SCÈNE III JUBIER, CHAPOIS, BRETONXET
.JUBIER
Probable que la Planchot va se décider à aller à Paris.
CHAPOIS
M. François lui aura trouvé une bonne place.
BRETONNET
Dis-donc, Jubier... Ta femme, est-ce qu'elle a des grands rubans comme en avait madame Chapois?
JUBIER
Des rubans qui coûtent dix francs le mètre et qui lui tombent sur les talons.
lUiEïONNKT. r/rnve.
T'as de la chance.
JUHTEH
Oui. Je vis bien... J" suis nourrice!... Et toi. Chapois. combien de temps faut-il que lu attendes encore pour que ta femme aille faire une nouvelle nourriture?...
CHAPOTS
Quatre mois.
HHETO.N.XEï
Comment, quatre mois?
.IIBIER
Comment, quatre mois!... Elle est rentrée de Paris il n'y a pas quinze jours.
CHAPOIS
Ça ne fait rien. Faut que je voie M. François.
.JUBIER. riant, après réflexion.
Mais alors... Elle te revient avec l'ouvrage toute faite ? En voilà un gaillard !
CHAPOIS
Tu dis des bêtises.
BRETONNE
Ta» fait faire l'ouvrage à Paris, hein ?
cHAPOis. malin.
Non. mais j'y ai été, moi, à Paris.
BRETONNET
Toi, quand donc?
CHAPOIS
Au mois de mai.
JLBIEH
C'est la première fois que tu en parles I
JIBTEH ET BRETONNET
C'est pas vrai. Tu n\ as pas été !
CllAPOlS
Et puis après? Quand même?... Ça vaut mieux que d'être un propre à rien comme toi I Ça prouve que ma femme est bonne à quelque chose... tandis que la tienne... Combien qu'elle en a eu, d'enfants, hein? Zéro! Combien qu'elle en a fait de nourritures, zéro !
BRETONNET, vexé.
J'ai pas voulu. Je trouve ça dégradant.
CHAPOIS
T'as pas voulu!... T'allais faire des pèlerinages avec elle. {Enlrent M. FrançiAs et Plancha t.)
M. FRANÇOIS, à Planchoi qu il prend à part.
Mon neveu, elle est folle, ta femme. Je te dis qu'elle est folle ! Une place comme celle-là! Une
place que je vous ai gardée parce que c'est toi... Des gens qui donneront peut-être cent francs par moisi
PLANCHOT
Qu'ils attendent. Je tâcherai de la décider.
Comment veux-tu qu'ils attendent ? Leur nourrice les a quittés hier, leur mioche n'est pas bien, il leur en faut une autre aujourd'hui... C'est des gens qui ont besoin de nous : on peut être exigeant. Je croyais si peu que j'aurais affaire à une bête comme ta femme que j'ai donné au monsieur des adresses pour prendre des renseignements sur vous deux. Ton père est allé au-devant de lui.
PLANCIIOT
Le père le sait?
M. FRANÇOIS
Et il m'a dit merci.
PLANCHOT
Ils sont riches?
M. FRANÇOIS
Tu peux le dire, qu'ils sont riches. Ils sont à Grandbourg-les-Bains, et ils ont à eux une voiture qui va sans chevaux.
PLANCHOT
Entin, on verra...
JLlUElî
Allons, monsieur François, on vous attend...
M. FRAM.-.OLS
Une minute encore. J'ai deux mots à dire à c(jté. (// sort.)