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LES SURFACES SENSIBLES I

ces essais un «talon lumineux à acétylène, ou une flamme ordinaire d'acétylène, mais on doit alors prendre la précaution d'interposer un écran coloré * réglé de telle sorte que l'activité des diverses radiations soit, dans la région visible, ramenée à être proportionnelle à leurs activités respectives dans la lumière naturelle diffuse (spectrographe orienté vers le nord, au milieu de la journée). Pour que la courbe obtenue caractérise effectivement la plaque essayée, il serait d'ailleurs nécessaire que toutes les ordonnées en soient corrigées, de façon à représenter le noircissement dans un spectre idéal, où l'énergie serait constante dans toute l'étendue utilisée.

On pourrait enfin, pour mettre en évidence l'effet intrinsèque du colorant, déduire des ordonnées de la courbe de noircissement obtenue sur plaque sensibilisée les ordonnées correspondantes de la courbe obtenue, avec le même temps de pose, sur la même plaque non traitée, toutes conditions opératoires étant les mêmes.

Pour mettre rapidement en évidence les propriétés d'une plaque panchromatique, on se borne souvent à la courbe obtenue automatiquement dans un spectrographe normal, en disposant, soit sur la fente, soit contre la plaque sensible, un écran gris neutre prismatique, tel que les éclairages, le long de chaque image de la fente (ordonnées de la courbe), décroissent en progression logarithmique. C'est dans ces conditions qu'ont été obtenues les courbes (fig. a8 à 3a), correspondant à des plaques rapides au gélatino-bromure traitées par divers sensibilisateurs '.

I. On peut utiliser pour cela, soit l'écran Wratten n'TO, soit un écran liquide, préparé suivant les indications de G. ET. K. Mers, au moyen des deux liquides colorés ci-dessous définis, logés respectivement dans des cuves de lo ' millimètres d'épaisseur de liquide, disposées à la suite l'un de l'autre sur le faisceau lumineux :

1° Solution aqueuse d'acétate de cuivre, ài,5o/o.

30 Solution aqueuse des colorants ci-dessous, le poids de chacun d'eux étant indiqué en miJlUgràmmes par litre d'eau :

Violet gentiane : ao ; vert aéide : 10 ; mandarine orange : 10 ; rose bengale : i.

3. Les nombres inscrits sur la graduation de ces spectres doivent être multipliés par 100 pour exprimer les longueurs d'onde en

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de façon à pouvoir êlre aisément comparées deux à deux, en adoptant, par exemple, la disposition schématisée par la figure 33.

Cette charte de couleur serait utilement complétée par une échelle de gris neutres étalonnés *.

Une charte de couleur soigneusement établie serait utile aussi comme témoin de sélection ; il est à souhaiter que quelque éditeur en entreprenne la publication.

I. Un procédé pour l'obtention rigoureuse d'une échelle de grisneutres a été décrit par F. F. Rbm\iick dans un mémoire « Tone reproduction and its limitations », publié dans Photographie Jouf^ nal, novembre 1916.

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que fois tenté l'emploi, comme écrans liquides, de solutions de divers sels métalliques, mais il est difficile, avec le nombre limité des sels utilisables, de réaliser un écran de qualités déterminées, aussi emploie-t-on exclusivement, dans la pratique, les solutions aqueuses des matières colorantes artificielles, dites « couleur d'aniline », qui servent aussi à la préparation des écrans secs.

Les écrans liquides, dont l'emploi industriel se justifiait à une époque de tâtonnements expérimentaux continuels, ne sont plus guère utilisés que dans les laboratoires de recherches ; l'industrie photographique livre maintenant des écrans secs répondant de façon parfaite à tous les besoins de la technique ; l'emploi de ces écrans évite les nombreux incidents que provoquaient une mauvaise préparation, une altération ou une manipulation maladroite des liquides colorés ou les défauts d'étanchéité des cuves ; ils sont enfin bien autrement maniables, surtout pour le travail hors de Tatelier.

Bien que le praticien n'ait aucun intérêt à tenter lui-même la préparation des écrans qu'il utilise, car il ne dispose habituellement ni d'éléments d'information suffisants pour innover utilement, ni de l'outillage nécessaire pour ces manipulations délicates, nous donnerons quelques formules d'écrans et indiquerons leurs modes de préparation, ainsi que la marche expérimentale à suivre pour rétablissement de formules nouvelles, de façon à faciliter éventuellement les recherches personnelles que voudraient entreprendre quelques-uns de nos lecteurs.

Reprod. photoméc. polychromes 8

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écrans étant installés au plus près de Tobjectif, en avant ou en arrière de celui-ci, suivant les circonstances.

65 . L'écran absorbant une partie des radiations qui, en son absence, agiraient sur la plaque photographique, il est évident que Tinterposition de récran amène à prolonger le temps de pose ; toutes autres conditions restant les mêmes, le rapport entre le temps de pose optimum au travers de Técran et le temps de pose optimum en l'absence d'écran est ce que l'on désigne, à tort, coefficient de Vécran considéré ; cette expression semble impliquer que ce rapport est un nombre constant, spéciûque de l'écran, quand, en réalité, pour un même écran, le rapport des deux temps de pose varie considérablement suivant la sensibilité de la plaque aux diverses régions spectrales, et suivant l'intensité respective des diverses radiations dans l'éclairage utilisé. Nous verrons que le coefficient doit être déterminé expérimentalement dans les conditions mêmes de l'opération photographique, et nous indiquerons par conséquent les modes opératoires appropriés.

66. Les écrans jouent un rôle capital sur les résultats de la sélection photographique, et leur prix varie dans des limites très étendues suivant le degré de perfection du travail optique de leurs surfaces ; nous aurons donc à envisager les méthodes d'essai permettant, soit au fabricant ou à un laboratoire de contrôle spécialement outillés, soit au consomma-

LES BCRAIfS COLORÉS iSg

donc nécessaire de restreindre Fintensité du' rose dans les régions bleues, et, pour cela, de permettre dans une mesure limitée l'action des bleus du modèle au travers de l'écran vert, accroissant ainsi rétendue de la région transmise par cet écran; mais cet accroissement de transparence de Técran vert comporte ses inconvénients : le temps de pose étant réglé parla condition d'obtenir en mêmes valeurs sur les trois clichés l'image d'un blanc ou d^un gris neutre, on sera amené à réduire la pose sous l'écran vert, et par conséquent à diminuer l'action des radiations vertes, déjà émises en quantité insuffisante par les verts du modèle (§ i6); une extension excessive de la transparence de Técran vert dans la région bleue provoquerait donc, lors de la synthèse, l'apport d'une certaine quantité de rose dans les verts, déjà trop sombres, constitués parla superposition des pigments jaune et bleu. D'autre part, pour que l'écran rouge reste sensiblement complémentaire du pigment bleu utilisé, on est amené à étendre quelque peu dans le jaune la transparence de cet écran.

