Jbid., n» îi, p
3. Lue à la séance du 19 brumaire (9 novembre 1793), Moniteur du 22, t. XVIII, p. 380.
que Ruamps, Mallarmé, etc., et remplacés par Léraane, Baudot, Ehrmann et Lacoste (du Cantal) *. Mais avant de partir ils pouvaient se vanter de n'avoir pas failli à leur mission :
Citoyens collègues, écrivaient-ils le 46 (6 novembre), la terreur est à Tordre du jour sur cette frontière; les tribunaux révolutionnaire et militaire rivalisent de sévérité contre les égoïstes et les conspirateurs. Tous les riches contre-révolutionnaires et fanatiques des villes et des campagnes sont arrêtés par nos ordres. Nous croyons que leurs trésors, qui sont encore sous les scellés, produiront à la République plus de 15 millions en assignats et numéraire. Trois ou quatre jugumenls du tribunal révolutionnaire ont fait verser dans les caisses publiques plus de 000000 livres d amendes...
Nos collègues Saint-Just et Lebas ont fait déporter dans l'intérieur tous les corps administratifs et nous avons fait arrêter et déporter à Dijon tout l'état-major de la garde nationale *. C'est ainsi que l'ancien complot de livrer Strasbourg à Tennemi s'exécute!
Plusirurs officiers supérieurs et soldats ont été fusillés à la tête des camps.
Le peuple sans-culotte se réveille, l'armée du Rhin s'électrise ', etc.
Ils pouvaient bien se vanter d'avoir épuré l'armée : c'était pour la quatrième fois*!
1. Séance du 13 brumaire an II, Moniteur du 15 (îi novembi-e 1793), t. XVIU, p. 333.
Avant leur départ, ils avaient fait une exécution non sanglante : un arrêté du 14 brumaire (4 novembre), signé Barèke, Ruamps et Guyardin, porte: • Les titres féodaux existant dans l'hôtel des Deux-Ponts seront livrés aux flammes à Strasbourg. (Dépôt de la Guerre, armée du Rhin. Copie certifiée ])ar Dièche, à la date du 10 novembre.)
2. Par un arrêté du 14 brumaire (4 novembre 1"Î93), Livre bleu, 1. 1, nM6, p. 16.
3. Séance du 23 brumaire, Monileur du 23 (13 novembre 1793), t. XVIU, p. 421.
4. Us écrivent à la Convention le 19 brumaire (9 novembre) avant de se mettre en route : • Citoyens collègues, nous vous adressons deux exemplaires de deux arrêtés qui achèveront d'épurer l'armée et qui pourront contribuer au salut de la République. L'état-major de l'armée du Rhin avait été épuré trois fois par nous et nos collègues, et trois fois la trahison s'est reproduite •. (Séance du 23 brumaire, Moniteur du 27 = 17 novembre 1793, l. XVIIÏ, p. 439.)
Elle 18, ils écrivaient encore au comité de surveillance :
Nous vous invitons, citoyens, à nous rendre compte du résultat des scellés apposés sur les papiers des notaires, banquiers, agents de change et autres scélérats que vous avez fait arrêter, afin de faire alimenter la guillotine par la chute de leurs têtes et de donner par là l'exemple terrible de la vengeance nationale dont tous les conspirateurs vont bientôt être atteints, et afin de faire porter à la Convention nationale tous leurs trésors.
Ilarmand (de la Meuse) en produisant cette pièce devant le conseil des Anciens * a besoin de dire qu'elle est signée par Milhaud et Guyardin et non par Saint-Just et Le Bas, comme on Taurait pu croire. Saint-Just et Le Bas prirent beaucoup d'autres arrêtés qui autorisent cette façon dont Harmand (de la Meuse) parle d'eux alors. Citons en premier lieu Tarrêté qui transforma le tribunal criminel du premier arrondissement de Tarméc du Rhin en une sorte de tribunal révolutionnaire : le tribunal, à la fin d'un mémoire où il prie les représentants du peuple près cette armée de donner plus d'énergie h sa juridiction, déclare que ses vœux sont exaucés, quand il dit :
Les représentants du peuple, Saint-Just et Le Bas, viennent, durant l'impression de ce mémoire, d'ériger le tribunal militaire en commission révolutionnaire pour juger, sans forme de procédure, les agents et partisans de Tennemi, ainsi que les agents prévaricateurs des administrations de Tarmée; en cas de conviction, ils seront fusillés à la tête de Tarmée, et dans le cas de simple suspicion, renfermés à Mirecourt; les autres délits seront, jusqu'au rapport de la loi du 12 mai, jugés par les jurés*.
On y peut joindre beaucoup d'autres arrêtés pris en vue des besoins de l'armée, je l'accorde, mais qui intéressaient la justice révolutionnaire à plus d'un titre; car ils aboutissaient, pour la plupart, à la prison ou à la guillotine :
1. Dans la séance du 1 fructidor an V, 24 août 1797, Moniteur, n° 342, t. XXVUI, p. 781.