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Armée du Nonl, aux dnies

2. • Observation sur la suite de la prise de Condé, tant par rapport au siège de Valenciennes, «pi'à son elTol sur l'esprit public et le reste de la eampagne. » (Arcli. du ministère des Affaires étrangères, France, rej:. 327, P 96.)

3. L*ennemi ne méconnaissait pas le tort que lui faisait la résistance de Valenciennes et de Condé. On lisait dans une lettre de Bruxelles (27 juin) : * Valonciennes est en feu... Le général Custine protlte de la résistance de Valenciennes et de Condé pour compléter et organiser son armée. •

lants qui n'étaient pas hommes de guerre et qui, du reste, se sifrnalèrent surtout à la guerre par les atrocités de la Terreur, Hentz, l'un des bourreaux de la Vendée, La Porte, un des bourreaux de Lyon, sont peut-être les seuls qui aient vu clair dans la situation d'alors. Ils écrivaient le 16 juin au Comité de salut public :

Voilà bientôt cinq mois que nous parcourons la frontière, depuis le Bas-Rhin jusqu'à Givet et Philippeville; nous avons vu les places, nous avons vu les armées, nous avons vu les généraux. Il ne nous reste à voir qu'un plan de campagne, ou (lu moins l'unité d'action qui en suppose un, et cette unité n'existe pas.

Nous considérons la France comme une grande place de Kuerre investie, mais une place de guerre investie n'est jamais attaquée que sur quelques points principaux...

Aujourd'hui la principah; attaque est au Nord. L'ennemi veut [irendre Condé et Valenciennes, mais chaque général s'is(de et cependant il y a assez de forces pour défendre les points menacés. A quoi sert maintenant l'armée de la Moselle dans la Moselle? Il faut refaire l'armée du Nord fatiguée, réduite encore par les emprunts qu'on lui fait pour la Vendée :

C'est donc là où se portent les grands coups que nous devons aussi déployer nos grands moyens de résistance.

Quand Valenciennes et Condé seront au pouvoir de rennemi, aurons-nous aussi beau jeu pour lui faire lâcher prise? Faites marcher 40000 ou 50000 hommes tirés de la Moselle et du Hhin...

II faut les porter sur Charleroi, occuper les rivières et ainsi couper les vivres à l'ennemi.

Mais, dira le général de l'armée de la Moselle, vous désorganisez la frontière que je commande. Nos places resteront à découvert.

— Tant mieux, c'est un(» diversion qui affaiblira nos adversaires; un sacrilice bien douloureux exigé par un intérêt supérieur. — Et ici, abordant la partie politique de

leur projet, ils présentent un plan qui porte bien la marque du terrorisme :

Etablir un conseil; qu'il ne soit pas trop nombreux. Si quel(ju*un en trahit les résolutions, qu'il soit puni de mort. On le composera de un ou deux généraux, pris dans chacune des armées du Rhin, de la Moselle, des Ardennes et du Nord. C'est ce conseil qui arrêtera le plan de défense général. Il sera surveillé par un ou deux députés, envoyés près chaque armée , qui n auront pas voix dèlibéralioe^ (»t par deux membres du Comité de salut public.

Les deux commissaires allaient se rendre à Paris pour y expos(»r leurs idées.

Mayence et Condé, et avec Condé Valenciennes, tel était le double objectif de ce plan de défense j)Our lequel ils demandaient Tunité d'action, cVsl-à-dire un général en pleine possession du pouvoir.

Capitulation de Mayence et de Valenciennes.

Mayence était toujours à nous; mais nos deux armées de la Moselle et du Khin étaient aussi impuissantes à la secourir que les Prussiens étaient incapables de la prendre de vive force sur une garnison aussi aguerrie. L'ennemi ne [)ouvait compter j)our cela que sur un auxiliaire qui ne lui manque jamais, quand le temps ne lui fait point défaut : la faim. Deux représentants, Reubell et Merlin (de Thiouville), étaient renfermés dans la place, partageant les périls de la garnison. Pour les autres, au dehors, la besogne ne leur mancfuait pas : visiter les fortifications sur la frontière, faire arriver des approvisionnements aux villes, des munitions et des vivres aux armées, aider les généraux dans leurs [dans de campagne, c'est à quoi nous trouvons occupés pendant les mois de juin et de juillet les représentants Levasseur, Gentil, Soubrany, Maignet, Maribon- Montaut, à l'armée de la Moselle, Pflieger, Louis, à Tarmée

(lu Rhin *. Leur vigilance devait s'étendre à tous les employés de l'administration , aux ordonnateurs, aux fournisseurs qui, avec la complicité de l'administration, faisaient souvent une si scandaleuse fortune aux dépens du trésor et aussi de l'armée. Ils prétendaient, et c'était leur droit, s'occuper aussi des généraux, des officiers de l'armée, et ils allaient jusqu'à contrecarrer les actes de l'administration supérieure. Le 7 juillet. Gentil, Soubrany, Maignet et Maribon-Montaut écrivent :

C'est avec la plus vive douleur que nous avons lu la composition de Tétat-major de l'armée de la Moselle. Qui donc a pu appeler parmi ses chefs de brigade un homme émigré, un Dumas, frère d'un ex-législateur dont toute la république connoît l'incivisme, un Travanet que la voix publique accuse d'avoir aussi émigré? Pourquoi au moment où il faut agir... avoir déplacé le citoyen Hédouville pour le porter dans une autre armée?

Ce sont ces changements qui paralysent tout : aussi nous vous déclarons que nous avons maintenu le citoyen d'IIédouville. à l'activité duquel nous n'avons que des éloges à donner et contre le civisme duquel nous n'avons reçu aucune plainte. El nous aussi, citoyens nos collègues, nous prenons des renseignements sur le compte de chaque officier; mais nous les prenons auprès du soldat, et ceux-là, ils n'ont pas intérêt à nous tromper. Nous ne sommes pas entourés d'intrigants ni de coureurs de places. Depuis deux mois que nous sommes dans cette armée, nous n'avons nommé qu'à deux, et nous les avons d(mnées à des hommes dont nous connoissions personnellement les talents. Nous vous dirons tout aussi franchement (jue si Dumas et Travanet ont l'audace de se présenter pour remplir les postes qu'on leur a si imprudemment confiés, nous les suspendrons, nous les livrerons à la justice. La Convention nous a ordonné de purger nos armées des traîtres qui peuvent y être encore; nous ne souffrirons pas que, sous nos yeux, il s'y en introduise d'aussi reconnus.

C'est au Nord qu'était le plus grand péril, et là on était bi(^n [irès d'avoir cette unité de commandement réclamée

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