Un jeu d'écrans trichromes pour reproductions photomécaniques est donc, en l'état actuel des procédés de fabrication des encres pour l'impression trichrome, un compromis entre des conditions incompatibles. Pour fixer les idées, nous donnons cidessous les limites admises par les meilleurs auteurs :

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de la sensibilité des plaques vis-à-vis des diverses régions du spectre; aussi emploie-t-on habituellement, pour Tobtention du cliché du gris, un écran jaune d'orthochromatisme, ramenant sensiblement chaque couleur à la luminosité sous laquelle nous la percevons. Cet écran doit donc absorber l'extrême violet, atténuer progressivement le bleu, et transmettre à peu près intégralement le vert et le rouge, avec prédominance de l'un ou de l'autre suivant que la plaque à corriger a son maximum chromatique dans le rouge (écran verdâtre) ou dans le vert (écran jaune vif).

Dans le cas particulier où la sélection trichrome doit être efTectuée d'après une plaque à réseau polychrome, soit par exemple une autochrome, les résultats obtenus par l'emploi du jeu ordinaire d'écrans sont généralement mauvais : on totalise ainsi, en effet, les défauts des deux opérations successives de sélection, Fune par les écrans élémentaires de la plaque en couleurs, l'autre parles écrans de sélection proprement dits ; il est bien préférable d'utiliser telle quelle la sélection déjà faite sur la plaque en couleurs, et, pour cela, d'utiliser des écrans qui éteignent complètement deux des images, en transmettant la troisième. Pour réaliser ces conditions, les domaines de transparence des écrans doivent être plus étroits que ceux des écrans élémentaires de la plaque autochrome, et totalement compris à l'intérieur de ces derniers, ou présenter tout au moins un maximum de transparence très accusé vers le centre du domaine de transparence de l'écran élémentaire considéré. Les moyennes de nombreuses mesures

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ralement insolubles dans l'alcool (groupe de Téosine excepté); on trouve, dans les colorants acides, des substances très stables à la lumière ^ Les colorants basiques se fixent de préférence sur collodion, les colorants acides sur gélatine; bien q[ue Ton puisse préparer des gélatines colorées au moyen de colorants basiques, on se heurte fréquemment à divers insuccès dans l'emploi de ces substances, aussi, dans la pratique, les écrans constitués par une couche de gélatine sontils préparés^ de préférence, au moyen de colorants acides. Le mélange, en solutions aqueuses, d'un colorant acide et d'un colorant basique donne généralement naissance à un précipité insoluble, aussi évite-t-on toujours de mélanger des colorants de ces deux groupes *. Pour la préparation d'écrans il est nécessaire d'utiliser des colorants chimiquement purs ou convenablement purifiés. Les colorants destinés à la teinture sont généralement additionnés d'adjuvants ou de matières inertes solubles qui peuvent ou cristalliser ou constituer dans la pellicule de gélatine un dépôt plus ou moins opaque. Sauf pour quelques colorants bien définis, toujours livrés identiques à eux-mêmes par les divers fabricants, il est essentiel, dans la désignation d'un colorant, d'indiquer son fabricant et de reproduire textuellement les noms, marques, lettres ^ et numéros sous lesquels le dit fabricant le désigne à son catalogue ; au cas contraire, on risque de substituer l'un à l'autre

I. On exprime quelquefois la stabilité des colorants par des indices numériques, de i à 5, le nombre i étant affecté aux colorants les plus stables, et 5 aux plus fugaces.

a. Quand il est nécessaire d^associer deux colorants incompatibles, on constitue séparément avec cbacuu d'eux un écran distinct, et on superpose les deux écrans ainsi obtenus, ou on place l'une derrière l'autre deux cuves renfermant chacune l'une des solutions.

3. Les lettres mentionnées après le nom d'un colorant désignent habituellement soit une modification dans les propriétés générales (S : dérivé sulfoconjugué) soit une variante de nuance quelque peu différente: J jaunâtre (ou G, gelblich), B bleuâtre, R rougeâtre, la variation de nuance étant d'autant plus accusée que la lettre est répétée un plus grand nombre de fois.

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position, le Congrès International de Photographie (liiège, iQoS) a adopté, pour l'expression des formules d'écrans colorés, les règles suivantes :

a) Dans les formules d'écrans pelliculaires, on spécifiera le poids de chacun* des colorants à répartir par centimètre carré d'écran.

b) Les écrans colorés liquides seront suffisamment définis en précisant l'épaisseur du liquide et en exprimant conformément aux règles antérieurement établies les formules de préparation des liquides colorés à y utiliser. Si, les cuves sont établies pour une épaisseur de fiquidede lo mm. le poids en milligrammes de chaque colorant rencontré par un faisceau lumineux de i cmq. de section est représenté par le même nombre qui indique en grammes le poids des dits colorants à dissoudre par litre du fiquide coloré.

Depuis lors, A. von Hûbl a proposé de nommer densité da colorant dans un écran le poids en grammes du colorant par mètre carré ; nombre de formules ont été publiées conformément à cette définition, particulièrement dans les pays de langue allemande.

Les bandes d'absorption des matières colorantes ne se présentent pas en même position quand on étudie successivement les solutions d'un même colorant dans divers solvants ; on constate un décalage analogue, mais d'amplitude moindre, quand on compare l'absorption d'un même colorant en solution aqueuse, ou dans une couche gélatinée sèche: on peut, par exemple, constater qu'une couche de gélatine, teinte au violet de méthyle, est violet bleu dans les parties déjà sèches, et violet rougeàtre dans les parties encore humides. Si, pour une même densité du colorant, on trace successivement les courbes d'absorption d'une pellicule sèche de gélatine colorée et d'une solution aqueuse, on constate habituellement que les deux courbes ont très sensiblement la même forme, la courbe de la solution aqueuse pouvant être considérée comme résultant d'une translation de la courbe pour l'écran en gélatine, cette translation s'efifectuant du rouge vers le bleu, avec une amplitude

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part, on connaît la concentration du liquide expérimenté et les épaisseurs du dit liquide correspondant aux divers points de la hauteur du spectre, on a, réunis automatiquement sur un seul cliché photographique, tous les éléments pratiques d'information relatifs au colorant considéré, limites d'absorption pour chaque densité du colorant, et possibilité de calculer, à un facteur constant pris, la constante d'absorption pour chaque radiation\

Pour l'étude des colorants en solution solide dans une couche de gélatine sèche, on peut couler un écran prismatique (§91) qui serait appliqué contre la plaque sensible dans le châssis du spectrographe.

