‹ Les réordinationsChapitre 188 sur 264 · P. A.. i. CLXXX, col · texte numérisé non relu

P. A.. i. CLXXX, col

a. P. A., t. CG, col. 144.

LA THÉOLOGIE DE L’ÉCOLE DE BOLOGNE

crit de la Bibliothèque de Munich L Ces deux ouvrages sont encore, en majeure partie, inédits.

L 'Abbreviatio Decreti est anonyme. C’est en rapprochant cette œuvre de renseignements fournis par des auteurs du xn a et du xia* siècles, que Bickell a attribué cet ouvrage à Maître Omnebene, devenu plus tard évêque de Vérone i. 2 . Lorsque le P. Denifle a découvert les Sentences , qui, dans le manuscrit de Munich, portent le nom d’Omnebene, la question s’est posée de savoir si Y Abbreviatio Decreti et les Sentences sont d’un même Maître Omnebene. Le P. Denifle a d’abord regardé la chose comme très douteuse, puis comme très probable 3 . Ce changement d’avis n’a pas été, chez le savant critique, sans relation avec le désir d’augmenter le rôle de l’école de Bologne, qu’il venait de découvrir.

En réalité, celte question de savoir si les deux ouvrages sont d’un même auteur n’a pas été encore étudiée. Ce qui est acquis, c’est que l’Omnebene des Sentences était contemporain de Roland, dont il a utilisé les Sentences . Un autre fait certain, jusqu’ici non remarqué, c’est que l’Omnebene de Y Abbreviatio Decreti était contemporain de Roland, dont il a utilisé la Summa Decreti 4 . Ces deux faits étant constatés, on ne saurait admettre qu’un seul Omnebene, personnage qui a voulu, tout comme Roland et en s’inspirant de lui, publier des Sentences et un commentaire du Décret .

Ces constatations nous amènent à faire d’Omnebene le contemporain et, très vraisemblablement, le successeur de Roland à Bologne. Le P. Gietl a déjà noté que c’est relative-

i. C’est le manuscrit latin 19134; pp- 148-217 s’y trouve un ouvrage dont les premiers mots sont Incipit tractatus... Mag. Omnebene. Cf. le travail déjà cité de H. Denifle, Die Sentenzen Abaelards etc., dans Archiv etc., t. I, p. 461-469 et

a. Le ms. 68 de Francfort contient la copie d’une lettre adressée, à cette date, par Bickell à Boehmer. Cf. F. Schulte, Geschichte der Quellen und Literatur des canonische Rechts, t. I, p. 119; et du même auteur : Disseriatio de decreto ab Omnibono abbreviato (Bonn, 1892, programme pour la fête du 3 août).

3 , Cf. le travail déjà cité H. Denifle, Die Sentenzen Abaelards etc., dans Archiv etc., t. I, p. 468 et 621.

4. Pour démontrer ce fait, il suffira de mettre en regard le prologue du De Coniugio de Roland (Summa Rolandi, p. n3 et 1 1 4) et le prologue de la Causa XXVII • dans Y Abbreviatio Decreti. Ce prologue a été transcrit par M. Schulte, Disseriatio de Decreto ab Omnibono abbreviato, p. 12 et 1 3. A remarquer que le prologue du De coniugio de la Summa Decreti de Roland a été transcrit avec quelques variantes dans les Sentences du même auteur (M. Gietl, Die Sentenzen Rolande, p. 270-272). Mais Y Abbreviatio Decreti d’Omnenene dépend ici, non pas des Sentences ; mais de la Summa Decreti de Roland.

LES DÉBUTS DE L’ÉCOLE DE BOLOGNE

ment à la doctrine des sacrements qu’Omnebene paraît, dans la disposition de son œuvrç, plus indépendant de Roland 1 . Cette remarque doit être étendue. Ce n’est pas seulement quant à la disposition, mais encore quant au contenu de la doctrine des sacrements qu’Omnebene est indépendant de Roland. Par exemple, quant aux conditions de validité des sacrements, Omnebene enseigne la doctrine actuelle; déplus, il mentionne, pour l’écarter, la doctrine de Roland. Sans doute, conformément aux habitudes de ce temps, Roland n’est pas nommé, mais sa doctrine est parfaitement reconnaissable :

[P. 63, col. a] De a hereticis et scismaticis queritur si possunt baptizareet or din es riare et corpus Domini conficere... [P. 65, col. a] Sed teoendum est quod heretici et scisinatici baptizant et non est baptismaeorum reiterandum, quia sacramento non est facienda iniuria et ordinant et consecrant corpus Domini, sed ad perniciem suam. Auctoritates quae videntur contradicere locunlur de his qui alia forma baptizant et consecrant quantum ad suam opinionem... Alii dicunt quod quantum in se est non consecrant neque ordinant, id est indig [P. 66, col. i] ni sunt ista facere quod verum etiam de malis sacerdotibus quitamen catholici sunt...

Alii dicunt : otnnes auctoritates que dicunt hereticos et scismaticos posse ordinare et corpus Domini conficere, loquuntur de his qui tollerantur ab ecclesia; ille que negant loquuntur de illis qui depositi sunt sine spe restitutionis, vel de his qui sunt ordinati ab his qui non potiierunt ordinare.

Aucun doute que le second « alii dicunt » ne contienne l’enseignement de Roland, c’est-à-dire : i° les effets de la déposition perpétuelle. Comme on l’a vu, d’après Roland, cette peine ecclésiastique rend impossible tout exercice du pouvoir d’ordre. 2° Omnebene nous parle ensuite « de his qui sunt ordinati ab his qui non potuerunt ordinare ». On se rappelle les formules de Roland. Elles sont identiques. Ce texte d’Omnebene a donc l’avantage de confirmer l’interprétation donnée plus haut de la doctrine de Roland.

Voici maintenant un passage tiré des Sentences d’Omnebene.

De hereticis questio est, si possiut conficere corpus Christi. Ita, sed hoc est ad damnationem suam. Item de simouiacis eadem questio est. Dicimus quod ipsi etiam conficiunt corpus Domini; de illis dico qui sunt ordinati 3 .

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