‹ Les remplaçantesChapitre 59 sur 162 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LE DOCTEUR, après avoir regardé autour de lui et à mi-voix.

Toujours la même chose,

BERTRY

La nuit?

LE DOCTEUR

Mauvaise !

BERTRY

Pauvre vieux ! Enfin, qu'est-ce que tu as?

Moins ignorant des choses de la science, tu saurais que les maladies des médecins sont presque toujours des maladies exceptionnelles.

BERTRY

Et si c'était un client qui fût affligé de ton mal?

LE DOCTEUR

Eh ! Si c'était un client, je serais bien forcé de trouver un nom à son cas... et je lui donnerais de l'espérance dans sa guérison... je le tromperais — mais je ne puis pas me tromper moi-même...

BERTRY

Si tu voyais un médecin?

LE DOCTEUIl

Tu es bête.

BERTRY

Pourquoi pas?

LE DOCTEUR

On se moquerait de moi.

BERTRY

Tu sais mon opinion sur la médecine, je n'y crois pas... seulement, comme toi, tu es bien forcé d'y croire, je pensais...

C'est bon... As-tu trouvé un nouveau régisseur ?

BERTRY

Non.

LE DOCTEUR

Le bon docteur Richon est allé en voir un... Ça ne te tenterait pas, toi, de te mettre à la tête de cette grande exploitation agricole ?

BERTRY

Moi?... Alors, tu crois que parce que j'ai été jadis industriel, je puis m'improviser agriculteur, à mon âge?... Pourquoi n'y envoies-tu pas ton beau-fils, à Ebreville ?

LE DOCTEUR

Jean ?

BERTRY

Dame !... les terres sont à lui... il est maladif, cela lui ferait du bien.

LE DOCTEUR

Rien du tout.

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