Bulletin de Tennemi. La ville est en feu
Levcneur au Comité de salut public. Sorties heureuses de la j;arnison de Valenciennes.
La garnison de Valenciennes aux habitants : exhortation à la résistance (affiche).
2 juillet. Proclamation de Ferrand. La ville est à l'abri de toute surprise, escalade, prise de vive force. Tout habitant qui parlera ou fera signer des adresses pour capituler sera chasse de la ville et ses biens confisqués et donnés aux pauvres.
i. Adresse du maire.
0. Arrêté du Conseil de guerre. Tout homme arrêté pour émeute sera conduit aux remparts pour y travailler aux réparations pendant un temps déterminé, équivalant au terme de Temprisonnemenl qu'il aurait dû subir.
Même date. La garde nationale de Valenciennes est en réquisition pormanente.
12. Capitulation de Condé. Efforts héroïques de Chancel pendant trois mois; mais les vivres étaient épuisés.
Suite du bombardement de Valenciennes *. Incendie de TégUî^e Saint-Nicolas (place Verte). On soupçonne que cette église, dont le clocher dominait les travaux des assiégeants, avait été brûlée, non par l'ennemi, mais par trahison (supi)osition fort gratuite), et de même ï Arsenal. L'officier d'artillerie qui y commandait se brûla la cervelle avant l'incendie.
.Nuit du 25 au 20. Occupation de Touvrage à cornes de la porte de Mons. -Assaut imminent.
Le lendemain, parlementaire faisant une dernière sommation. — CiOchon et Briez, espérant toujours être secourus, demandent une suspension d'armes. Mais alors il y eut une émeute, formée surtout de femmes et d'une masse d'étrangers à la ville, jetés dans la place par l'invasion. Le général n'y céda point. Il prit l'avis du Conseil de ^'uerre. La capitulation fut résolue sur quinze points pris en considération, et Ton envoya au duc d'York une députation composée de trois militaires et de trois municipaux. Toutes les demandes ne furent pas accueillies; mais le général Ferrand se déclara prêt à rompre si l'on ne rétablissait plusieurs articles, notamment la sauvegarde des représentants qui accompagneront la garnison, et l'honneur de sortir avec une pièce d'artillerie (28 juillet).
La garnison sortit le l*'"" août. Elle était au commencement du siège de 11 403 hommes. Elle n'en comptait plus (y compris les blessés) que 4 097. Elle avait perdu 0846 hommes.
En regard des canonniers bourgeois, qui firent si bravement leur devoir jusqu'à la fin, il faut malheureusement placer quelques très rares émigrés de cœur, qui se réjouirent de la capitulation comme d'un triompha» :
1. Les Autnchicm occupaient la rive gauche de l'Escaut : quartier général à Uerin-, les Anglais, la rive droite : quartier général à Éireux.
Valcnciennes, le 30 juillet 1193 et le 3» de notre délivrance.
Mon cher Henri Motte, nos malheurs sont finis, la ville a capitulé le 28...
J'ai été nommé commissaire envoyé vers le duc d'York pour consentir et signer la capitulation. C'est le plus beau jour de ma vie. »
H... DU Cr...
(Armée de Sambre-et-Meuse, pièce jointe à une lettre du représentant Gillet, à la date du il juillet 1794.)
lies représentants en mission dans la seconde partie
da la campagne de 1793.
(Page 135.)
Une nouvelle liste de représentants, quatre par chacune des onze armées, avait été arrêtée le 19 juillet. Tous ceux qui ne s'y trouvaient pas compris avaient ordre de rentrer dans la Convention. Aux actes que nous avons signalés dans le texte , ajoutons quelques indications supplémentaires, en observant la division naturelle des quatre armées de la frontière du Nord : armées du Nord et des Ârdennes d'une part, et d'autre part armées de la Moselle et du Rhin.
Arméf's du Nord et des Ardennes.
Cassel, 17 août. Destitution du général Chalain par Le Bas et Duquesnoy, sur les considérants suivants : « Considérant que les administrateurs du district (de Béthunc) interrogés par les représentants du peuple sur ce qu'ils pensaient du général Chalain , général de brigade, commandant de la ville de Bélhune, ont répondu d'une voix unanime qu'ils n'avaient confiance en lui sous aucun rapport;
M Considérant qu'une telle réponse dans les circonstances où se trouve la République ne permet pas aux représentants du peuple de laisser plus longtemps confiée à une personne suspecte une place aussi importante que Béthune », — ils le suspendent de ses fonctions, ordonnent en outre qu'il sera mis en état d'arrestation dans la ville d'Arras. (Archives nat., AF II, 149, pièce 24.)
Les représentants près les armées eurent surtout alors à organiser les tribunaux militaires, chargés, en générai, déjuger les soldats et les employés des armées. La justice révolutionnaire, nous le verrons, eut alors d'autres organes.
25 août. Delbrel, Chàle et Letourneur. Établissement d'un tribunal militaire au quartier général à Gavrelle.
5 septembre. Hentz et Levasseur. Tribunal militaire pour l'armée qui doit marcher sur Dunkerque. (AFII, 233.)
4 octobre. Roux. Commission militaire établie dans l'Aisne, dans les mêmes conditions.
43â APPENDICES
- A la même date. Peyssard, Elie Lacoste et Duquesnoy. Commission militaire pour tous les employés des administrations de Tarmée : on jugeait à 5 et à la majorité de 3. Les accusés convaincus de malversation devaient être mis à mort dans les vingt-quatre heures.
Le 2 brumaire (23 octobre), Isoré fait de même pour Tarmée divisionnaire de Lille.
Le 10 brumaire (31 octobre), Laurent, commissaire dans le Pas-de- Calais, demande que le Comité de législation fasse abréger les formes pour le tribunal militaire. (AF H, 234.)
