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Armée du Nord, aux dates

ce. XXIX. — FIN DE LA CAMPAGNE DE 1793 175

Il y avait un g^énéral que l'on avait enlevé à Tarmée du Nord, mais ce n'était pas encore pour le jeter en prison, c'était pour l'envoyer où le péril était le plus menaçant après la perte des lignes de Wissembourg : je veux parler (le Lazare Iloche. Pour celui-là, son choix avait été vite approuvé, et il l'avait justifié au moment oii B5 faisait sa plainte. Nous allons le suivre à Tarmée de la Moselle dont il reçut le commandement en chef à la fin d'octobre.

Pichegru et Hoche. — Saint- Just et Le Bas.

La perte des lignes de Wi.ssembourg avait causé en Alsace une émotion dont le retentissement se fit sentir à Paris. Il y avait sur les lieux un général fort prisé du Ministre, c'était Pichegru *. On avait voulu lui donner le commandement de l'armée du Rhin, après la disgrâce de Landremont, et il Tavait refusé; son refus ne devait pas être fort difficile à vaincre. Mais ce n'était point assez, et une armée voisine restait à pourvoir. Au cri d'alarme des représentants en mission dans ces parages *, la Convention choisit Hoche pour commander Tarmée de la Moselle. De

1- Pichegru, né à Arbois (Jura), en 1761, élevé par les Pères Minimes; il professait les inalhémaliques à l'école de Bricnne où Bonaparte dit avoir feçu des lettons de l'ahbé Pichegru. H s'engagea comme artilleur et fit les •lernières campagnes d'Amérique. Révolutionnaire ardeni, président du club de Besançon, il commanda un bataillon de volontaires dans l'armée <lu Hhin (1792) et devint rapidement général de brigade et général de <iivision. (Nouvelle Biogr. des Contemporains. 182i.) — H y a loule une ^correspondance qui précède l'arrivée de Pichegru. Le 5 septembre, \v Ministre écrit à Landremont : « Je vous ai annoncé, le 3, un brave soldat, ïc citoyen Pichegru, qui mérite toute votre confiance pour la défense du Haui-Rhin. » Le 6, il écrit à Pichegru lui-même, qu'il compte sur lui pour ^J^jouer les vues de l'Autriche sur Porrentruy. Le 8, Bassal et Bernard font **voir à Landremont que Pichegru leur est absolument nécessaire à Porrentruy; — ils le retiennent provisoirement. (Armée du Rhin, aux dates.)

2. Voy. la lettre de Niou, Guyardin, Milhaud, Mallarmé, Lacoste, Borie, ^^ Comité de salut public (18 octobre 1793) : • Envoyez un bon général! • (Armée du Rhin, à la date.)

plus, elle envoya Saint-Jus t et Le Bas en qualité de missaires extraordinaires près Tarméc du Rhin (17 l)re) \

C'était peut-être plus que ne voulaient les représen déjà attachés à celte armée. Lacoste et Mallarmé, soi ifegue, n'entendaient pas qu'on les crût au-dessous • tâche dont ils étaient chargés. Ils écrivirent, le 21 oct au Comité que les soldats étaient enQammés du désir venger et qu'ils sauraient soutenir le courage de la de Strashourg. « Il faut pour cela, disaient-ils, emp une fermeté républicaine, une énergie révolutionnai s'entourer de patriotes prononcés », et ils parlaien discours patriotiques qu'ils avaient tenus à la Société j laire *. Quant aux deux nouveaux représentants, ils se «entaient comme si tout était à refaire avec eux. Nul co <les collègues qu'ils trouvaient là et dont les pou n'étaient pourtant pas révoqués. Dès leur arrivée, ils «cent cette proclamation :

Saverne, le 2© jour du 2« mois... (23 octobre 1791

Nous arrivons et nous jurons au nom de l'armée que Ten jsera vaincu. S'il est dans son sein des traîtres et des indifTc même à la cause du peuple, nous apportons le glaive qu les frapper.

Soldats, nous venons vous venger et vous donner des qui vous mènent à la victoire. Nous avons résolu de cher de récompenser, d'avancer le mérite et de poursuivre toi 43rinies, quels que soient ceux qui les aient commis. Cou brave armée du Rhin, tu seras désormais heureuse et li phante avec la liberté !

Il est ordonné à tous les chefs, officiers et agents quelcor ^u gouvernement de satisfaire dans trois jours aux j plaintes des soldats. Après ces délais, nous entendrons i mêmes ces plaintes et nous donnerons des exemples de ji et de sévérité que l'armée n'a point encore vus '.

1. • Chargés de prendre connaissance des évcncmenls qui ont eu ^Vis8embourR et à Laulerbourg. • (AF+ U, 47, à la date.)

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