‹ Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en lChapitre 45 sur 225 · Arch. naU, AFll, 232, à la date · texte numérisé non relu

Arch. naU, AFll, 232, à la date

maîtres font tous des fortunes brillantes en un clin d'œil ; les commissaires des guerres sont ignorantissimesat nous craignons que leur nouvelle composition ne vaille pas mieux que^'ancienne. Les volontaires ne veulent s'as&ujetir à aucune discipline; ils sont le fléau de leurs hôtes et désolent nos campagnes. Dispersés dans des cantonnements où ils ne font que boire et courir, ils s'exposent à être dispersés et taillés en pièces, pour peu que Tennemi fût entreprenant. Heureusement il n'est pas informé de ce qui se passe...

Les communications sont rigoureusement interdites :

Nous ne savons ce que fait le bureau de la guerre; nos volontaires sont toujours nuds ; et il faut convenir que c'est un goufl're. A peine un soldat a-t-il des souliers qu'il va les vendre; il yen a qui vendent jusqu'à leurs habits, leurs fusils, brûlent leur poudre et insultent leurs concitoyens. Les nouvelles recrues sont pourtant beaucoup plus sages, plus belles et mieux tenues que les anciennes.

Prenons-en note pour la réhabilitation des volontaires de 93. Il est vrai que c'est aux dépens de leurs aînés. Carnol, du reste, était plein d'espérances : il avait parcouru une partie de la frontière et fait travailler aux fortifications. Il parle des ouvrages qui avaient été exécutés à Dunkerque, et de Fardciir dos habitants. En vingt-quatre heures on y pouvait réunir 18 000 hommes. Il avait cette certitude morale :

Que les ennemis n'auront pas môme le foible avantage de s'emparer d'une ville qui ne compte point parmi les plus fortes et derrière laquelle se trouve la véritable barrière, la ligne cent fois inexpugnable formée par Gravelines, Saint-Omer, Aire, Saint-Venant et Béthune (19 avril) *.

1. Armée du Nord, aux dates. — Dans la suite de la dernière lettre, Carnot signale les conflits qui naissent des assignats : ils ne sont pas de moins de dix sous; on demande son reste. Les pauvres crient, parce qu'ils meurent de faim. Il faut décréter (|ue 2 sous en monnaie valent 4 sous. — 11 ajoute : - Au nom du bien public, défaites-nous des corps belges <(ui ne sont qu'un tas d'espions vendus à Dumouriez. • — 11 conseille de les envoyer sur les frontières d'Espagne. — ■ Nous sommes bien contents de l'esprit public; vos décrets de force et votre sévérité inflexible rallient singulièrement au système républicain qui n'était rien moins que dominant il y a un mois • : — les décrets de mars et d'avril qui sont l'organisation de la Terreur!

CH. XXVIII. — t" AVRÎL-28 JUILLET 93 81

Mais celte ligne de défense était bien étroite, et ce n'était guère la route de Tinvasion. On avait plus de raison de s'inquiéter delà droite de Tarmée du Nord. Hentz, La Porte el Deville, les trois représentants récemment attachés à l'armée des Ardennes *, écrivent de Sedan h Dampierre, le 20 avril :

Nous vous prévenons que nous sommes rendus depuis hier dans les Ardennes pour y exercer près l'armée qui porte ce nom les pouvoirs qui nous sont délégués.

C'est en vain que nous cherchons une armée des Ardennes dans le pays des Ardennes; il n'existe pas ici d'armée, et nous pensons qu'il doit y en avoir une le plus tôt possible '.

El le 22 avril :

Custine est trop éloigné de nous pour pouvoir établir une communication directe avec lui; il faudroit qu'au moins nos collègues de Farmée de la Moselle fassent leur principal domicile à Metz.

Si le général Dampierre doit commander les deux armées du Nord et des Ardennes, c'est à lui de disposer ses troupes de manière à garantir le Nord, sans laisser la frontière des Ardennes à découvert.

S*il ne doit pas demeurer généralissime, il faut, le plus tôt possible, donner un commandant en chef à l'armée des Ardennes et lui ordonner de prendre son poste, avec son armée, dans les Ardennes, pour qu'il puisse, au besoin, prêter secours, soit à l'armée de la Moselle, soit à l'armée du Nord, et en même temps garantir les places de la 2» division.

Il est impossible que les choses restent dans Tétat où elles sont; nous trouvons même très dangereux de laisser entre les mains d'un seul homme, quel qu'il soit, une force armée trop considérable; la cruelle expérience, etc.

1. Par décision du Comité de salut public du 10 avril (AF+ II, i3).

2. Ils demandent l'état nominatif: 1" de rélat-major général; 2** de chaque èlat-major; 3" des troupes. Ils reçurent la réponse de Dampierre le 23; il» la jugent peu satisfaisante (25 avril). Le 21 avril, ils disaient au Ministre SQf Tarmée des Ardennes : « Le général Beauregard, commandant la 2*" division des Ardennes, avoit écrit à Dampierre pour avoir des cadres; nous vous faisons pisser copie de la réponse vague et insignifiante qu'il en a reçue. »

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