Voir plus loin, p. 2G
LES DÉCISIONS D’URBAIN II
plétée une ordination conférée en dehors de l’Église. Ce rite est mentionné par le cardinal Deusdedit 1 . Il est décrit, dans les termes les plus clairs, par Urbain II.
Dans les années 1088-1090, Urbain II écrit au métropolitain de Milan, pour lui dire suivant quel mode il faut réconcilier les clercs ordonnés par des excommuniés 2 .
Ce sont les canonistes du xi e siècle qui ont conservé et qui nous signalent ce texte qui, sans eux, serait perdvi. Ce document nous arrive par la Britannica 3 , par le Décret 4 d’Yves de Chartres, et dans une addition à la collection canonique d’Anselme de Lucques 5 .
Discretioni nostrae videtur,quatenus,secunduin praecepti nostri lenorem, quando, secundum Ecclesiae vestrae morem, sacros daturus quibuslibet aliis ordines, benedicere coeperis, eos quos tua duxerit solertia réconciliai) dos, inter benedicendum et manus imponendum, facias interesse, quibus caetera omnia consecrationis instrumenta praeter unctionem explebis, et sic ad sancta ministeria reconciliabis.
Pour réconcilier les clercs ordonnés par des excommuniés, il faut placer ces clercs parmi les ordinands, les soumettre à l’imposition des mains, et effectuer sur eux tous les rites de l’ordination sauf l’onction. Le même cérémonial est prescrit dans une lettre à l'évêque de Bologne 6 .
Il est évident que cette décision s’applique, en premier lieu, aux prêtres et aux évêques ordonnés par des excommuniés, car prêtres et évêques reçoivent une onction au cours de leur ordination. On voit tout de suite la gravité de ces mesures. Elles supposent que le rite essentiel de la prêtrise et de l’épiscopat est l’onction.
Au xii® et au xm c siècles, certains théologiens ont eu celte doctrine. On verra plus loin un texte de Gratien dans ce sens. On peut citer aussi Maître Bandinus 7 , et le Compendium
1. Libellas contra invasores et symoniacos, dans les Libclli de litc etc., t. II, p. 328.
2. C’est bien de ces clercs qu’il s’agit. Dans le Decrctum, Pars VI, c. 40G, on lit : De ordinatis ab excommunicatis, Urbanus secundus Geb/iardo. C est la lettre d’Urbain II à Gebhard de Constance, transcrite plus haut. Puis, Yves écrit : « De modo reconciliandi. Idem Anselmo Mediolanensi. » C’est le texte Discre tioni nostrae etc. Ce texte se rapporte à la réconciliation des clercs mentionnés dans le précédent.