‹ Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en lChapitre 216 sur 225 · XI · texte numérisé non relu

XI

Mission dans les départements de la Meurthe, de la Moselle

et du Bas-Rhin.

(Page 99.)

De môme que nous trouverons les députés en mission près les armées s'occuper de l'intérieur, nous voyons les députés en mission dans les départements frontières loucher aux choses de la défense. Couturier, Riihl et Dentzel, envoyés dans les départements de la Meurthe, de la Moselle et du Bas-Rhin, tiennent une conférence h Nancy avec les corps administratifs sur l'état actuel des places frontières. (Arch. nat., AF 11, 246, à la date du 2 janvier nî)3.) Ils étaient peut-être plus soucieux de l'esprit qui les animait. Ils écrivent le 11 janvier des bords de la Sarre : « L'esprit général de ce district, excepté la ville de Sarreguemines, est celui du fanatisme et de la plus affreuse aristocratie », et ils signalent surtout les prêtres réfractaires. « 11 y a quantité de communes entièrement et absolument dévouées à ces scélérats. » Sur cent sept municipalités, à peine en ont-ils trouvé quatre ou cinq patriotes, etc. — Mais les villes ne pouvaient pas rester indilTèrtmtes au péril dont elles craignaient le retour. Longwy se plaignait au Comité de la défense générale de l'ineptie du ministre de la Guerre, Pache, qui laissait la place dans le plus mauvais état (23 janvier 1793); et les généraux malheureusement avaient à se plaindre à leur tour de l'esprit de quelques bataillons de Tarmée. Beumonville signalait au même ministre la légion de la Moselle : les soldats étaient sans cesse en insurrection et Tétat-major ne les apaisait qu'aux dépens de la comptabilité du corps. (Armée de la Moselle, aux dates.)

Aux armées du Rhin et de la Moselle, comme aux armées du Nord et des Ardennes, se rapportent un grand nombre d'actes des représentants en mission pour les premiers mois de 1793.

Metz, 7 mars. Proclamation de Henlz, De La Porte et Biaux pour les approvisionoemcnts.

26 mars. Ordre de faire marcher les hommes.

10 avril. Arrêter les volontaires qui reviennent sans congé.

Le 10 avril, Couturier et Dentzel, revenus à Paris pour obéir au décret du 17 mars, exposent la situation de Tarméc du Rhin, retranchée derrière les lignes de Wissembourg; Strasbourg était bien approvisionné. — Le 12, Gustine se plaint au ministre du dénuement de l'armée, et, le 13, au Comité de salut public, des refus qu'il éprouvait de la part des entrepreneurs : ils refusaient de fournir des matériaux pour les retranchements à construire, disant qu'ils étaient en avance de 180 000 livres. Les assignats perdaient les deux tiers de leur valeur en Alsace; le général demandait 50 000 livres en numéraire. — Le 16, Louis et Pflieger constatent que toutes les parties de Tadministration et du service militaire étaient menacées de désorganisation. — 18 avril. Maribon-Montaut, Soubrany, Ruamps : incorporation des recrues (AF II, 242). A la même date, Blaux rend compte des bonnes dispositions des troupes. — Le 19, Maribon-Montaut et Soubrany louent aussi le bon esprit de Tarmée ; mais ils faisaient une brèche à la discipline quand ils accueillaient une dénonciation signée par quatre volontaires et deux soldats de ligne contre le colonel Laroque et qu'ils envoyaient Taccusé à l'Abbaye à Paris. — 19 mai. Duroy, Pflieger, Ferry, Louis, préviennent le Comité de salut public qu'un grand nombre d'officiers et de sous-officiers ne savent ni lire ni écrire : ce qui les rend incapables de remplir leurs fonctions. — 20 mai. Pflieger et Louis signalent la mauvaise foi des fournisseurs. Même date. Ritter, Duroy, Ferry, Ruamps, Haussmann et Laurent soumettent à l'appréciation du Comité de salut public les nominations qu'ils ont faites dans l'armée. — 23 mai. Ritter, Ruamps, Ferry, Louis, Haussmann : achat de grains. (AF 11, 248.) — Le 25, Haussmann et Ferry rendent compte de leurs opérations. — Le 29, Louis et Ferry : compléter les fournitures; envoi d'arrêtés relatifs à la manufacture d'armes blanches de Klingenthal. (Armée du Rhin et de la Moselle et Arch. nat., AF H, 247, aux dates.) — En Alsace, comme ailleurs, il y avait des commissaires du Pouvoir exécutif qui doublaient les représentants. J'ai déjà eu l'occasion de citer Garnerin. Lui et Gâteau, son collègue, donnent aussi leur avis sur la fusion des bataillons de volontaires avec les troupes de ligne : « Les ambitieux, les intrigants, les conspirateurs, s'opposent seuls à cette loi salutaire, parce qu'elle déjoue leurs projets; mais les soldats de ligne et les volontaires, qui

