Archives Nationales, ibid
2. Le sieur Freitag, Yœuvre de poéshie du Roi, etc. Voirla Correspondance Générale et les mémoires de Voltaire sur cette affaire. Au reste, il est à peu près certain que le malin Voltaire avait emporté dans ses bagages des papiers auxquels tenait Frédéric II, et on ne peut guère blâmer ce dernier d'avoir pris des mesures pour rentrer en possession de son bien; mais, comme toujours, la manière manqua.
3. Cf. lettre à d'Argental du 10 août 1753, et la spirituelle application du vers d'Ovide :
Saepe premente deo, fert deus alter opem. En 1775, Voltaire avait i3.ooo livres de rentes sur l'électeur palatin. L'histoire de ces rentes est à faire.
LES LCUS DE BRANDEBo
Strasbourg dans les premiers jours d'août : c'est là qu'il reprend haleine.
On comprend maintenant pourquoi, pendant quatre mois, Voltaire, sans aucune inquiétude d'ailleurs pour sa rente sur le duc de Wurtemberg, n'avait donné signe de vie ni à Fiachsland ni à Gemmingen , et l'on voit que le Conseil de régence de Montbéliard eut raison de ne pas donner une suite immédiate aux ordres de Charles-Eugène datés de Rome. Voltaire, maintenant rentré en Fiance, n'avait plus aucune raison plausible pour exiger le paiement de ses rentes en écus de Brandebourg.
A la fin de septembre1, Turkheim annonce enfin à Fiachsland qu'il a vu M. de Voltaire, lequel accepte, sur le pied de 3 livres i5 sous, le paiement des 5.85o écus d'Empire1 qui vont lui être dus au icr octobre, soi 1 21.937 livres 10 sous. Le 3 octobre, Voltaire est à Colmar, où l'avocat Dupont3 lui a trouvé un méchant logis, et le 6, il
1. Lettre du 27 septembre 17a;'). Archives Nationales, Doc. inéd.
2. Une année entière de la rente du contrai du >: sep tenibre 1702 (4.200 écus d'Empire), et deux trimestres de la renie du contrat du ;>i janvier 1768 t.66o écus . soit on tout 5.85o écus.
3. Cet avocat, fin diplomate, venait d'envoyer à Voltaire le \ septembre, à Strasbourg, une épilre en rem des plus, flatteuses ; ce fut le commencement de leurs relation- Voltaire resta en correspondance amicale avec lui jusqu'à la fin de sa vie. Ils se rendaient de mutuels services.
fait envoyer à Flachsland, à Riquewihr, par soit secrétaire, la lettre suivante1 :
« Colmar, 6 octobre 1753.
(( Monsieur,
« Il y a longtemps que M. de Voltaire reçut une lettre de vous, adressée à Berlin. Ses voyages et ses maladies l'ont empêché de vous répondre. Il savait d'ailleurs que ses affaires étaient en bonnes mains, et il s'est reposé dans la confiance qu'il a en vous. Vous êtes prié, Monsieur, de vouloir bien faire savoir s'il n'y arien de nouveau. M. de Voltaire vous écrirait lui-même pour vous demander votre amitié, s'il n'était pas arrivé ici très malade ; il compte bien avoir la consolation de vous voir quand vous viendrez à Colmar. Il me charge de vous faire mille compliments.
« J'ai l'honneur d'être, etc.
u Signé : Golini. »
Flachsland accourt à Colmar, le lendemain à la première heure, et il a, dans la matinée, avec
1. Archives de Colmar, document publié dès i85o par M. Mossmann. On remarquera la politesse exquise de ce billet, signé Colini, mais évidemment dicté par Voltaire. A partir de maintenant, Voltaire, lorsqu'il écrira au duc ou à ses gens, se représentera toujours comme très malade : rien ne pouvait faire plus de plaisir à ses débiteurs.
LES ECUS DE BRANDEBOURG 1 i
Voltaire une entrevue dont il rend compte le jour même au Gouverneur de Montbéliard :
« Colmar, 7 octobre 1753.
« M. de Voltaire s'étant à la fin déterminé de recevoir les 5.85o rixdahler, pour les quartiers de sa pension actuellement échus, sur le pied de 3 livres i5 sous, en se réservant de s'arranger pour l'avenir..., je pensais que nous n'aurions aucune difficulté à appréhender de sa part à l'égard de cette pension. Mais, selon le discours que le dit M. de Voltaire (qui se trouve depuis quelques jours dans cette ville de Colmar) m'a tenu ce matin, il n'a pas encore renoncé à la mieuxvalue des écus de Brandebourg sur ceux d'Empire.
« Quoiqu'il m'ait assuré d'être intentionné de remettre la décision de cette affaire à la démener et bonté de S. A. S., il n'a pas laissé que d'insi ouer qu'il perdait considérablement but celte évaluation, et qu'il espérait que S. A. S. > remédierait.
u Outre cela, il m'a dit effectivement, en des termes pleins de respect pour S. A. S., que, comme la promesse sous sa signature portail entr'autres conditions qu'au sujet de la pension dont il s'agit il serait passé un contrat en forme où il le souhaiterait, et que sa famille insistait à
ce que ce contrat soit passé dans ce pays-ci, il était venu exprès à Colmar pour finir cette affaire, et me priait d'en informer Votre Excellence pour qu'elle ait la bonté d'en rendre compte à S. A. S., et de faire venir pour cet effet une procuration pour la personne que S. A. S. jugera à propos de commettre pour la passation du dit acte, sans s'être expliqué davantage.
u J'ai cependant remarqué qu'il avait consulté sur cette affaire-là M. l'avocat Dupont, qui était présent à tout ce qu'il m'a dit, mais j'ignore à quelle fin...
a Signé : Flachsland i . »
Au reste, les réserves de Voltaire n'étaient que provisoires ; car, le 18 octobre, il délivra à Flachsland un reçu en bonne et due forme, de ses deux rentes viagères « échues le 3o septembre 1753. »
A chicanier, chicanier et demi ; Flachsland souleva à son tour une difficulté, à en juger par la lettre du 3i octobre qu'il écrivit à Gemmingen:
« ... Après avoir lu la dite quittance, j'ai observé à M. de Voltaire que comme, selon les ordres qui m'avaient été adressés, la somme de