Le 24 août, à Sedan, les représentants Perrin et Calés, dépassant les termes du décret de la veille, mirent en réquisition tous les citoyens de la Marne de dix-huit à quarante ans : — jusqu^à concurrence de 10000 hommes (29 août).
Les représentants s'occupent aussi des approvisionnements de rarmcc ; c'était le point le plus utile incontestablement de leur mission.
Maubeuge, 27 octobre. Bar. Besoin d'habillements et de chaussures.
Beaumont, l*^"" novembre. Duquesnoy. L'armée manque de pain,
15 novembre (2.'> brumaire). Béquisition de blé.
Maubeuge, 8 décembre (18 frimaire). Bar. Les souliers, les capotes, les couvertures manquent absolument ici : d'oii les maladies, les désertions. — Les dé.sertions avaient en effet pour cause bien moins la lâcheté que la misère.
Le 2 décembre, les agents Celliez et Berton avaient signalé au ministre le dénuement de l'armée et généralement le vide des magasins de Landrecies.
Arras, 9 décembre (19 frimaire). Laurent fait passer au Comité de salut public divers arrêtés dont les fournitures sont aussi Tobjet.
Cassel, 10 décembre (20 frimaire). Réquisition de douze cents ouvriers.
Arras. Laurent. Envoi de ses arrêtés du 10 au 20 décembre : réquisitions, etc.
Vidalin et Bollet, représentants près Tarmée du Nord et Tarmée intermédiaire, chargés de compléter les régiments de cavalerie, prennent à cet égard un arrêté le 23 décembre.
Les agents du Conseil exécutif doublent ici encore la besogne des représentants. Celliez et Berton, agents du ministre de la Guerre, signalent, le 2 décembre (12 frimaire), les vides des magasins de Landrecies et le dénuement de l'armée. (Armée du Nord, aux dates.)
(jadoUe, agent du ministre des Affaires étrangères, s'agite aussi beaucoup sur la frontière du Nord. (Voy.ses lettres des 7,8,26, 27 août, 4, H, 13, 14 et 15 septembre, Arch. du minist. des Affaires étrangères, France, reg. 329, f^" 5. 20, 99, 104, IVo, 207, 230, 239, 254.) Il en lit tant qu'il se rendit suspect et fut arrêté. Il raconte sa mésaventure à son ministre (Dunkerque, 8 octobre) :
« Je ne vous ai pas écrit depuis longtemps, parce que j'ai été saisi aux extrêmes frontières, d'après des dénonciations, et des dénoncia-
tioDS dont ma présence n*a pas tardé de faire sentir le néant. Celui qui poursuit et fait arrêter, avec autant de zèle et de clarté dans le motif que moi, les personnes suspectes, ne doit pas Fétre [suspect]; celui qui vous a tant de fois écrit, etc.
« On m'a fait subir un long interrogatoire : tant mieux. Ça été pour moi une médecine de réputation. Deux motifs me placent toujours entre la guillotine et la potence; mon espionnage dans la Belgique, et les ennemis de ma patrie qui, irrités de mon utile zèle, me poursuivent sous le masque du patriotisme. » (Ibid., reg. 329, f® 209.)
Et le il octobre (f» 324) : « Je suis, selon mon vœu, envoyé à Paria devant mes juges compétents (le Conseil exécutif;; je rentre en prison jusqu'à demain ou après-demain » (f* 238).
Le 13 octobre, il part pour Paris avec ses deux agents : « Veuillez disposer des choses afin que nous soyons promptement entendus. J'ai cinq petits enfants et ma femme est grosse du sixième. Cet étal de choses et mon innocence seront, j'espère, des motifs suffisants pour ma prompte expédition. »
Armées du Bhin et de la Moselle.
Les représentants envoyés à ces armées ont publié divers rapports sur leurs missions. J'y ai renvoyé déjà et y renverrai encore.
Citons en particulier ici le compte rendu de Huamps, Borie,Milhaud, Guyardin, Mallarmé et Niou sur leur mission à l'armée du Rhin du 27 juillet 1793 au 19 novembre (29 brumaire an II). Ils sont pénétrés de l'idée qu'il y avait un complot pour livrer l'Alsace, remontant à Custine, suivi par les généraux qui lui ont succédé, et ils s'écrient : « Armée du Rhin, tu es dégagée maintenant des hommes perfides », etc. — Cela rend très suspectes leurs appréciations politiques; mais ils curent à prendre de nombreuses mesures administratives qu'ils reproduisent à la suite de leur rapport. (Bibl. nat.. Le" 43 et 44).
Beaucoup d'autres lettres ou arrêtés de représentants se retrouvent dans les dossiers des Archives qui concernent les deux armées.
I^es deux membres du Comité de salut public, Jean-Bon Saint- André et Prieur (de la Marne), envoyés à l'armée de la Moselle au lendemain de la capitulation de Mayence, s'unirent aux représentants qui s'y trouvaient pour aviser à la défense.
2 août. Ils font une réquisition de forgerons.
4 août. Ils annoncent que les ennemis se proposent d attaquer Landau. La garnison de Mayence ne pouvant plus servir d'un an contre l'ennemi du dehors, ils prirent un arrêté pour la faire transporter en poste à Orléans. — Nous l'avons trouvée en Vendée.
9 août. Mouvement des troupes sur l'avis des généraux en chef du Rhin et de la Moselle, signé par eux et par les représentants Richaud, Guyardin, Milhaud, Ehrmann, Lacoste et Soubrany.
Dans le rapport qu'ils publièrent au retour de cette mission spéciale, ils disent : « I^ peuple est bon ; mais les gros propriétaires, les