‹ Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en lChapitre 89 sur 225 · Dépôt de la Guerre, armée du Rhin, aux dates · texte numérisé non relu

Dépôt de la Guerre, armée du Rhin, aux dates

Cfl. XXIX. — FIN DE LA CAMPAGNE DE 1793 179

Il faut faire rincorporation dont ils parlent, des secours leur sont promis :

Nous avons arrêté qu'il seroit formé un corps de troupes de 30 000 à 40000 hommes près de Sarverden et Bouquenom pour marcher sur Bitche et de là sur Landau, ce qui délivreroit cette ville et bloqueroit l'ennemi qui vous presse vers Strasbourg. Nous comptons, chers collègues, sur votre grande énergie et nous vous seconderons de toutes nos forces.

Deux jours après (29 octobre), Carnot leur écrit encore en leur suggérant sa tactique :

Vos dépêches nous font espérer de grands succès à Tarmée du Rhin... On travaille à vous procurer les secours que vous sollicitez.

D'après le rapport du ministre de la Guerre, la force de l'armée du Rhin est au moins de 100000 hommes. Il est inconcevable qu'avec cette force prodigieuse, dans un pays que Tart et la nature se sont réunis pour rendre inexpugnable, on ait à craindre de succomber sous les coups de l'ennemi. Si les soldats sont bons, comme nous avons lieu de le croire,... il faut qu'il y ait peu de capacité dans les chefs. La vraie manière de se défaire des ennemis n'est pas de les attaquer de front, mais sur les flancs et sur les derrières. Landau est bloqué, c'est là qu'il faut porter les secours, parce que, si vous vous rendez maîtres de cette partie de l'extrême frontière, l'ennemi ne pourroit rester auprès de Strasbourg sans se trouver bloqué lui-même et sans communication avec son propre pays...

II revient au projet de rassemblement dont il a parlé. Landau une fois dégagé, l'ennemi qui est devant Strasbourg devrait se hâter de battre en retraite :

Mais s'il étoit poursuivi avec vigueur, cette retraite deviendroit pour lui très difficile.

Où prendre les 30 000 ou 40 000 hommes du rassemblement? — Dans Tarmée de Moselle :

En attendant, contenez l'ennemi, gardez les gorges de Saverne.

Il annonce Tenvoi d'un mémoire : — secret et rapidité. Dès leur arrivée, Saint-Just et Le Bas multiplient leurs

arrêtés pour rapprovisionnemenl des troupes : il faut qu'on leur fournisse 15000 chemises, SOOO paires de souliers. Ils veulent aussi mettre dans l'armée la terreur à Tordre du jour. Ils ont fait arrêter un nommé Grieu, colonel du 9* régiment de cavalerie, cî-devant page, et dont toute la famille a émigré. Le 3 novembre, 13 brumaire, ils mandent au Comité de salut public qu'ils ont déjà fait juger trois ou quatre chefs de brigade dont l'un doit être fusillé ce jour même *, et, une quinzaine de jours plus tard, leur collègue Lémane écrit au même Comité :

Je suis arrivé hier ici; j*y ai trouvé mes braves collègues Saint-Just et Lebas, faisant des prodiges. Ils sont partis aujourd'hui pour donner suite aux travaux d'une mission qu'ils remplissent si bien *.

Le 2 novembre, le Comité ou Carnot (en ces matières, c'est tout un) veut donner aux deux jeunes commissaires une leçon de tactique dont ils avaient assurément grand besoin, mais qui pouvait les induire à dépasser les justes limites de leur rôle à l'armée. Il leur développe les motifs du rassemblement à Bouquenom et Saarwerden, dont il leur a parlé précédemment et, leur marquant le but proposé, discute avec eux les moyens d'y atteindre. Pour secourir Landau, il faut ou passer sur le corps de l'ennemi qui est devant Strasbourg, ou partir d'un autre point. Le premier parti est impossible; pour le deuxième, il convient de faire un rassemblement aux environs de Bouquenom : 1** parce qu'on y est séparé de l'ennemi par les Vosges; 2® parce qu'on est à portée de faire lever le siège de Bitche ; 3** parce que, Bitche étant dégagé, on pourrait secourir Landau et mettre l'ennemi, qui est devant Strasbourg, entre deux feux. Tel est le plan, sauf à le modifier au besoin ' :

Page 1