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SCÈNE IV

Les Mêmes, PLANGHOT, puis MADAME .JEAN

JUBIEK, à Planchol.

Alors, Planchot^ demain nous allons à la perdrix?

4'LANCIIOT

Tu sais bien que je n'ai pas de permis.

.lUBIER

T'en prendras un... Maintenant, tu peux...

PLAXCliOT

Maintenant?...

.JUBIEK

Parbleu ! . . . Le père François n'a pas offert une place à ta femme?

PLANCHOT

Si.

JUBIER

Alors?

PLANCHOT

Nous avons refusé.

JUBIEK

C'est pas vrai. Demain, nous allons à la perdrix.

PLANCllOT

Demain, je Iravaillerai.

JUBIEH

Vrai?

PLA.XCJIOT

Vrai :

.JLBIEK

Tu n'es qu'un feignant.

l'LANCHOT, riant.

Tu m'appelles feignant parce que je vais travailler.

.JUBIER

Je t'appelle feignant parce que tu donnes le mauvais exemple. Tu n'es qu'un serin, daller t'éreinter alors que tu pourrais faire comme moi. Il n'y a pas tant de travail dans le pays; tu ne devrais pas le voler à ceux qui en ont besoin... Seulement, voilà, tu es jaloux de ta femme.

CHAPOIS

Tu as peur qu'on te la prenne à Paris.

PLANCHOT

Je ne suis pas jaloux. C'est ma femme qui ne veut pas.

LKS RKMI'LAi;AMI.S li

.HBIEH

Elle ne veut pas être nourrice sur lieu?

PLANCHOT

(Test son idée.

.nHiEi; Il u"v a pas (le plus beau métier pour une femme.

PLANCHOT

,1e ne dis pas non, mais elle ne veut pas.

.TTBIER

Alors, f'est elle qui commande?

PLANCHOT

Non.

JIBIER

Je parie que le dimanche, c'est toi qui lui cires ses chaussures?

HRETONNET

Nom d'un chien ! Si j'étais à sa place.

JUBIER

Oui. Demande à Bretonnet ce qu'il en pense, du métier.

BRETONNET

Bien manger, bien boire, bien dormir. Etre dorlottée par tout le monde ; mener les bourgeois par le bout du nez !...

LES REMI'LAi.AMES

JUBIER

Et envoyer tous les mois jusqu'à cent francs à son petit liomme.

CHAPOIS

Sans compter les cadeaux.

JUBIER

A la première denU

CHAPOTS

Au premier pas.

JUBIER

La mienne m'a fait expédier vingt francs pour ma fête parce qu'elle a dit que je serais trop triste d'être tout seul, et que, de me savoir triste, ca lui ferait du mal.

CIIAPOIS

La mienne m"a brodé ces pantoulles-là... El c'est sa patronne qui a fait le dessin. (/?//v.v.)

BRETÛN.NET

Ont-ils de la veine, ces animaux-là, ont ils de la veine !

JUBIER. allfi/il jiniiPi' les biiiileilles à ïiiadnme Jean /lar-dessu.s la /lair.

Madame Jean !... (A Planchot.) Enlin, pourquoi qu'elle ne vçut pas ta femme?

IM.A.NCllOT

Elle aime mieux ne pas gagner tant d'argent et ne pas abandonner son enfant.

LES REMPLAÇANTES 'l'S

JLBIER

Et le biberon, c'est-y fait pour les chiens?

MADAME JEAN

Ah ! ce M. Jubier, il a réponse à tout I

PLANCIIOT

Des enfants élevés au biberon; il en meurt trop.

MADAME JEA.X

En voilà des bêtises! Cest encore des histoires de médecins! C'est comme maintenant, ils ont inventé qu'il faut faire bouillir le lait avant de le donner... Moi, je leur répondrai une chose, aux médecins : Est-ce que la vache fait bouillir le sien avant ded le onner à son veau? Ah !..,

JUBIER

Oui, réponds... Est-ce qu'elle le fait bouillir?

MADAME JEA.N

Ils ne savent quoi imaginer. Ils s'entendent avec des fabricants pour faire marcher le commerce. Voilà qu'ils disent maintenant qu'il ne faut plus de biberons à tube.

BRETONNET

Paraît.

MADAME JEAN

Des bêtises, je vous dis, monsieur Bretonne t. A la maison, nous étions huit, nous avons tous été élevés comme ca. Est-ce que ça m'a em-

pèchée de profiter?... Les médecins sont des ânes I

PLANCIIOT

Ça, c'est vrai.

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