‹ Les remplaçantesChapitre 34 sur 162 · SCÈNE PREMIÈRE LAZaRETTE, ADÈLE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE LAZaRETTE, ADÈLE

LAZARE'iTE, en toUelto de nourrice parisienne, est

devant la porte ouverte du premier plan .

En attendant que son berceau revienne de

chez .son grand père, monsieur va faire dodo

dans le lit à sa maman... Là 1... Il dort... Ouf !

Elle regarde aut'^ur d'elle.) Et me voilà revenue

chez moi... Et mon mioche n'est pas malade...

ADELE

Mais, tu n"as donc pas reçu mes deux lettres. . . La dernière, je Tai mise à la poste avant hier. LAZARETTE, civec des rires.

Mais si! Mais ta lettre, c'est ca qui a fait découvrir le pot aux roses. C'est comme ça que j'ai su que tu m'avais envoyé une dépèche signée Planchot... Je te raconterai ça... ^'on, mais, il va bieni On ne dirait pas trop qu'il a été malade, tu sais... Je n'en reviens pas...

. Puisque je t'avais écrit...

LAZARETTE

Oui ! mais je ne croyais plus à rien après la chose que mes bourgeois m'avaient faite...

ADÈLE

Quelle chose ?

LAZARETTE

Tu ne comprends rien... Ta dépèciie... tu sais bien, ta dépèche...

ADÈLE

Tu ne Tas pas reçue ?

LAZARETTE

?son.

ADÈLE

Mais, c'est moi qui l'ai portée au télégraphe...

LAZARETTE

Je sais bien... Seulement, mes bourgeois ne me Font pas donnée, par peur que je m'en aille ..

ADÈLE

C'est donc ça que tu n"es pas venue?

Tiens, parbleu!... L'autre jour, quand j'ai reçu ta première lettre, disant qu'il était guéri, ils ont fini par m'avouer qu'ils avaient ouvert ta dépêche, et qu'ils ne me l'avaient pas donnée pour ne pas que je me mette les sangs à l'envers.

ADÈLE, simplement.

En voilà des cochons I

LAZARETTE

C'est ce que je leur ai dit.

ADÈLE, de même.

T'as bien fait.

LAZARETTE, dwis des rires.

Seulement, j'ai fait cette réflexion, qu'ils pourraient bien recommencer, et que la prochaine fois, on n'aurait peut-être pas la chance qu'il guérisse sans moi. Alors, je suis partie tout de suite en coup de tête.

ADÈLE

Tu as eu tort.

LAZARETTE

Ça se peut, mais, je me disais que peut-être ils mentaient encore.

ADÈLE

Et leur enfant?

LAZARETTE

Il ne manque pas de nourrices, dans les bureaux. Jeté dis, j'étais comme folle. Je n'ai pensé à rien; il m'est monté des idées... des idées... que peut-être, ils t'avaient écrit, qu'il était toujours malade, que j'allais sans doute le trouver. . . Dès bêtises, quoi... Les idées, ça marche, ça marche... dans le train surtout... parce que je suis venue en express... oui, ma chère, en seconde. Si le père Planchot savait ça, c'est pour le coup qu'il m'appellerait marquise... Je te dis, ea me Ijourdonnait dans la tète, mes idées allaient aussi vite que les roues... Je n'ai pas été longtemps pour aller de la gare à la maison du père Planchot, je t'assure... Ainsi, il avait eu des convulsions, le pauvre mioche. Ces* ça qui t'a effrayée...

ADÈLE

Oui... tu m'avais dit. .

LAZARETTE

Alors... où est-ce que j'en étais ?... J'arrive chez le père Planchot... Personne. Le père Plan-

chot était au cabaret, la mère Planchot à sa cuisine. Je vais au berceau dans le coin. Je te dis, je m'attendais à ne plus trouver qu'un pauvre tout petit, tout petit... Pas du tout, je vois mon gosse bien frais — pas gros, comme si je ne Favais pas quitté, cest sûr, mais bien portant — Alors... tu sais comme je suis bète, j'ai pas pu m'empècher de crier. Ça Ta réveillé, il a eu peur. Il a pleuré, jai pleuré aussi. A nous deux, on faisait une musique de tous les diables... La mère Planchot est venue, je ne me rappelle plus ce que je lui ai dit, j'ai pris mon petit et je tai rencontrée en arrivant ici... (Rires.) Hein ! c'est rigolo... [Bii-es.) Cette petite Adèle... Et toi, le fils Bordin? Vous vous mariez bientnt ?

Figure-toi...

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