va bien » et que je n"en demanderai pas plus... Il va bien 1 en voilà une réponse 1 Naturellement qu'il va bien I S'il n'allait pas bien, je serais déjà à la gare. Donnez-moi des détails. Alors, il est gros?
Je vous dis que...
LAZARETTE
Vous dites que vous l'avez vu vendredi... ca fait... nous sommes aujourd'hui lundi... ça fait vendredi, samedi, dimanche... ça fait trois jours que vous l'avez vu... Est-ce qu'il connaît?
M. FRANÇOIS
Ben oui !... quand il entend le père Planchot toucher au biberon, il se remue, il se remue. LAZARETTE. ricint oiix éclats.
Ah ! ah ! ah ! ah I Quand il entend le père Planchot toucher au biberon, il se remue, il se
84 LES REMPLAÇAMES
remue !... Ah ! ah ! ah ! ah I... Il doit faire comme ça avec ses pitites minittes. [Elle ouvre et ferme les poings, les mains en l'air.)
M. FRANÇOIS
Oui.
LAZARETTE
Et rire... Est-ce quïlrit?
M. FRANÇOIS
Je VOUS crois ! L'autre jour, on ne sait pas à propos de quoi. .. à propos de rien...
LAZARETTE
11 a ri !.. . Oh I le trésor ! ... 11 a ri à propos de rien!
Et puis, faut y faire ses volontés.
LAZARETTE
Tiens, parbleu !... Et alors ?
M. FRANÇOIS
Alors, quoi?
LAZARETTE
Ben, après... Dites-moi encore quelque chose...
M. FRANÇOIS
C'est tout...
LAZARETTE
C'est tout pour vous, mais c'est pas tout pour moi... Il ne parle pas, bien entendu.
M. FRANÇOIS
Dame, à quatre mois.
LAZARETTE
Naturellement...
M. FRANÇOIS
Mais il essaie, il fait ma, ma, quand il voit la mère Planchot.
LAZARETTE '
Dans sa petite idée, il doit bien savoir tout de même que ce n'est que sa grand-mère... Il fait ma, mal... Vous voyez bien que ce n'était pas tout.
M. FRANÇOIS
Et puis l'autre jour — ah ! oui — il avait assez de son biberon qui était tout vide, je crois, il Ta poussé et Ta fait tomber par terre...
LAZARETTE
Voyez-vous cal [Rire., Ah I il n'y a plus rien dans le biberon!... Allez!... par terre! par terre, le biberon 1... Quand est-ce donc que je le verrai ?
M. FRANÇOIS
Vous n'allez pas pleurer ?