conspirent que le salut de la République, sont animés d'un même sentiment; ils désirent également de s'unir et de se confondre sous une seule et même dénomination. » (Mai 1793, armée du Rhin, aux dates.)

Les représentants en mission sur la frontière du Nord

en juin et juillet 1793.

(Pape 121.)

Armées du Rhin et de la Moselle.

5 juin. Louis et Pflieger demandent au Comité de salut public d'approvisionner la place de Strasbourg de poudre, de plomb, etc. (Armée du Rhin, à la date.)

15 et 19 juin. Laurent, Ritter et Ferry. Levée de chevaux. (AF 11, 248.)

19 juin. Maribon-Montaut est depuis huit jours à Paris pour faire rejeter le plan de Custine et adopter celui de Beauharnais, Houchard, et autres républicains très prononcés. 11 insiste sur les inconvénients d*une plus longue indécision et prie le Comité de salut public d ordonner au moins au ministre de la Guerre de retirer les ordres qu'il a donnés pour Texécution du plan de Custine. — Arrêté conforme du Comité : « Considérant que le plan de Custine, adopté par le gounement, devient impraticable par la nécessité de tirer des troupes des armées du Rhin et de la Moselle pour les envoyer dans la Vendée... » (Armée du Rhin.) — Toujours la Vendée!

18 juin. Les représentants près Tarmée de la Moselle, Levasseur, Maignet et Soubrany, se plaignent de la mauvaise fourniture des souliers et demandent que Ton augmente les peines attachées à ce délit. (AF, II, 242.) — Ce fut souvent la mort.

2t juin. Les mêmes exposent la situation militaire de Longwy et font l'éloge de l'ingénieur Chasse loup-Laubat. (Armée de la Moselle).

"^i juin. Pflieger et Louis se plaignent de la désorganisation des armées, surtout par rapport aux charrois, fourrages, etc.

28 juin. Les mêmes annoncent que l'Empereur fait marcher un grand nombre de troupes vers Mayence et Landau; ils exposent la misère de l'armée par suite du déficit énorme qui s'est produit dans les magasins d'approvisionnements et de subsistances. (Armée de la Muselle).

2 juillet. Maignet, Soubrany, Gentil et Maribon-Montaut. Conseil de santé pour faire sortir des hôpitaux ceux qui n'ont aucune raison d'y rester. (AF II, 242.)

2 juillet. Fournir des armes à l'armée de la Moselle.

7 juillet. Les mêmes font part au Comité de salut public des dispositions prises par Houchard et Beauharnais pour aller en avant, en prenant pour centre d'opérations Landau. (Armée de la Moselle.)

7 juillet. L'armée manque de chevaux et de subsistances.

10 juillet. Ils se plaignent de l'indulgence avec laquelle on traite les agents des subsistances qui laissent les soldats mourir de faim. (Ibid.)

15 juillet. Maignet et Gentil annoncent que les troupes vont porter secours à Mayence. (AF II, 246.)

18 Juillet. Gentil, au bout d'un mois d'exercice, déclare qu'il ne se sent pas propre à remplir ses fonctions. (Ibid,) — 11 reste encore pourtant.