72. Les bandes d'absorption du plus grand nombre des matières colorantes se terminent, du côté orienté vers l'infra-rouge, par un bord relativement net, et du côté orienté vers rultra-violet,par un bord très largement dégradé; la courbe d'absorption se termine, du côté rouge, par une descente brusque, et, du côté violet, par une rampe beaucoup moins inclinée. Aussi, les limites de transmission d'un colorant rouge varient-elles beaucoup moins avec les variations de densité du colorant que ne le font les limites de transmission d'un colorant vert ou bleu. D'autre part, un colorant rouge ou jaune est, le plus

colorés peu absorbants constitués par tâtonnements, soit par interposition devant Pémulsion sensible, et à son contact, d'un cliché correcteur exécuté dans le même spectrographe, sur plaque de la même émulsion, exposée par sa face verre, avec le même éclairage, et développée à une intensité convenable ; dans ces conditions, les radiations les plus actives du spectre sont précisément les plus absorbées par ce négatif correcteur (Luckiksh, Astrophysical Journal^ mai 1916).

I. Si, pour deux radiations déterminées, on mesure les ordonnées de la courbe ainsi enregistrée à partir de la droite correspondant à une épaisseur nulle de la cuve, ces ordonnées sont inversement proportionnelles aux constantes d'absorption K pour les longueurs d'onde considérées. Si donc on a mesuré, en valeur absolue, cette constante pour une radiation déterminée (coefficient d'extinction correspondant à l'unité de poids du colorant par unité de surface d'une section normale du faisceau lumineux), on peut calculer les valeurs de K correspondant à toutes les autres longueurs d'onde, et en déduire les courbes d'absorption pour toute autre densité du colorant.

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que soit l'ordre dans lequel elles sont traversées par la lumière ; si donc on connaît les courbes d'absorption relatives à chacune des couches colorées élémentaires, la courbe d'absorption résultante s'en déduira, ses ordonnées en chaque point étant les sommes des ordon-' nées aux mêmes points des courbes individuelles (fîg. 35).

(QOOO

iOOO

6ooo

5ooo Fig. 35.

Absorption de couches colorées superposées.

— - - Bleu carmin à 7 milligr. par dmq, "^^^^^^« Tartrazine à 25 milligr. par dmq.

^— Ecran vert résultant de la superposition.

Si les colorants considérés sont miscibles sans décomposition, et c'est généralement le cas pour les colorants acides entre eux ou pour les colorants basiques entre eux, l'absorption d'un mélange de colorants est la résultante des absorptions de chacun des colorants agissant comme s'il était utilisé séparément à la même densité. La courbe d'absorption d'un tel mélange s'obtiendra doncjcomme dans le cas de couches superposées, en totalisant les coefficients d'extinction individuels pour chaque radiation.

superposées relativement à la radiation considérée ; le coefficient d'absorption (ou la densité) résultant est donc la somme des coefficients d'extinction (ou des densités) élémentaires.

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que peu, par le diaphragme, l'ouverture utile de Tobjectif.

L'écran placé entre l'objectif et Timage tend à i^ncurver la surface sur laquelle se forme l'image nette, cette surface présentant alors sa convexité à l'objectif; l'image reçue sur un plan manifeste la distorsion en barillet (diminution progressive de l'échelle en passant du centre aux bords de l'image); inversement, avec l'écran placé entre l'objectif et le modèle, la surface de l'image nette présente à l'objectif sa concavité, et Timage est aflectée de distorsion en croissant (accroissement progressif de l'échelle du centre aux bords). Un grand nombre d'objectifs donnant une image légèrement concave vers l'objectif, au moins à la limite de leur champ, on préfère quelquefois utiliser l'écran derrière l'objectif, de façon à ce que les courbures de champ se compensent partiellement, au lieu de s'ajouter.

76. L'aberration chromatique due aux écransprend une importance considérable quand, au lieu de considérer isolément chaque image, on compare entre elles les images fournies par les divers écrans.

Si nous calculons le déplacement de chacune des images en utilisant, non plus comme nous l'avons lait précédemment pour une première approximation, l'indice de réfraction moyen du verre pour la région visible du spectre, mais son indice moyen pour la région'spectrale transmise par l'écran considéré, on constate que les diverses images sélectionnées ne se forment pas nettes dans le même plan;

n — I l'indice de réfraction, ainsi que le rapport

LES ECRANS COLORES 103

Distances bntkb les iMàOss

Ronge Verte Ronge

et verte et bleue et bleue

Écranborosilicatede i5miii. omm. o2^5 0,087 o,o645

Ecran glace de i5 mm omm. 027 0,046 0,073

Cuve à eau (liquide, 10 mm.

et 5 mm. de joues) omm. 027 o,o39 0.066

Prismeborosilicate degomm. omm. [65 0,222 0,887

Au point de vue de la netteté des images, supposées toutes reçues dans le plan de l'image verte, cette erreur de mise au point n'aggrave que de façon négligeable l'aberration chromatique, puisque dans le cas le plus défavorable, celui du prisme placé derrière un objectif diaphragmé à F/8 elle ne se traduit que par la substitution à un point de disques de diffusion de diamètre égal à o mm. 02 sur l'image rouge ou o mm. 027 sur lïmage bleue. Mais elle a une influence appréciable sur le repérage des images. Si nous supposons l'objectif parfait, les longueurs d'une même ligne, mesurée successivement sur les trois images nettes^ seraient égales mais les faisceaux correspondant aux deux images extrêmes sont coupés par la plaque sensible, maintenue dans le plan de rimage verte, Tun avant, l'autre après la formation de rimagenette; il en résulte donc une variation systématique dans les dimensions des images. Avec les écrans placés à l'arrière, l'image rouge sera plus grande et l'image bleue plus petite que l'image verte ; l'inverse a lieu si les écrans sont employés devant l'objectif.

ment ; ce serait au contraire leur différence, et le prisme était utilisé à l'arrière de l'objectif et l'écran à l'avant, ou inversement.

