‹ Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en lChapitre 189 sur 225 · Livre bleu, t. II, n** 58, p · texte numérisé non relu

Livre bleu, t. II, n** 58, p

4. Il est signé : Mainoni, président (de la Société populaire); BRiBKDLé, secrétaire. [Livre bleu, 1. 1, Copie exacte, etc., p. 8-1 i.) C'est ce Brœndlé qui, après le y thermidor, accusait rétrospectivement Saint-Just d'avoir voulu faire des noyades à Strasbourg : 6000 hommes choisis dans la garde nationale qu'on eût fait périr dans le Rhin, sous prétexte d'une expédition contre Kehl. (Braîndlé, président du Conseil général du district de Strasbourg, au représentant du peuple Bailly en mission dans les départements du Rliin, 18 pluviôse an HI, 6 février 1793. Livre bleu, t. I, n» 13, p. 133.)

Quant aux autres, exclus de toute action par la suppression des Comités de surveillance qu'ils composaient, ils s'étaient rejetés dans les sections et ils en avaient rétabli la permanence qu'ils avaient jadis supprimée. Ce fut le prétexte que prirent Baudot et Lacoste pour les arrêter. Trois furent frappés à ce titre :

CoTTA, Martin et Bocu, prévenus d'avoir cherché à renouveler la permanence des sections afin d'exciter plus facilement «ne insurrection dans cette place.

Et les autres comme bons à prendre :

Les nommés Butenscuon, Wolff, Jung, Massé, Vogt, employé dans les greniers de la commune, Claver, Daun, Berghauer, de Barr, reconnus pour gens suspects et dangereux, seront pareillement mis en état d'arrestation dans la nuit ; leurs papiers seront visités, et de suite ils seront transférés à Dijon pour y être mis en état d'arrestation (21 nivôse, 10 janvier 1794) '.

A Dijon, l'on n'était pas aussi directement sous la main de Fouquier-Tinville, et d'ailleurs, à cette époque, nul n'aurait cru que Ton osât toucher à la tête de pareils patriotes. On en peut voir la preuve dans une lettre écrite par l'un des détenus au général qui avait présidé à cette expédition nocturne. Un signe que leur disgrâce avait des causes toutes personnelles, c'est que leur politique était résolument continuée par les représentants qui les avaient fait prendre. Le 25 nivôse (14 janvier), un commandant de la garde nationale, nommé Ohlmann, demandait, sans ambage, le rétablissement du tribunal révolutionnaire de Schneider :

Qui d'entre nous, citoyens, disait-il, seroit assez ennemi du bien public pour ne pas dénoncer des gens qui oseroient manifester un vœu pour la destruction de la République et le rétablissement du despotisme?

l. Livre bleu, l. I, no 52, p. 40. — Cotta, Martin, Boch, furent en même temps envoyés au tribunal révolutionnaire de Paris. (Arch. nat., AF U, 193, dossier 3, pièce 1.)

Ces destructeurs de la République, il les trouvait dans les ennemis du maximum et les dépréciateurs des assignats. Or ils croyaient avoir toute liberté maintenant :

Dites-leur : « Mais est-ce que vous ne connaissez pas la taxe? » Ils vous répondront : « Il n'y a plus rien à craindre, Sclmeider n'y est plus » ; cela est vrai au point que les parents de ceux mêmes dont les têtes sont tombées sous le glaive de la loi, ne craignent plus d'en commettre autant, puisqu'ils ne craignent plus le châtiment.

Il propose donc de déclarer traîtres tous ceux qui ne dénoncent pas les malveillants :

Que le tribunal révolutionnaire soit non seulement rétabli, mais encore multiplié pour pouvoir être présent en plusieurs contrées de nos département du Haut et du Bas-Rhin *.

Quelques jours après (2 pluviôse, 21 janvier), un membre de la Société populaire proposait « pour punir l'aristocratie et Tégoïsme d'un grand nombre d'habitants parlant la langue allemande, qu'on les transportât dans l'intérieur de la France et qu'on les remplaçât par des patriotes éprouvés de l'intérieur* ».

Mais fallait-il faire aux départements de l'intérieur un tel cadeau? Les représentants aimèrent mieux revenir au tribunal révolutionnaire. Le 4 pluviôse (23 janvier), ils requirent les autorités civiles et militaires de Strasbourg de leur « fournir dans les vingt-quatre heures une liste de tous les individus détenus dans différentes maisons d'arrêt ou de sûreté, avec les motifs en abrégé des causes de leur détention », ordonnant de plus d'interdire, jusqu'à nouvel ordre, toute communication avec les prévenus '; et le 6 (25 janvier 1794), ils publièrent un arrêté qui établissait un nouveau tribunal révolutionnaire pour l'Alsace tout entière *. Les considérants sont à reproduire :

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