‹ Les réordinationsChapitre 6 sur 264 · De baptismo, G, P. L., t. I, col · texte numérisé non relu

De baptismo, G, P. L., t. I, col

a. S. Cypriaxi Epiât. 71, p. 774; et Epist. 73, p. 780.

3 . Philosophoumena, IX, 12, P. G., t. xVI, p. ni, col. 3387 : *Ewl toutou icptoTw; T£Té)jiY)Tai ôeuxepov avroî; (ldimafj,a. Sur les diverses interprétations de ce passage, voir l’article cité de J. Erast.

DEUX TRADITIONS DANS L’ANCIENNE ÉGLISE

ministrative, aura transformé en loi et strictement appliqué la pratique consacrée : d’où un sujet nouveau de mécontentement, chez des opposants systématiques.

Ces questions doctrinales fournissaient ainsi d’excellents prétextes pour justifier une politique de parti. On le vit mieux encore, lors du schisme nova tien. Après l'élection du pape Corneille (mars ü5i), une minorité nomma un évêque de son choix, l’antipape Novatien. Entre Corneille etNovatien, on ne distingue, au début, aucune divergence doctrinale. Mais bientôt le schisme se colora de raisons théologiques. Les novatiens se donnèrent comme les défenseurs de l’ancienne discipline pénitentielle : ils prétendirent exclure de l’Église, sans espoir de réconciliation, et réserver à la miséricorde de Dieu, tous ceux qui avaient faibli pendant la persécution soit en sacrifiant, soit en signant un formulaire d’apostasie. Le pape Corneille et saint Cyprien déclarèrent que l’Église a le droit d’absoudre et de réconcilier les lapsi qui ont apostasié pendant la persécution.

Novatien se réclama de cette opposition doctrinale pour justifier son schisme, qui s’organisa et compta bientôt un certain nombre de communautés avec des évêques à leur tête. Il devait durer longtemps. Au vu® siècle, on constate encore l’existence de novatiens en Orient.

De cette longue histoire des novatiens un seul fait nous intéresse ici. Dès le début, ces schismatiques ont rejeté les sacrements administrés par les catholiques et les ont réitérés. D’après eux, la marque essentielle de l’Église est la sainteté. Or, disaient-ils, l’Église de Corneille n’est pas sainte, car elle compte parmi ses membres des apostats soi-disant absous, mais qui sont en réalité pécheurs, puisque nul, sauf Dieu, n’a le droit de leur pardonner. Donc la seule église est celle de Novatien, laquelle réserve ces apostats au jugement de Dieu. Elle seule peut conférer la grâce par les sacrements. Cette dernière doctrine des novatiens avait un avantage pratique : elle était de nature à faire impression sur des rigoristes et des exaltés. Aucune autre ne pouvait affirmer plus fortement la prétention des séparatistes de constituer la véritable Eglise. Cette condamnation des sacrements catholiques a été l’enseignement ordinaire des novatiens. Toutefois, elle a été abandonnée par certains d’entre eux, au v® siècle L

i. Sur le schisme novatien, lire l’article : A. Harnack, Novatian, dans la

LES THÉOLOGIES GRECQUE ET ROMAINE

Comme on l’a vu, saint Cyprien et Corneille ont, d’un commun accord, revendiqué pour l’Église le droit d’absoudre les apostats, et, par suite, condamné le schisme novatien. Plusieurs raisons avaient motivé cette décision des deux évêques. Mais pour saint Cyprien, en cette affaire, une considération avait été prépondérante; c’est la maxime Hors de V Eglise, point de salut . Tandis que, d’après les novatiens, un apostat exclu à perpétuité de l’Église et réservé à la miséricorde du jugement de Dieu pouvait espérer son pardon final; d’après saint Cyprien, Dieu ne choisit les élus que parmi les membres de l’Église. Par suite, pour lui, être exclu de l’Église pour toujours, c’est être condamné à la perdition éternelle. Donc l’Église doit avoir le pouvoir de réconcilier les lapsi :

Et quia apud inferos confessio non est nec exomologesis illic fier! potest, qui ex toto corde paenituerint et rogaverint in Ecclesiam debeut intérim suscipi et in ipsa Domino reservari, qui, ad Ecclesiam suam venturus, de illis utique quos in ea intus invenerit iudicabit. Apostatae vero et desertores vel adversarii et hostes et Christi Ecclesiam dissipantes, nec si occisi pro nomine foris fuerinl, admitti secundum Apostolum possunt ad Ecclesiae pacein, quando nec Spiritus nec Ecclesiae tenuerint unitatem *.

Telle est la théorie de l’Église qui a déterminé saint Cyprien à se ranger avec le pape Corneille, contre Novatien. Malheureusement cette même théorie allait bientôt mettre saint Cyprien en conflit avec le pape Étienne. La formule Hors de l'Eglise, point de salut comportait, pour saint Cyprien, la variante Hors de l'Eglise, point de sacrements . Cette dernière formule est une des données essentielles du De unitate Ecclesiae , traité écrit vers Pâques de l’année a 5 1 , contre le mouvement schismatique organisé a Carthage par le diacre Félicissime, qui voulait accorder des facilités spéciales de pardon aux lapsi de la persécution de Dèce 2 .

A cette époque, l’Église de Rome souffrait d’une division. La majorité était pour l’évêque Corneille; une minorité était pour l’antipape Novatien. Celle-ci comprenait des clercs qui avaient confessé la foi pendant la persécution, et qui entretenaient

Rcalencyklopiidie fur protestantische Théologie und Kirchc, t. XIV, Leipzig,

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