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devraient présenter, dans les cas déjà considérés, des écrans au travers desquels les images se formeraient en position invariable.

Epaisseurs éqcivalentbs des écrans Ronge Vert Bleu

Ecran borosilicate i5 mm. i i5 i4,85

Ecran glace i5 mm. i j.5 i4,88

Cuve à eau (lo mm. de liquide) 5 mm. 08 5 4>86

78. Si, au lieu de considérer, comme nous l'avons faitjusqu*ici, des écrans de haute précision, nous considérons les écrans de fabrication courante, montés entre glaces minces non rectifiées, nous pouvons rencontrer tous les défauts de surface des verres utilisés, et les défauts dus à la torsion du verre par le coulage de l'écran ou son collage, ainsi que les défauts de montage : les faces peuvent être planes, mais non parallèles ; elles peuvent être irrégulièrement ondulées, ou présenter des courbures sphériques ou cylindriques. Ces cas sont trop variés et trop complexes pour se prêter à une étude, et seule l'expérience peut renseigner utilement sur Timportance des aberrations provoquées par Temploi d'un tel écran (§ 94).

Le plus habituellement les divers écrans d'un jeu ainsi constitué ne s'appareilleront pas : les défauts des images ne seront ni de même nature ni de même sens; les divers écrans donneront dans des plans différents des in^agesde dimensions différentes, et, à supposer que chaque image puisse être utilisable isolément, les images fournies par les divers écrans

deate, chemii;ie enfin vers la plaque sensible. L'intensité de ce faisceau, parasite est assez faible pour ne pas se manifester dans Timage, sauf en certains cas de reproductions d'après nature où le sujet comporterait des points très brillants (vitraux, reflets sur surfaces polies) ; une image parasite floue peut alors quelquefois être perçue, se séparant d'autant plus de l'imagé normale que l'écran est plus épais et que le faisceau lumineux intéressé est plus oblique sur l'axe.

Les réflexions éventuelles entre les faces de l'écran et celles de l'objectif ne sont, en général, pas plus gênantes que celles existant déjà, en l'absence de l'écran, entre les diverses surfaces libres de l'objectif.

Le cas oùles réflexions parasites peuvent avoir les effets les plus fâcbeux est celui dans lequel l'écran est utilisé au voisinage immédiat de la plaque sensible ; celle-ci, en effet, diffuse une proportion très appréciable de la lumière quiluiparvieiit; or, l'écran réfléchit et renvoie sur les régions voisines de la plaque une fraction assez considérable de la lumière qu'il reçoit de la plaque*. Les régions de l'image, voisines d'une partie très éclairée, risquent donc d'être légèrement voilées, sans que ces voiles se maniiestent dans les mêmes régions des divers clichés, puisque la répartition des luminosités y est très différente.

I. La proportion o/o de lumière réfléchie par celle des faces de l'écran orientée vers la plaque est fournie par Pexpression

I — rrrl » où, n est llndice de réfraction de l'écran, soit donc, habituellement de 4 0/0 à 4)5 0/0; une petite fraction additionnelle, a 0/0 environ, est réfléchie par la face opposée.

LES ÉCRANS COLORÉS l6l

de ces montages (§ 89) ; on s'abstiendra particulièrement du montage entre glaces non collées.

Les écrans scellés entre glaces sont habituellement livrés en trois qualités, suivant la précision du travail. Les écrans de haute précision, seuls recommandables pour le travail industriel, sont collés entre plateaux épais de verre d'optique, à faces planes et parallèles, l'épaisseur totale de l'écran variant habituellement de 10 à i5 millimètres. Les écrans montés entre glaces minces choisies et convenablement vérifiés après achèvement peuvent donner des résul* tats satisfaisants, en ce qui concerne la netteté des images et leur repérage, à condition de ne les employer que sur des objectifs de courte distance focale, utilisés seulement sur un champ peu étendu ; l'épaisseur de ces écrans est comprise entre 3 et 6 millimètres. Une qualité intermédiaire est livrée par quelques fabricants, les surfaces étant rectifiées après achèvement de l'écran .

Les écrans sous glaces peuvent être établis sous forme de carrés ou de cercles * ; pour l'emploi industriel, on préfère généralement les écrans carrés, se montant devant ou derrière l'objectif, dans un adaptateur approprié (fig. 3'j et 38).

Les écrans montés, et surtout les écrans de précision, doivent être maniés avec les mêmes précautions apportées au maniement des lentilles des objectifs; ils sont en effet constitués des mêmes matières,

I. Le sertissage d'un écran dans une monture métallique peut, si le sertissage est trop serré, compromettre gravement les qualités optiques de l'écran ; on choisira donc, pour le montage éventuel d'écrans circulaires, un barillet dans lequel l'écran soit maintenu par une bague * vis.

LES ECRANS COLORES

d*iin écran en remplacement d'un écran brisé dans un jeu, mais pour assurer l'appareillage il est nécessaire de leur faire parvenir le jeu complet d'écrans. Dans les ateliers où on possède plusieurs jeux d'écrans des mômes dimensions, il est indispensable de repérer les écrans de chaque jeu, au moyen de numéros, gravés au diamant dans un angle, afin d'éviter les interversions, qui se traduiraient à coup sûr par des défauts de repérage.

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Fig. 39.

Ecrans Wratten

81 . Caractéristiques de quelques écrans commerciaux. — A titres d'exemples, nous reproduisons ici, d'après renseignements communiqués par leurs fabricants, les courbes d'absorption de quelques écrans commerciaux (fig. 89) d'après mesures au spectrophotomètre, un tableau indiquant la proportion 0/0, transmise par ces écrans, de diverses radiations incidentes, échelonnées de 100 en 100 ua

LBS ÉCRANS COLORÉS l65

dans toute l'étendue du spectre visible * et les courbes de noircissement de plaques photographiques sous d'autres écrans (fig. 4o à 43) enregisrées automatiquement au spectrographe.

82. Cuves pour écrans liquides. — Les cuvesécrans pour sélection sont constituées par deux joues en glace séparées par un bloc de glace évidé dont répaisseur détermine celle du liquide coloré, habituellement lo ou 5 millimètres. Pour des travaux de précision, les trois pièces de glace doivent être travaillées avec le plus grand soin, chacune d'elles constituant une lame à faces planes et parallèles. En outre de ces cuves, d'un prix élevé, on trouve aussi des cuves d'une précision moindre, dont l'emploi est limité aux recherches expérimentales ou la photographie en très petites dimensions.

