Dcprtt (le la Guerre, armée du Nord, à la date
CH. XXVIII. — i''' AVRIL-28 JUILLET 93 107
C.-M. Carnot ou Carnot le jeune, frère de Lazare, commissaire du Conseil exécutif, qui avait accompagné la première colonne, dit que, si Ton n'avait pas été plus loin, c'est que les soldats étaient accablés de fatigue; mais Carnot Taîné, le représentant, dans son rapport au Comité, en attribue, sans détour, la cause à Tivresse dans laquelle les soldats étaient plongés. Mieux vaut cet aveu, qui était une rondamnation de ces excès, et il y eut d'autres répudiations de la même sorte dans la troupe même. Un placard daté du camp de Ghyvelde, l*' juin : Le petit-fils du véritable Père Duchesne à ses frères d'ai^nes du camp de Ghijvelde, s'élève contre le pillage et se termine par ce post-scriptum :
J*oublions de vous dire que les endroits où nous allons entrer font déjà partie de la République sous le nom de département de Jemmapes.
C'est une ville déclarée française que Ton avait mise à sac! De même les officiers du premier bataillon du Finistère adressèrent aux représentants une protestation indignée, et versèrent une somme de 464 livres en réparation du pillage que les habitants avaient subi.
A l'occasion de ces désordres, les représentants avaient fait une proclamation où ils les réprouvaient avec une grande force, et ils l'envoyaient au Comité (Bergues, 2 juin) :
Nous vous envoyons, dit Carnot, quehjues exemplaires de la proclamation que nous avons faite au sujet de tous ces désordres, sans lesquels il paroit certain que nous serions parvenus à Ostende, presque sans résistance.
Ainsi, c'est bien à Ostende qu'il comptait aller.
Nous n'avons pas encore renoncé à ce projet, mais il nous faut des lois infiniment répressives contre le brigandage, lequel, suivant l'expression du feu roi de Prusse, qui pourtant n'étoit pas fort scrupuleux, est à la guerre la source de tous les malheurs '.