Opusculum LV capitulorum, P. L. t t. CXXVI, col. 38i
4. Ce traité, cjue nous désignerons sous le titre De variis capitulis ecclcsiasticis, se trouve parmi les œuvres de Bernold, sous le titre De cxcommunicalis vit an dis, de reconciliationc lapsorum et de fontibus iuris ecclesiastici dans M. G., LibelU de litee te., t. II, p. 112 et suiv., et dans P. L., t. CXLVIII, col. 1181.
Le problème littéraire constitué par ce traité De variis capitulis ecclcsiasticis d’Hincmar et la discussion des rapports de cet ouvrage avec le De excommunicatis vitandis de Bernold ne sont pas encore complètement résolus. Voir, i\ ce sujet, une note ù l’appendice.
LES ORDINATIONS D’EBO DE REIMS
En écrivant son traité De praedestinatione vers 8 59-860, Hincmar a manifesté son intention d’écrire un ouvrage de droit canonique dont l’idée était originale. Il voulait montrer que les canons publiés aux diverses époques par les conciles et par les papes, loin de présenter des contradictions, comme pourrait le faire croire un examen superficiel, attestent, en réalité, une profonde unité 1 . Hincmar ne trouva le temps de réaliser son idée que sous le pontificat du pape Hadrien (867-872). En ce temps-là, Hincmar sortait très meurtri de la controverse relative aux ordinations faites par Ebo après sa déposition. La décision de Nicolas I au sujet de Wulfad et de ses compagnons était une défaite pour l’archevêque. On ne manqua pas de la lui rappeler, le cas échéant. Hincmar répondait par sa distinction entre le droit strict et le pouvoir de dispense qui appartient au Saint- Siège 2 . Aussi lorsque Hincmar s’est mis à réaliser son ancien projet de montrer l’unité de la législation ecclésiastique, a-t-il donné, dans sa théorie, une place importante au droit de dispense, dont il avait apprécié l’utilité dans des circonstances critiques.
Dès le ix c siècle, Hincmar donne les principes d’une Concordantia discordantium canonum . Il est un précurseur de Gratien. Chose étrange, sur bien des points, Hincmar a une fermeté de doctrine et une orthodoxie qui manquent totalement à son successeur du xn* siècle. Ainsi en est-il en matière de sacrements.
Dans son traité De variis capitulis ecclesiasticis , Hincmar est amené à parler des prescriptions canoniques au sujet de la pénitence des clercs. Ici encore, il constate des décisions qui présentent quelque variété. Certains textes déclarent que les clercs lapsi doivent être déposés in perpetuum; d’autres accordent à ces clercs le bénéfice d’une réintégration. Tout cela s’explique par la théorie de la dispense, qui permet à l’Église de réaliser le bien tantôt par la rigueur, tantôt par l’indulgence 3 . Hincmar détermine ensuite la nature de l’imposition des mains par laquelle doivent être réconciliés les clercs ordonnés hors de l’Église, c’est-à-dire dans le schisme ou l’hérésie, mais qui sont, par
1. De praedestinatione, XXXVII, 11, P. L., t. CXXV, col. 41 3 . Hincmar avait aussi donné de l’attention aux divergences des Pères en théologie. Ibid., col. 86.
2. C’est ainsi que répond Hincmar au reproche qui lui est fait à ce sujet par son neveu : Opusculum LV capitulorum , V, dans P . L., t. CXXVI, col. 3 op.