Les trois pièces de verre constituant la cuve sont, ou collées une fois pour toutes (fig. 34) au baume de Canada (ne jamais y verser d'alcool), ou maintenues assemblées dans une monture métallique ; en ce dernier cas on assure Tétanchéité en passant sur les tranches, après l'assemblage, un peu de vaseline qui pénètre dans les joints par capillarité sans souiller le liquide.

Malgré les précautions nécessaires pour la substitution des divers liquides, et les pertes de temps qui en résultent, on n'utilise souvent qu'une seule cuve;

I. Ou considérera que les radiations pour lesquelles Pintensitétransmise n^est pas au moins égale à a o]o de l'intensité incidente sont pratiquement éteintes par l'écran, |ne pouvant généralement pas s'inscrire sur la plaque photographique dans les délais d'une pose normale.

LBS ÉCRANS COLORÉS

le même nombre mesurant, en millimètres, l'épaisseur du liquide.

Les écrans normaux correspondent aux courbes en traits gras de la fig. 44 î les courbes en traits

4ooo

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j ^' yu f^^i

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\l- J\ \ Vf

Fig. 44.

fins correspondent aux écrans modifiés en vue de la synthèse photomécanique, de façon à parer, autant qu'il est possible, aux incorrections habituelles des encres rose et bleue ; l'encre jaune étant généralement correcte, la môme formule d'écran bleu correspond aux deux cas ^ Pour cuves de 10 mm. d'épaisseur intérieure :

Écrans normanx

Écran rouge

Eau

Rose bengale Tartrazîne . . . .

i.ooo ce.

I gr. 5 ogr. 4

I. L'écran vert ci-dessus indiqué transmet une très faible proportion de l'extrême rouge au delà de 6goo U A, et l'écran bleu une très faible fraction de l'ultra- violet ; ces transparences parasites sont l'une et l'autre assez faibles pour n'avoir aucune action sur les plaques photographiques dans les conditions normales de pose.

Reprod. photoméc. polychromes

LES ECRANS COLORES * I7I

née, et pour 'un éclairage déterminé du sujet, les rapports de ces temps de pose au temps de pose qui, dans les mêmes conditions de sensibilité de plaque et d'éclairage, mais en l'absence de tout écran, fournirait en mêmes valeurs Timage de la même échelle de gris, sont les coefficients respectifs des écrans employés dans les conditions considérées .

Les coefficients d'un jeu d'écrans pourraient, conformément à la définition ci-dessus, être recherchés par tâtonnements, en photographiant un certain nombre de fois, avec des temps de pose convenablement échelonnés, un même sujet tel qu'une diapositive (photographiée en transparence), ou à son défaut, une photographie sur papier au gélatino-bromure, l'une ou l'autre développées en teinte parfaitement neutre ; après comparaison des images obtenues, avec et sans écran, on procéderait à une nouvelle série d'essais en modifiant, dans le sens reconnu convenable, les valeurs supposées en premier lieu pour les coefficients.

A. J. Newton et S. M. Furnald * ont recommandé le mode opératoire suivant : Construire une boite d'environ 35 centimètres de long, i5 centimètres de haut et lo centimètres de profondeur ; garnir de velours noir ses parois intérieures qui constitueront ainsi un fond noir parfait ; sur les longs côtés de l'ouverture, constituer deux glissières sous lesquelles pourra coulisser un carton de largeur un peu inférieure au i/5 de la longueur intérieure de la boîte ; coller sur ce carton une bonne photographie en

I. British Journal o^ Photography (Colour supplément), mars 191 p. 9-11 (5 figures).

teinte neutre, en lui adjoignant une bande formée de trois à-plat des encres primaires (permettant de constater éventuellement une interversion des écrans pendant l'essai) et, si possible, une gamine de gris, échelonnée du noirau blanc, dont les intensites soient telles que chaque teinte exige un temps de pose en rapport constant et connu avec celui qui serait nécessaire pour donner de la teinte suivante une image de même densité ; enfin, sur l'une des glissières, on fixe des étiquettes indiquant, en noir sur gris, l'écran à employer quand la photographie d'essai est centrée sur l'étiquette (ces inscriptions étant exposées successivement pendant les diverses poses partielles seraient illisibles, du fait de la surexposition, si elles étaient établies sur papier blanc).

La phograpbie-témoin est reproduite successivemeat sur une même plaque (plaque i8 X ^4 coupée dans sa longueur par exemple), sans écran, puis an travers des écrans à essayer. Après développement de ce cliché, on compare les images obtenues, et on rectifie en conséquence les coefiicients pour un nouvel essai, ce qui est très facile si ou a utilisé l'échelle de teintes prévue, deux essais étant alors sufSsants.

85. La détermina tien des coefficients peut être etfectnée sans aucun lâtonnement, suivant une technique indiquée par L,-P. Clerc et H. Calmels ', en employant un écran dégradé gris neutre (écrans prisma-

; Bail. Soc. Franc. Photo,

tiques de Goldberg * de 9 X 12 centimètres environ : sur un verre, de mêmes dimensions que Técran sensitométrique, on assemble, au moyen de bandes gommées, quatre bandes d'écrans peliicuiaires, respectivement identiques aux écrans de service normal, de même longueur que Técran dégradé, et occupant chacune i/5 environ de sa largeur, laissant ainsi une bande non recouverte d'écran. Dans un châssis-presse, on dispose successivement ce jeu d'écrans, puis l'écran sensitométrique, et enfin une plaque photographique de la même émulsion qui sera employée au travail de sélection. Exposer cet ensemble, pendant un temps qui peut être choisi arbitrairement dans des limites très étendues, à quelque distance de la source de lumière vis-à-vis de laquelle on veut déterminer les coefficients *. Après développement, on constatera que les images des diverses bandes sont pratiquement identiques, mais décalées les unes par rapport aux autres ; la mesure de ce décalage, qui est constant quel que soit le temps de pose (toutes les bandes se déplaçant d'une même quantité si le temps de pose varie) permet de calculer les coefficients cherchés.

Après avoir marqué les diverses bandes du nom de récran correspondant, couper la plaque au milieu de chacune d'elles, et, sur un pupitre à retouche, présenter côte à côte la bande obtenue sans écran et, successivement ; celles obtenues au travers de chaque écran ; faire glisser ces bandes l'une contre l'autre jusqu'à ce que des opacités égales se présentent en regard, de part et d'autre de la coupe ; mesurer alors, à o mm. 5 près, le décalage des deux fragments de clichés.

