‹ Les rentes viagères de VoltaireChapitre 3 sur 30 · I. Original aux Archives Nationales, K · texte numérisé non relu

I. Original aux Archives Nationales, K

a. Lettres de Gemmingen au «lue, du ta janvier 1de Gemmingen à Flachaland, receveur pour le duc h Riquewihr, du i5 février. Archives nationales, ibidt documents inédits. La lettre de Voltaire est perdue.

résoudre à son profit une intéressante question de change.

On vient de voir que le contrat du 27 septembre 1762 stipulait le paiement de la rente en reichsthaler, ou écus a" Empire ; cet écu valait alors 3 livres i5 sous en monnaie de France ; c'est sur ces bases que le receveur pour le duc à Riquewihr1, le sieur Flachsland, conformément aux ordres reçus de Montbéliard, offrait à Voltaire, pour son premier quartier, 3.937 livres 10 sous (i.o5o reichsthaler à 3 livres i5 sous). Mais Voltaire, prétextant qu'il habitait Berlin, prétendait être payé en écus de Berlin ou écus de Brandebourg , dont chacun valait alors un peu moins de 3 livres 19 sous (exactement 3 fr. 9/17) 2 ; il demandait donc à recevoir, non pas 3.937 livres 10 sous, mais bien 4-i44 livres 7 sous; il aurait ainsi gagné 20Ô livres 17 sous par quartier.

En présence de cette exigence, aussi injuste qu'inattendue, les gens du duc consultent

1. Les seigneuries de Riquewihr et Horbourg, en Alsace, appartenaient au duc de Wurtemberg et dépendaient de la principauté de Montbéliard. Le receveur pour le duc à Riquewihr recevait des ordres du gouverneur de Montbéliard.

2. Cette question de change est très clairement expliquée dans une lettre du 26 mai 1753 du banquier strasbourgeois Turkheim à Flachsland. 100 écus de France ne faisaient que 76 écus de Brandebourg et 80 écus d'Empire (Archives Nationales, K. 2007. Document inédit).

Il S ECUS DI BRANDEBOI 23

immédiatement Son Mtesse Sérénissime ; mais comme Charles-Eugène esl à ce moment à Rome1,

et que sa réponse tarde à venir, ils font, en fidèles serviteurs, leur possible pouraplanir les difficultés. Flachsland écrit au banquier de Strasbourg, Turkheim, le priant d'intervenir auprès de Schweigner, banquier de Berlin, pour décider Voltaire à accepter, dans les termes du contrat, l'écu d'Empire à 3 livres i5 sous2. Un mois après, la réponse de Schweigner arrive : Voltaire s'obstine, il n'acceptera le paiement qu'en écus de Brandebourg ; Turkheim ajoute malicieusement : « Voilà c un philosoplie qui n'a pas encore renoncé à « rattachement pour l'argent ; il n'y a même pas de « plaisir à lui en donner. » Il conseille, en terminant, de transiger avec Voltaire sur le pied de 3 livres 18 sous3. Fin avril, Gemmingen reçoit de Rome une lettre du duc : pour avoir la paix, Charles-Eugène invite son Conseil de régence à payer Voltaire en écus de Brandebourg, comme il l'a demandé*. Mais Voltaire ne donne plus

i. Il y mangeait sans doute une partie des capitaux abandonnés par Voltaire.

?.. Lettre du 18 février 1753. Archives Nationales, îbid Document inédit.

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