exécute de la même sorte un autre général
- Le général de division Le Quoi est inepte et je l'ai vu pendant Thivei* h Metz à côté des intrigants. »
Du reste il ne ménage pas davantage ses collègues :
• Nos collègues ici sont purs et dévoués, mais ils ne sont plus à la hauteur de la Convention et des circonstances, qu'ils ont perdues de vue depuis trop longtemps.
- Je doute que notre collègue Duqncsnoy fasse du bien à l'armée. U a pris un despotisme, un empire qui est insupportable, et je vous déclare ingénuement qu'il oublie trop souvent la dignité du caractère de représentant, même envers ses collègues. • (Armée de la Moselle, h la date, et Arch. nat., AFll, 2i0.) — Henlz étendait son action jusque sur le département du Nord, et, là aussi, il n'épargnait guère plus ses collègues que les généraux. Il écrit de Maubert-Fontaine, 22 brumaire (12 novembre 1793) :
• Je viens de découvrir une conspiration. Un tas de fédéralistes, qui avoient vendu la ville de Maubeuge à l'ennemi, qui ne veulent pas man-
Hoche lui-même abandonna Hédouvillc. Dans une lettre du 14 novembre au Ministre, il s'excuse presque de Tavoir défendu et annonce plusieurs suspensions prononcées par les représentants :
Je n'ai pas plus que toi confiance en d'Hédouville; je déteste la caste. Crois bien fermement que ni lui ni d^autres ne connoissent mes intentions. Chaque officier général a son instruction en poche et sera tenu de s'y conformer. Je tiens si peu à celui-ci, que si j'eusse eu sa lettre de suspension, je la lui aurois remise...
Et pourtant il ajoute :
Deux généraux de brigade ont refusé d'être généraux de division, ils en feront le service et la république y gagnera, .le t'assure qu'il y a pénurie. Ceux qui ont pour deux sous de talent sont suspects et dénoncés par ceux qui sont totalement incapables. Comment diable faire *?
quer leur coup si Cobourg se présente de nouveau et lui livrer la ville, ce las de fédéralistes, effrayé de voir que Duquesnoy a destitué deux de leurs chefs, savoir Brouart et Isnard, vient de présenter une pétition à la Cîonvention en lui demandant pour représentant Dubois-Dubais, cet appellant au peuple, homme d'Etat et fédéraliste juré, comme je lui prouverai. S'il y vient, je vous prédis que celte ville est perdue; quant à moi, je vais destituer tous les signataires de la pétition, si je les trouve! •
Il ajoute :
• Je crois qu'Hoche, général de la Moselle, ira bien, il inspire de la ronfiance; il a du courage, des vues, et ce n'est rien moins qu'un intrigant. -
Et enfin, revenant sur Le Quoi :
- J'ai suspendu dans l'armée de la Moselle le général Le Kuoi; c'est un imbécile, indigne de commander à de braves soldats. • (AFII, 246.)
Le 13 novembre, les Jacobins de Sarrelibre (Sarrelouis), sacrifiant, comme toujours, les considérations vraiment patriotiques à leurs passions de sectaires, écrivent encore au Comité pour qu'on renvoie de l'armée tous les anciens nobles. (Armée de la Moselle, à la date.) Le 7 frimaire (27 novembre), Uédouville suspendu, comme on l'a vu, fut mis en arrestation.
1. Ibid., à la date. Rousselin (t. II, p. 24) ne cite qu'un trait de celte lettre du 14 novembre (24 brumaire). Hoche a demandé aux sans-culottes un chef d'état-major; trois se sont présentés. Rousselin omet de dire que Hoche ne parait pas être trop porté à en prendre aucun. A la même date du 14 novembre (24 brumaire), Bouchotte écrivait au Comité de salut public :
■ J'ai reçu, citoyens, votre lettre du 22 brumaire et celle du procureur de la commune de Sarreguemines, y jointe, concernant les officiers ci-devant nobles qui s'agitent en tout sens pour désorganiser l'armée de la Moselle. Je les ai communiquées au Conseil qui a senti la nécessité de couper pied à ces abus. J'ai ordonné en conséquence au général Hoche de suspendre,
Hoche avait envoyé au Comité et au Ministre son plan d*opérations pour faire lever le siège de Landau *. Landau était son point de mire, comme Tavait été Dunkerque pour Houchard à Ilondschooto, Mauheuge pour Jourdan àWattignies, comme ne Tavait été pour personne, hélas! Valenciennes. Son plan consistait dans une forte diversion sur Deux-Ponts, en s*emparant des gorges des Vosges. LVnnemi, craignant d'être pris en flanc, quitterait son camp devant Saarbruck. Aussitôt le corps français, marchant sur Kaiserslautern, attaquerait vigoureusement son adversaire qui serait obligé d'appeler des renforts en dégarnissant Landau. Ce serait alors à Tarmée du Rhin d'agir de son côté '. Hoche s'était concerté à cet égard avec Pichegru '; mais Pichegru tardait à agir. Hoche lui écrit le 21 brumaire (11 novembre), de Sarreguemines :
As-tu été attaqué, ou ne veux-tu plus m'envoyer de troupes? Quelle est donc la cause qui empêche tes bataillons de me joindre? Tu me demandes si tu dois m'envoyer des officiers généraux; mais, mon clier ami, veux-tu que 15 000 hommes marchent sans chef? Il faut qu'ils soient proportionnés en tout. Ton général Burcy, s'il n'a pas été attaqué, est un homme bien cou-
au nom du Conseil, tous les officiers de la caste nobiliaire, en prenant les précautions nécessaires pour (|ue le service n'en souffre pas, et de se concerter avec les représentants du peuple pour les remplacer par des vrais sans-culottes. » Mais lui-même, dans une lettre du 19 octobre adressée à Saint-Just, témoignait (pie souvent les sans-culottes n'acceptaient pas :
« Je remarque aussi (pie plusieurs sans-culottes, nommés généraux de brigade, n'acceptent pas; avec cette feinte modestie, ils laisseront les places aux aristocrates. • (Armée du Rhin, aux dates.)
Un sans-culotle devenu général, s'il était bon, passait si vite pour un aristocrate! Uouchard en était un exemple, et cet exemple faisait réfléchir.
\. Le ") novembre, il avait adressé une proclamation à l'armée :
« De toutes parts, nos armes sont triomphantes; nous sommes les derniers à vaincre, mais nous vaincrons. • — Aux officiers, il rappelle leurs engagements; à -tous, il exprime le désir d'être aidé par leurs conseils; il expr>se la règle «pi'il suivra et les pratiques qu'il recommande : faire de fréipientes reroniiaissances, envoyer des officiers à la découverte; que les troupes, une fois lancées, ne s'arrêtent plus qu'après la victoire; faire le plus possible usage de la baïonnette.
2. Armée de la Moselle (7 novembre). — La lettre n'est pas dans Rousselîn, non plus (pi'un autre plan arrêté définitivement le 13.
3. Pichegru en avertit Saint-Just et Le Bas le 10 novembre. (Armée du Rhin, à la date.)
pablc ou bien ignorant. Je dois te dire que mes troupes sont prêles à attaquer aujourd'hui même. Envoie-moi les tiennes en poste *.
Et le 23 brumaire (13 novembre) au Ministre :
Je ne puis le dire autre chose dans ce moment. J'attaque le 26 et frapperai ferme. Je reçois ta lettre du 20.