Dans Tune des expériences ainsi faites, au moyen

1 . C, R. Congrès Int. Photo (Bruxelles, 1910) ; Bail. Soc. Franc. Photo, oct. 1910, p. 326-329.

2. Si on craignait que la coloration propre de l'objectif (ou de quelque autre accessoire optique) puisse modifier les coefficients, cette exposition pourrait être faite, sous le voile noir, dans l'appareil photographique braqué sur une feuille de papier blanc éclairée par la même lumière qui sera utilisée aux reproductions.

des divers écrans précédemment prévus, vis-à-vis de divers modes d'éclairage^ et, d'autre part, d'après les cartes de renseignements jointes aux plaques Wratten, les coefiicients des écrans normaux de sélection, en lumière naturelle *, pour diverses émulsions de plaques panchromatiques de cette marque, dont nous indiquons en même temps, en valeurs relatives, la sensibilité générale en lumière naturelle.

Écrans Wratten sur plaques pANCHRo-WRATTBrr Écrans Ilpord

— ^^i«..^___ . «^ Sélection sur

Sélection Reprod.aatochromes plaques Illord

Rouge Vert Bleu Jaune Rouge Vert Bleu Rouge Vert Bleu

Lura. natur. 12 12 6 4?^ 20 16 9 4 ^ 4

Arc ordinaire 9 12 64 10 16 8 —

Arc vase clos 9 îo 64 10 12 7 —

Ecrans Wratten en luuière natcrblle scr diverses j&hvlsions Panghromatiqibs-'Wratten

Process. Process. Process.

Émulsionn°8.5ii

Rouge 12

ih

Vert 12

Bleu 6

Sens, relat. 100

Pour les écrans liquides dont nous avons donné les formules, les valeurs moyennes des coefficients, en lumière naturelle, sur plaques au gélatinobromure sensibilisées au trempé par le pinachrome, sont respectivement:

I. Onamême à plusieurs reprises (Edeb,Precht, Stenger) signalé des variations très appréciables des coefficients quand, toutes autres conditions restant les mêmes, on considère successivement ' la lumière naturelle par beau soleil ou par temps couvert.

LES BCUANS COLORES I77

après séchage, Fécran est détaché de son support, et collé entre les glaces définitives au moyen d'une solution de baume, employée à froid, et séchée très lentement pour éviter toutes contractions ; les surfaces d'un écran ainsi collé ne peuvent pas être rectifiées après achèvement, le collage restant toujours mou, mais les risques de décollage spontané sont considérablement réduits.

88. Le matériel comprend une glace forte (8 à 12 mm. d'épaisseur) soigneusement nivelée sur pied à vis calantes, et constituant table de coulée, quelques glaces sans défauts sur lesquelles seront coulés les écrans, et une étuve, munie d'un thermomètre, permettant de sécher dans un courant d*air tiédi à nS^'-So** G. les écrans placés sur un égouttoir. On opérera dans une pièce exempte de poussières et de courants d'air (abattre les poussières par la vapeur dégagée d'un bain-marie), les vêtements recouverts d'une combinaison en toile .

La gélatine, choisie de très bonne qualité * (gélatine pour émulsions ou pour phototypie) sera pesée dans hu vase taré, mise à gonfler à l'eau distillée froide pendant au moins deux heures ; rejeter l'eau et la remplacer par de Peau propre, en quantité sufiîsante pour amener la solution à 10 0/0; fondre au bain-marie sans dépasser 5o°C ; ajouter alors de la glycérine * (16 ce. par

27 août igi5 ; elles sont conformes aux procédés actuellement employés par plusieurs fabricants d'écrans colorés.

I. La gélatine renferme presque toujours des traces d'acide sulfureux ou de sulfites susceptibles de dénaturer plus ou moins gravement la plupart des colorants ; l'un des plus sensibles à ce point de vue est le rouge solide D (ou Bordeaux S) : i ce. d'une solution à i 0/0 ajouté à 6 ce. de gélatine à 6 0/0 et coulé sur glace devrait laisser après séchage une couche rouge rosé, et laisse généralement une couche jaune brun. Ajouter à la gélatine de o ce. 5 à I ce. de teinture d'iode (sol. alcoolique à 10 0/0) par 10 grammes de gélatine sèche et essayer au rouge solide, comme ci-dessus indiqué; s'il y a encore dénaturation, faire une nouvelle addition d'iode (A. v. Hubl, Procédé, juin 191a).

a. Suivant A. v.Hubl la présence de glycérine dans les écrans gélatines diminuerait considérablement la stabilité à la lumière de

l8o LA SÉLECTION

bien sec. Déposer du baume sur l'écran, appliquer doucement la seconde glace ; levant l'ensemble par les tranches, faire pression sur les glaces pour chasser l'excès de baume (ne pas hésiter à en employer une ample quantité dont l'excès peut être recueilli pour être utilisé à nouveau après dilution et filtrage).

Affleurer successivement les tranches par pression sur un buvard, serrer entre des pinces et porter dans une étuve tiédie à 25°-3o° où les écrans séjourneront au moins deux jours poujr le durcissement du baume. Au sortir de rétuve, enlever les pinces < et abandonner les écrans à plat sur du buvard pendant au moins une semaine. Ne jamais manier un écran neuf autrement qu'en le serrant entre le pouce et l'index, saisissant à la fois les deux glaces en deux coins opposés. Quand le baume est durci, enlever l'excès avec un chiffon imprégné de benzine ; on protège alors l'écran au moyen de bandes gommées, comme pour le montage des diapositives de projection, et on achève le nettoyage avec de l'alcool dénaturé additionné de la moitié de son volume d'eau.

90. Formules d'écrans en gélatine. — Les formules ci-après sont celles recommandées par A. von Hûbl ; elles correspondent exactement aux formules d'écrans liquides (§ 83), les écrans ainsi obtenus ayant mêmes courbes d'absorption. Les poids indiqués en regard du nom de chaque colorant sont les poids en milligrammes à couler par centimètre carré d'écran.

Écrans normanx

Écran \ Rose bengale. .... o,i5 mg. par cmq.

rouge I Tartrazine... 0,2 —

Écran j Bleu carmin 0,07 —

vert \ Tartrazine 0,26 —

I. Si des bulles se forment au moment de l'enlèvement des pinces, chasser la bulle par pression des doigts et, avant de desserrer, présenter sur la tranche, au point correspondant, une goutte de baume qui sera aspirée en relâchant la pression.

