IV
â LES REPRÉSENTANTS EN MISSION
Les généraux et les premiers représentants en mission
aux débuts de la guerre.
La marche de la Révolution française et Tattilude de l'Europe en présence des périls qu'elle y voyait pour tous les trônes ne laissaient guère espérer le maintien de la paix. La fuite avortée du roi, l'émigration de ses frères et d'une parlie de la noblesse témoignaient des dispositions de la cour, et la déclaration de Pilnitz (27 août 1791) montrait que les deux principales puissances continentales, la Prusse et l'Autriche, ne se désintéressaient pas de la situation de la France. Le vote par l'Assemblée nationale et l'acceptation de la Constitution par le roi ne pouvaient avoir la vertu d'assurer la stabilité à l'intérieur, ni de dissiper les menaces du dehors. Aussi, dès la réunion de l'Assemblée législative, dut-on se placer en présence d'une guerre imminente et, le 14 décembre 1791, l'Assemblée créa trois armées qui devaient réunir 130 000 hommes : l'armée du Nord, l'armée du Rhin et l'armée du Centre, sous Rochambeau, Luckner et Lafayette, avec Biron, Beurnonville, Kellermann, Custine et plusieurs autres pour lieutenants \
Le cours des événements allait conduire à la nécessité
acte:i (lu Comité de saint publiCf acec la correspondance officielle des repré' sentants en mission et le registre du conseil ea-écutif provisoire^ ]>ublié par M. F.-Â. AuLARD, chargé du cours de la Révolution française à la Faculté des lettres de Paris, tome I, 10 aoiU 1792-21 janvier l'03. Je regretle que ce recueil, qui s'arrête encore en ce moment comme au seuil de mon sujet, n'ait point paru plus 161 dans son entier. Je ne dis pas ({u'il m'eût dispensé des recherches que j'ai faites : j'aime h voir les choses par moimême, mais il m'eût rendu la lâche plus facile. S'il doit donner tout ce T|u'il promet, je puis dire qu'il ne sera pas lini de sitAt et, à cet égard» j'ai moins à regretter de ne l'avoir pas attendu. Je ne manquerai pas d'y renvoyer pour les pièces qui m'auraient échappé.
1. Rochambeau et Luckner furent élevés en même temps à la dignité de maréchal de France (28 décembre 1791), par une exception motivée et sans dérogation au nombre des maréchaux lixé à six par la loi. (Séance du 27 décembre 1791, Moniteur du 29, t. X, p. 7i7.) Ils étaient à peu près <hi même âge : Rochambeau, né en juin 172o; Luckner, né en Bavière en octobre 1722.