Armée du Rhin, à la date
2. Pichegru fut nommé à l'armée du Nord, le 9 février. Le 13, il cesse «le conimander. Michaud lui succède à partir du 14 janvier, tout en disant qu'il n'a ni les talents, ni les connaissances nécessaires pour commander l'armée du Rhin. — Voy. sur Hoche et Pichegru la note XVIII, aux Appendices.
ville (1" janvier), et les deux représentants Hentz et Prieur, qui s'y étaient transportés, mettaient en réquisition tous les ouvriers propres à la fabrication des armes (même date). Celliez écrivait que l'ennemi avait tenté en vain de s'emparer de la route de Guise à Landrecies; il Tavait pu tenter néanmoins, et Ton avait des nouvelles inquiétantes de Maubeuge. Le même Celliez faisait connaître le dénuement de la ville et parlait du mauvais esprit des habitants (3 janvier) *.
Le 6 janvier, Bouchotte écrivait à Jourdan qu'il ne concevait pas qu'avec 150 000 hommes il ne pouvait rei)Ousser les courses dont avait à souffrir tout le pays entre Cambrai et Landrecies : à quoi Jourdan put répondre qu'il avait 1 5 000 hommes et non 1 50 000 hommes, — ce que Bouchotte aurait bien dû savoir, — et qu'avec cette petite armée il était impossible d'empêcher l'ennemi de fourrajrer (10 janvier). Sans attendre cette explication, le Ministre, à la même ihite, lui exprimait ses regrets sur l'insuccès de ses efforts; et, tout en l'approuvant de n'avoir pas rétrogradé, il l'invitait à venir conférer avec lui à Paris. Or, le même jour, un arrêté portait que Jourdan et Ernouf, son chef d'étatinajor, seraient « destitués et mis en état d'arrestation ». Cet arrêté, dont la minute, avec ses surcharges et ses ratures, est de la main de Carnot, porte les signatures : C7€)llot d-Herbois, Billaud-Varenne, Carnot, B. Barère, fiobespietTe *.
Jourdan ne fut pourtant pas mis en prison : l'on se borna a le reléguer à Limoges, et il reçut une lettre qui, en l'inforiTiant de cette décision, atténuait ce qu'il y avait de révoltant (la.ns sa révocation : c'est une lettre non de Carnot, son compagnon de gloire à Wattignies, mais de Bouchotte (30 nivôse, 19 janvier 1794) :
*• Voy. ci-dessus p. l'O.
2. Armée du Nord, aux dates. Les mois desUlués et sont en surcharge, \Ai vainqueur de Wattignies destitué par une surcharge de la main de Carnot!
L'intention da Conseil exécutif provisoire, citoyen, est que lu te rendes sans délai au lieu de ton domicile, il ne pense pas que ton séjour soit nécessaire en ce moment à Paris. Si, par la suite, les circonstances le permettent, tu seras encore employé au service de la République. C'est avec peine qu'il se voit réduit, par TelTet de la stagnation où est restée l'année du Nord, à ne pouvoir l'employer en ce moment. Le Conseil sait que tu es sans fortune. Il le rappelcra au Comité de salut public. L'intention de la nation et de la Convention n'est pas que celui qui a mené nos frères d'armes de l'armée du Nord à la délivrance de Maubeuge éprouve des besoins*.
Le même arrêté du Comité de salut public qui destituait Jourdan portait que Pichegru serait proposé à la Convention pour le remplacer (17 nivôse, 6 janvier 1794).
C'est Ferrand (non le défenseur de Valenciennes) qui fui chargé du commandement, en attendant Tarrivée du nouveau chef; quant à l'armée du Rhin que Pichegru quittait, elle ne fut pas donnée à Hoche (c'eût été lui faire trop belle part!), mais confiée à un général, très brave sans doute, et toutefois h cette époque assez obscur, Michaud. Les armées étaient plus que jamais sous la main du Comité et des représentants; on pourrait ajouter des commissaires du Conseil exécutif, qui ne commandaient pas sans doute aux généraux, mais les minaient sourdement, comme le faisait Celliez, et préparaient leur chute.
Le Comité de salut pubHc pour la guerre, nous l'avons dit, c'est Carnot. Dans la correspondance du Comité avec les représentants en mission ou les généraux, la plupart des minutes sont de sa main, et quand la lettre est d'un copiste, sa main s'y fait sentir encore. Le 17 janvier (28 nivôse), il écrit à Iloche que Brunswick, dit-on, se porte sur Trêves :
Celte annonce prouve la justesse de la mesure par laquelle nous avons arrêté que tu marcheras toi-même sur cette ville pour te saisir do ses magasins.
1. DépAt de la Guerre, armée du Nord, aux dates. — Suit une attestation 4|uc Jourdan est arrivé à Limoges, le 8 pluviôse (21 janvier 1794). Comme il était sans fortune, le Comité de salut public voulut bien lui attribuer «ne pension de 3 000 livres, 18 pluviôse, 6 février. (AF+II, 47, à la date.)
en. XXX. — CAMPAGNE DE 1794 ' 209
Il faut le gagner de vitesse, — suivre Tennemi parallèlement et l'observer, — le combattre si Toccasion se présente de le défaire complètement, sans compromellre le salut de Tarmée *, etc., etc.
Il eut été fort avantageux en effet d'enlever Trêves et les magasins de Tennemi. Mais Hoche répond le 23 (6 pluviôse) que la chose n'était pas si fticile : les chemins étaient défoncés, les troupes éprouvées par les maladies, et il présentait un état des généraux blessés, malades ou en arrestation. Le 28 (9 pluviôse), il écrit au Ministre que l'armée du Rhin, dont le concours lui était nécessaire, n'était pas arrivée, que les subsistances manquaient; il y avait un pied de neige dans la campagne; néanmoins, il se déclarait prêt à exécuter les ordres du Comité '.
En même temps qu'il écrivait à Hoche, le Comité (toujours Carnot) disait à Michaud :
Le général Hoche, citoyen, ayant ordre de faire un mouvement qui Téloigne des départements du Rhin, c'est à toi maintenant qu'est confiée la garde de ce fleuve dans toute son étendue, notamment le poste de Germersheim, ainsi que Tattaque de Manheim, si elle est possible, et celle du fort Vauban '.
Le 18 (29 nivôse), Michaud et le représentant Lémane annoncent l'évacuation du fort Vauban *.
Et le 19 les deux agents Reukin et Berger, en rapportant
la même nouvelle, disent que la mésintelligence entre les
\.utrichiens et les Prussiens est certaine. — Mais le Comité
n'était pas satisfait : il aurait voulu que l'armée du Rhin
franchît le fleuve et s'empari^t de Kehl, et Michaud fait des
K Autographe de Carnot. Signé : Barère, Carnot, Billaud-Varennc, Coiiot «VHerbois.
-. Armée de la MoseUe, aux dates. — Dans sa lettre du 25, il parle d'une «•^ïute qui lui avait mis un bras et une épaule hors de service; il avait renais le commandement à Moreaux.
3. Autographe de Carnot. Signé : Carnot, Saint-Just, Barère, Collot ♦i'Herbois.
*• Michaud priait aussi le Comité de fixer la démarcation des armées <lu Rhin et de la Moselle.