I. — Les décisions du concile de Guastalla
Dans la pensée du pape, ce concile, auquel assista le légat Gebhard de Constance, devait régler définitivement la situation du roi et du pape en Allemagne. Malheureusement ces espérances ne se réalisèrent qu’en partie. L’accord politique n’eut pas lieu, car les ambassadeurs du roi ne donnèrent pas leur consentement à la condamnation, faite par le concile, des investitures ecclésiastiques données par des laïcs. Seule l’unité religieuse fut rétablie par des mesures indulgentes de Pascal II. Voici le décret du concile :
Per multos iam annos regni Theutonici latitudo ab apostolicae sedis uni-
1. Pàsciiàlis II papae Epialolae, Epiât, ad Rothardum Moguntinum archiepi scopum, dans P.L.. t. CLXIII, col. 17.Î; cette lettre est du 11 novembre no 5 .
DE PASCAL II A INNOCENT II
taie divisa est. In quo nimiruin schismate tantum periculum factum est, ut, quod cum dolore dicimus, vix pauci sacerdotes aut clerici calholici in tanta terrarum latitudine reperiantur.Tot ergo filiis in hac strage iacentibus, christianae pacis nécessitas exigit, ut super hoc materna ecclesiae viscera aperiautur. Patrum ergo nostrorum exemplis et Scripturis instructi, qui diversis temporibus Novatianos, Donatistas et alios haereticos in suis oruinibus susceperunt, praefati regni episcopi in schismate ordinatos, nisi aut invasores aut simoniaci aut criminosi comprobentur, in officio episcopali suscipimus. Idipsum declericis cuiuscumque ordinisconstituimus, quos vita scientiaque commendat 1 .
Comme la fermeté de ces décisions contraste avec le caractère provisoire et souvent confus des décisions antérieures! C’était la solution de toutes les difficultés relatives au pouvoir d’ordre qui subsistaient, depuis la rupture de Grégoire VII et d’Henri IV. La même netteté se retrouve dans les considérants de la sentence. L’affaire était trop grave, les longues discussions sur les conditions de validité du pouvoir d’ordre avaient trop troublé l’opinion catholique, pour qu’il fût possible de prendre une mesure de ce genre, sans la justifier par de bons témoignages traditionnels. Aussi le concile a-t-il indiqué des garants. On lit dans le procès-verbal :
Circa * solulionem vero concilii, lecta sunt, de reconciliandis qui extra ecclesiam catholicam ordinati sunt, sanctoruin Patrum capitula, Augustini ex epistola ad Bonifacium 3 , Leonis, ex epistola ad episcopos Mauritanie Carthaginensis concilii IV, capitulo tertio 5 cuius initium est : Placuit ut lit te rat mittantur ad fratres et coepiscopos nostros , et maxime ad sedem apostolicam. Novum vero in baec verta capituluui inslitutum est : Per multos iain annos etc.
Le concile s’en tient aux autorités les mieux établies du
i. Hardouin, Acta Conciliorurn, t. VI, p. 2, col. 1 883 .