DONNÉES EXPÉRIMENTALES
De nombreux auteurs ont étudié au point de vue expérimental le devenir du greffon aponévrotique transplanté, en pratiquant ces greffes sur des chiens ou sur des lapins sacifiés après une période de temps plus ou moins variable,
Nous ne ferons que mentionner ici l'opinion de Nassetti, von Eiselberg et Denk, qui ercient à l'entière transformation conjonctive du lambeau transplanté. Leur théorie n’est basée, en effet, sur. aucun examen histologique. I] faut cependant noter impartialement que von Eiselberg et Denk, avant pu pratiquer l'examen histologique d’un greffon aponévrotique, un an après une plastique dure-mérienne, ont constaté au microscope son remplacement par du tissu conjonctif cicatriciel.
Mais le plus grand nombre des auteurs admet lintégrité tout au moins partielle du greffon aponévrotique transplanté.
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Davis à pratiqué des expériences sur le lapin, en greffant du fascia, soit dans le tissu cellulaire sous-cutané, soit pour suturer des tendons, soit pour réparer des vaisseaux. Il a même expérimenté en se servant d’aponévrose conservée pendant quarante-cinq jours dans une solution saline à 7 p. 1.000. Après sacrifice des animaux, il trouve un greffon souple, de vitalité suffisante, puisque, dans un cas, il suture le fascia autour d’une lame de caoutchouc, et, après lavoir abandonné dans le tissu cellulaire sous-cutané, il le retrouve vivant, quoique nourri par une seule de ses faces. |
Eberts et Hill ont fait trois sortes d'expériences : dans un premier cas, ils sectionnent le tendon d'Achille et font la suture des bouts sectionnés à l’aide d’un manchon aponévrotique ; dans un deuxième cas, ils comblent une brèche dure-mérienne ; dans le troisième cas, ils utilisent les greffes de fascia pour combler des éventrations qu’ils pratiquent sur la paroi abdominale des chiens. Ils concluent également à la vitalité du greffon.
Greggio résèque la partie supérieure de labdomen chez dix chiennes et comble cette brèche par une greffe aponévrotique, Sur trois expériences dans lesquelles il a volontairement mégligé l’asepsie, il note une élimination totale au lbout de six jours et deux éliminations partielles. Il sacrifie les animaux de cinquante à deux cents jours après l'opération. Il note au début une active néoformation conjenctive à la périphérie et à la face profonde du transplant aponévrotique. Peu à peu, ily a pénétration de bourgeons richement vascularisés à travers les fibres de l’aponévrose. « Mais, dit-il, les faisceaux qui la composent restent cependant en vie Jusqu'à deux cents jours après la transplantation ?, »
Tout au plus, note-t-il, que « les cellules conjonctives propres à d’aponévrose ou, pour mieux dire, leurs noyaux
1. Greggio, « Sur la greffe aponévrotique libre », Lyon Chirurgical, juin 1914, p. 588.
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sont plus volumineux que dans laponévrose normale ». Mais ce n’est là, pour lui, le signe d’aucun processus dégénératif.
En 1917, Greggio a pratiqué une nouvelle série d’expériences, toujours sur des chiens chez lesquels il provoque des brèches abdominales, qu’il traite par la greffe aponévrot'que libre. Il sacrifie ses animaux de trois cents à sept cents Jours après. Au bout de cette longue période, le greffon a conservé son aspect brillant. Il constate au microscopé que les faisceaux aponévrotiques sont infiltrés par places, de tissu connectif lâche, qui se continue avec le tissu conjonctif sous-péritonéal et sous-cutané. On note cependant un léger envahissement des bords du greffon par du tissu cicatriciel.
La conclusion de toutes ces expériences est favorable à la survie du greffon puisqu'on retrouve la constitution caractéristique de l’aponévrose, malgré l’infiltration par du tissu conjonctif.
Il est évident que de simples expériences ne peuvent être transposées intégralement en chirurgie humaine. Cependant, leur importance n’est pas niable et, nous basant d'autre part sur lavis de divers auteurs qui ont pu examiner le greffon transplanté dans des temps variables après l'opération, nous nous croyons autorisé à conclure à la bonne vitalité et à la bonne nutrition du transplant aponévrotique, si l’on travaille sous le couvert d’une asepsie rigoureuse, condition sine qua non de toute chirurgie.
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