LES ÉCRANS COLORÉS l8l

Écrans modifiés

Ecran \ Rouge dianîle o,o4 mg. par cmq.

rouge ( Jaune pour écrans. 0,2 —

Ecran \ Bleu carmin 0,07 —

vert / Tartrazine 0,07 —

Formules communes aux denx séries

Écran ( Rhodamine acide . o,3 —

bleu } Bleu carmin 0,1

Écran jaune

I Jaune pour écrans. 0,06 —

91. Etude de la formule d'un écran. — La recherche de la meilleure formule d'un écran dont les limites de transparence soient imposées et dont la courbe d'absorption ait une allure déterminée (emplacements des maximum et minimum 6t leurs valeurs relatives, transition plus ou moins brusque de la transparence maxima à l'absorption complète, etc.) exige la connaissance préalable des courbes d'absorption, à diverses concentrations et dans le même milieu que l'écran dé* siré, d'un très grand nombre de colorants. On utilisera avantageusement, comme premier guide, les Atlas de spectres d'absorption déjà publiés (Voir Bibliographie en fin de ce volume).

Si Ton est moins sévère dans la fixation préalable des conditions à réaliser, et si, en particulier, on se borne à imposer les limites de transparence de Pécran désiré, quelques tâtonnements méthodiques amèneront assez vite au résultat désiré. Bien que l'étude précise d'un coloraat ou d'un écran ne puisse être entreprise qu'au spectrographe, et, pour le spectre visible, au spectrophotoraètre, l'emploi du spectroscope, à condition d'utiliser un instrument suffisamment dispersif et permettant le repérage des diverses radiations, peut réduire les premiers tâtonnements en éliminant a priori les colorants non appropriés et fixant, pour les colo-

Reprod. photoméc. polychromes 11

ingénieux mode opératoire, auquel nous emprunlons une partie des reoseignemeuts ci-après '.

Sur une glace calée de niveau étendre un volume déterminé d'une solution de géialine (5 à lo cmc. par décimètre carré d'une solution à 5 ou 7 0/0 de gélatine) renfermant un poids connu du colorant à expérimenter ; après séchage dans un dessicatcur, enlever la gélatine sur une partie de la glace et mesurer par différence l'épaisseur de la couche avec toute la précision possible (l'épaisseur de la gélatine sèche est com- Krise entre 3 et 5 centièmes de miUimètre)- Connaissant : poids de colorant par centimètre carré correspondant à cette épaisseur, on en déduira, par proportionnalité, le poids de colorant par centimètre carré dans tout écran coulé à une épaisseur différente au moyen de la même mixtion colorée- Une autre glace est recouverte de la même mixtion colorée, et, pendant que la gélatine est encore lluide, on donne à la glace une pente de a 0/0, de façon à obtenir un écran dégradé dont la couche a une épaisseur régulièrement variable '. Cette glace est divisée en trois bandes dans le sens de la longueur. L'une de ces bandes est recouverte d'une glace blanche collée au baume *.

Cet écran dégradé est disposé devant la fente de l'ap-

t, BulleltH de la Soc. Franc, de Photo, i" août 1906, p. 36^-373.

9. Pour l'Étude d'écrans liquides, on utiliserait dans les memee conditions, une cutc parallélipipédique divisée par une cloison diagonale en deux compartiments prismatique» dont l'un est rempli de la solution colorée à étudier, et l'autre du dissolvant pur, pour compenser la réfraction.

3. Pour obtenir une variation plus considérable de tlnteneitc de coloration de bout en bout de l'écran, on pouniiit couler cet écran suivant la technique décrite par E. Goldbeho pour la préparation des écrans prismatiques grïs-neutre employés en sensltométrie.

(. Le collage au baume augmente la transparence de l'écran ; il est donc nécessaire d'eu tenir compte aui essais.

LBS SGRANS COLORÉS l83

pareil spectroscopique en le montant, de préférence, dans un chariot mû par une vis et dont le déplacement soit mesuré sur une échelle métrique, de façon à pouvoir définir, relativement à l'un des bouts de Técran, maintenu contre une butée du chariot, la position de la région explorée. Déplacer lentement l'écran jusqu'à atteindre la limite d'absorption désirée, et repérer sur Técran la région correspondante. Sur l'un des morceaux de l'écran dégradé conservés à nu mesurer l'épaisseur de la couche dans la même région et en déduire le poids de colorant par centimètre carré.

St récran doit être constitué par association de deux colorants, on procédera de même pour chaque colorant pris isolément, et les deux écrans dégradés de couleurs différentes seront collés l'un sur l'autre en opposition, l'extrémité foncée de chacun d'eux recouvrant l'extrémité claire de l'autre ; on obtient ainsi uU écran de nuance variable entre les nuances des deux colorants superposés. En opérant comme précédemment on trouvera une région ayant son maximum de transparence en position convenable ; la mesure des épaisseurs aux poiuts correspondants des bandes témoin indiquera les poids de chaque colorant par centimètre carré .

Pour achever de définir Tècran, il reste à fixer, en respectant le rapport des poids délermlués à l'essai précédent, les poids de chaque colorant à distribuer pat centimètre carré de l'écran fini pour avoir l'intensité désirée, et étendre ou resserrer ses limites de transparence. On utiUsera pour cela les troisièmes bandes de chaque écran dégradé, que l'on collera Tune sur l'autre, danê te même sens, mats avec un décalage tel que les deux mêmes régions qui se superposaient dans la région choisie à l'essai précédent soient encore en coïncidence ; on obtient ainsi un écran de nuance uniforme tuais d'intensité variable, sur lequel on déterminera, comme précédemment, la région présentant les qualités d'absorption désirées \

I. Dans le mémoire eité, MoNPiLLARiKindique, pour ce dernier essai, de couler spécialement deiix nouveaux écrans dégradés au

LES KCRANS COLORÉS 187

de façon à voir l'image du fil balayer toute sa surface ; un défaut grave de surface se révélerait par la courbure de l'image du fil.

Pour vérifler enfin le parallélisme des faces, viser rimage d'un objet éloigné réfléchie par Técran tenu ê^ environ 4^° de la direction du regard ; on ne perçoit qu'une seule image si les faces sont parallèles, tandis que l'image principale, réfléchie par la face antérieure, se doublera d'une image colorée, réfléchie par la face postérieure, si l'écran est prismatique ; en faisant tourner récran sur lui-même, dans son plan, on voit alors l'image secondaire tourner autour de l'image principale ; si l'objet visé est rectiligne (paratonnerre, par exemple) les deux images se superposent au moment où l'arête du prisme formé par l'écran est orientée perpendiculairement à l'objet visé.

