LA POLITIQUE ET LES ORDINATIONS A MILAN, A ROME ET A VERONE
La réordination de Joseph, évêque de Verceil, fut faite, par l’ordre de Jean VIII, par le métropolitain de Milan. Elle se rattache à l’épisode le plus décisif d’un pontificat qui fut, par ailleurs, si agité. C’était à la mort de l’empereur Charles le Chauve (6 octobre 877), événement qui ouvrait au pape les perspectives les plus inquiétantes sur l’avenir. Sous Jean VIII, la situation du Saint-Siège fut toujours très précaire. Il fallait repousser les Sarrasins, qui, établis dans lTtalie méridionale, menaçaient la campagne romaine et les murs de la ville; tenir tête, à Rome même, à un fort parti de mécontents; et enfin déjouer les intrigues des ducs de Spolète et du marquis de Toscane. Avec Charles le Chauve, l’empereur de son choix, Jean VIII pouvait espérer faire face à ces difficultés ; mais lors de la mort imprévue de ce protecteur, c’étaient les garanties les plus essentielles de sécurité qui faisaient défaut. Il fallait, à tout prix, trouver un empereur qui fût soucieux de remplir ses devoirs de protection envers le Saint-Siège l .
Cette nécessité apparut plus urgente encore, après un attentat commis contre le pape. Celui-ci fut retenu captif, pendant un mois, dans l’église de Saint-Pierre, par Lambert de Spolète. Il était donc à la merci du premier coup de main. Aussi se décida-t-il à partir pour la France. Il arrivait à Arles, le jour de la Pentecôte, 11 mai 878.
Son intention était de provoquer une réunion des princes carolingiens, et d’y faire nommer l’empereur dont il avait besoin.
1. Sur cette situation de Jean VIII à la mort de Charles le Chauve, lire L. Duchesne, Les premiers temps de l’état pontifical, p. 141 et suiv. ; et A. Lapôtre^ Le pape Jean VII J, p. 3 i 6 et suiv.