LE SILENCE
A Charles-Henry Hirsch.
« Timide fantôme en toile d'araignée, qui donc es-tu? »
Dut faire, le fantôme, un signe à quelque brise d'aventure, car je lus sur la nuque des luzernes :
— « Je suis le Refuge des corps étourdis par la besogne de la Vie. »
— « Discret fantôme en toile d'araignée, qui donc es-tu ? »
Dut faire, le fantôme, un signe à quelque rai de lune, car je lus sur la mare aux libellules :
— « Je suis la Consolation des âmes frustrées par le salaire de la Vie. »
— « Etrange fantôme en toiled'araignée, qui donc es-tu?
Dut faire, le fantôme, un signe à quelque chauve-souris, car je lus sur la sublime ardoise du sommeil :
— « Je suis l'Excuse de la Mort et je me nomme le Silence . »