94. Les essais optiques proprement dits sont à effectuer dans un atelier de fabrication ou dans un laboratoire de contrôle.

La vérification des surfaces au plan d'épreuve (évaluation des écarts entre les deux surfaces au contact par les couleurs des lames minces) convient bien aux écrans de haute précision, mais ne fournit aucune indication utile pour les écrans de qualités moyennes, tel écran que l'essai au plan d'épreuve conduirait à rejeter se comportant de façon satisfaisante aux essais pratiques, et inversement.

Le parallélisme des faces se vérifiera avec une grande précision en braquant une lunette sur un point lumineui^ éloigné et couvrant environ la moitié de l'objectif avec l'écran à essayer ; si l'écran est prismatique, on voit deux images dont l'écart angulaire est proportionnel à l'angle des faces. On peut encore viser à la lunette l'image d'un objet éloigné réfléchie à 4^*' sur l'écran, celui-ci étant tourné sur lui-même dans son plan pendant l'essai ; la sensibilité de l'essai visuel indiqué au paragraphe précédent s'accroît alors du grossissement de la lunette .

LBS ÉCRANS COLORÉS 189

étant choisi aussi loin que possible de l'axe optique. Nous indiquerons intérieurement (§ 98) les modes opératoires pratiqués pour Fessai des écrans, utilisés conjointement avec l'équipement optique (objectif et, éventuellement, prisme de redressement) auquel ifs doivent être associés en service régulier.

MATÉRIEL BT INSTALLATION DE l'aTELIBR I9I

son éclairage, nous nous bornerons à compléter les indications données dans le volume ci-dessus cité, auquel nous renvoyons le lecteur pour tout ce qui n'est pas spécial au cas des reproductions polychromes .

La question du tramé et du matériel y afférent fera Tobjet d'un chapitre distinct.

96. Objectifs apochromatiques. — Quand on forme une image au moyen d'une lentille simple (loupe ordi- Daire) à long foyer et que Ton intercale successivement sur le trajet de la lumière les écrans bleu, vert et rouge de sélection, on constate que, pour avoir chaque fois une image nette, il est nécessaire de modifier de façon très appréciable la mise au point, l'image bleue se formant beaucoup plus près de la lentille que l'image rouge, et l'écart entre ces deux positions extrêmes atteignant environ [,5 o/o de la distance moyenne de la loupe au verre dépoli.

On utilise à peu près exclusivement en photographie des objectifs dans lesquels on a atténué ces aberrations chromatiques sans toutefois les annuler. Les travaux usuels sur plaques au gélatino-bromure en éclairage naturel n'utilisent qu'un intervalle restreint de radiations de part et d'autre du maximum de sensibilité, voisin de la raie spectrale G, tandis que l'image que nous voyons sur le verre dépoli est perçue presque exclusivement par les radiations encadrant le maximum de luminosité dans le spectre, voisin de la raie D. "Pour que l'image photographiée soit aussi nette que l'image vue sur le verre dépoli, l'opticien, dans la construction des objectifs achromatiques^ réalise, par un choix convenable des matières et de leurs courbures, la coïncidence en position et en dimensions , des images correspondant aux radiations des raies D et G. La coïncidence de deux des couleurs entraîne le repliement du spectre focal autour d'une couleur intermédiaire (voisine de la raie F) à laquelle correspond un minimum de la dis-

MATBHIBL BT INStALLATION DE l'aTBLIBR IqG

chfissis négatif. La pose devra èlve assez ooarte pour éviter les phénomènes d'irradiation et de halo ; autant que possible, on masquera les parties incolore et bleue de la mire pendant les 4/3 environ de la pose, de &çon à éviter la surexpositioa oonsidérable de ces régions.

Fig. 4:.

Après achèvement et séchage du oliolië d'essai, appliquer une règle sur les deux images rouges de la fente qui, si i'objectii est exempt de distorsion, doivent se prolonger exactement; si l'objectif était rigoureusement apochromatique (ce qui n'est d'ailleurs pas possible] les images verte et bleue seraient dans le mSme alignement ; en fait on constatera toujours un décalage de ces images, mais on pourra considérer comme très satisfaisant un objectif avec leqnel le décalage entre les images les plus écartées l'une de l'autre sera inférieur ou au plus égal à

MATÉRIEL ET INSTALXATION DE L'aTELIEH igg

céments à donner au corps arrière de l'appareil en passant d'un écran à un autre, pour assurer aux images la même dimension et la même netteté. Dans le cas d'un matériel optique imparfait, on pourra, si les variations de distance focale pour les diverses couleurs ne sont pas excessives, déterminer une correction moyenne réduisant à très peu de chose les défauts de repérage.

Ces corrections de mise avi point étant habituellement au plus égales à o mm. a quand on passe d'un écran à un autre, Pappareil photographique, pour permettre de déterminer par tâtonnements et de reproduire ultérieurement d'aussi minimes déplacements, devra comporter, en outre du mouvement rapide de mise au point, un mouvement micrométrique du corps arrière avec mesure des déplacements sur le tambour de la vis ds commande ou sur un vernier au 1/20 de millimètre *.

Après exécution d'un cliché d'essai dans les conditions prévues au paragraphe précédent, l'essai sera répété en diminuant le tirage de o mm. 6 après que, sous l'écran rouge, on aura mis au point et photographié les parties ronges de la fente ; après ce déplacement, on photographiera, au travers des autres écrans, les régions correspondantes de la fente. A l'examen du cliché ainsi obtenu on constatera généralement que les corrections nécessaires ont été largement dépassées ; en comparant^ pour chaque écran, les décalages enregistrés sur le premier et sur le second cliché on pourra évaluer, par proportionnalité, le déplacement convenant à chacune des images. Un troisième cliché d'essai sera exécuté, en utilisant, pour chacune des couleurs, le déplacement ainsi évalué ; si l'évaluation a été correcte, ce cliché ne devra pas présenter, entre les divers segments de la fente, de décalage supérieur aux tolérances déjà admises. Au cas contraire, on rectifierait les valeurs admises pour ohacun des déplacements, jusqu'à obtenir l'alignement satisfaisant des diverses fractions de la fente.

I. On trouvera, au paragraphe suivant, la description d'un mode de correction ne nécessitant pas ce dispositif.

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