I. — Résultats cliniques et fonctionnels
De l’examen rapide des observations que nous rapportons à la fin de cette étude, on peut tirer les considérations suivantes.
La greffe de fascia lata est un procédé simple et efficace pour combler de nombreuses pertes de substance et même réparer des organes nobles.
Dans la plupart des cas, même sans drainage, les suites opératoires sont excellentes ; le greffon aponévrotique est très bien toléré : parmi les nombreuses observations que nous rapportons, nous ne trouvons qu'un Cas d'élimination par infection (obs. VI de Picot).
La transplantation de fascia laisse en général une cicatrice souple, résistante et non iadhérente.
Réfections tendineuses. — Bons résultats dans l’ensemble et amélioration fonctionnelle considérable, M. le Professeur Rocher rapporte un résultat, éloigné de dix ans, de reconstruction d’un tendon tricipital par greffe aponévrotique, qui a permis au malade de faire sa carrière dans
l'armée.
Hernies musculaires. -— Résultats excellents et sans récidives dans les observations de Mauclaire et de Picot. Hernies et éventrations. — Très (bons résultats dans
l’ensemble, même dans les hernies récidivées après traitement habituel.
Dans la couverture ou l'isolement des nerfs (obs, de
Picot) des résultats quoique bons sont nettement moins favorables.
Enfin, très bon résultat fonctionnel obtenu par M. le Professeur Rocher dans le traitement de deux cas de luxation externe de la rotule.
II. Destinée du greffon au point de vue anatomique et histologique. :
Certainement, un des points les plus intéressants de la question au point de vue de l'étude des résultats est de connaître le devenir du greffon aponévrotique transplanté,.
Deux inconvénients principaux sont à redouter, qui pourraient entraîner l'échec de la méthode ou tout au moins en limiter singulièrement les applications :
a) l'élimination du greffon ; b) sa transformation en tissu fibreux de cicatrice.
En effet, si l’on conçoit aisément que la transformation du transplant de fascia lata soit un inconvénient minime lorsqu'on emploie la greffe libre comme simple moyen de content'on (hernie musculaire, Rernies et éventrations, par exemple), il n’en est plus de même lorsqu'il s’agit de ia réparation d’un organe noble (muscle, tendon ou articulation) dont ile libre jeu risquerait fort d’être compromis par la transformation scléreuse du greffon. Heureusement, ces deux éventualités semblent bien être exceptionnelles, comme on va le voir d’après les résultats cliniques et les recherches expérimentales de nombreux auteurs.