‹ Les rentes viagères de VoltaireChapitre 18 sur 30 · LES BILLETS JAQUE LOT · texte numérisé non relu

LES BILLETS JAQUE LOT

Mais enfin, on était déjà an i5 janvier 1769 ; Voltaire n'avait encore reçu aucune des garanties qu'il réclamait, et un nouveau trimestre de rente allait arriver à échéance le in avril, ce qui porterait à 76.833 livres 10 sous la somme qui lui serait due. Toutefois, Voltaire avait réussi, en montrant le bout de ses griffes, à galvaniser le Conseil de régence qui trouve le moyen de lui expédier encore au commencement du mois de février, 10.000 livres en lettres de change qui, négociées à 9.910 livres, réduisirent la dette à 51.392 livres 5 sous : on sent que la solution approche.

chiffres (tome Ier, p. 339), donne comme chiffre de la dette ie total de 73.122 livres : c'est que Voltaire n'a pas encore reçu les 11.820 livres qui lui furent expédiées au commencement de janvier 1768 : il est facile de comprendre que le chiffre de la dette change, selon l'époque à laquelle on se place. Le total de 73. 122 livres est celui qui figure aussi dans un rescrit de Charles-Eugène, queM. Rossel a publié pp. 72 et 73 de son livre et qu'il a daté abusivement du 9 mai 1769 ; outre que le contenu de ce rescrit indique clairement qu'il est antérieur d'au moins i5 mois, nous nousommes reporté à la copie qui existe aux Archives Nationales (K. 2007) : cette copie n'est pas datée. En réalité. ce rescrit doit être de janvier 1768 : il n'y est pas encore question de Jaquelot; il s'agit seulement à ce moment de fixer le montant de l'arriéré dû à Voltaire (le rescrit porte par erreur 73.222 livres, aulieu de 73. 122 livres), et de Lui promettre des délégations acceptées par les fermiers. Au moment où le rescrit arrivait à Montbéliard. le chiffre de 78.111 Hvrefl n'était déjà plus juste, puisque Voltaire venait de recevoir un nouvel à-compte de 11.820 livres, ce qui réduisait la dette à 6i.3o2 livres 5 sous, chiffre qui est bien celui auquel nous aboutissons au 1 5 janvier i«j

C'est à ce moment que, l'affaire du sieur Rafot ayant fait long feu, Voltaire fait surgir un nouveau tiers, Jaquelot, qui va être censé prêter au duc les fonds nécessaires pour désintéresser son créancier. La combinaison est très clairement expliquée par Voltaire dans une lettre qu'il adresse au Conseil le 17 février 1768 : «... Un Genevois « qui se retire du commerce (Jaquelot) consent « prêter à S. A. S. 70.000 livres à 5 °/0, pour deux « années, l'intérêt de ces deux années prélevé sur « le capital prêté. Il ne demande que deux billets « de 35.ooo livres de la main de S. A. S., payables « au porteur, l'un au ier mars 1769, l'autre au « Ier mars 1770. Supposé que cet argent soit reçu a au ier mars 1768, il veut que je me rende « caution saisissable ; et il ne veut d'autre caution « en effet que des délégations acceptées par vos « fermiers et régisseurs. Ce n'est que sur ces « délégations et soumissions des fermiers que cet « argent sera prêté. Tout ce que je crains, c'est « que les longueurs que l'on met dans toute cette « affaire ne rebutent le Genevois. » Il donne ensuite un modèle de billet à ordre, et ajoute : « Vous pourrez, Messieurs, me confier ces deux a billets : je les renverrais, si par hasard l'affaire « manquait { » . Le Conseil de régence était cette fois décidé à en finir ; si l'affaire traîna encore

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