‹ Les réordinationsChapitre 103 sur 264 · Infensor et defensor, ch. 26, P. L„ t. CXXIX, col · texte numérisé non relu

Infensor et defensor, ch. 26, P. L„ t. CXXIX, col

2. Autre particularité de la doctrine d’Auxilius. 11 admet qu’une ordination imposée par la violence est valide. Ibid., col. 1075, 1076. Il est amené à discuter cette question parce que des clercs et des évéques (par exemple Serge III) ordonnés par Formose, prétendaient qu’ils avaient été ordonnés de force (In defensionem etc., éd. Duemmler, p. 85 ). Les cas n’étaient pas rares, dans l’antiquité, où l’on imposait de force la prêtrise à un diacre, pour diminuer ses cnances d’arriver à l’épiscopat (Ibid., p. 84). Cette particularité doctrinale d’Auxilius est contredite par la théologie. Cf. sur ce sujet le commentaire de Morin (P. L., t. CXXIX, col. io 58 ).

3 . Lioellus in defensionem Stephani episcopi, dans E. Duemmler, Auxilius und Vulgarius, p. 96-106. Auxilius n’oublie pas de rappeler la réordination de Serge III, Ioid., p. 102.

4. On ne parlera pas ici du second traité de Vulgarius De causa Formosiana libellus, qui se trouve Ibid., p. 116-139.

L’ANNULATION DES ORDINATIONS DE FORMOSE

cet ouvrage, des notions qui allaient singulièrement s’affaiblir pendant deux siècles et qu’on ne retrouvera, avec ce degré de netteté, que vers la fin du xn é siècle. A ses contradicteurs, qui prétendaient que, par la déposition et l’excommunication, Formose avait perdu le pouvoir d’ordre, Vulgarius répond que l’ordination, pas plus que le baptême, ne peut être enlevée de l’âme : elle en est « inséparable » :

Non enim accidentia sunt quae accidant et recedant baptismus et sacerdotium per excommunicationem, ut puta quodlibet accidens : veluti sapientia quae recedit a subiecta mente aut dum dcsipit uit dum obliviscilur. Nec quidem perdunturper segregationem potestatis, nec ullo modo naevum infeclionis in se perpetiuntur, nec mutari ut sanctum non sint : nec etiam ita evelluntur, ut sive ad malumsive ad bon^m, secundum ilium acceptum ordinem ordinati 1 non iudicentur. Quocirca necesse est ut concédas, sacerdotium ab accepto inseparabile sicut baptismum : aut si non, aliud esse donum baptismi aliudque sacerdotii, quod dictu impium est 2 .

Ce passage est excellent. Vulgarius n’est pas théologien; il n’embarrasse pas sa discussion de textes patristiques ou conciliaires. En bon logicien, il cherche des principes d’où il tire ensuite des déductions qui accablent son adversaire. Tandis qu’Auxilius invoque des autorités, Vulgarius examine le fond des choses, comme dans le texte précédent. Ailleurs, il montre la contradiction qui est inséparable de la thèse opposée. Comment se représenter la perte du pouvoir d’ordre chez Formose, par suite de sa translation? L’adversaire en vient à dire que Formose avait des pouvoirs dans son premier diocèse de Porto, mais non pas à Rome. Vulgarius s’empare de cette concession, et en tire la condamnation de son adversaire :

Si in sua fsede] concedisposse, necesse est ut et in aliéna concédas posse, licet, ut disputatum est, ex parte iniuste 3 . Unde primum factum 4 dicat ex parte irritum, non tamen secundum &, quia quod posse est, procul dubio pro Fibitu possibile est. Id enim quod dicitur posse, si est posse, sicut in licitis, ita et in illicitis dicitur posse.

1. Les éditions donnent « secundum illud acceptum ordinis ». Comme il ne semble pas qu’on puisse sous-entendre le mot « sncramentum », ce texte est à corriger.

2. De causa et ncgotio Formosi papae, dans P. L., t. CXXIX, col. 1108. Ce traité trouve par Mubillon, dans un manuscrit sans nom d’auteur, avait été attribué par lui « Àuxilius. Dans le manuscrit P III 20, de la Bibliothèque royale de Bamberg, utilisé par Dümmler, ce dialogue porte le titre : « Eugenius Vulgarius Petro diacono fratri et amico. »

3 . Ce passage fait allusion à une concession de Vulgarius, d’après lequel la translation de Formose à Rome peut avoir été, à quelque égard, illicite.

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