‹ Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en lChapitre 178 sur 225 · Livre bleu, t. II, n« IIC, p · texte numérisé non relu

Livre bleu, t. II, n« IIC, p

avec une escorte de cavaliers, sabre au clair, il n'y tint plus. Il le fit enlever dans son lit et le matin il le fit conduire à la guillotine. Était-ce pour lui couper la tête? Sclmeider pouvait le croire. Un article inséré par un de ses amis dans son journal, VArgos, porte :

Plusieurs témoins oculaires m'ont assuré que lorsque Schneider monta sur Téchafaud, Ton prépara le sac de la guillotine avec une rage diabolique, avec une barbarie infernale et que Ton fît tous les préparatifs, comme si le prisonnier devait être guillotiné. Et cependant il montait sur l'échafaud sans savoir ce qu'on ferait de lui. D'une voix émouvante il s'écria : « Vive la République! je ne suis pas encore jugé. Où est mon jugement *?

Il n*y avait pas de jugement en effet, et Saint-Just s'était borné à ordonner qu'il fût exposé sur la guillotine pendant six heures. Mais cela même était une peine, et Schneider avait encore le droit de dire : « Oii est mon jugement? » Ni information, ni interrogatoire, ni condamnation! Acte de Saint-Just au fond plus monstrueux que tout ce qu'il pouvait reprocher à sa victime. Le jugement devait suivre, mais à Paris, où Saint-Just savait bien à qui s'adresser *.

Page 1