19 juillet. Les départements de la Moselle et de la Meurthe, requis lie fournir 47 500 paires de souliers.

23 juillet. Gentil et ses collègues. Ils avouent qu'ils ont donné de» traites en numéraire sur le trésor public : il y avait nécessité. 80 000 hommes, aux prises avec l'ennemi, étaient sur le point de manquer de l>ain.

24 juillet. Soubrany et Maribon- Montant réclament des fonds pour acheter des subsistances. (AF II, 246, aux dates.)

Metz, 26 juillet. Gentil et Cusset (du Rhône). Proclamation pour l'approvisionnement des places frontières. (A F II, 242.)

Armée des Ardennes.

Sedan, 12 juin. Milhaud,Deville,au Comité de salut public :« L'amalgame des volontaires et des troupes de ligne s'opère avec succès. Toutes les troupes de ligne s'empressent de prendre l'habit national. » (Armée du Nord, à la date.)

23 juin. Hentz et La Porte insistent pour qu'on fasse passer dans le Nord une partie de l'armée de la Moselle.

Sedan, 28 juillet. Calés vante les bonnes dispositions des soldats de la liberté. (AF II, 242, aux dates.)

Armée du Nord.

juin. Teissier, chef de bureau du ministère de la Guerre en mission, envoie des notes sur les généraux.

Cambrai, 6 juin. Courtois et Beffroy annoncent l'arrestation du général Laroque, accusé d'avoir voulu faire déserter le lO*-* régiment de dragons avec Dumouriez. (AF H 232, pièce 4^8.)

Bergues, 8 juin. Carnot écrit qu'il a réduit le contingent de plusieurs des communes du Pas-de-Calais, qui était excessif. C'est la faute des administrations locales. « Les administrateurs ne veulent pas convenir de leur erreur qui est pourtant certaine; mais il faut avouer que c'est la faute de la loi qui est faite à coups de hache et que chacun entend à sa manière. » {Ibid., pièce 437.)

Siège de Valenciennes.

(Page 128.)

Les documents abondent sur le siège de Valenciennes, et des récits exacts ne font pas non plus défaut. Parmi les documents il faut compter le Rapport fait au nom du Comité de salut public dans la

428 APPEiNDICES

séance du !•'•• août 1703, ou i lutôt les lettres écrites de Cambrai par les représentants Briez et Cochon et dont Barère fit donner lecture à celte séance, en les accompagnant de son commentaire {Moniteur du 8 et du 9 aoiU, t. XVII, p. 331 et 338), et le « Rapport fait à la Convention nationale par les citoyens Cli. Cochon et Briez, représentants du peuple, députés par la Convention nationale aux armées de la République sur la frontière du Nord, de leur mission près de la garnison et aux siège et bombardement de Valenciennes, avec une relation du siège » (Bibliothèque nationale. Le 3» 30, 114 pages); une lettre des agents Celliez et Varin au ministre de la Guerre sur la capitulation (armée du Nord, 2 août), et dans le camp ennemi le Journal général de la guerre^ publié à Bruxelles (on en trouve les numéros aux archives du ministère des Affaires étrangères, France, reg. 327).

La collection Hennin à la Bibliothèque nationale contient deux gravures, d'origine allemande, représentant. Tune le plan, l'autre (grosiiièrement) Tattaque et la capitulation de Valenciennes, texte allemand et français. (Q'' 331.)

Parmi les récits, le Précis de la défense de Valencic^ines en 1793, par le général de division J.-H. Bécays-Fkrrand (Paris, 1805) : c'est le défenseur de la place; et la relation du siège et du bombardement de Valenciennes en mai, juin et juillet 1793, par A. Texier de la Pom- MERAYE, ouvrage fait sur les documents allemands et français (1839).

