Livre bleu, t. II, n" 114, p
2. Il s*agit de la femme Poirson, née Ulmer, condamnée à mort, en même temps que son mari à la déportation. Dans une autre déposition du 12 fructidor (29 aoiU 1104), le même Wciss, confirmant son premier témoignage, dit que : « ClaveU un des juges de ce tribunal, lors de l'instruction de la procédure, étoit ivre-saoul et dormoit, si bien que Schneider étoit obligé de le réveiller cl de lui dire que s'il vouloil dormir il devoit aller se coucher. Sur quoi, Ciavel a répondu qu'il est de l'opinion de Schneider [pour la condamnation sans doute]; et que WollT, un des juges s'est écrié : «Je tt ne puis point condamner Poirson et sa femme vu qu'il n'y a pas lieu à « accusation contre eux. » Nonobstant, le jugement a été exécuté sur-lechamp. » — Après avoir signé, il ajoute que • les meubles et les effets de
Ils savaient prendre aussi bien d^autres choses.
Avec le reliquat des 8000 livres demandées par Schneider pour sa tournée, Weiss parle de quelques autres recettes et il ajoute :
11 y a aussi deux paires de pistolets ayant appartenu au nommé Lambert, officier de gendarmerie, qui a été exécuté, lesquels pistolets les citoyens Schneider et Taffîn s'étoient partagés.
Le juge de paix lui demande :
Si lui, greffier, a dressé procès-verbal de ces objets ou du dépôt qui en a été fait.
à. Que lorsqu'ils vouloient enregistrer ces sortes d'objets, le citoyen Schneider s'y opposoit, en disant « qu'il falloit traiter les choses révolutionnairement, que ces enregistrements faisoient perdre trop de temps et que ces choses étoient hors de la loi. » Et lorsqu'il commandoit ainsi, il n'y avoit pas à répliquer, etc., etc. *.
J'ai dit ailleurs * comment, dans le cours de cette tournée, les fêtes se mêlaient aux exécutions, et de quelle manière Schneider y faisait servir le tribunal. Il maria le vicaire de Barr, et ce fut le tribunal qui fut chargé de recevoir la collecte dont il fit la dot de la mariée; il voulut se marier lui-même, et ce sont ses juges qui, au milieu de la nuit, vinrent réveiller la famille où il voulait entrer et remettre au père et à la fille une demande qui ne pouvait pas être rejetée. Le compte du greffier Weiss porte 50 livres pour la musique dont il régala sa fiancée '.
Ce sont ces allures despotiques, bien plus que la rigueur des jugements rendus, qui attirèrent sur Schneider Tattention de Saint-Just. Quand il apprit le 24 frimaire au soir, en arrivant à Strasbourg, que Schneider, marié de la veille, y était rentré le matin dans un carrosse à six chevaux
Poirson et sa femme ont élé employés à l'usage de Schneider, Taffin et Clavel, cl qu'ils y avoicnt reçu des filles. » {Lim-e bleu, t. !,/./., n* 419, p. 243.)