Voy. ci-dessus, p. 77, note 3, et 122, note
CH. XXIX. — FIN DE Lk CAMPAGNE DE 1793 133
peuples que les sans-culottes qui ont eu le désir bien naturel d'un meilleur gouvernement ont aussi en eux les moïens de l'affermir.
Mais déjà il était calomnié. Il voulait aller au-devant de ses calomniateurs, et, dans une lettre datée de Reims (7 août), il demandait à être jugé. Tout en obéissant aux ordres du Ministre, il insistait pour qu'on le remplaçât. II ne voulait plus être général d'armée; une division lui suffisait, et il exprimait le désir d'avoir auprès de lui Berthelmy, un officier qui avait sa confiance. Et Boucliotte écrivait encore en tête de la lettre :
La République vous a nommé parce qu'elle a eu confiance dans votre patriotisme ; continuez à la servir avec dévouement, c'est le moyen de désespérer vos détracteurs. Dans ce moment, chacun s'oublie pour ne penser qu'à la République. Ainsi, j'espère que vous oublierez les incidents qui ont pu vous tourmenter... J'entretiendrai brièvement le Comité de salut public de vos plaintes, et j'espère que vous m'approuverez dans un moment où il est aussi surchargé. J'engagerai Barthélémy [sic) à vous aller joindre ; il est nommé général de brigade, ce sera le chef d'état-major *.
Chargé d'une aussi redoutable responsabilité, il voulait au moins avoir sous ses ordres des généraux en qui il pût se fier, nobles ou non. Mais Bouchotte ne connaissait d'autres titres à la confiance que la sans-culotteric.
Houchard lui mandait le 10 août :
Je vous demande avec instance que le général Kilmaine me soit rendu tout de suite. J'en ai le besoin le plus pressant; il connoit bien la frontière et a la confiance des troupes. Je le chargerai de Tavant-garde, n'ayant aucun officier général à mettre à ce poste.
Et Bouchotte, recevant la lettre, écrivait, en marge, de sa main :
Je suis bien fâché de ne pouvoir condescendre à sa demande; mais il sentira que dans ce moment les graves intérêts publics
i . Armée de la Moselle, à la date.
ferment Poreille à toute autre considération, et ce motif-là seul a déterminé à ne plus employer Kilmaine.
Il disait au Ministre :
J'ai trouvé Tétat-major dans un si grand état de délabrement que nous devons nous estimer heureux que l'ennemi l'ignore et n'en profite pas.
Et le Ministre, on marge :
Les circonstances ont forcé à faire ce changement, et la conduite de ceux qui jusqu'à ce moment, tout en paroissant servir la République, avoient l'air de penser à autre chose, en nécessitera encore de plus considérables...
Son activité réparera le déficit des circonstances. Ilouchard :
Je vous demande le général de division Schauwenbourg, qui est à l'armée de la Moselle.
Le Ministre, en marge :
Les circonstances ne permettent pas de l'employer *.
Le 19 juillet, on avait remanié les délégations des représentants près les armées *. Carnot y figurait toujours avec Charlier, Delbrel et Servière à l'armée du Nord. Le 13 août, il entra au Comité de salut public, et, quoique rééligible chaque mois comme les autres, il y resta constamment