Le descendant de Tun des membres du Conseil général de la commune de Valenciennes au temps du siège, M. Verdavaine, possède un manuscrit où son aïeul a consigné les principaux faits dont il a été témoin ^ 11 a bien voulu le mettre à ma disposition et j'en tire tout d*abord cette liste de ceux qui, à des titres divers, ont pris part à Faction :

Liste des citoyens composant les autorités administratives et judiciaires de la ville de Valenciennes, installées le 23 novembre 1792, qui conséquemment étaient en exercice pendant le siège et le bombardement commencé le 23 mai.

Administration du district : Landa, vice-président; Dupirc, procureur-» vndic.

Offieiers municipaux : Pourtalès, maire; Benoit, Hécart et Hamoir du Croisier, procureur de la commune; Abenne fils, substitut; Mortier, secrétaire greffier.

Conseil municipal: Abraham, propriétaire; Duquesnoy, négociant; Menu père, Houzet, propriétaires. Hollande, Dufresnoy, Dubois, Verdavaine lils, Delamar, Scribe, J.-J.-J. Verdavaine, négociant.

Tribunal du district : Poncin, président; Cambier juge; Duhot, juge; Huyot, commissaire national; Serret, greffier.

Tribunal de commeixe : J.-J.-J. Verdavaine, président.

1. Verdavaine (ils, président du tribunal de Commerce et membre du ronseil général de la commune, comme Tétait son père. Recueil de pièces, nyi-nus, manuscrit en 2 vol. in-f".

Juges (le jmix : Ravestin fils, juge de paix; Hondu aine, Beaux, Deroubaix, Goffard aîné, Deblocq, Verdavaine fils, assesseurs.

Autorités militaires : le général Feirand; le général Decaux de Blactot (génie); le général lieaurgard; le (lieutenant général *) Boileau; le (lieutenant général *) Tholosé; Lauriston, directeur de Tagriculture; Monestier, sous-directeur; Danbarère, capitaine du génie; Morlet, commissaire ordonnateur; Roman, de Bruey, Pestier, commissaires des guerres.

Voici quelques autres indications de ce recueil sur les mesures prises par les autorités pendant le siôge :

23 mai. Adresse aux habitants, dans le style du Père Duchesne : u Aux bougres à poil de Valenciennes. Braves Lurons, etc. »

24. La municipalité divise la ville en 4 parties contenant chacune Il quartiers, en tout 44, pour la surveillance en cas d'incendie.

— Suivent les noms des 44 commissaires.

Même jour. Adresse des représentants Ch. Cochon, Briez.

— Le conseil municipal fait le recolcment des subsistances.

26. Arrêtés de la commune relativement aux subsistances; « avis pour se mettre à l'abri de la bombe et éviter les effets des boulets rouges. » — On renonce au dépavage des rues, ce qui empêchait la circulation des pompes.

29. Répétition solennelle du serment de fidélité, fixé au lendemain.

30. Procès-verbal de la cérémonie. — Tableau des corps composant la garnison de Valenciennes le 30 mai; — adresse de la garnison aux habitants de la ville (vers le 30 mai).

Les représentants, le général Ferrand et les corps administratifs aux habitants : Veiller aux subsistances.

8 juin. Arrêté : Tous les chevaux qui ne sont pas utiles seront tués.

— Note de M. Verdavaine : Au moment de l'investissement, la ville avait été bien fournie de bestiaux ; les habitants des campagnes s'étaient empressés de les vendre, craignant de les perdre; on les avait nourris dans les fortifications; mais les fourrages manquaient : on avait fait vider les greniers par crainte d'incendie.

Les brasseurs avaient été invités à tenir dans leurs brasseries, en vue des incendies, 24 tonneaux toujours pleins d'eau.

14. De la tranchée devant Valenciennes. Le duc d'York au général Ferrand et à la municipalité. Sommation de rendre Valenciennes. — Le général repousse la sommation. La municipalité dit à son tour : « Nos propriétés et notre existence ne sont rien auprès de notre devoir. » Ils adhèrent à la réponse de Ferrand.

A. -P. PouRTALÈs, maire; Mortier, secrétaire.

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