‹ Les rentes viagères de VoltaireChapitre 29 sur 30 · Correspondance Générale · texte numérisé non relu

Correspondance Générale

2. Voir, dans la Correspondance avec le Roi de Prusse. plusieurs lettres relatives al'aflairedes 70.oooliTO6Sl n partit

du S novembre 1776.

avec le Duc. Voltaire finit par arracher encore à Rosé l'intérêt de ses 70.000 livres du ier juin 1776 au ier juin 1777, soit 3.5oo livres qui lui furent réglées en juillet ; il arrache également une promesse ferme de recevoir fin 1777 un à-compte de 20.000 livres sur le capital, mais il propose vainement de convertir le reste, soit 5o.ooo livres, en une rente viagère à 20 % d. Enfin, il eut la joie de recevoir à Ferney, le 3i décembre 1777, un envoyé du Conseil, le sieur Sahler, qui lui apporta 20.000 livres en lettres de change sur Paris, Lyon et Genève, à valoir sur les 70.000 livres qu'on lui devait encore 2. La créance était ainsi réduite à 5o.ooo livres. « Peut-être avant ma mort le duc me paiera-t-il le reste », écrit Voltaire à son royal ami Frédéric II, le 6 janvier 1778. Les intérêts des 70.000 livres jusqu'au ier janvier 1778 lui furent réglés peu après par Rosé.

Quand Voltaire mourut à Paris, le 3o mai 1778, en pleine apothéose, on ne lui devait donc plus, sur le prêt de 1773, que 5o.ooo livres, avec les intérêts du ier janvier : elles furent payées,

1. Lettre du 39 août 1777. Voltaire avait alors plus de 83 ans. Le conseil eut tort, cette fois, de ne pas accepter. La combinaison de la rente viagère était beaucoup plus indiquée en 1777 qu'en 1752 ou en 1764. Mais Rosé avait annoncé, un an avant, que Voltaire en avait pour encore longtemps à vivre.

3. Le reçu autographe de Voltaire est conservé au Musée de Montbéliard.

en 1788, avec les intérêts échus ', à Mm' Denis, devenue M"1 Duvivier. Quant à sa rente viagère de 62.125 livres, elle était à jour jusqu'au ier janvier 1778, chez Rosé à Riquewihr, et jusqu'au ier avril 1778, chez Meiner d'Audincourt. Ce fut Mme Denis qui toucha, en qualité d'héritière, les arrérages de cette rente jusqu'au 3o mai : après quoi, elle bénéficia des réversibilités que lui avait assurées Voltaire par ses trois contrats de 1752, 1753 et 1764. soit 25.760 livres par an. « Voltaire, vainqueur du duc ! 0 écrivait Frédéric II le 17 décembre 1777. Ignorant les détails de cette lutte héroïque, qui avait duré 25 ans, le roi de Prusse ne croyait pas si bien dire. C'est pourtant bien le mot qui convient. Par son aménité, par sa patience, Voltaire a fini par avoir raison du duc et de ses gens, tous plus mauvais payeurs les uns que les autres ; en un temps où le placement des fonds était beaucoup plus difficile que de nos jours, il réussit à placer les siens avantageusement et à se faire intégralement payer. Et que lui en coûta-t-il pour cela ? Seulement la peine d'écrire quelques lettres de plus, qui feront excellente figure dans la future édition de la Correspondance Générale,

I. On peut calculer que le duc paya ainsi, tant à Voltaire qu'à M"1' Denis, pour les 80.OOO liues prêtées SD 1773. environ 45.000 livres d'intérêt, au bas mot, en y comprenant les frais d'envoi, de change, etc.

Page 1